Gestion Des Stocks Et Des Magasins - Mettre en Place Une Organisation Adaptée Et Perf by Fabrice Mocellin
Gestion Des Stocks Et Des Magasins - Mettre en Place Une Organisation Adaptée Et Perf by Fabrice Mocellin
Gestion Des Stocks Et Des Magasins - Mettre en Place Une Organisation Adaptée Et Perf by Fabrice Mocellin
Industrielle
Gestion
des stocks
et des magasins
Fabrice Mocellin
Maquette intérieure : Catherine Combier et Alain Paccoud
Couverture : Didier Thirion/Graphir design
Photos couverture : Didier Thirion/Graphir design
Mise en pages : Nord Compo
Partie 1
Fondamentaux de la gestion des stocks 1
V
Table des matières
VI
Comment estimer la charge de travail
de l’analyse des stocks ? 75
Méthodologie d’analyse et de réduction des stocks 76
Qu’est-ce qu’une rupture de stock ? 76
Pourquoi pouvons-nous avoir trop de stock ? 77
Comment analyser un stock ? 79
Partie 2
Fondamentaux de gestion des magasins 115
Chapitre 7 ■ Le rôle des magasins dans la maîtrise
de la chaîne logistique 119
Définition et mots clés 120
Les entrepôts (ou magasins) 120
Les plates-formes (cross docking) 120
Les schémas de flux 121
Schémas classiques 121
Les stocks consignés et magasins avancés
fournisseurs (MAF) 123
L’organisation en plates-formes départ 125
Les schémas multi-plates-formes 126
Les stratégies de stockage 128
Familles logistiques et stratégies de stockage 128
Les stratégies de réception ou stratégies d’entrée 129
Les stratégies de stockage 130
Les stratégies de livraison 131
Exemples de systèmes logistiques optimisés 131
La GPA en grande distribution 132
Les Magasins avancés fournisseurs (MAF) 136
VIII
Chapitre 9 ■ Les processus clés d’un magasin 169
Le processus de réception 170
Les grandes étapes du processus 170
La planification des réceptions 173
L’automatisation des mouvements d’entrées 174
Le processus de mise en stock 175
Le processus de livraison de la fabrication 179
La livraison aux clients directs 182
Le processus de traitement d’une commande 183
Les étapes clés du processus d’expédition 183
Les modes de préparation des commandes 185
Les grands modes de préparation 185
Les systèmes de préparation 188
Les systèmes d’aide au prélèvement 189
L’optimisation des tournées de préparation 189
Le contrôle pondéral 191
Fonctions des emballages et conditionnements 192
L’utilisation d’un plan contenant 193
L’étape de chargement 195
Le flux documentaire 196
IX
Table des matières
Partie 3
Comment organiser un magasin
en lean manufacturing ? 247
X
Comment calculer les quantités par contenant ? 257
Importance de la capacité maximum 258
Importance du fréquentiel et problématique
coût/surface 258
Pourquoi faut-il un minimum de 2 contenants ? 259
Un exemple de calcul de quantité idéale 262
Les stratégies d’évolution des contenants
à adopter 265
L’équipe projet ? 266
Comment gérer l’intervalle de temps ? 266
Présentation du fonctionnement
des approvisionnements avec un petit train 268
Les objectifs du processus d’approvisionnement
par tournée 268
Principe 1 : livraison déclenchée par la production 269
Principe 2 : parcours optimisé, livraisons mutualisées 269
Principe 3 : prise des pièces à pied 269
Zoom sur le processus d’évacuation 270
Les schémas de flux possibles et les méthodes
de réapprovisionnement 272
Comment dimensionner un train ? 274
Dimensionnement des cartons/bacs
à approvisionner 274
Dimensionnement des palettes à approvisionner 275
Dimensionnement des déchets à évacuer 275
Dimensionnement des produits finis à évacuer 276
Comment définir le nombre de circuits 276
Comment dimensionner la charge des livreurs ? 277
Comment choisir la capacité à mettre en place ? 278
Attention à l’évolutivité de la solution 278
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
XI
Table des matières
Bibliographie 321
Index 322
XII
Partie 1
Fondamentaux
de la gestion
des stocks
1
L
a gestion des stocks est une discipline très technique car elle fait
appel à de nombreux concepts de gestion, de statistiques et néces-
site d’une bonne vision du fonctionnement de la chaîne logis-
tique de l’entreprise. La simulation et la prise de risque sont également
des facteurs clés de réussite limités heureusement par les gestionnaires
maîtrisant parfaitement leurs fondamentaux.
La gestion des stocks peut être considérée comme une discipline de
gestion, appartenant à la famille des techniques d’organisation logis-
tique (gestion des flux des entreprises) et dont l’enjeu principal consiste
à disposer de ressources suffisantes (pour ne pas bloquer les différents
processus de production ou de vente), tout en cherchant à la limiter
(la ressource) pour des questions de performance économique. Dans
l’entreprise, la personne en charge de la gestion des stocks est dénom-
mée « gestionnaire de stock » et nous allons voir tout au long de cet
ouvrage qu’il possède, pour bien accomplir sa tâche, un certain nombre
de techniques fondamentales. C’est la raison pour laquelle nous parlons
de technicien gestionnaire de stock. Son rôle consiste bien entendu à
rechercher l’optimisation et la bonne adéquation des stocks par rapport
aux besoins de l’entreprise.
L’optimisation des niveaux de stock est donc une préoccupation
constante d’un gestionnaire en charge de ces questions. Cependant,
ce n’est pas toujours chose facile. En effet, bien que de prime abord un
stock paraisse se gérer de manière extrêmement simple (il s’agit d’une
zone tampon entre un flux entrant et un flux sortant), gérer un stock
requiert une parfaite maîtrise des composantes qui le constitue. Car en
effet, nous allons découvrir dans cet ouvrage qu’un stock est en réalité
le résultat d’un grand nombre de composantes, que le gestionnaire ne
maîtrise d’ailleurs pas toujours, et qui rendent l’optimisation de la per-
formance plus complexe. Pour s’y retrouver, il convient tout d’abord de
comprendre ce qu’est la gestion des stocks et comment ils sont constitués.
Nous allons donc voir dans cette première partie que la gestion des
stocks, est un ensemble de techniques et d’outils au service de l’orga-
nisation des flux d’une entreprise. Elle intervient dans le domaine des
3
approvisionnements puisqu’elle fournit des réponses claires à des ques-
tions que se posent les gestionnaires d’approvisionnement, à savoir
quand approvisionner (en fonction d’un seuil, à période fixe, etc.) et
combien (calcul de quantités économiques d’approvisionnement).
La prédominance des techniques de gestion de stock dans le travail
d’approvisionnement est telle qu’en général les personnes en charge
de la gestion des approvisionnements sont également des gestionnaires
de stock matière. On parle alors du poste : gestionnaire d’approvision-
nement. Il comprend bien entendu l’établissement et le suivi des com-
mandes mais surtout le paramétrage et le pilotage des stocks, techniques
que nous allons détailler dans cette partie. Et c’est en cela que le poste
d’approvisionnement est très différent de celui d’acheteur.
Mais nous retrouvons également la gestion des stocks plus en aval
de la supply chain interne d’une entreprise industrielle, c’est-à-dire en
en fabrication. Il s’agit alors des techniques de gestion des stocks d’en-
cours ; de calcul de quantité économique de lancement… Pour finir,
nous retrouvons la gestion des stocks en expédition avec la gestion des
stocks de produits finis et la régulation du flux de livraison. On peut
donc affirmer que la gestion des stocks est une discipline majeure de la
logistique que tout acteur, exerçant une fonction dans ce domaine, doit
maîtriser parfaitement, afin d’organiser la gestion des flux physiques et
des flux d’informations des entreprises.
Ce sont toutes ces techniques que nous allons décrire dans cette
première partie.
4
Chapitre 1
L’essentiel
de la gestion
des stocks
Executive summary
5
1. L’essentiel de la gestion des stocks
Flux sortant
STOCK
Le flux entrant est maîtrisé par ceux qui passent les commandes d’ap-
provisionnement pour un stock matière, les gestionnaires en charge de
l’ordonnancement et des lancements pour les flux d’en-cours et de pro-
duits finis. Le flux sortant est imposé par le client puisque son rythme de
consommation (ou temps d’écoulement) est directement lié au rythme
des ventes. Le degré de maîtrise d’un stock s’effectue donc presque uni-
quement en maîtrisant le flux entrant. C’est la raison pour laquelle la
responsabilité des stocks pèse sur ceux qui actionnent les « robinets
d’entrée » et non ceux de sortie.
Pourquoi stocker ?
Plusieurs raisons peuvent expliquer la mise en place d’un stock. Cela
peut être pour des raisons technologiques (nécessité de faire sécher les
produits en fin de processus, par exemple), pour des raisons commer-
ciales (stock imposé par le client), pour des raisons stratégiques et écono-
miques (achat par grande quantité pour bénéficier de tarifs avantageux).
Mais en général, un stock est avant tout une conséquence directe
du délai que nous voulons donner à notre client. Il s’agit d’utiliser des
stocks pour réguler les délais. En effet, la décision de stocker ou non des
produits vient souvent du temps que l’on a pour réaliser telle ou telle
action. Par exemple en approvisionnement, le stock de matière première
va être mis en place, pour servir un client lorsque les délais d’approvi-
sionnement sont supérieurs aux délais de traitement des commandes.
La figure 1.2 montre cette problématique de positionnement des stocks
en fonction des délais.
6
Délai client
PF Délai traitement
commande
Matières
prem-
ières Délai
fabrication
Délai
approvisionnement Temps
7
1. L’essentiel de la gestion des stocks
Commentaire
■ Analyser pour chaque famille de produit son délai d’obtention afin de déci-
der des références qui seront gérées en stock et ceux « à la commande » est
un fondamental obligatoire pour travailler de manière efficace sur ce thème.
Il est inconcevable de traiter tous les articles de la même manière et cette
définition stratégique des produits à stocker apporte d’énormes gains car elle
structure l’organisation logistique et permet aux commerciaux de vendre des
produits « disponibles », autrement dit sans délai, et des produits « à la com-
mande » sur lesquelles s’exerce le délai de fabrication, délai bien entendu
maîtrisé. Cependant une fois que la décision ou non de stocker a été prise et
paramétrée dans le système d’informations, le niveau de stock doit être suivi
de manière très fine car il est souvent le reflet de la performance du système
logistique. ■
8
Avoir un taux de rotation de 6 veut dire la même chose que d’avoir
une couverture de 2 mois de consommation. En effet, un taux de rota-
tion de 6 signifie que le stock a tourné 6 fois dans l’année. Il a donc une
couverture de 2 mois dans la mesure où une année fait 12 mois.
Les 2 indicateurs classiques de mesure d’un niveau de stock sont :
Précaution à prendre
■ Attention, ne tombez pas dans le piège de raisonner en valeur (en euros). Cela
ne veut pas dire grand-chose ! Regardez le tableau 1.1, il vous montrera que le
gestionnaire de stock qui n’observe que la valeur en euros de son stock ne voit
pas que sa performance varie en permanence. ■
Sur cette illustration, nous voyons bien, dans un premier temps, que
nous sommes passés d’une situation où le stock représentait un mois
d’activité de l’entreprise à un demi-mois (ou deux semaines). Le stock
est donc deux fois plus performant puisque cela signifie qu’il va tourner
deux fois plus vite et qu’il va immobiliser moins de ressources finan-
cières au regard de l’activité de l’entreprise. Le financier qui n’observe
que la valeur en euros n’a rien vu.
Dans un second temps, la situation s’est fortement détériorée. En
effet, le stock a été multiplié par quatre puisque nous sommes passés à
deux mois de consommation valorisée. Le chiffre d’affaires s’est sûre-
ment effondré et le gestionnaire de stock s’est retrouvé piégé par les arri-
9
1. L’essentiel de la gestion des stocks
vages et le stock qui était déjà dans l’entreprise, sans réussir à freiner.
Nous voyons là encore que la valeur en euros n’a pas bougé et pourtant,
la performance d’un point de vue logistique s’est fortement détériorée.
10
quantité en stock. Bien entendu, les entreprises travaillant avec des
stocks très bas sont moins soumises à ce poste de coût que les entre-
prises travaillant avec des stocks excédentaires. Quoi qu’il en soit, il
s’agit là d’un troisième type de postes de coût qu’il convient d’intégrer
dans le calcul du coût de stockage.
La somme de tous ces coûts permet de calculer : le taux de possession
des stocks. Ce taux varie en fonction des entreprises entre 20 et 30 % de
la valeur des stocks. Il peut donc se calculer en reprenant tous les postes
de coût cités juste avant et en ramenant ce coût à la valeur des stocks.
Mais force est de constater que la majorité des entreprises a un taux
moyen autour de 20 %. Alors, en simulant un stock avec cette valeur,
il est plus que probable que le calcul économique soit très proche de la
réalité. La formule de calcul d’un coût de stockage est donc :
11
1. L’essentiel de la gestion des stocks
12
Le stock moyen
Niveau stock est le stock
constaté sur
Stock instantané une période
70 Qc = 50 p (mesure)
consommation (10p/j)
Stock outil
(QC/2)+SS = 55
45
20
D = 4 jours
SS = 30
sus de cette valeur autrement, cela signifierait que le système est très
régulièrement en rupture. La quantité de commande étant de 50
pièces, nous avons un stock théorique qui doit varier entre 30 pièces
(au minimum) et 80 pièces (maximum lorsque nous venons de rece-
voir une commande). En moyenne, nous devrions être au stock-outil,
c’est-à-dire à 55 pièces. Le fait de comparer le stock moyen observé
au stock-outil (stock moyen théorique), cela nous permet de mesu-
rer le degré de maîtrise de notre stock. En effet, plus le stock moyen
est loin du stock-outil, plus cela signifie que des perturbations vien-
nent augmenter de façon anarchique et désordonnée ce niveau de
stock. On s’éloigne de la maîtrise. L’indicateur de maîtrise du stock
est donc :
13
1. L’essentiel de la gestion des stocks
stock moyen
Indicateur de maîtrise d'un stock =
stock-outil
14
Fournisseur Client
Matières Produits
premières En cours
Fabrication
Fabrication Fabrication
Fabrication finis
15
1. L’essentiel de la gestion des stocks
L’essentiel
Un stock est régi par des flux entrants et sortants mais il est
maîtrisé par ceux qui maîtrisent le flux entrant.
Le fait de stocker relève d’une stratégie industrielle précise
permettant de masquer les cycles d’approvisionnement et de
fabrication du temps vu du client. Il faut donc arbitrer entre le
coût du stock et la réduction de délai qu’apporte le stock.
Il se mesure toujours en couverture et le taux de possession des
stocks permet de calculer ce qu’il coûte réellement.
Son degré de maîtrise se mesure à l’aide du stock-outil, appelé
également stock moyen théorique.
16
Chapitre 2
La segmentation
d’un stock,
l’analyse de Pareto
et la segmentation
ABC
Executive summary
17
2. La segmentation d’un stock, l’analyse de Pareto
et la segmentation ABC
L’analyse de Pareto
Il s’agit d’une analyse d’une population qui consiste à classer par ordre
décroissant les articles selon une grandeur donnée pour identifier la
minorité d’articles représentant la majorité de la valeur mesurée. Cette
valeur peut être très différente en fonction du Pareto que nous voulons
réaliser. Les commerciaux par exemple vont réaliser un Pareto de leurs
clients afin d’identifier les principaux d’entre eux, les achats vont faire
de même avec leurs fournisseurs. Dans tous les cas, il convient de définir
3 catégories :
• la catégorie A représente 70 à 80 % de la valeur mesurée ;
• la catégorie B représente la fourchette 80 % à 95 % ;
• la catégorie C représente les autres articles, soit de 95 % à 100 %.
Quelle que soit la valeur mesurée, nous sommes en présence d’une
répartition suivant la loi de Pareto si nous obtenons un graphique repré-
sentant la courbe suivante :
% consommation
totale Consommation
faible
100 %
95 %
80 % C
B
A
% articles
Consommation
forte 20 % 50 % 80 % 100 %
18
Nous voyons bien que nous n’allons pas traiter de la même façon
les articles de catégorie A et ceux de catégorie C. Ils n’ont pas la même
importance. En effet, la détermination de ces catégories permet de :
• mettre un poids aux articles et ne pas les considérer avec la même
importance (un article stratégique qui coûte très cher ne sera pas
considéré de la même façon qu’une boîte de vis sans valeur) ;
• organiser les inventaires. En effet, dans le cas d’inventaires tournants,
les articles de catégorie A seront comptés plus souvent que ceux de
catégorie C ;
• définir des politiques de gestion et des règles de calcul des paramètres
de stock (stock de sécurité, quantité de commande, période de réap-
provisionnement…) ;
• analyser le stock en tenant compte du poids des articles. Un article
stratégique sera suivi de manière plus régulière qu’un article de caté-
gorie C.
Conseil
■ La répartition ABC est donc capitale dans la mise en place d’une gestion des
stocks. Cette étape doit se faire le plus tôt possible. Dans le cas contraire, le
stock est considéré comme un tout indivisible et il est très difficile d’adapter les
choix de gestion qui doivent se faire comme nous allons les détailler dans les
points suivants. La plupart des outils informatiques de gestion des stocks pos-
sèdent des fonctionnalités permettant de réaliser automatiquement des Pareto.
Mais devant la simplicité de l’exercice, tout gestionnaire industriel doit être
capable d’en réaliser un. ■
19
2. La segmentation d’un stock, l’analyse de Pareto
et la segmentation ABC
20
4. Calculer la consommation valorisée cumulée en additionnant chaque
ligne avec la précédente afin d’arriver en bas de la colonne au total de
la valeur mesurée (consommation valorisée). Le tableau 2.2 montre
également le cumul des consommations valorisées.
5. Calculer le pourcentage de la valeur cumulée afin de faire ressortir les
3 catégories A, B et C. Cela donne le résultat présenté en tableau 2.3.
La matrice ABC/FMR
Force est de constater que la segmentation simple suivant la catégorisa-
tion ABC n’est plus suffisante aujourd’hui, alors que la problématique
de gestion des stocks devient de plus en plus stratégique. En effet, un
produit A représente une grande consommation valorisée (ou chiffre
d’affaires suivant les données prises pour la réalisation du Pareto ABC).
21
2. La segmentation d’un stock, l’analyse de Pareto
et la segmentation ABC
80 % 15 % 5%
des lignes des lignes des lignes
de commandes de commandes de commandes
F M R Total
200 100 50 350 Nb de références
80 % du CA A 5,0 % 2,5 % 1,3 % 8,8 % % ref
1,0 3,6 Couverture des stocks en mois
350 200 100 650 Nb de références
15 % du CA B 8,8 % 5,0 % 2,5 % 16,3 % % ref
2,2 3,4 − Couverture des stocks en mois
800 1 000 1 200 3 000 Nb de références
5 % du CA C 20,0 % 25,0 % 30,0 % 75,0 % % ref
4,4 7,8 18,0 Couverture des stocks en mois
22
commande le justifie parfaitement. Il est logique dans l’exemple de la
figure 2.5 de constater que le stock en mois des catégories AF est plus
bas que les BM par exemple car plus le flux est important et régulier,
plus il fera l’objet d’une analyse fine, d’une remise en cause des para-
mètres fréquents et de la mise en place de modes opératoires logis-
tiques optimisés.
• Pour les catégories AR et BR : nous sommes logiquement dans une
gestion à la commande (gros engagement financier pour peu de lignes
de commandes), ce qui signifie que nous ne conservons pas de pro-
duits en stock mais que nous les fabriquons en fonction des besoins
des clients.
• Pour les catégories CF et CM : nous pouvons envisager une gestion
sur stock au cas par cas car les fréquences de commandes sont impor-
tantes même si le chiffre d’affaires généré ne l’est pas. Nous sommes
typiquement sur des produits ne coûtant pas cher à mettre en stock
par contre ne rapportant pas de grosses sommes d’argent.
• Pour les catégories CR : nous sommes sur des articles à faible activité.
Ce sont typiquement les produits en fin de vie qu’il va falloir rempla-
cer à moyen terme ou bien que nous conservons dans nos offres de
produit pour en vendre d’autres. Il est évident qu’il faudrait éviter de
stocker mais malheureusement, nous sommes souvent sur couverts
en stock.
Bien entendu nous pouvons faire d’autres segmentations !
La contribution à la marge est également un critère sur lequel nous
faisons souvent des analyses croisées ABC/FMR. Le FMR restant alors la
fréquence de consommation des produits par les clients. Cela permet
d’avoir une approche plus économique et moins commerciale que la
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
23
2. La segmentation d’un stock, l’analyse de Pareto
et la segmentation ABC
L’essentiel
24
Chapitre 3
Les méthodes
d’approvisionnement
d’un stock
Executive summary
25
3. Les méthodes d’approvisionnement d’un stock
26
Le rapport approvisionneurs et acheteurs
Attention donc à ne pas confondre la fonction approvisionnement et
la fonction achat. Nous pouvons noter que parfois les rôles peuvent se
« télescoper », surtout si les missions de chacun ne sont pas claires. Le
rôle de l’acheteur est de définir l’engagement avec les fournisseurs pour
assurer le bon fonctionnement de l’entreprise en termes de niveau de
qualité et de prix. Il analyse les besoins de l’entreprise en terme d’achat
et met à disposition au travers du réseau de fournisseurs les partenaires
adéquats. Les achats sont donc les garants du fait que les fournisseurs,
que doivent utiliser les approvisionneurs, correspondent bien aux
besoins de l’entreprise.
Toujours dans la même logique, la négociation de prix (ou autre)
ainsi que le suivi de la performance du fournisseur est bien une compé-
tence qui revient encore une fois au service achat. En effet, eux seuls ont
la vision du marché des fournisseurs et sont en mesure, par leurs dépla-
cements et leur pouvoir de négociation (ils détiennent les marchés) de
décider d’un changement de fournisseur ou encore de mettre la pression
(voire des pénalités) en cas de défaillances.
L’approvisionneur lui va récupérer un besoin d’approvisionnement
(par différentes méthodes que nous verrons plus loin) pour ensuite
envoyer une commande d’approvisionnement chez le fournisseur et en
effectuer le suivi (voire la relance en cas de problème quelconque).
est utilisée pour fabriquer des produits finis. Sa préoccupation est donc
de satisfaire son client (la production) tout en étant économiquement
performant, c’est-à-dire en approvisionnant la marchandise dans les
conditions négociées (prix de transport par rapport à une quantité, pas
de transport express…). Il est complètement situé dans le flux et doit
considérer le fournisseur comme une ressource, et non un acteur qu’il
faut essayer de satisfaire à tout prix. Attention, ce point est une véri-
table difficulté pour les approvisionneurs. En effet, ils ont souvent la
sensation d’être pris en étau entre les clients (qui font partie de la même
entreprise qu’eux puisqu’il s’agit de la fonction production) et les four-
nisseurs qu’ils veulent ménager pour maintenir un bon climat et ainsi
pouvoir se faire dépanner en cas de problème.
27
3. Les méthodes d’approvisionnement d’un stock
Le gestionnaire d’approvisionnement
et ses fournisseurs
Force est de constater que les approvisionneurs prennent trop souvent le
parti des fournisseurs et se battent alors seuls contre leurs collègues pour
justifier ou expliquer le manque de performance de tel ou tel fournis-
seur. Cela s’explique tout simplement car très souvent, ce qui est consi-
déré comme étant de la performance en approvisionnement, c’est-à-dire
la capacité à dépanner très rapidement une usine en demandant à son
fournisseur de faire des miracles pour livrer en urgence, dépend de la
bonne volonté des fournisseurs. Se les mettre « à dos » risquerait, selon
beaucoup d’approvisionneurs, de générer des difficultés insurmontables.
C’est pour rappeler ce travers et insister sur les bonnes pratiques que
nous consacrons le point suivant à la réelle mesure de la performance en
approvisionnement et plus loin, un chapitre sur la gestion des urgences.
Le gestionnaire d’approvisionnement
est un technicien
Le gestionnaire d’approvisionnement est un technicien. Cela signifie litté-
ralement qu’il maîtrise une technique. Cette technique, comme nous allons
l’aborder dans les pages suivantes, concerne l’analyse des stocks, le paramé-
trage, le traitement de la prévision, le choix des modèles d’approvisionne-
ment… Comme tout technicien, il est jugé sur une performance (et non pas
sur un quota d’heures ou autres critères subjectifs). La performance est au
cœur de sa mission. Nous la détaillons dans le chapitre suivant.
En conclusion, le gestionnaire d’approvisionnement n’est pas un
acheteur. Il a pour mission de définir quand et combien commander et
doit plus se préoccuper de livrer son client que de s’organiser en fonc-
tion des différentes contraintes de ses fournisseurs. C’est un technicien,
cela signifie qu’il maîtrise une technique et il est donc logiquement jugé
sur une performance avec des indicateurs chiffrés et précis.
28
difficiles. La performance en approvisionnement se mesure principale-
ment suivant 3 natures de critères :
• le service ;
• la maîtrise des stocks ;
• la maîtrise des coûts logistiques.
29
3. Les méthodes d’approvisionnement d’un stock
Niveau de stock
Optimum
Sécurisation approvisionnement Volume important
des approvisionnements pour réduire les coûts
malgré les aléas
30
L’interaction service/stock
Pour satisfaire un taux de service et ne pas livrer une commande en
retard, le gestionnaire d’approvisionnement peut décider d’augmenter
les stocks de sécurité et ainsi se « sur-couvrir » de façon anti-économique
pour maintenir une certaine tranquillité d’approvisionnement. Cette
solution peut être privilégiée suite à une situation de crise. En effet, suite
à une rupture d’approvisionnement, l’approvisionneur peut prendre la
décision d’augmenter ses niveaux de stocks de sécurité pour éviter de
revivre les difficultés. Ceci n’est pas souvent une bonne réponse ! En
général, cela consiste à se masquer les réelles difficultés (car on ne se
pose pas la vraie question : pourquoi avons-nous été en rupture ?). Avec
ce type d’approche, très vite le gestionnaire d’approvisionnement risque
d’augmenter l’ensemble de ses stocks et donc alourdir son système de
frais financiers (et autres coûts de stockage). C’est pourquoi devant un
objectif de taux de service, et pour éviter de surenchérir au niveau des
stocks et ainsi diminuer la performance économique de l’entreprise, il
est fondamental de mettre un indicateur jouant les « gardes fous » et
permettant de tempérer les décisions prises en urgence, un indicateur
de couverture des stocks.
31
3. Les méthodes d’approvisionnement d’un stock
32
Cette compétence consiste donc à choisir parmi les différentes solu-
tions possibles quelle méthode de gestion est la plus appropriée pour
chaque composant approvisionné, méthode à choisir dans la liste sui-
vante :
• approvisionnement à la commande ;
• réapprovisionnement de stock ;
• approvisionnement sur prévision.
L’approvisionnement à la commande
Il s’agit d’approvisionner les marchandises nécessaires à la fabrication
d’un produit au cas par cas, en fonction d’un besoin client bien identifié.
Dans ce cas, le gestionnaire d’approvisionnement va attendre l’arrivée
d’une commande client, il va analyser le besoin en matières premières
qui en découle puis va envoyer sa commande au fournisseur. Le suivi
de la commande dans un souci de respect des délais va donc être la
problématique majeure de notre gestionnaire d’approvisionnement. En
effet, la recherche d’une optimisation de stock n’est alors pas d’actualité
puisque par définition, une pièce gérée à la commande n’est pas stoc-
kée. L’inconvénient majeur de cette méthode est qu’elle génère natu-
rellement un délai de réalisation d’une commande important puisque
le délai d’approvisionnement est inclus dans le temps de traitement de
cette commande.
Le réapprovisionnement de stock
Il s’agit de mettre en place un stock de composant et de lancer un réap-
provisionnement lorsqu’un seuil de déclenchement est atteint. Nous
verrons dans le point suivant consacré à une analyse détaillée de ce
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
33
3. Les méthodes d’approvisionnement d’un stock
34
Cette compétence est donc difficile à acquérir car elle nécessite sou-
vent de simuler le mode de fonctionnement d’un article dans plusieurs
modèles de gestion afin de vérifier celui dans lequel l’article est le plus
facile à gérer. De plus, nous pouvons rapidement tomber dans un débat
d’expert, autrement dit dans un débat où certains gestionnaires préfè-
rent travailler en boucle de réapprovisionnement tandis que d’autres
sont de fervents défenseurs du MRP (Manufacturing Ressources Planning)
dans un maximum de cas de figures. Quoi qu’il en soit, la figure 3.3
illustre qu’il y a un grand critère permettant d’effectuer des choix. Il
s’agit du délai d’approvisionnement.
En effet, lorsque le délai d’approvisionnement est suffisamment court
pour permettre d’effectuer un approvisionnement sans avoir besoin de
gérer le produit en stock (autrement dit de gérer l’article à la commande),
il est clair que cette méthode est à privilégier car elle évite les anticipa-
tions qui peuvent parfois s’avérer erronées (approvisionnement sur pré-
vision avec une erreur de prévision) tout en évitant de maintenir une
pièce en stock (et donc éviter les coûts induits d’un stockage).
En revanche, lorsque l’approvisionnement à la commande est
impossible, un long délai d’approvisionnement va automatiquement
générer un stock important en cas de réapprovisionnement de stock
(voir plus bas le point consacré au détail de cette méthode). C’est pour-
quoi très vite, en cas de délai long (la notion de longueur est à appré-
hender en fonction des contextes de chaque entreprise et des objectifs
de niveau de stock que l’on s’accorde) il est souvent préférable si cela
est possible de basculer sur une gestion des approvisionnements sur
prévision.
Attention : ne tombez pas dans le piège de vouloir n’utiliser qu’une
seule méthode. Cela est absurde puisque cela suppose que tous les
contextes sont les mêmes (ce qui n’est naturellement pas le cas).
L’approvisionnement à la commande
Qu’est-ce que l’approvisionnement
à la commande ?
Cette méthode, comme son nom l’indique, consiste à attendre de
recevoir une commande client pour en analyser le besoin en matière
première et ensuite à envoyer la commande d’approvisionnement
35
3. Les méthodes d’approvisionnement d’un stock
Ce système n’est donc possible bien entendu que lorsque nous avons
le temps suffisant pour approvisionner, puis pour fabriquer tout en res-
tant dans le délai souhaité par le client.
Ce système est parfaitement adapté au besoin du client (puisque
nous déterminons le besoin au cas par cas, en fonction de besoins spé-
cifiques ponctuels). Il permet d’offrir au client une offre diversifiée, en
s’adaptant à ses désirs particuliers sans être obligé de maintenir en stock
des quantités astronomiques de variantes. C’est un système très utilisé
dans les industries travaillant à l’affaire.
L’absence de stock est également très appréciée dans ce modèle, c’est
pourquoi ce système est très largement utilisé dans l’industrie.
Néanmoins, ce système présente un inconvénient majeur : l’impact
du délai d’approvisionnement (et la gestion de ses aléas) sur le délai de
réalisation d’une affaire. En effet, un retard d’approvisionnement peut
générer un retard directement sur la commande du client puisque dans
ce système, il n’y a pas de stock permettant d’amortir les effets de ce
retard.
De plus, l’approvisionnement unitaire (ou de la juste quantité néces-
saire) ne permet pas d’effectuer de regroupements et cela génère souvent
des surcoûts logistiques importants.
Le tableau 3.1 illustre d’une manière schématique les avantages et les
inconvénients de cette méthode d’approvisionnement.
36
Tableau 3.1 – Bilan synthétique de l’approvisionnement à la commande
Avantages Inconvénients
Le piège de la méthode
Par contre, le piège principal dans cette méthode de gestion est de ne
pas voir suffisamment tôt les évolutions du marché nécessitant de chan-
ger de modèle.
En effet, tout le système repose sur le fait que nous avons le temps
d’approvisionner dans le délai du client. Cependant, les délais clients
ont souvent tendance à diminuer, et ceci de façon insidieuse. Oui, dans
les entreprises industrielles travaillant avec ce mode de gestion, il n’y
a généralement pas de signal d’alarme indiquant que les délais clients
sont devenus trop courts pour fonctionner avec ce type d’approche. Les
choses se passent de manière beaucoup plus masquée. La sensation des
personnes en charge de piloter les affaires est que les délais ont tendance
à diminuer et qu’il est de plus en plus difficile de tenir ces délais. Tout
le monde est alors prié de faire un effort pour « dépanner » le client qui
veut un délai serré !
Ce n’est qu’une fois que la situation devient intenable (autre-
ment dit le nombre de commandes à délais sérés devient trop grand)
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
Conseil
■ Privilégiez ce mode de fonctionnement lorsque cela est possible mais mettez
en place un moyen permettant d’alerter le gestionnaire d’approvisionnement
lorsqu’il est nécessaire d’envisager de changer de méthode de gestion. Natu-
rellement et sans indicateur, il risque de ne pas être suffisamment réactif sur ce
sujet. ■
37
3. Les méthodes d’approvisionnement d’un stock
Le réapprovisionnement de stock
Le réapprovisionnement de stock est une méthode d’approvisionne-
ment basée sur la mise en place d’un stock sur une référence (les articles
sont gérés à stock) qui est régulièrement recomplété en fonction de la
règle de gestion définie. En effet, nous allons voir plus bas qu’il existe
plusieurs méthodes possibles pour fonctionner en réapprovisionnement
de stock.
Mais avant, retenons que le fait de fonctionner comme cela implique
naturellement la mise en place d’un stock (cela n’est donc pas envisa-
geable pour les références avec des consommations très erratiques ou
encore des approvisionnements de pièces spécifiques). Mais en plus,
cela implique le recomplètement de ce stock, que les besoins à venir
soient là ou non. Le système peut proposer de réapprovisionner une
référence car nous venons d’en consommer suffisamment pour passer
en dessous du seuil de re-déclenchement d’une commande alors qu’il
n’y a aucun besoin à venir. Il faut donc être très prudent quant aux
critères de choix de ce mode de gestion. Nous étudierons ces critères
plus bas après avoir rappelé quelles étaient les principales méthodes de
gestion utilisables.
Deux méthodes sont traditionnellement utilisées :
– le seuil de réapprovisionnement ou point de commande ;
– le recomplètement périodique.
38
Remontée du stock
de la quantité
réceptionnée
Niveau (= quantité commandée)
de stock Lancement
de la commande
d’approvisionnement
Délai approvisionnement
Stock de sécurité
39
3. Les méthodes d’approvisionnement d’un stock
Le réapprovisionnement
par recomplètement périodique
■ Principe de la méthode
Contrairement au modèle précédent qui consistait à approvisionner
une quantité fixe (la quantité économique) à une date variable (dès que
le stock franchit le seuil de réapprovisionnement), le modèle que nous
allons présenter à présent repose sur la logique inverse. C’est-à-dire, le
recomplètement périodique consiste à approvisionner à une date fixe
une quantité variable. La figure 3.5 illustre ce modèle.
Le principe consiste à calculer un niveau de recomplètement avec une
formule que nous allons détailler plus bas. Ensuite, à une fréquence fixe
qui se doit d’être toujours la même (car elle a servi au dimensionnement
du niveau de recomplètement), il faudra recompléter en fonction des
conditionnements adaptés une quantité permettant de refaire « le plein »,
c’est-à-dire, recompléter jusqu’au niveau théorique calculé.
Niveau
de stock
Niveau de recomplètement
Recomplètement
Recomplètement
Temps
Période 1 Période
(T1) 2 (T2)
40
Pour que le système fonctionne, il faut donc que le niveau de recom-
plètement soit suffisant pour couvrir le besoin le temps d’un délai de
réapprovisionnement (c’est la partie consommation pendant le délai
de réapprovisionnement) ainsi que le temps séparant deux détections
(c’est la partie T du modèle). Pour finir, dans la mesure où la consomma-
tion calculée est une consommation moyenne qui ne tient pas compte
des aléas et des variations de la demande, il est nécessaire d’intégrer à la
formule un stock de sécurité (là encore, pour en savoir plus sur le calcul
de ce paramètre, se reporter au chapitre 4).
■ L’utilisation du modèle
Cette méthode est généralement peu utilisée pour l’approvisionne-
ment auprès de fournisseurs car le fonctionnement avec des quantités
variables peut poser des problèmes de fluctuation de tarifs (dans le cas
où les faibles volumes commandés ne permettraient pas d’amortir des
frais de mise en route ou encore des frais de livraison). En revanche, la
grande force de ce modèle réside dans le fait que le fréquentiel d’ap-
provisionnement (T) permet de mettre en place une logistique optimi-
sée (avec des regroupements de camions, la mise en place de navettes
ou encore l’optimisation des tournées des magasiniers). Nous utilisons
donc généralement ce modèle entre une usine et une plate-forme logis-
tique car dans ce cas, ce qui est important en terme d’approvisionne-
ment est d’organiser le rapatriement des produits dans les schémas de
navettes mis en place.
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41
3. Les méthodes d’approvisionnement d’un stock
42
pièces va fournir une grille d’analyse importante pour le gestionnaire.
Les catégories A seront alors plutôt gérées sur prévision (même si l’erra-
ticité de la demande oblige à avoir des stocks de sécurité importants),
tandis que pour un article sans valeur, un stock même dormant ne
posera pas de problèmes. Rappelons tout de même au passage que pour
gérer les pièces à consommation erratiques, rien ne vaut l’approvision-
nement à la commande. Mais la mise en place de ce modèle va être
directement liée à la compatibilité entre le délai d’approvisionnement
et les besoins des clients (délais de réalisations des produits vendus aux
clients).
La figure 3.6 synthétise les limites du réapprovisionnement sur stock
et la figure 3.7 met en évidence le critère « prix de la pièce » qui va aider
le gestionnaire à choisir le bon modèle pour chaque type de pièces que
comprend son portefeuille.
niveaux de stocks
est long à reconstituer
délai peut paraître une éternité tandis que dans d’autres industries, un
mois de délai d’approvisionnement est presque considéré comme un
délai court.
Généralement, nous considérons qu’un délai d’approvisionnement
est long lorsqu’il dépasse une à deux semaines. Cela vient du fait que de
nombreuses entreprises travaillent encore avec des fréquentiels d’une
semaine (par exemple, une réunion planning hebdomadaire…). Atten-
tion, il est important pour mesurer le degré de profondeur du délai d’ap-
provisionnement de le mettre en perspective avec le délai vendu aux
clients. Bien entendu, le niveau de stock objectif de l’entreprise en ques-
tion est également à prendre en compte.
43
3. Les méthodes d’approvisionnement d’un stock
Catégorie B ou A Catégorie A
Réapprovisionnement Réapprovisionnement
Forte
Consommation
Catégorie C Catégorie B ou A
Faible
Réapprovisionnement Approvisionnement
de stock à la commande
Faible Forte
Valeur des pièces
Cette matrice est à prendre à titre indicatif. La notion d’ABC est très
claire puisqu’elle fait référence à la loi de Pareto. En revanche, la valeur
des pièces (forte ou faible) ainsi que l’intensité des consommations sont
à définir en fonction du contexte de chaque entreprise.
44
Stock matière
Approvisionnement ’
Fabrication + expédition
45
3. Les méthodes d’approvisionnement d’un stock
Avantages Inconvénients
Mutualisation possible (optimisation des Toute variation de prévision entraîne
coûts) un risque de rupture
Le délai n’influe que très peu
sur le niveau de stock (uniquement
dans le calcul du stock de sécurité)
Le premier avantage, qui n’est pas un détail, est que le délai n’in-
flue que très peu sur le système d’approvisionnement. En effet, dans la
mesure où nous fonctionnons en anticipation de la demande, le sys-
tème va déclencher une commande très tôt par rapport à un besoin
prévisionnel s’il détecte un besoin et si le délai est long. La figure 3.9
illustre cette mécanique.
46
constater que l’approvisionnement doit arriver pour la semaine 12 afin
d’honorer un besoin en fabrication en début de semaine 12 (besoin basé
sur une prévision ou encore sur une commande ferme si cette dernière
est déjà enregistrée dans le système de gestion). Le système « calcul des
besoins » va anticiper une commande d’approvisionnement 8 semaines
plus tôt (car le délai d’approvisionnement est de 8 semaines). Le ges-
tionnaire d’approvisionnement sait donc que dans trois semaines, c’est-
à-dire en semaine 4 il devra lancer un ordre d’approvisionnement de la
référence en question pour la recevoir à la bonne date.
Nous pouvons constater qu’en plus d’anticiper les besoins à temps,
ce système nous permet d’être parfaitement coordonnés avec le lance-
ment en production.
Le système d’approvisionnement va se caler par rapport au délai
d’approvisionnement mais en aucun cas ne va augmenter les niveaux
de stock. Le stock de sécurité sera le seul paramètre, lié au délai, qui aura
tendance à augmenter proportionnellement au délai d’approvisionne-
ment. S’il est bien paramétré, l’effet d’ailleurs est minime. Nous sommes
donc loin de l’approvisionnement en seuil dans lequel l’allongement du
délai va nécessairement avoir un impact sur le stock.
Inconvénient de la méthode
Bien entendu, l’inconvénient majeur de la méthode est sa dépendance à
la fiabilité de la prévision. Tout le système repose sur cette donnée pré-
visionnelle. Si cette dernière est difficile à obtenir (lorsque nous sommes
dans des activités très erratiques avec de grandes difficultés à identifier des
familles de produits permettant de réaliser cet exercice prévisionnel), alors
ce modèle d’approvisionnement devient impossible à mettre en œuvre.
Cependant, l’analyse de la prévision est un exercice global d’entre-
prise. Bien entendu, nous venons de voir qu’elle sert à bâtir le système
d’approvisionnement. Mais la prévision sert aussi à réaliser les budgets
47
3. Les méthodes d’approvisionnement d’un stock
48
un ordre de produire au travers d’une carte kanban) permet non seule-
ment de tendre le flux entre ces deux maillons, mais surtout d’améliorer
la coordination et la synchronisation entre le fournisseur et son client.
Le fournisseur utilise alors la prévision envoyée par le client pour antici-
per les capacités et mettre en œuvre les leviers de capacité moyen terme.
Mais en aucun cas il ne déclenche la fabrication de nos composants. Cela
évite bien entendu les fabrications inutiles (qui alourdissent inutilement
les stocks) et permet de conserver la capacité de notre fournisseur à pro-
duire au bon moment les pièces dont nous avons réellement besoin.
Si quantité trop faible >> multiplication des manutentions
Si quantité trop forte >> augmentation des stocks et diminution de
la fluidité
Flux Poussé
Flux Tiré
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49
3. Les méthodes d’approvisionnement d’un stock
Description
Code
article
W103819240111
Zone PROFILE DIN COFFRET T4-1 (1/3)
de réappro
Départ : C8G142
Zone
de conso
Arriveé : C4EP08
Quantité fixe : 140 (CAF)
Secteur : Tesys Module 5
N° CB : 4515400101 Léonard Michel 28-01-08 Verdon 2.2
Quantité
50
comment dimensionner un kanban plus bas mais dans la mesure où
c’est la carte qui joue le rôle de déclenchement de la fabrication, il
n’y aura pas plus de fabrication que de cartes en circulation. Limi-
ter le nombre de cartes réduit donc automatiquement le volume de
stock.
D = délai fournisseur
SS = stock de sécurité (méthode empirique ou statistiques)
NK = nombre de pièces par kanban
N = nombre de cartes kanbans en circulation
(Cjp D) + SS
N=
NK
Une bonne pratique consiste à sur-dimensionner au démarrage puis
à retirer progressivement les kanbans au fur et à mesure de la stabilisa-
tion du système.
Le kanban avec un fournisseur se dimensionne donc comme un
point de commande (voir point plus haut présentant les méthodes
51
3. Les méthodes d’approvisionnement d’un stock
■ L’importance de la rigueur
Tout d’abord, il est important de noter que tout le système repose sur la
rigueur des acteurs et le respect des règles établies. Ne pas respecter les
quantités inscrites sur les cartes, produire sans besoin ou encore chan-
ger de boucle en permanence et c’est tout le système qui s’effondre. La
rigueur est la clé de voûte du système, c’est pourquoi il ne faut surtout
pas initialiser une telle démarche dans un contexte défavorable.
52
provisionnement). Le dimensionnement d’une boucle doit être remis en
cause lorsqu’un élément du dimensionnement change, en particulier la
consommation moyenne qui par définition change régulièrement.
53
3. Les méthodes d’approvisionnement d’un stock
L’essentiel
54
Chapitre 4
Calcul de
réapprovisionnement
d’un stock
Executive summary
55
4. Calcul de réapprovisionnement d’un stock
56
différentes contraintes (temps traitement, taille économique de lan-
cement, opération de sous-traitance, etc.). Il ne s’agit pas du temps
opératoire (temps où la pièce est transformée sur ses équipements)
mais de la somme des délais de sa propre chaîne logistique. Il est prin-
cipalement constitué de temps d’attentes, de temps de stockages et
de transports inter-postes. C’est la raison pour laquelle en cas d’ur-
gence, il est souvent très facile pour le fournisseur de comprimer son
délai. Il lui suffit de faire passer la commande en question en tête de la
file d’attente. Le problème vient lorsque ce mode de fonctionnement
n’est plus une exception mais devient la règle. Dans ce cas, la perfor-
mance économique est altérée et le système logistique de moins en
moins viable.
• Le délai de transport : parfois intégré dans le délai fournisseur, il
s’agit du temps nécessaire pour acheminer une commande depuis
l’usine du fournisseur jusqu’au quai de réception du client. La notion
de fréquentiel de livraison est souvent intégrée à cet endroit (le four-
nisseur expédie une fois par semaine à une date fixe par exemple, cela
impliquera automatiquement 5 jours de délai supplémentaire). Voir
dessous le zoom effectué sur le piège du fréquentiel.
• Le délai de réception : il s’agit du temps utilisé sur les quais pour
décharger les camions, contrôler les pièces et effectuer les réceptions
informatiques. Ce délai est trop souvent sous-estimé par les gestion-
naires au moment du paramétrage.
Conseil
■ Il faut bien entendu intégrer le délai de réception dans le délai global de réa-
lisation de la commande d’approvisionnement dans la mesure où il n’est pas
instantané. Mais il ne faut pas que ce délai soit donné au fournisseur. Il faut
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57
4. Calcul de réapprovisionnement d’un stock
Délai
Délai Délai Délai
lancement de
fournisseur transport réception
la commande
Commande
Départ
58
dans la matinée (soit juste après le départ) devra attendre jusqu’au mardi
suivant pour partir. Cet ajout de délai n’est pas compris dans le délai du
fournisseur car en général, ce dernier communique son cycle de fabri-
cation (comprenant sa file d’attente au poste, son temps de travail en
fonction de sa charge). Lors du paramétrage d’un délai, le gestionnaire
de stock doit toujours se mettre dans le scénario le plus défavorable afin
de ne pas avoir d’approvisionnement structurellement en retard. Cer-
tains outils de gestion de stock informatique ajoutent automatiquement
le délai induit par le fréquentiel. Mais en général, c’est à la personne en
charge de renseigner le délai d’ajouter ce supplément lié au fréquentiel.
La fiabilisation du paramétrage des délais a un impact direct sur la
diminution du nombre d’urgences.
59
4. Calcul de réapprovisionnement d’un stock
60
Avec la méthode statistique, en cas de consommation non erra-
tique, nous considérons que la valeur mesurée (consommation prévi-
sionnelle ou écart de prévision) suit une loi normale de moyenne m
et d’écart-type σ. Nous allons rechercher dans la table de loi normale
(voir figure 4.3) le coefficient t permettant de couvrir X % de variation
du besoin. Plus nous souhaitons couvrir les variations par rapport à la
moyenne (pour éviter les risques de rupture) plus le niveau de stock de
sécurité sera important.
La formule de calcul du stock de sécurité est donc : SS = écart type σ
racine carrée du délai D ¯ le coefficient t (t étant le coefficient de la loi
normale calculé en fonction du degré de couverture souhaité).
X%
SS D t
Probabilité
de rupture
Consommation
Demande moyenne t
sur intervalle
organisé).
• La consommation n’est pas erratique et varie autour d’une
moyenne selon une loi normale. Il n’est pas possible d’appliquer
cette formule sur des articles n’ayant pas cette caractéristique, sous
peine de créer une erreur de paramétrage qui pourrait provoquer
une rupture, dans la mesure où le stock de sécurité sert à éviter ce
phénomène.
61
4. Calcul de réapprovisionnement d’un stock
Illustration d’un calcul de SS aval avec la méthode statistique. Les données sui-
vantes sont des écarts constatés sur 12 mois entre la prévision réalisée à M-2
(date où le lancement d’approvisionnement a été effectué) et le besoin réel.
Ces données sont représentées dans le tableau 4.1.
La loi normale nous donne les coefficients suivants (voir tableau 4.2)
en fonction des qualités de service attendues.
62
Il existe une autre méthode plus simple pour calculer le stock de
sécurité aval. Il suffit d’appliquer la formule suivante sur une analyse
des écarts entre une consommation prévue et une consommation réelle
sur le délai d’approvisionnement.
SS aval = variation quantité ° délai approvisionnement
Dans cette méthode, nous relevons tous les « surplus de consom-
mation » sur l’horizon du délai d’approvisionnement afin de mettre la
quantité correspondante à ces surplus en stock de sécurité.
Par rapport à l’application numérique détaillée ci-dessus, il suffirait par
exemple d’observer l’écart maximum entre prévision et réalisé qu’il y a eu
sur les 12 mois de l’exercice et de mettre en stock de sécurité la valeur cor-
respondante. Cela donne les résultats suivants illustrés dans le tableau 4.3.
Écart sur
Prévision Écart
Mois Réalisé les 2 mois
m−2 constaté
glissants
Janvier 76 66 10
Février 60 40 20 30
Mars 65 50 15 35
Avril 64 52 12 27
Mai 50 54 −4 8
Juin 60 46 14 10
Juillet 60 55 5 19
Août 65 59 6 11
Septembre 78 65 13 19
Octobre 65 45 20 33
Novembre 60 48 12 32
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Décembre 60 81 −21 −9
Variation moyenne par mois 8,5
63
4. Calcul de réapprovisionnement d’un stock
Coût de
Coût possession
passation des
des stocks
commandes
CPC =
∑ Coût de passation de commande
Nombre de commandes
64
La quantité économique de commande va donc dépendre de la taille
du flux et de la valeur de la pièce. En effet, l’importance d’optimiser le
coût de stockage ou le coût de passation des commandes va varier en
fonction des contextes illustrés dans la figure 4.5.
Pour les articles chers à forte consommation, il va falloir recher-
cher des modèles de type flux tendu où la quantité de commande est
la plus proche possible de la consommation journalière (voire quelques
heures dans certains secteurs). Le gestionnaire recherche l’optimisation
du coût de stockage. La taille importante de ces flux permet de mettre
en place des organisations logistiques très sophistiquées en collaborant
avec ses fournisseurs.
En revanche, pour les fortes rotations mais prix plus faible, nous
sommes dans le cas où le modèle mathématique, type modèle de Wil-
son, est le plus pertinent. En effet, le gestionnaire va rechercher l’opti-
misation à la fois du coût de stockage et de la passation de commande.
Ce modèle est explicité plus bas. Attention, le modèle de Wilson consi-
dère que la consommation est régulière. Dans le cas contraire, il est pré-
férable d’appliquer un autre modèle.
Prix
QC se rapprochant QC proche
le plus possible de la consommation
Fort du besoin unitaire journalière
Flux tendu
Tenir compte
des contraintes Modèle de Wilson
fournisseur
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
Faible (catégories A
ou fabrication
(catégories C et B) et certains B)
Faible Forte
Consommation
65
4. Calcul de réapprovisionnement d’un stock
Enfin pour les faibles rotations à prix faible, ces pièces ne coûtent pas
cher à stocker. Il ne sera donc pas toujours nécessaire d’étudier avec les
fournisseurs des diminutions de taille de lot. Le gestionnaire va en géné-
ral déterminer sa quantité de commande en fonction de la contrainte
du fournisseur sur ses temps de mise en route ou de transport. Il n’est en
général pas rentable d’entreprendre des actions d’optimisation de flux
sur ces articles. Sauf dans des cas particuliers (contrainte de place pour
l’entreposage, etc.).
66
Coût
Coût de passation
des commandes
Quantité
67
4. Calcul de réapprovisionnement d’un stock
Coût
ion
ess
p oss
e
ût d s
Co stock
des
Coût de passation
des commandes
Quantité
Q éco
68
le véritable optimum pour l’entreprise. Il faut utiliser ces méthodes de
paramétrage comme des aides à la simulation, des repères permettant de
se poser régulièrement des questions et donc améliorer le paramétrage.
L’essentiel
69
Chapitre 5
Analyser
un stock
Executive summary
71
5. Analyser un stock
Rupture ! Perte
de performance
Dépannage
à court terme
72
Comment analyser les stocks de manière efficace ?
Pour mettre en place une méthode d’analyse des stocks, il y a plusieurs
étapes à respecter. Le principe général consiste à mettre en place un outil
d’extraction de la base article comprenant les informations élémentaires
utiles pour « comprendre le stock » et analyser avec une fréquence régu-
lière cet outil pour pouvoir prendre les bonnes décisions au bon moment.
Tous les systèmes d’informations modernes sont en mesure de fournir
sur un même état quelques données issues de la base article du système
de gestion de l’entreprise. Nous avons simplement besoin de quelques
données pour réaliser une analyse efficace des stocks. Ces informations
sont les suivantes :
• Informations sur l’article (code, désignation, prix unitaire).
• Les paramètres clés actuels (délai d’approvisionnement, stock de sécu-
rité paramétré, quantité minimum d’approvisionnement, consomma-
tion moyenne).
• La catégorie ABC (à mettre en rapport avec l’objectif de couverture
par catégorie).
• Le stock moyen (si nous l’avons au travers du système de gestion) ou
le stock instantané (si nous n’avons pas le stock moyen).
À partir de ces données, il va falloir définir des grandes règles d’ana-
lyse qui vont permettre au gestionnaire d’approvisionnement d’identi-
fier très rapidement les articles en surstock.
1 Si ces concepts ne vous sont pas familiers, il est conseillé de vous reporter au chapitre 3 consacré aux
fondamentaux de la gestion des stocks.
73
5. Analyser un stock
Une fois les règles définies sur les deux indicateurs que nous venons
de voir, il est possible de lancer l’analyse.
74
Pour simplifier, disons qu’un gestionnaire d’approvisionnement doit
effectuer tous les mois une analyse de son portefeuille d’articles avec
une ventilation lui permettant d’analyser :
• Tous les trimestres les articles de catégorie A.
• Tous les semestres les articles de catégorie B.
• Tous les ans les articles de catégorie C.
Dans l’exemple ci-dessus, analyser 7 articles par jour est faisable par n’im-
porte quel gestionnaire (avec une méthode structurée comme nous l’avons
détaillée en chapitre 3, le temps par article est de 1 à 3 minutes lorsque nous
connaissons les produits). En revanche, analyser d’un coup des centaines
de références devient très vite impossible. C’est pourquoi nous conseillons
vivement d’inscrire dans le travail quotidien d’un gestionnaire d’approvi-
sionnement un temps consacré à cet exercice qui est aussi important que le
fait de passer des commandes ou relancer des fournisseurs.
75
5. Analyser un stock
Méthodologie d’analyse
et de réduction des stocks
Comme nous l’avons vu précédemment, la gestion des stocks est une
discipline structurée autour de la mise en œuvre de techniques bien
définies. Définir la stratégie de gestion d’un article (va-t-il être géré en
stock ou non ?), la manière de paramétrer le stock de sécurité, le délai
et la quantité de commandes ou encore le choix de tel ou tel modèle de
réapprovisionnement de stock sont des décisions qui relèvent à la fois
de l’expérience du gestionnaire pour une part, mais également beau-
coup de techniques fondamentales éprouvées d’autre part. De ce fait,
toutes ces décisions peuvent être régulièrement remises en cause car les
choses évoluent (performance fournisseur, consommation qui change,
évolution dans le cycle de vie du produit, etc.) et le gestionnaire va
devoir constamment se poser la question : ai-je le bon stock au bon
moment ?
Une mauvaise adéquation entre le besoin de stock et la quantité dis-
ponible peut se détecter par deux phénomènes : l’excédent de stock
(que nous allons appréhender plus bas) ou la rupture.
76
rupture est le meilleur indicateur d’une défaillance dans le paramé-
trage d’un article. Bien sûr, l’erreur est faite et le gestionnaire se doit
de « dépanner » le système le plus rapidement possible mais une ana-
lyse plus fine des causes de la rupture peut mettre en évidence des
dysfonctionnements sur d’autres articles (une règle de paramétrage
plus à jour, des évolutions significatives sur une famille d’articles ou
pour un fournisseur commun à plusieurs références, etc.) et ainsi évi-
ter d’autres ruptures en cascades.
Conseil
■ Une rupture de stock doit toujours déclencher une analyse du paramétrage des
stocks de sécurité afin d’anticiper un dysfonctionnement pouvant générer des
ruptures sur d’autres références. ■
Mais ne pas avoir le bon stock au bon moment ne signifie pas uni-
quement manquer de stock, c’est aussi souvent en avoir trop sur des
références qui ne le méritent pas.
77
5. Analyser un stock
les articles à forte valeur) afin de vérifier que les règles de paramétrage
en vigueur sont toujours pertinentes. En général, un gestionnaire de
stock recalcule ses stocks de sécurité plusieurs fois par an pour les
articles de catégorie A.
• Existence d’un stock stratégique : conjoncturellement, il est par-
fois nécessaire de mettre en place un stock stratégique pour pallier
une difficulté passagère (changement de fournisseur, pénurie sur un
marché, etc.). Le but de l’analyse des stocks sur ce domaine est de
remettre en cause régulièrement la pertinence de la constitution de
ce qui peut apparaître comme un « trésor de guerre » mais qui trop
souvent termine sa vie en stock mort. Le suivi des stocks stratégiques
est un enjeu fort pour le gestionnaire de stock, même si cette opé-
ration n’est pas toujours simple en raison du degré « politique » de
certaines décisions.
• Présence de stock dormant : Une évolution technique mal anticipée
ou une fin de vie mal gérée peuvent se retrouver à la cause d’un stock
mort. Malheureusement les recours sont faibles et bien souvent ce
stock finit par être détruit ou revendu à des prix très bas. L’enjeu de
l’analyse des stocks pour ce type de problème est donc d’éviter d’en
avoir et de piloter correctement la fin de vie ou les évolutions tech-
niques. Le gestionnaire de stock devra s’arranger pour être le plus pré-
sent possible au moment où se prennent les décisions risquant d’avoir
des impacts de ce type.
• Un écart d’inventaire positif : nous avons déjà vu qu’un écart d’in-
ventaire pouvait générer une rupture de stock. En général, le gestion-
naire de stock ne tarde pas à en être informé. Le contraire est moins
vrai. Lorsqu’il y a des écarts d’inventaires en « moins », il y en a forcé-
ment en « plus ». Là en revanche il est très difficile de s’en apercevoir
(sauf analyser précisément des états de redressement d’inventaire de
façon régulière). Un surplus de stock non identifié trouve souvent son
origine dans ce type de dysfonctionnement. Si cette situation est trop
fréquente, il est nécessaire d’avoir la même approche que pour les
ruptures de stock, c’est-à-dire lancer une démarche de fiabilisation des
stocks.
• Une incertitude chronique de prévision : lorsque le système de ges-
tion de production est basé sur la prévision (fonctionnement avec la
méthode MRP), il est nécessaire de suivre de manière très fine la fiabilité
de la prévision à l’origine de tout le système de réapprovisionnement.
Une prévision trop forte par rapport au besoin réel va immédiatement
78
provoquer du sur-stock. Si ce phénomène est chronique ; le sur-stock
va perdurer et le système va relancer en permanence des commandes
d’approvisionnement pour compléter ce besoin virtuel. Alors que
faire ? Il faut commencer par alerter les personnes en charge de la réa-
lisation de la prévision d’un mois sur l’autre (en général, il s’agit des
commerciaux) lorsque ce phénomène est mis à jour car il impacte la
plupart du temps la totalité des articles d’une famille de produit.
Une fois que les causes classiques de sur-stock sont connues, il est
important pour le gestionnaire de stock de mettre en place une méthode
permettant de repérer régulièrement les défaillances de son système.
C’est le rôle de l’analyse régulière des stocks.
79
5. Analyser un stock
Stock-outil
10%
30%
Stock-outil
70% 90%
80
Tableau 5.2 – Extraction base article pour analyse
A 10 jours
Objectif de couverture par catégorie : B 20 jours
Règles de gestion de
C 30 jours
l’analyse
Nous considérons que lorsque le ratio stock moyen / stock
outil est supérieur à 2, le stock n’est plus sous contrôle !
Consom-
Délai Stock Quantité
PU HT mation Stock Catégorie
Article Désignation appro de sécurité Commande
(euros) moyenne moyen ABC
(J) (SS) (QC)
journalière
Les règles d’analyse ont été définies, nous allons pouvoir passer à
l’étape 3 de l’analyse.
quantité de commande
Couveruture de la quantité de commande =
consommation journalière
81
5. Analyser un stock
Ces indicateurs sont très simples à calculer car ils sont le résultat de
multiplications, de soustractions ou de divisions de données de la base
article. Il n’est absolument pas nécessaire d’avoir recours à un informa-
ticien pour réaliser ce type d’outils.
Y a-t-il
Non Arrêt de
trop de
l’analyse
stock ?
82
■ Étape 5 : interpréter les indicateurs
Le tableau 5.3 récapitule les indicateurs clés vus en étape 3, les règles
d’analyse de l’étape 2 à partir des données extraites de la base article
comme nous l’avons explicité en étape 1.
Données calculées
Couver-
Stock
Valeur ture Couverture Couverture
Stock- moyen
Article Désignation stock stock SS QC
outil /stock
moyen moyen (j) (j)
outil
(j)
83
5. Analyser un stock
84
L’essentiel
85
Chapitre 6
Les fonctionnalités
d’un système
de gestion des stocks
informatisée
Executive summary
87
6. Les fonctionnalités d’un système de gestion des stocks
informatisée
88
Les 21 fonctionnalités clés
d’une gestion des stocks informatisée
Nous proposons dans le tableau 6.1 une grille synthétique permettant
de mesurer la capacité de l’éditeur à répondre à nos différents critères.
Après avoir balayé d’une manière globale les fonctionnalités clés atten-
dues, nous lui demandons si nos exigences sont couvertes ou non et s’il
est nécessaire d’entrer dans un processus de développement pour adap-
ter l’outil à notre mode de fonctionnement. Dans la mesure où il s’agit
de fonctionnalités faisant directement appel à la maîtrise technique
du métier et malgré les cinq précédents chapitres détaillant ce métier,
nous allons parfois redétailler certains concepts en expliquant pourquoi
nous avons mis en évidence ces quelques fonctionnalités clés qui peu-
vent paraître « inutiles » pour des non spécialistes mais qui deviennent
vite fondamentales lorsque nous entrons dans le détail opérationnel du
métier.
Alors prenez le temps de réfléchir à chaque fonctionnalité clé avant
de réaliser un cahier des charges informatique ou avant de vous lancer
dans une démarche d’acquisition d’un logiciel. Il est possible que cer-
tains points techniques ne soient pas traités dans les outils dont vous
disposez pour le moment mais qu’ils n’en restent pas moins utiles. Le
changement de système peut alors être l’occasion de progresser sur ce
thème en se dotant d’un outil plus complet.
89
6. Les fonctionnalités d’un système de gestion des stocks
informatisée
Standard Spécifique À
Fonctionnalités clés attendues Commentaires
dans l’outil dans l’outil développer
Gestion des commandes d’approvisionnement
Gestion des délais de passation
des commandes
Gestion des délais de transit
Gestion des délais de réception
et des délais de contrôle qualité
Gestion des incoterms
Gestion des multi-sources
Gestion des tarifs fournisseurs
Gestion automatique
des commandes fournisseur
Gestion des stocks pour le réapprovisionnement
Gestion des stocks de sécurité
en pièce ou en jour
Gestion des délais d’anticipation
Gestion des périodes
ou des quantités de regroupement
Calcul de la consommation
moyenne journalière
sur une période paramétrable
Gestion des approvisionnements
sur stock mini
Gestion des approvisionnements
sur recomplètement périodique
Gestion des approvisionnements
sur prévision (calcul des besoins)
Gestion des quantités
économiques de commande
Gestion des catégories ABC
Gestion des inventaires tournants
(en fonction des catégories ABC)
États statistiques et indicateurs
Édition d’un état des relances
fournisseurs
Calcul du taux de service
fournisseur
Calcul de la profondeur
de retard fournisseur
Édition d’un état de suivi
des stocks paramétrable
90
Fonctionnalité 1 : gestion des délais
de passation des commandes
Il s’agit d’une partie du délai d’approvisionnement qui concerne le
temps qui s’écoule entre le moment où le besoin devient supérieur à
la ressource stock disponible (par exemple un stock minimum atteint
au moment d’une sortie magasin) et le moment où la commande four-
nisseur est envoyée à ce dernier. Au minimum ce temps est de 1 jour
lorsque les états de réapprovisionnement et le calcul des besoins sont
régénérés tous les jours. Si par exemple le gestionnaire d’approvision-
nement ne traite ses états de besoin qu’une fois par semaine, il faut
être capable de paramétrer 5 jours dans ce délai de passation des com-
mandes. Il s’agit du scénario le plus défavorable (un besoin apparaît le
jour où le gestionnaire vient de traiter son besoin) mais c’est un cas réel,
c’est pourquoi il faut absolument le prévoir.
Généralement ce paramètre n’est pas géré au niveau d’une référence
car il est global pour la totalité d’une activité. C’est donc un paramètre
système qui va s’appliquer à toutes les références d’une entreprise ou à
un portefeuille entier de produit. Reste à voir comment le système infor-
matique étudié fonctionne afin de voir comment adapter l’organisation
à la règle de l’outil.
pour le petit. Cependant la plupart des outils informatiques ne vont pas être
en mesure de faire la différence car comme nous venons de le voir, il s’agit
souvent d’un paramètre général du système. Dans ce cas, soit nous mettons
5 jours pour tous les articles malgré le traitement quotidien et nous prenons
alors le risque d’augmenter les délais d’approvisionnement (et donc les stocks
puisqu’il y a un effet mécanique entre les deux) soit nous décidons de traiter
l’approvisionnement du petit flux comme le gros. Mais il s’agit là d’une décision
d’organisation que nous devons mettre au clair avant la rencontre des presta-
taires informatiques. ■
91
6. Les fonctionnalités d’un système de gestion des stocks
informatisée
Date réception
commande Réception
chez le fournisseur en nos locaux
Conseils
■ Attention à bien appréhender la problématique de fréquentiel de transit. Le
fréquentiel de transport est un délai d’attente de pièces chez un fournisseur par
exemple induit par une organisation avec un événement organisé sous forme
de fréquentiel. Le cas le plus courant est le fournisseur qui, pour optimiser ses
coûts de transport, propose de faire partir son camion une fois par semaine par
exemple.
92
■ La figure 6.1 illustre ce phénomène et montre le temps d’attente de la com-
mande sur le quai d’expédition en attendant le prochain départ. La présence
de ce fréquentiel a donc une incidence directe sur le délai d’approvisionnement
car certaines commandes vont attendre plus ou moins longtemps sur le quai
d’expédition du fournisseur.
■ Lors du paramétrage du délai, le gestionnaire d’approvisionnement devra donc
intégrer ce fréquentiel dans le délai de transit sauf si le système d’informations
ajoute automatiquement ce temps. Nous sommes alors en présence d’un calcul
de fréquentiel automatique.
■ Il est bien entendu très important pour les gestionnaires de stock de savoir
comment notre système d’informations appréhende cette problématique. ■
93
6. Les fonctionnalités d’un système de gestion des stocks
informatisée
En bref
■ Il faut que la personne en charge des approvisionnements ou des expéditions
puisse avoir accès très facilement à cette information capitale pour lui. ■
94
calcul de réapprovisionnement à effectuer et vont émettre une com-
mande. Encore faut-il qu’il respecte par exemple un ratio de 80 % pour
le fournisseur principal et 20 % pour le fournisseur secondaire. C’est
cette répartition suivant un mix (ou un pourcentage) que nous appelons
le coefficient de marché. Si la stratégie achat de l’entreprise est d’avoir
des fournisseurs multisources, alors l’absence de cette fonctionnalité est
discriminante.
95
6. Les fonctionnalités d’un système de gestion des stocks
informatisée
Conseil
■ La question fondamentale sur le stock de sécurité sur laquelle il faut passer du
temps lors du choix du système informatique est de savoir si ce dernier intègre
le paramètre stock de sécurité et comment il fonctionne par rapport au point de
commande (souvent appelé stock mini). Attention à ne pas confondre les deux
concepts, cela n’a rien à voir ! ■
96
Fonctionnalité 9 : gestion des délais d’anticipation
Il s’agit de la capacité à anticiper des besoins sur une période plus
grande que le délai d’approvisionnement classique. Cela permet par
exemple d’anticiper les périodes de fermeture de congés (il faut tenir
compte du besoin futur dans l’horizon du délai + 3 semaines supplé-
mentaires liées à la fermeture annuelle du fournisseur par exemple). Cela
permet également de sécuriser des approvisionnements en calculant un
besoin sur une période plus grande lorsque par exemple un fournisseur
pose des difficultés d’approvisionnement. En effet, le stock de sécurité
va générer un besoin de recomplètement de stock correspondant à sa
valeur, sans tenir compte des besoins futurs. Les stocks d’anticipation
eux vont anticiper du besoin réel et vont de fait générer des stocks de
sécurité mais en fonction d’un besoin identifié réellement dans le pro-
cessus de planification. C’est en cela que le paramètre est très impor-
tant. La figure 6.2 illustre à l’aide d’un schéma la mécanique du stock
d’anticipation.
Niveau de stock
d’un article Consommation
Réception
estimée
de la commande
fournisseur
Rupture de stock
(à couvrir par le
Consommation Stock de sécurité)
réelle
temps
S1 S2 S3 S4 S5 S6 S7 S8 S9 S10
hebdomadaire
Besoin
10 8 12 10 15 15 10 12 8 10
97
6. Les fonctionnalités d’un système de gestion des stocks
informatisée
98
Système sans période de regroupement
Délai Délai
d’approvisionnement d’approvisionnement
hebdomadaire
S1 S2 S3 S4 S5 S6 S7 S8
Besoin
10 20 15 10 15 15 20 15
Délai Délai
d’approvisionnement d’approvisionnement
hebdomadaire
S1 S2 S3 S4 S5 S6 S7 S8
Besoin
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
10 20 15 10 15 15 20 15
99
6. Les fonctionnalités d’un système de gestion des stocks
informatisée
Fonctionnalité 12 :
gestion des approvisionnements sur stock mini
Appelée également méthode d’approvisionnement sur point de com-
mande simple, le principe de cette méthode de réapprovisionnement
consiste à définir une valeur minimum de stock appelée point de
commande ou stock mini en dessous duquel le système propose un
réapprovisionnement. La quantité de commandes est fixe (quantité éco-
nomique) alors que la période varie en fonction du niveau de stock et de
l’atteinte ou non du seuil de réapprovisionnement. La figure 6.4 illustre
par un schéma ce modèle. Cette méthode de réapprovisionnement est
très simple en terme de mise en œuvre car une fois le seuil de réappro-
visionnement calculé, le système d’informations n’a plus qu’à comparer
la valeur du stock et le niveau de ce stock mini.
De plus la quantité de commandes étant fixe, il n’y a aucun calcul à
faire au moment du réapprovisionnement. Le point de commande est
calculé à l’aide de la formule suivante :
Stock mini = consommation moyenne pendant le délai d’approvi-
sionnement ¯ stock de sécurité
100
Remontée du stock
de la quantité
réceptionnée
Niveau (= quantité commandée)
de stock
Lancement
de la commande
d’approvisionnement
Co
ns
om
m m
oy at Réception
en io
ne n de la commande
Délai approvisionnement
Stock de sécurité
101
6. Les fonctionnalités d’un système de gestion des stocks
informatisée
Conseil
■ Ne pas confondre stock mini et stock de sécurité. Le stock mini va déclencher
la commande car il va être calculé en fonction de la consommation pendant le
délai et de la sécurité que nous voulons avoir. Le stock de sécurité, lui, ne sert
pas au déclenchement de la commande mais à pallier des surconsommations
ou des retards éventuels avec des fournisseurs présentant des défaillances chro-
niques en matière de délai. Les deux concepts sont différents. Le stock mini
intègre le stock de sécurité. Mais il est très important que le système d’informa-
tions gère les deux concepts sous peine de devoir inclure le stock de sécurité
dans le stock mini et de ne plus se souvenir de la part de ce dernier dans le
calcul du seuil de réapprovisionnement. ■
102
Fonctionnalité 14 : gestion des approvisionnements
sur prévision (calcul des besoins)
L’approvisionnement sur calcul des besoins consiste à disposer, avec
notre outil informatique, d’un système performant (c’est le cœur du sys-
tème d’approvisionnement) permettant d’évaluer les besoins à lancer et
de proposer au gestionnaire d’approvisionnement des ressources à fabri-
quer (ordres de fabrications proposés) et des ressources à acheter (ordres
d’achats proposés) en fonction d’une décomposition de besoin d’un
produit complexe au travers de la nomenclature. Dans notre première
partie du chapitre 5, la mécanique du calcul des besoins est parfaitement
expliquée de manière détaillée. Ici, pour une raison de simplification
pour aller directement à la fonctionnalité attendue, nous vous propo-
sons un rappel en deux schémas, figures 6.5 et 6.6, de la mécanique
d’ensemble. Notons que par rapport au réapprovisionnement par point
de commande vu plus haut, ici l’intérêt est d’intégrer un besoin prévi-
sionnel sur un horizon plus ou moins long (cela dépend de l’horizon des
données renseignées dans le système d’informations). Nous gérons alors
une notion appelée disponible à terme, qui calcule la valeur du stock dis-
ponible à horizon du délai d’approvisionnement (ou de fabrication) en
fonction des besoins fermes (résultat de la saisie des commandes clients)
des prévisions (résultat du processus de fabrication) et du stock de sécu-
rité (résultat du paramétrage du gestionnaire) et qui détermine alors la
meilleure date de lancement et la quantité optimum en fonction encore
une fois des paramètres renseignés dans le système par le gestionnaire de
production ou le gestionnaire d’approvisionnement.
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
103
6. Les fonctionnalités d’un système de gestion des stocks
informatisée
Illustration du CBN au
Nomenclature du produit A
A
niveau de l ’article A
1 2
B C
Article A J1 J2 J3 J4 J5 J6 J7 J8
Besoins prévisionnels 5 10 10 5 15 5 0 10
Stock disponible 5
à terme (délai)
100
ti on
ca
Réception d’un ordre
fabri
de fabrication de
lai
Dé
Lancement d’un ordre 100
de fabrication
104
A
Nomenclature du produit A
1 2
Illustration du CBN
B C
au niveau de l’article C
Article A J1 J2 J3 J4 J5 J6 J7 J8
Besoins prévisionnels
200 0 0 0 0 0 200 0
Stock disponible
à terme (délai) 60 60 60 60 60 60 160 160
e
i em
la nn
Dé isio
ov
Lancement d’un ordre p pr
a
de fabrication d’
300
105
6. Les fonctionnalités d’un système de gestion des stocks
informatisée
106
Conseil
■ Ne pas confondre quantité économique et multiple.
■ Nous venons de voir ce qu’était la quantité économique de commande. Le
multiple est la quantité structurante à un approvisionnement ou à une fabrica-
tion. Cela peut être le conditionnement négocié avec le fournisseur ou encore
l’empreinte d’un moule pour une fabrication. Nous ne pouvons donc pas com-
mander ou fabriquer une quantité différente de ce multiple. Mais attention,
cela ne veut pas dire qu’il faut approvisionner un multiple de la quantité de
commande. L’exemple suivant montre cette différence. ■
107
6. Les fonctionnalités d’un système de gestion des stocks
informatisée
108
Fonctionnalité 18 : édition d’un état
des relances fournisseurs
Les fournisseurs peuvent livrer en retard, c’est d’ailleurs la raison pour
laquelle il est nécessaire de mettre en place des stocks de sécurité. Cepen-
dant, la profondeur du retard (voir l’indicateur plus bas) dépend directe-
ment de l’énergie que nous dépensons dans le processus de relance des
commandes fournisseurs en retard. En effet, force est de constater que
les entreprises ayant chroniquement des retards (et donc un mauvais
taux de service) sont des entreprises mal organisées avec des processus
logistiques peu efficaces. Dans ces entreprises, la gestion des priorités est
souvent faite en fonction des clients exprimant avec plus ou moins de
force leur mécontentement en cas de dérapage de délais. Autrement dit,
si vous ne réclamez pas avec insistance vos commandes en retard, vous
risquez d’attendre un temps certain.
C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de mettre en place un
outil d’analyse des commandes en retard. Il s’agit d’un tableau réca-
pitulant les commandes fournisseurs en cours d’attente de réception
dont la date du jour est supérieure à la date qui figurait initialement sur
la commande du fournisseur. Il sera sage d’attendre une journée avant
de relancer afin de laisser le temps aux magasiniers de réception d’ef-
fectuer les transactions informatiques adaptées. Ensuite, le gestionnaire
d’approvisionnement relancera, à partir de son état, régulièrement son
fournisseur jusqu’à réception de la commande. Il est bien évident que
cette situation est complètement anormale mais les services achats ont
parfois des critères de choix des fournisseurs dans lesquels le respect des
délais ne pèse que très peu. C’est pourquoi nous sommes contraints de
mettre en place des outils de ce type.
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
109
6. Les fonctionnalités d’un système de gestion des stocks
informatisée
110
tions de l’entreprise en appelant le produit par son nom commun (la
désignation) et non pas par son code.
• Stock instantané : il s’agit du stock au moment de la requête. Toute
l’analyse des excédents va comparer ce que nous avons (le stock ins-
tantané) avec ce que nous devrions avoir.
• Consommation moyenne sur une période : voir détail de ce para-
mètre plus haut dans le chapitre.
• Couverture du stock en jour : il s’agit de la division du stock et de la
consommation journalière moyenne. Cela permet de ne pas raisonner
le stock en pièces mais en jours de consommation moyenne.
• Prix des pièces : cela permettra d’avoir une approche économique des
stocks, des quantités de commandes en fonction de ce que coûte réel-
lement la pièce. Bien entendu le raisonnement est à avoir en prix de
revient. Pour un article acheté, nous raisonnerons en prix de revient
d’achat, comprenant le prix d’achat, les frais de transports ou encore
le coût de stockage de la pièce.
• Valeur du stock en euros : il s’agit de la multiplication du stock ins-
tantané par le prix des pièces cité plus haut. Cela permet donc de
valoriser le stock et de ne travailler que sur des stocks présentant des
enjeux financiers.
• Catégorie ABC de l’article : puisque le raisonnement en terme de
paramétrage s’effectue en fonction de l’importance de la pièce dans le
flux (matérialisée par sa catégorie ABC) il est naturellement important
de faire apparaître sur cet état de contrôle cette information extrême-
ment structurante dans le processus d’analyse que nous avons décrit
en quatrième partie du chapitre 3 de notre guide.
• Stock de sécurité en pièces : il explique une partie significative du
stock que nous allons observer.
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
111
6. Les fonctionnalités d’un système de gestion des stocks
informatisée
112
catifs. Pour ce faire, lorsque nous travaillons avec des milliers de réfé-
rences, il est important de repérer rapidement les « grosses valeurs ».
• Tri par couverture décroissante : cela consiste à faire apparaître en
haut du tableau les références avec des couvertures importantes. Cela
permet de repérer les articles pour lesquels nous sommes en excédent
de stock. Cela permet également de prendre des décisions de déstoc-
kage alors que les produits ont encore une activité économique. En
effet, le piège serait de ne rien faire et de vouloir ne traiter ces réfé-
rences qu’une fois les consommations terminées. Nous entrons alors
dans un processus de gestion du stock mort qu’il est beaucoup plus
difficile d’appréhender.
• Tri par écart en valeur décroissant : ce tri permet de repérer écono-
miquement les articles pour lesquels nous sommes en excédent pour
des raisons autres que les paramètres de réapprovisionnement. Il est
important de repérer ces articles car dans cette catégorie de pièces, le
stock n’est pas sous contrôle et encore une fois, le risque de stock mort
est grand.
• Tri par couverture de quantité de commandes décroissant : ce tri
est intéressant lorsque nous souhaitons entamer une action d’opti-
misation avec les fournisseurs. En effet, lorsque les quantités écono-
miques d’approvisionnement représentent des couvertures de stock
importantes, alors il est nécessaire de lancer des actions chez les four-
nisseurs qui risquent de prendre du temps. Pour être certain de l’en-
jeu, un repérage rapide des quantités de commandes en jours permet
de faciliter la prise de décision.
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
113
6. Les fonctionnalités d’un système de gestion des stocks
informatisée
L’essentiel
114
Partie 2
Fondamen-
taux de
gestion
des magasins
115
C
ontrairement à l’idée reçue, le magasin n’est pas un simple lieu
d’entreposage de produit. Bien gérer son magasin en mettant
en œuvre les fondamentaux d’une gestion saine et efficace est
un moyen de se procurer un véritable avantage concurrentiel, tant en
termes de service que de maîtrise de la performance économique de
l’entreprise.
Un entrepôt est une zone de stockage où des produits sont entrepo-
sés un certain temps avant d’être utilisés en l’état ou transformés. Une
plate-forme logistique (ou plate-forme de cross docking) est au contraire
une zone de stockage temporaire où les produits transitent quelques
heures avant une réexpédition vers une autre destination. Tous deux
forment des outils logistiques ayant des rôles stratégiques au sein des
chaînes logistiques globales des entreprises. L’utilisation du premier
(l’entrepôt) permet de réguler les besoins en marchandises d’une entité
de production ou de distribution en fonction des contraintes des dif-
férents acteurs de la chaîne logistique (fournisseur, transporteur ou
autres). Le second (la plate-forme) a, lui, un rôle de massification des
flux (groupage etc.) et de réorientation en fonction des provenances et
des destinations. Dans les deux cas, ces entités sont positionnées sur
la chaîne logistique globale et jouent un rôle déterminant en termes
d’accélération et de fiabilisation des flux, tant physiques qu’informa-
tionnels. Derrière la notion de gestion des magasins, ce sont ces deux
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
entités que nous abordons. Il s’agit ici d’un terme générique qu’il faut
comprendre comme une gestion d’une entité de stockage.
Par le passé, les magasins ont souvent été considérés comme de
simples lieux d’entreposage et de manutention de marchandises avant
d’être utilisés par les outils industriels. Ils étaient souvent considérés
comme des surfaces, sans valeur ajoutée, où les produits devaient res-
ter le moins longtemps possible. L’absence de problèmes était l’indi-
cateur de performance privilégié et les équipes travaillant dans cet
univers étaient souvent constituées de manutentionnaires, avec un
faible niveau de responsabilité et de formation. Aujourd’hui, force
est de constater que ces outils logistiques jouent un rôle de plus en
117
plus de régulateur de la supply chain (chaîne logistique globale) en
terme de maîtrise des flux et des délais. C’est cette évolution et ses
conséquences sur le métier de gestionnaire d’entrepôt que nous allons
détailler tout au long de cette partie. En effet, la gestion d’un magasin
se positionne aujourd’hui au cœur de la problématique de maîtrise
des flux et son action a un impact direct sur la performance globale
de toute l’entreprise.
Cette partie s’adresse donc aux responsables et gestionnaires indus-
triels et logistiques chargés des questions d’optimisation de flux phy-
siques et informationnels et de réduction des délais. Simple et pratique,
elle a pour vocation de synthétiser l’ensemble des bonnes pratiques de
ce métier et de mettre en perspective les interactions entre les différents
maillons de la chaîne logistique globale au service d’une satisfaction des
clients toujours plus stratégiques dans le contexte macro-économique
actuel.
118
Chapitre 7
Executive summary
119
7. Le rôle des magasins dans la maîtrise de la chaîne logistique
120
re-conditionnement sur des plates-formes car l’objectif dans ce cas est
plutôt de rediriger les flux en fonction d’une autre destination.
L’utilisation de plate-forme est déterminante dans les actions d’op-
timisation de la chaîne logistique car elle permet de massifier des flux,
quelles que soit la distance et la diversité des fournisseurs et des clients ;
et donc de réaliser des économies de transport. Ces outils logistiques
sont surtout utilisés dans le cas de maîtrise des flux à l’échelle interna-
tionale (voir organisation plate-forme départ).
Schémas classiques
Le schéma des flux classique consiste à approvisionner des pièces auprès
des fournisseurs (ou à livrer à des clients) directement dans les usines ou
121
7. Le rôle des magasins dans la maîtrise de la chaîne logistique
sur ce que l’on appelle des stocks déportés. La figure 7.1 illustre ce type
de schéma.
Fournisseur
Usine
Entrepôt = stock
déporté
122
Une entreprise approvisionne des pièces A par palettes de 100 (divisées en 4 car-
tons de 25 pièces) alors qu’elle possède deux usines qui consomment chacune
50 pièces par mois. Elle est dans un schéma de flux type stock usine (cela signifie
que chaque usine possède dans ses murs les stocks dont elle a besoin). Dans
ce cas chacune des usines va approvisionner tous les deux mois une palette de
100 pièces A auprès du fournisseur. Ces usines auront en moyenne 50 pièces A en
stock (100 divisé par 2) soit un stock moyen pour les deux usines de 100 pièces.
Maintenant, imaginons qu’elle dispose d’un stock déporté où elle a prévu la possi-
bilité de casser les palettes pour approvisionner les usines au carton (sous entendu
le stock déporté possède une activité de picking). Dans ce cas elle approvisionne
une palette par mois au niveau de son entrepôt et ce dernier livre deux cartons
par site et par mois (soit un carton toutes les deux semaines en moyenne). Le
stock moyen sera donc de 50 pièces soit 50 % de moins que le premier scénario.
De plus ce scénario optimise le service client car l’entrepôt envoie les cartons dans
les usines en fonction de leurs réels besoins. Si par exemple l’usine 1 n’utilise qu’1
carton de 25 pièces dans le mois pendant que l’usine 2 en consomme 3, les lignes
sont livrées sans augmenter l’approvisionnement ni le stock moyen.
123
7. Le rôle des magasins dans la maîtrise de la chaîne logistique
Fournisseur
Usine
Stock
fournisseur
Entrepôt = MAF dans l’usine
ou stock
é
Figure 7.2 – Schéma de flux en magasin avancé fournisseur
124
sants souvent très important). Toujours à la recherche de la réduction
des délais et de la baisse des coûts, ces entreprises ont vu leurs cycles
de fabrication fondre pendant que leur nombre de références à gérer
augmentait. Les problématiques d’approvisionnement sont devenues
tellement compliquées que certaines d’entre elles (automobile, informa-
tiques etc.) sont allées jusqu’à demander à leurs fournisseurs d’organiser
les approvisionnements et de ne fonctionner qu’en réapprovisionne-
ment en flux tendus (en production, à la journée). Il est devenu com-
mun d’entendre les grandes entreprises de ces secteurs demander à leurs
fournisseurs : « Débrouillez-vous mais nous souhaitons être réapprovisionnés
en flux tendus, tous les jours sur nos lignes d’assemblage ». Il y a ceux qui
acceptent et qui réfléchissent à leur organisation logistique pour respec-
ter cette contrainte client sans crouler sous leurs propres stocks (en effet
on imagine qu’une PME ayant trois ou quatre clients avec les mêmes
contraintes, le niveau de stock dans chaque MAF nécessaire au fonction-
nement du système de production deviendrait très vite insupportable
pour la santé financière de cette entreprise) et il y a ceux qui refusent ces
schémas et qui petit à petit sont éjectés du panel des fournisseurs cibles.
De plus, une organisation de ce type permet au fournisseur d’optimiser
sa propre chaîne logistique (ordonnancement, transport, etc.) sans être
dépendant du manque d’organisation de son client.
Le fournisseur qui s’inscrit dans ce schéma (ou qui le propose à ses
plus gros clients) et qui effectue alors une démarche d’optimisation de
ses flux pour maintenir ses niveaux de performance prend un avantage
concurrentiel certain, car ce fonctionnement nécessite une grande maî-
trise de sa chaîne logistique pour éviter de subir des stocks importants,
tout en assurant un service journalier à son client.
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125
7. Le rôle des magasins dans la maîtrise de la chaîne logistique
Fournisseur 1
Plate-forme
départ
Usine
Fournisseur 2
126
Nous venons de voir l’intérêt de la plate-forme départ, que ce soit pour
l’approvisionnement des matières premières ou pour la livraison des pro-
duits finis. Nous avons également analysé l’intérêt du stockage déporté
dans le cas d’un réapprovisionnement multi-usine en flux tendus.
La figure 7.4 regroupe ces deux problématiques en positionnement
des zones de stockage à des maillons clés de la chaîne logistique. En
général il est fréquent de retrouver ces plates-formes ou entrepôts à
proximité du lieu de consommation des pièces.
Par exemple dans la figure 7.4, il a été décidé de positionner une
plate-forme départ en Asie pour regrouper et massifier l’ensemble des flux
issus des fournisseurs de cette zone et donc de réaliser des économies de
transport ainsi qu’un meilleur suivi des informations. Ensuite les pièces
arrivent dans un entrepôt de stockage, situé par exemple en France, qui
a pour vocation d’alimenter en flux tendu les usines en composants en
fonction de leurs justes besoins, puis de récupérer les produits finis, pour
assurer une expédition à destination des clients de l’entreprise.
Fournisseurs
Plate-forme départ
Plate-forme arrivée MP
Plate-forme départ PF
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Réappro. Réappro.
Usine Usine
Clients
127
7. Le rôle des magasins dans la maîtrise de la chaîne logistique
128
• même conditionnement de sortie du stock (palette ou carton)1 ;
• même type d’articles (aérosol, liquide, tôlerie, emballage…) ;
• même classe de poids (suivant une échelle de poids à définir : par
exemple, les cartons de 1 à 2 kg, ceux de 2 à 3 kg etc.) : ces classes de
poids sont très importantes au niveau logistique car elles permettent
de définir les moyens de stockage et de manutention adéquat ;
• même classe de rotation (articles à forte rotation ou plutôt à faible
rotation) : cette caractéristique sera importante pour le positionne-
ment des familles dans des zones de stockage adaptées ;
• les volumes moyens par famille logistique (nombre de palettes par
jour, nombre de colis par jour ou par semaine etc) : cette caractéris-
tique permet le dimensionnement des moyens de manutention et de
stockage ;
• les modes de gestion (article géré en MRP, en réapprovisionnement
de stock etc.).
Une stratégie de stockage correctement définie permet de se poser
les bonnes questions relatives aux chemins que vont emprunter les
articles. Elle permet également de mettre en face des familles logistiques
les moyens nécessaires pour optimiser les flux au travers des différents
maillons de la chaîne logistique, tant en terme d’organisation des
moyens physiques que du système d’information. Bien entendu, l’opti-
misation de la chaîne logistique, peut conduire à modifier une stratégie
de stockage (formalisée ou non) dans un souci de recherche de perfor-
mance globale.
De plus, l’implémentation d’un logiciel de gestion de magasin
(Warehouse Management System, WMS) tel que nous allons le voir dans
le chapitre 12 impose une définition claire des stratégies de stockage
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1 Remarque : lorsqu’un produit entre en stock en palette et ressort en carton, on parle alors d’éclate-
ment de palette ou de déconditionnement. Pour des raisons d’optimisation de leur boucle logistique,
beaucoup d’entreprises définissent des « plans de conditionnement ou plans contenants ». Cet outil et
ses enjeux sont détaillés en partie 2.
129
7. Le rôle des magasins dans la maîtrise de la chaîne logistique
130
réceptionné, l’emplacement de stockage proposé tiendra compte des
caractéristiques de la famille logistique de l’article. Il faut également
définir au niveau de cette stratégie de stockage les informations rela-
tives aux inventaires et à toute autre manipulation en fonction des
contextes.
131
7. Le rôle des magasins dans la maîtrise de la chaîne logistique
132
L’exemple ci-dessous illustre comment l’entreprise GD (nom d’em-
prunt pour Grande Distribution) a mis en pratique ce concept pour
régler une contrainte logistique qui se présentait à elle.
En effet, dans un souci d’équilibre de concurrence entre petits
commerces en grande distribution, une loi française fixe d’impor-
tantes contraintes relatives à l’agrandissement des locaux des maga-
sins de distribution. Or dans un souci de croissance, les magasins de
grande distribution ont besoin d’augmenter le chiffre d’affaires de
leurs magasins et cela passe en général par l’augmentation des sur-
faces de vente.
La société GD souhaitant augmenter sa surface de vente malgré cette
contrainte a dû entamer une réflexion sur sa supply chain. Il a été décidé
de supprimer les réserves (lieu de stockage des palettes complètes de
produits avant la mise en rayon) et d’approvisionner chaque magasin
d’une zone géographique en flux tendus au jour le jour. Le stockage est
alors réalisé dans un entrepôt régional (région Sud-Est par exemple) qui
est en charge de réalimenter les magasins tous les jours en fonction de
leurs besoins, c’est-à-dire des consommations de la veille.
Le principe consiste à définir pour chaque rayon du magasin le
volume de produit qui doit figurer dans le rayon, arrondi à l’unité de
conditionnement près (le carton) et d’organiser la boucle de réapprovi-
sionnement adéquate. Par exemple, le rayon produits d’entretien doit
avoir la capacité de stockage de 30 liquides vaisselle X correspondant à 3
cartons de 10 bouteilles. La surface dans le linéaire est donc calculée en
fonction de la taille de chaque produit et du nombre de produits néces-
saires. Cette capacité de stockage correspondant à quelques jours, voir
quelques heures de consommation. Les formules de calcul permettant
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
133
7. Le rôle des magasins dans la maîtrise de la chaîne logistique
134
compliqué de faire un lien direct entre la performance de l’entrepôt et
le chiffre d’affaires du magasin.
La figure 7.5 illustre le schéma global de GPA mis en œuvre dans cet
exemple.
= Appel de livraison Consommation en sortie de caisse
UM Kanban
Fournisseur
Fournisseur 11 Appro.
directement
en rayon
1 camion Entrepôt Magasin
Magasin
UC
Fournisseur
Fournisseur 22 Kanban
= Appel de livraison Consommation en sortie de caisse
135
7. Le rôle des magasins dans la maîtrise de la chaîne logistique
136
quelques approvisionnements spécifiques au niveau européen (CE) ;
• bobinage en cuivre : fournisseurs européens (CE) ;
• filerie : fournisseurs régionaux ;
• batteries : fournisseurs asiatiques, européens et mondiaux ;
• visserie : fournisseurs français ;
• notices : imprimeurs locaux.
d’un stock déporté (une rotation de navettes était définie) ; 1 autre jour
pour les sécurités liées aux surconsommations éventuelles à l’intérieur
d’une journée. Le réapprovisionnement s’effectuait donc par un sys-
tème de recomplètement périodique journalier.
La société API a décidé de proposer à ses fournisseurs de fonction-
ner en Magasin Avancé Fournisseur avec un entrepôt de stockage situé
sur un axe logistique important (Vallée du Rhône) à quelques centaines
de kilomètres des usines. Le principe de cette zone de stockage était
donc d’alimenter les lignes de fabrication au jour le jour en fonction
des besoins des différentes lignes et de concentrer le stockage à un seul
endroit, au sein de cet entrepôt. La logique étant la même que pour le
137
7. Le rôle des magasins dans la maîtrise de la chaîne logistique
138
occasionnés. Si en revanche les prévisions étaient inférieures, des
engagements minimums d’achat étaient pris pour racheter une partie
du stock, environ deux semaines de prévision).
• API s’engageait également à déclencher le paiement des fournisseurs
en fin de mois en fonction des réceptions de marchandises effectuées
dans le mois. Le raccourcissement des délais de paiement a permis aux
fournisseurs d’améliorer leur trésorerie.
• Les fournisseurs s’engageaient à respecter un taux de service de 100 %
et à communiquer l’état de leurs stocks de produits finis aux gestion-
naires d’approvisionnement de la société API afin de leur permettre de
vérifier toutes les semaines que tout était bien sous contrôle.
Cette solution gagnant/gagnant a permis de supprimer quasiment
tous les stocks de matières premières auprès de la société API et d’avoir
un taux de service fournisseur avoisinant les 100 %. Cette solution a
également permis aux fournisseurs de revoir leur mode de fonctionne-
ment et donc de gagner en agilité, ce qui s’est traduit par des écono-
mies intéressantes au niveau de leurs propres stocks. En effet, le manque
de maîtrise des approvisionnements de la société API (commandes
urgentes, etc.) les conduisait à tenir un stock de produits finis beaucoup
plus important que celui nécessaire dans le nouveau système. De plus,
les sociétés ayant accepté de fonctionner de la sorte se sont positionnées
en qualité de fournisseurs clés de la société API, avantage important
vis-à-vis de leurs concurrents. Certaines d’entre elles ont même proposé
ce type de fonctionnement avec d’autres de leurs clients, en utilisant
même la surface de stockage mise à disposition par API. Ces entreprises-
là ont clairement compris qu’elles pouvaient tirer de cette expérience
un véritable avantage concurrentiel.
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
139
7. Le rôle des magasins dans la maîtrise de la chaîne logistique
L’essentiel
140
Chapitre 8
Généralités
sur les entrepôts
et magasins
Executive summary
141
8. Généralités sur les entrepôts et magasins
La localisation de l’entrepôt
ou du magasin
Le positionnement du magasin ou de l’entrepôt dans la chaîne logis-
tique est le résultat d’une réflexion en fonction du schéma des flux
retenu et de la stratégie commerciale. En effet, une entreprise organisée
en réapprovisionnement de points de vente à délais très courts à partir
d’un entrepôt centralisé, par exemple, souhaitera positionner son entre-
pôt le plus près possible de ses clients. Cependant, les zones d’acha-
landages sont souvent très vastes, c’est pourquoi il est nécessaire d’avoir
une réflexion sur le positionnement optimum de l’entrepôt ou de la
plate-forme au sein de ce circuit de distribution.
Pour pouvoir effectuer un choix pertinent, la première étape consiste à
définir les critères de ce choix. En général, les trois critères principaux sont :
• le coût de transport amont (approvisionnement) ;
• le coût de transport aval (distribution des produits finis) ;
• les frais de magasinage (surface, salaires, qui peuvent être différents en
fonction des régions ou des villes).
142
Pour effectuer cette simulation, il existe deux méthodes, celle du
barycentre et celle de la centration.
La méthode du barycentre
Cette méthode recherche le positionnement optimal de l’entrepôt ou
de la plate-forme en fonction des coordonnées (en référence à une carte
géographique) des points de livraison ou d’approvisionnement. Ces
coordonnées matérialisent les distances à parcourir qui seront pondé-
rées par un deuxième critère. Le plus utilisé étant le poids transporté
mais en fonction des activités, le volume en mètres cubes peut être
retenu. En effet, la plupart des secteurs d’activité raisonnent leur trans-
port en poids (en tonnes ou en kilogrammes). Cependant dans certains
cas, les produits sont légers mais volumineux (mousse pour emballage
par exemple). Dans ce cas, le volume est le critère retenu. Il est impor-
tant d’analyser les caractéristiques des envois avant de décider du deu-
xième critère à utiliser.
Chaque ville est repérée à l’aide de ses coordonnées X (abscisse) et
Y (ordonnée) et le barycentre recherchera l’optimum des X et des Y en
fonction des flux à transporter (poids multiplié par la distance).
Les coordonnées du barycentre sont donc :
∑QiXi
Xb =
∑Qi
∑QiYi
Yb =
∑Qi
Le tableau 8.1 illustre cette méthode avec des données chiffrées.
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
143
8. Généralités sur les entrepôts et magasins
La méthode de centration
Contrairement à la première méthode basée sur le positionnement des
points à livrer sur une carte, cette méthode consiste à additionner les
distances des différentes villes afin d’identifier le positionnement opti-
mum de l’entrepôt. Par exemple, si vous souhaitez positionner un entre-
pôt dans 1 ville parmi un choix de 4, il conviendra alors d’additionner
les distances entre la ville de départ et les 3 autres villes afin d’identifier
le scénario optimal. La simulation doit être pondérée par le volume de
livraisons à effectuer.
Par exemple, vous souhaitez analyser le positionnement optimum
entre les 4 zones schématisées en figure 8.1.
250 Km
Zone B Nombre de livraisons
Zone A
300 Km moyennes mensuelles
100 Km
A 6
Zone D B 2
600 Km
700 Km C 12
D 4
650 Km
Zone C
Dans chacun des scénarios les distances à parcourir par mois seront :
• Localisation en A : 250 km × 2 + 700 km × 12 + 100 km × 4 = 9 300 km.
• Localisation en B : 250 km × 6 + 600 km × 12 + 300 km × 4 = 9 900 km.
• Localisation en C : 700 km × 6 + 600 km × 2 + 650 km × 4 = 8 000 km.
• Localisation en D : 300 km × 2 + 650 km × 12 + 100 km × 6 = 9 000 km.
Il est donc préférable, aux vues des distances à parcourir, d’installer
l’entrepôt en zone C car il s’agit du scénario permettant d’effectuer le
moins de kilomètres compte tenu du nombre de livraisons moyennes
mensuelles. D’après le diagramme, il apparaît d’ailleurs que le nord de
la zone C est un scénario encore plus intéressant.
144
Bien entendu cette méthode, comme celle du barycentre, est à pon-
dérer par le volume ou le poids transporté en fonction du mode de tari-
fication des transporteurs ou de la possibilité ou non d’effectuer des
tournées de livraison (voir chapitre 6).
145
8. Généralités sur les entrepôts et magasins
il est important d’évaluer les opérations à réaliser dans chacune de ces zones.
Ensuite seulement et en fonction des caractéristiques du flux (nombre de
colis par jour, nombre de camions par jour, poids réceptionnés, etc.), ces
zones pourront être dimensionnées de manière optimale.
Toutes ces zones sont illustrées dans la figure 8.2.
Planification de production
Expédition Vers production
Prépa commande
ADV
Attente
Emballage
Client départ
Attente
départ
Déchargement Stockage
Fournisseur
Contrôle
palettier
qualité
Déchargement
Stockage
Réception
gros volume
Approvisionnement
146
Cela correspond au temps nécessaire à un cariste pour décharger les
palettes et les positionner dans les zones de destinations correspon-
dantes. Il est également très important de prévoir un quai pour les
véhicules légers (camionnettes) qui n’ont pas la hauteur suffisante
pour se positionner sur les quais destinés aux camions. Si le trans-
port ferroviaire est utilisé, il est aussi nécessaire de prévoir une zone
pour accueillir et décharger les wagons. Pour finir, la surface dans
la cour de réception doit prévoir la possibilité de croisement de 2
camions ainsi qu’une zone d’attente dans le cas où des camions
seraient contraints de patienter en attendant d’être déchargés. Rap-
pelons qu’un camion doit être pris en charge dans un délai de 30
minutes après son arrivée.
• Le déconditionnement des palettes : bien souvent cette zone est
confondue avec la zone de déchargement des camions. Il s’agit d’une
zone où les palettes reçues vont être déconditionnées pour pouvoir
être transportées et mises en stock en fonction des contraintes liées à
leurs conditionnements. Par exemple, si le fournisseur livre de la tôle en
palette alors que pour des raisons d’ergonomie et de capacité de stockage
ces marchandises sont stockées en chariots verticaux, il est nécessaire de
reconditionner ces produits. Bien entendu la bonne pratique logistique
recherche à supprimer au maximum ces opérations sans valeur ajou-
tée que sont les reconditionnements. Cependant d’autres contraintes
extérieures nécessitent parfois d’effectuer ce type d’opérations. Le
gestionnaire de flux va chercher à « pousser » le plus loin possible le
conditionnement du fournisseur à l’intérieur de l’usine sans effectuer
de reconditionnement (à condition que cela soit possible compte tenu
de l’organisation de l’usine). La relation avec les services méthodes et les
gestionnaires d’entrepôt prend alors une toute autre dimension.
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
147
8. Généralités sur les entrepôts et magasins
148
4 – Dimensionner en fonction des flux d’entrée et de sortie
5 – Implanter dans la zone
6 – Modifications éventuelles si besoin (manque de place)
Les deux étapes suivantes consistent à identifier les flux entrants et les flux sor-
tants de chacune de ces zones. Cela nous permet alors de mesurer le temps
d’attente dans chaque zone ce qui va logiquement nous permettre de déduire
des temps d’attente par zone. Même si cette étape est complexe car longue et
fastidieuse, elle est néanmoins capitale car le résultat de cette mesure permettra
d’effectuer le dimensionnement.
Zone
Flux entrant
entrant Durée de stockage Fluxsortant
sortant
Flux Flux
La mesure des flux entrants et sortants avec des données chiffrées (nombre de
palettes par jour, nombre de cartons, pourcentage des pièces allant au contrôle,
etc.) est souvent le résultat d’une observation durant une période bien définie
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
en raison du fait que les outils informatiques ne permettent souvent pas de nous
alimenter en données structurées.
Les mètres carrés de chaque zone vont donc être la suite logique de cette mesure
des flux de chaque zone et va permettre, en ajoutant les largeurs d’allées, de
réaliser un premier plan d’implantation de la zone de réception ou d’expédition.
Cette première implantation est à confronter avec la surface que nous disposons
au niveau du magasin dans chaque zone. Si la surface manque, il est nécessaire
de se poser la question de l’accélération des flux pour réduire les mètres carrés
de chaque sous-zone. La réduction des allées est souvent une donnée fixe dans
la mesure où elle est directement liée à la taille des engins de manutention que
nous utilisons.
Le schéma de la figure 8.4 illustre une représentation graphique d’une zone de
réception avec ses différentes composantes habituelles.
149
8. Généralités sur les entrepôts et magasins
Quai 1 Quai 2
2,5 mètres
13,5 mètres
Déchargement
Déchargement
Déconditionnement Groupage
sortie
Application numérique 1
Voici les données suivantes :
Nous recevons 50 palettes standards (1 000 ×1 200) par jour.
– Le délai d’attente en zone de déchargement est de 4 heures.
– 1 journée compte 8 heures de travail.
– 10 % des palettes passent au contrôle et attendent 1 jour.
150
– 1 fois par semaine un camion complet (26 palettes) arrive sous douane et les
pièces doivent attendre 4 heures dans une aire fermée prévue à cet effet.
– Nous ne tenons pas compte des largeurs d’allées.
– Les palettes ne peuvent être gerbées.
Il est alors nécessaire d’identifier les sous-zones et de dimensionner chaque zone
en fonction des informations ci-dessus.
1 palette 100 x 120 correspond à une surface au sol de 1,2 m².
Les sous-zones de notre zone globale de réception sont les suivantes :
– Zone de déchargement : 50 palettes/2 = 25 palettes × 1,2 m² = 30 m².
– Zone de contrôle : 50 palettes × 10 % = 5 palettes × 1,2 m² = 6 m².
– Zone de douane : 26 palettes × 1,2 m² = 31 m².
Il est donc nécessaire de prévoir une zone de 67 mètres carrés hors allées de
circulation.
151
8. Généralités sur les entrepôts et magasins
152
disponibles. Les emplacements ne sont pas affectés à un type de pro-
duit identifié. Bien entendu il est très important dans ce cas d’identi-
fier informatiquement ou physiquement l’emplacement de la palette
entreposée, afin de pouvoir la retrouver au moment du besoin et de
permettre le respect du FIFO. L’avantage majeur de ce système est l’op-
timisation de la surface de stockage dans la mesure où les emplace-
ments sont utilisés en fonction des pièces présentes en stock.
• L’affectation : consiste à affecter un emplacement à un produit et de
le positionner toujours à cet endroit. Ce système permet de retrou-
ver facilement les produits dans la mesure où ils sont toujours stoc-
kés au même endroit. L’inconvénient vient du fait que ce système est
consommateur de place dans la mesure où même si un produit n’est
pas en stock à un instant T, son emplacement lui est réservé.
Dans la mesure où les tailles de lot d’approvisionnement sont sou-
vent supérieures au multiple de conditionnements (plusieurs palettes
ou cartons), l’affectation est très peu retenue comme règle de gestion
dans le cas d’un stockage de masse. En revanche, cette règle sera utilisée
dans les zones de préparation de commande ou dans le dimensionne-
ment des bords de lignes, afin de permettre aux opérateurs de retrouver
rapidement les produits sans être obligés de consulter le système de ges-
tion d’emplacement informatisé à chaque manipulation.
les palettes sont stockées dans des palettiers, tandis que les cartons ou
les bacs, dans des stockeurs dynamiques de dimensions différentes.
La première étape consiste à identifier le volume ou la taille écono-
mique d’un lot de pièces fabriquées. Les techniques de calcul de ces
tailles de lot ont été détaillées en chapitre 4. La figure 8.5 rappelle les
différences entre stock-outil, stock moyen et stock instantané.
Le stock-outil (dont la formule est : taille de lot divisée par 2 + stock
de sécurité) représente la valeur théorique du stock en fonction de ces
paramètres que sont :
Le stock de sécurité (SS) : il s’agit du niveau de stock nécessaire pour
pallier aux aléas que pourra subir un article. Sauf sur-consommation
153
8. Généralités sur les entrepôts et magasins
Niveau stock
Stock instantané
70 Qc = 50 p
Stock-outil consommation (10p/j)
(QC / 2) + SS = 45
45
20
D = 3 jours SS = 20
154
Il est préférable de prendre comme base du calcul le stock-outil plu-
tôt que le stock moyen car dimensionner un stock consiste à estimer le
volume nécessaire pour les années à venir (on ne dimensionne pas un
entrepôt pour l’année en cours mais pour les quelques années à venir)
et seuls les paramètres d’approvisionnent sont prévisibles. En effet, il est
très difficile de prévoir que dans 5 ans il faudra X palettes de telle réfé-
rence en raison d’un écart d’inventaire ou d’un stock dormant.
En revanche, l’écart entre ces 2 notions doit être pris en compte car
ne dimensionner le stock à venir que par rapport au stock-outil revient
à oublier que le système comporte des aléas, qui se matérialisent en
nombre de palettes à stocker. La bonne pratique consiste donc à dimen-
sionner le stock par rapport au stock-outil prévisible pour l’horizon du
dimensionnement (5 ans par exemple) en pondérant par un ratio appelé
« coefficient stock moyen », qui résulte du pourcentage d’écart entre le
stock moyen et le stock-outil
1 Remarque : le stock-outil est souvent appelé stock objectif par les responsables logistiques car son
atteinte signifie que le système d’approvisionnement est sous contrôle. En effet, cela signifie que la part
d’aléas est faible et que le niveau de stock est directement la résultante des paramètres définis.
155
8. Généralités sur les entrepôts et magasins
156
Niveau stock Dimensionnement minimum
du stock dédié
70
Dimensionnement
du stock banalisé
45
20
Le dimensionnement de la zone
de préparation des commandes
Le dimensionnement de cette zone dépend directement de la méthode de
préparation utilisée. Nous verrons dans le chapitre consacré aux processus
157
8. Généralités sur les entrepôts et magasins
158
• La zone de contrôle départ : elle a pour vocation de contrôler la pré-
sence de tous les colis d’une commande après préparation. Cette zone
est également consommatrice de place si les arrivées des articles d’une
même commande ne sont pas synchronisées.
• La zone d’attente départ : Elle est nécessaire dans la mesure où l’arri-
vée des articles d’un même transport n’est pas toujours synchronisée.
De plus elle permet d’optimiser les temps de chargement (et donc
limiter l’attente des chauffeurs). Il est nécessaire de préparer l’envoi en
fonction de l’occupation au sol du camion. Au moment où le camion
arrive, il ne reste plus qu’à le charger. Cette zone est souvent globa-
lisée avec la précédente afin d’éviter les multiples manipulations des
produits. L’élément déterminant étant bien entendu le couple temps
attente/nombre de quais disponibles. De plus, cette zone permet un
lissage de la charge des caristes (transport des colis entre 2 camions)
et permet également de pallier aux retards des chauffeurs. Une pra-
tique consiste, lorsque cela est possible, à stocker les produits des com-
mandes dans des remorques mises à disposition par les transporteurs.
Cette pratique évite la reprise des charges et donc améliore la produc-
tivité de l’opération de chargement. Le transporteur peut donc venir
récupérer sa remorque sans se soucier des contraintes d’horaires des
quais de chargement.
159
8. Généralités sur les entrepôts et magasins
surface au sol de 1,2 m². Les zones de contrôle final et d’attente départ seront
fusionnées.
La zone de consolidation devra donc être en mesure d’accueillir au sol 2 jours de
fabrication des produits A car les départs sont effectués tous les 2 jours.
= 60 palettes × 1,2 m² = 72 m²
La zone de contrôle final + attente départ devra être capable d’accueillir 2 jours
de fabrication de A plus 2 jours de vente de B sachant que le fournisseur livre
tous les 2 jours.
= (60 palettes A + 40 palettes B) × 1,2 = 120 m²
Il sera donc nécessaire d’avoir deux zones pour un total de 96 m² sur le quai
d’expédition. Bien entendu, à cela viennent se rajouter les allées de circulation
et les bureaux, ce qui implique un quai relativement grand. Si la place est insuf-
fisante, il sera nécessaire de diminuer les fréquentiels de livraison et faire partir
des produits tous les jours. Cela permettrait de diminuer par deux la surface
nécessaire pour cette zone.
160
afin de faciliter la manipulation des palettes.
• Les stockeurs dynamiques : en bois ou métalliques, démontables et de
dimensions réglables, ils permettent de stocker aussi bien des articles de
faible dimension (carton, bac) que des palettes complètes. Ce ne sont plus
les meubles que l’on déplace mais les charges à l’intérieur des meubles à
l’aide de plans inclinés. Dans la mesure où tous les articles ne sont pas uti-
lisés en totalité immédiatement, on utilise la capacité du stockeur dyna-
mique comme stock tampon. Les difficultés d’utilisation résident dans
les vitesses de descente des produits en fonction du poids. C’est pourquoi
des constructeurs ont mis en place des rouleaux freins qui rééquilibrent
la vitesse de descente dans le cas de stockage de produits lourds (palettes).
Allée
161
8. Généralités sur les entrepôts et magasins
162
Figure 8.10 – Armoire rotative
163
8. Généralités sur les entrepôts et magasins
164
Décision simple illustrant ce souci permanent d’adaptabilité.
Un gestionnaire d’entrepôt a besoin de faire entrer pour sa zone de picking un
stockeur dynamique gravitaire d’une profondeur de 2 mètres. Plutôt que de
choisir ce type de moyen, il préférera en général en choisir deux d’un mètre
de profondeur afin de pouvoir les réutiliser plus facilement plus tard lorsque les
tailles de flux auront changé et qu’il ne sera pus nécessaire de stocker sur une
largeur aussi importante.
165
8. Généralités sur les entrepôts et magasins
166
ner) et automatiques (dirigés par un système informatique). Les
vitesses sont importantes et les largeurs d’allées faibles (1,3 mètre
en moyenne). Les systèmes automatiques peuvent monter jusqu’à
45 mètres. Il existe également des transstockeurs capables de chan-
ger d’allées.
Comme pour les moyens de stockage, l’adaptabilité des moyens est
un critère de choix très important. Les systèmes lourds et coûteux sont
intéressants pour réaliser des gains de productivité mais freinent la sou-
plesse du gestionnaire d’entrepôt. Par exemple, il est quasiment impos-
sible de transférer rapidement un magasin en sous-traitant du stockage
pour laisser de la surface à la production, dans le cas de moyens type
transstockeur.
Le tableau 8.2 synthétise les avantages et les inconvénients des diffé-
rents moyens de manutention présentés.
167
8. Généralités sur les entrepôts et magasins
L’essentiel
168
Chapitre 9
Executive summary
169
9. Les processus clés d’un magasin
Le processus de réception
Ce processus démarre lorsqu’un camion arrive à quai pour être déchargé.
Il se termine une fois que les pièces reçues sont disponibles en stock
(physique et informatique) pour leur client (fabrication ou expédition
pour les produits en transit). Entre ces deux stades, de nombreuses opé-
rations doivent être réalisées avec un maximum de performance afin
de ne pas retarder toutes les chaînes logistiques. Ce sont ces étapes que
nous allons développer maintenant.
170
Tableau 9.1 – Les 6 étapes du processus de réception
72h Paiement
Pré réception
Règles Prise en
légales
Mise à quai Déchargement Contrôle Réception
des véhicules charge des et contrôle Réserves fournisseur informatique
d’appro. marchandises de la livraison
réception.
Étape 4 : émission de réserves motivées. En cas de constat d’ava-
ries (produit ou conditionnement endommagé…), le magasiner émet
des réserves au moment du déchargement. Seuls sont couverts par la
présomption de responsabilité les dommages signalés ou établis comme
existants lors de la livraison. Les réserves servent donc de preuves au
traitement des litiges. Elles doivent être envoyées au transporteur par
lettre recommandée avec accusé de réception dans un délai de 72 heures
suite au déchargement. Cette étape est souvent mal réalisée par manque
de temps au moment du déchargement des camions. Le problème est
qu’en cas de litige, si aucune réserve n’a été émise, le transporteur ne
pourra pas voir sa responsabilité engagée et la discussion devra se faire
171
9. Les processus clés d’un magasin
Plage
Expéditions de moins RV Autre
horaire
de 3 Tonnes respecté cas
respectée
Expéditions de plus
de 3 Tonnes
+ 10 tonnes ou + 30m3 1h 2h 3h
Franchise de 30 minutes
172
précédentes ont été effectuées et que les pièces peuvent être utilisées.
Cette opération déclenche également le paiement du fournisseur en
reconnaissant l’acceptation des marchandises. Nous verrons plus bas
que les mouvements d’entrées peuvent être automatisés au moment de
la mise en stock.
Conseil
Toutes ces étapes sont situées dans le délai d’approvisionnement puisque les
pièces ne sont reçues qu’à l’étape 6. Le respect des délais est donc très impor-
tant et la recherche d’élasticité (capacité à maîtriser le délai malgré une charge
fluctuante) est une préoccupation constante du responsable du magasin. Beau-
coup de temps est perdu dans ce processus et l’arrivée irrégulière des camions
génère souvent un sentiment d’urgence qui empêche la bonne réalisation de
ces étapes. Les deux points suivants illustrent des pratiques permettant d’atté-
nuer ce phénomène d’urgence. ■
173
9. Les processus clés d’un magasin
174
matiquement à l’écran les caractéristiques de la réception. Il existe
2 niveaux d’automatisation :
• Le niveau semi-automatique : les informations relatives à la récep-
tion sont appelées à l’écran et le magasinier n’a plus qu’à valider ou
à corriger ces informations en fonction des marchandises réellement
reçues.
• Le niveau automatique : le mouvement d’entrée est effectué sans
même une étape de validation de la part du magasinier. Toutes les
données du réapprovisionnement sont alors suffisamment fiables
pour que le simple appel de la commande engendre un mouvement
de réception.
Ce type de démarche conduit en général à la mise en place d’éti-
quettes code à barres avec les fournisseurs afin d’accélérer l’acquisi-
tion et la fiabilité des données. Avec la tension des flux qui s’accroît,
ce type d’organisation apporte des gains de productivité importants
mais repose sur un respect des conditions de commande (livraisons
partielles interdites, conditionnements respectés, etc.). La maîtrise du
flux à cette étape constitue un gisement de productivité significatif
souvent sous-exploité. De plus, les stratégies qui conduisent à tendre
les flux et à se faire réapprovisionner plus souvent des petites quanti-
tés conduisent en général à une multiplication des mouvements dans
l’entrepôt. Ne pas trouver de gains de productivité sur ce processus
conduit inévitablement à augmenter le nombre de réceptionnaires et
à des dérapages de délai.
175
9. Les processus clés d’un magasin
Réception physique
Rangement
Réception Identification Édition dans un Transfert
dans une du secteur d’une emplacement informatique
zone de stockage étiquette libre et
tampon collage
de stockage
étiquette
Pertes de temps
Réception physique Pas de stratégies
Réception Rangement
Étiquette
directement dans un
dans emplacement Mouvement Mouvement
emplacement libre et physique informatique
collage
étiquette
176
nature du moyen de manutention mais également de la dextérité de
l’opérateur en charge de la manutention).
Implantation par zonage ABC
2 minutes
Temps opératoires de manipulation
Zone lente
1,8 minutes
1,3 minutes
Zone rapide
1 minute
0,75 minute
Conseil
Bien entendu, nous pouvons augmenter la segmentation du magasin en créant
de multiples différences (rapide, lent, moyenne moins, moyenne plus…) mais
dans la mesure où l’implantation s’effectue par type de conditionnement
(palettes, cartons, palettes hors gabarits…), attention à ne pas tomber dans le
piège d’une multiplication des sous-zones qui vont limiter le taux de remplis-
sage global de l’entrepôt. ■
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
177
9. Les processus clés d’un magasin
entrepôt avec des emplacements banalisés (les produits peuvent être stoc-
kés dans des emplacements différents en fonction de leur présence dans
l’entrepôt) est plus économique en termes de surface qu’un stockage dédié
(les emplacements sont affectés aux mêmes produits). Cela implique de
créer des « aires de stockage » en fonction de l’activité des produits (rapide
ou lent) afin de pré-affecter les produits à une aire adaptée au niveau de la
base de donnée du magasin. En bref, c’est au moment de la réception et
de la mise en stock que l’information du type d’aire de stockage (rapide ou
lent) doit être donnée. Dans le cas contraire, le magasinier va positionner
le produit où il y a de la place et non au meilleur emplacement en fonc-
tion de la rotation du produit. Cela est possible à condition de changer de
mode de fonctionnement au moment de la mise en stock.
Stockage zones
Cas 3 : Palettes pécifique Stockage au zone spécifique d’accès lent
hors gabarits d’accès rapide
Stockage au sol
Cas 2 : Palettes
zone d’accès Stockage au sol zone d’accès lent
lourdes
rapide
Cas 3 : Palettes
standards Zone d’accès rapide Zone d’accès lent
A B C
80% des 15% des 5% des
prélèvements prélèvements prélèvements
15% des articles 15% des articles 70 % des articles
178
les magasins. Cela explique pourquoi les palettes « pleines de poussière »
sont souvent dans des emplacements précieux (au sol, en début d’allée).
A A A A
2 minutes
Temps opératoires de manipulation
Zone lente
1,8 minutes A A A A
1,3 minutes B B B B
C C C C
Zone rapide
1 minute
0,75 minute C C C C
Figure 9.4 – Organisation d’un magasin non piloté par zonage ABC
Conseil
Il est inutile de réimplanter tous les 6 mois le magasin lorsque le critère de pro-
ductivité chute. L’implantation doit être dynamique, c’est-à-dire résister malgré
les multiples flux journaliers. Cela n’est possible qu’à condition de positionner
dès la réception les bons produits dans les bons emplacements. ■
179
9. Les processus clés d’un magasin
180
certaines entreprises suppriment les bords de lignes et approvisionne-
ment en flux tendu (avec des délais très courts) ; la fabrication à l’aide de
« petits trains » organisant des tournées d’approvisionnement plusieurs
fois par jour (voir par heure) entre le magasin et la fabrication. Le « petit
train » étant un moyen physique d’acheminement des pièces permet
une forte rotation en raison de l’optimisation des tournées.
Le bon fonctionnement des boucles de réapprovisionnement devient
encore plus important dans le cas de stockage extérieur (entrepôt délo-
calisé) où les pièces doivent emprunter des schémas de transports struc-
turés en termes de délai et d’horaires.
La schématisation d’un fonctionnement en « petit train » est illus-
trée en figure 9.5. Plusieurs chapitres sont consacrés à cette méthode en
fin d’ouvrage, dans la troisième partie.
Magasin Ligne
181
9. Les processus clés d’un magasin
CLIENT BL
Cde
Cycle = Délai commande
Enregistrement Réalisation
Préparation Expédition/
Emballage des
commande commande transport
documents
Stock
182
Bien entendu dans le cas d’une fabrication à la commande, le délai
de fabrication est intégré au cycle global et la fabrication constitue alors
un maillon supplémentaire de ce processus. Nous allons voir dans ce
chapitre que chaque maillon possède des techniques d’optimisation
mais il est important de noter dès à présent que chaque maillon est dans
le cycle de traitement de la commande et un retard localisé sur un des
maillons entraîne un retard sur tout le processus ; donc un retard sur le
délai de la commande client. La recherche du gain de productivité et la
suppression des opérations sans valeur ajoutée est donc une préoccupa-
tion constante du gestionnaire d’expédition.
183
9. Les processus clés d’un magasin
184
Les modes de préparation
des commandes
Les grands modes de préparation
La préparation consiste à prélever des pièces en fonction du besoin
d’une commande tout en respectant un délai contractuel. Cette opéra-
tion de prélèvement est couramment appelée « picking ». Elle peut être
à destination de la fabrication ou en vue d’être expédiée chez des clients
externes à l’entreprise.
Le fait que ce soit le préparateur ou le produit qui se déplace permet
de segmenter ces méthodes de prélèvement en trois catégories :
• Le préparateur se déplace : en fonction des emplacements des pièces à
prélever, le préparateur se rend vers ses emplacements et prélève les pro-
duits en fonction des indications présentes sur son bon de préparation.
Ce système évite des investissements lourds et donc est très adapté
à de faibles flux. De plus il est doté d’une très grande souplesse. En
revanche, il est consommateur de temps et plus les flux de pièces à
préparer augmentent, plus il devient important de changer de mode
de préparation au profit d’un système plus automatisé. La plupart
des PME, en raison des investissements associés aux autres modèles,
optent pour celui-ci, même s’il devient très vite limité dans le cas du
traitement de volumes importants.
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185
9. Les processus clés d’un magasin
Transtockeur
Transstockeur
186
1 Carton en attente de traitement Appro
2 Carton en traitement Gare 2 Gare 3
3 Carton en transfert
1 2 1 2
3 3
Transstockeur
187
9. Les processus clés d’un magasin
188
le chef d’entrepôt est prêt à mettre en jeu. Une estimation du retour sur
investissement (ROI), c’est-à-dire le nombre de mois nécessaires pour
que l’investissement rapporte de l’argent, est bien entendu le meilleur
moyen de prendre la décision adéquate.
189
9. Les processus clés d’un magasin
Bon de
prépa- Dans l’illustration
ration. ci-contre,
le préparateur
effectue sa tournée
dans l’ordre optimal
Sens de la tournée de collecte (poids…), en étant
guidé par le bon
de préparation.
À la fin de la
tournée, la
commande est prête
pour l’expédition
190
des magasiniers permettent bien souvent d’aboutir à des organisations
très performantes.
Le meilleur moyen de mesurer de la performance d’une implantation
consiste à définir avant la démarche quel indicateur de performance
nous allons mettre en place. Si, par exemple, il s’agit du nombre de pré-
parations par personne (productivité), alors toutes les décisions sur l’im-
plantation retenues devront améliorer cet indicateur. Ne pas savoir au
démarrage d’un projet d’implantation l’objectif fixé et ce que l’on sou-
haite voir évoluer est le meilleur moyen de « rater » son implantation.
Fixer un indicateur en début de projet et le suivre au fur et à mesure
de la mise en œuvre des actions d’amélioration du magasin permet
d’aboutir en général à la bonne solution. De plus, cela permet de moti-
ver les équipes logistiques travaillant dans cette zone de l’entrepôt en
leur démontrant qu’il est possible d’augmenter la productivité par la
simple organisation, sans être obligé de « travailler plus vite » ou encore
de « courir sans cesse ».
Le contrôle pondéral
Souvent contesté en raison de ses risques d’erreurs, le contrôle pondéral
est une technique qui consiste à comparer le poids réel d’un colis à son
poids théorique calculé par rapport aux différents poids des produits qui
le composent. Cela permet de vérifier si le prélèvement a été effectué
en totalité sans nécessiter une opération de contrôle manuelle systéma-
tique.
Cette technique est contestée car elle détecte parfois de « fausses
erreurs » qui trouvent leurs causes dans les dysfonctionnements sui-
vants :
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
191
9. Les processus clés d’un magasin
a un impact sur le poids des pièces et des erreurs peuvent être détec-
tées à cause de cet aspect.
• Dérive des systèmes de pesage non détectés : lorsqu’un système de
pesage dérive, il arrive que cela ne soit pas détecté immédiatement et
génère là encore de fausses erreurs.
En revanche, de « vraies erreurs » ne sont parfois pas détectées à
cause des dysfonctionnements suivants :
• Dérive du système de pesage : si le système de pesage dérive, il peut
s’avérer que des colis incomplets ne soient pas détectés.
• Tolérances de pesage trop laxistes : la dérive des systèmes de pesage
conduit souvent à définir des tolérances qui, si elles sont trop larges,
laissent passer des erreurs.
• Confusion de deux références de même poids : deux articles de
même poids inter-changés ne seront pas détectés.
• Deux erreurs s’annulent : un écart positif et un écart négatif peuvent
s’annuler.
Tous ces aspects négatifs au contrôle pondéral illustrent que pour
utiliser cet outil de manière efficace, il est nécessaire de prendre un cer-
tain nombre de précautions, notamment au niveau de la fiabilité des
moyens de mesure et des données techniques. En ce qui concerne les
confusions de références et les annulations de deux erreurs dans des
sens différents, seuls des contrôles pondéraux après chaque poste de
préparation permettent de les limiter. Un contrôle global en fin de pré-
paration n’est pas suffisant. Cependant, au regard des enjeux en termes
de qualité de service et des gains de temps que ces systèmes procurent,
la mise en place de ce type de systèmes s’avère souvent très intéressante.
192
par exemple nécessitent une protection face à la corrosion ou à tout
autre événement extérieur.
• Protection mécanique : dans les transports, les palettes subissent des
chocs et les emballages ont pour vocation de les amortir. D’ailleurs,
certains types de transport nécessitent des emballages spécifiques
(maritimes ou aériens).
Ils ont également une fonction de service :
• Structure aux opérations logistiques : la manipulation des produits
tout au long de la chaîne logistique va être dimensionnée en fonction
des unités de conditionnements.
• Respects des normes environnementales.
• Respect de la réglementation des matières dangereuses : dans un
souci de sécurité des biens et des personnes ; les matières dangereuses
ont des conditionnements imposés.
Pour finir ils ont une fonction d’information :
• Désignation du produit emballé : la lecture d’une étiquette présente
sur un conditionnement doit donner un certain nombre de rensei-
gnements (article, désignation, destination, quantité de pièces, etc.).
• Origine et date de durée de vie du produit : les produits périssables
doivent avoir des informations relatives à la durée de vie des produits
et à leurs origines. Ces renseignements sont encore plus importants en
matière d’import/export.
• Mode d’emploi de l’emballage : comment stocker le produit, com-
ment l’emballer, etc.
En matière de maîtrise de la chaîne logistique l’impact des embal-
lages est déterminant sur les flux physiques ainsi que sur les tailles de
lots. C’est pourquoi les services méthodes ne conçoivent jamais de
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
193
9. Les processus clés d’un magasin
194
• À l’emballage et aux expéditions : la réutilisation des contenants
et la recherche d’optimisation sur ce sujet permettent de réaliser des
économies significatives. Par exemple, il est possible de prévoir des
cartons qui se montent et se démontent rapidement grâce au fond
semi-automatique (caisses américaines). La gamme de cartons est
alors adaptée aux volumes des expéditions.
• Aux transports : la standardisation des colis transportés et l’utilisa-
tion des conditionnements facilitant le remplissage des camions en
fonction du mode de facturation (mètres de planchers par exemple)
permet de réaliser des économies significatives sur ce poste de coût
souvent important.
Il est quasiment impossible de travailler à l’optimisation de la chaîne
logistique globale sans entreprendre une véritable réflexion sur les
contenants utilisés. Ils sont les éléments qui vont dimensionner le flux
physique et c’est en cela que le plan contenant relève de la stratégie
logistique dans une entreprise. Bien sûr, le but étant de supprimer les
opérations de conditionnements et de déconditionnements, l’objectif
de tout gestionnaire d’entrepôt est de faire conditionner les pièces chez
les fournisseurs dans les bons conditionnements adaptés à l’outil de
production. Dans le cas contraire, le magasin serait obligé d’effectuer
une opération de reconditionnement très coûteuse et consommatrice
de temps alors que le fournisseur quant à lui va devoir emballer son
produit.
L’étape de chargement
Le chargement d’un camion est une opération régulée par de nom-
breuses consignes de sécurité. En effet, les accidents étant nombreux, il
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
195
9. Les processus clés d’un magasin
Le flux documentaire
Les documents qui doivent accompagner les marchandises varient en
fonction du mode de transport utilisé. Lorsqu’il s’agit de transport rou-
tier, on parle alors de lettre de voiture nationale (CNR) ou internatio-
nale (CMR) en fonction de la destination des produits. Bien entendu, si
les marchandises sont appelées à traverser une douane hors Union euro-
péenne, une facture pro-forma accompagnera le transport et permettra
de calculer les droits de douane à appliquer. Afin d’accélérer les flux
au passage de chaque frontière, il est également possible de transporter
des produits sans effectuer de déclarations à chaque frontière. Il s’agit
du régime douanier de transit où sont utilisés les documents T1 ou les
carnets TIR. En ce qui concerne le transport maritime, le document de
transport utilisé s’intitule B/L (Bill of Landing) et en matière de transport
aérien le LTA (lettre de transport aérien). Des certificats d’origine ou
autres peuvent être exigés en fonction des destinations et des produits
transportés.
196
L’essentiel
197
Chapitre 10
Les leviers
d’amélioration
de la performance
d’un entrepôt
et les indicateurs
Les leviers
d’amélioration
de la performance…
Executive summary
199
10. Les leviers d’amélioration de la performance
d’un entrepôt et les indicateurs
200
paux indicateurs que doit contenir un tableau de bord et qui seront
détaillées en fin d’ouvrage.
Le service client
La notion de service client est une notion très utilisée en logistique.
Nous comprenons aisément que dans le contexte économique actuel la
livraison du produit seul ne suffit plus. Les entreprises sont contraintes
de fournir un service associé qui peut prendre diverses formes (respect
des délais, conseils, mise à disposition de stock consignés, etc.). Celui
qui nous intéresse dans ce chapitre est le respect des délais à chaque
étape de la chaîne logistique globale.
Lorsqu’il s’agit du maillon de la chaîne logistique ayant pour voca-
tion le réapprovisionnement des bords de lignes de fabrication en com-
posants, le client de l’entrepôt est donc la fabrication. Le respect du
délai a une importance capitale dans la mesure où toute la boucle de
réapprovisionnement (les paramètres et les quantités) est calculée par
rapport au respect de ce délai. Par exemple si nous nous trouvons dans
un contexte où les bords de lignes de fabrication réapprovisionnent tous
les jours les composants dont ils ont besoin à l’aide d’une navette jour-
nalière à partir d’un stock déporté, il est évident que le fait de « rater » la
navette pour cause de non-maîtrise de la préparation de commande va
générer des ruptures en fabrication et donc une nécessité de se réorgani-
ser qui n’est pas économiquement neutre.
En logistique, pour respecter le délai du client final (délai global)
il est nécessaire que chaque maillon de la chaîne logistique respecte
ses propres délais (les délais locaux). Toute la chaîne est organisée en
fonction de ce postulat. Les dérives conduisent à la mise en place de
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
201
10. Les leviers d’amélioration de la performance
d’un entrepôt et les indicateurs
202
compréhensible que des variations de volume à la hausse entraînent
des variations de stockage. Le ratio des deux lui ne doit pas se dégrader
à chaque évolution du volume.
Ensuite nous retrouvons les coûts de manutention. Ils regroupent les
frais de personnel, les frais fixes des matériels de manutention (chariots)
et les frais variables (gasoil, etc.) ainsi que les coûts de stockage (que
nous verrons plus loin). Ces coûts sont directement liés à la surface (dis-
tance à parcourir) ainsi qu’à la méthode d’implantation de l’entrepôt.
Une surface de stockage optimisée verra ce coût diminuer ! Les indica-
teurs les plus suivis sont :
• % coûts logistiques/CA : ratio entre les coûts logistiques et le chiffre
d’affaires. Il permet de mesurer les améliorations de productivité dans
les différents maillons de l’entrepôt.
• Taux utilisation équipements : permet de mesurer la bonne utilisa-
tion des matériels de manutention. En général cet indicateur est bon
car les coûts de location étant très élevés, il est souvent le premier
suivi par le gestionnaire de l’entrepôt.
Pour finir les coûts de transports permettent également de mesu-
rer la performance d’un entrepôt. En particulier les coûts de trans-
port express. En effet, des méthodes que nous analyserons plus loin
permettent d’optimiser les schémas de navette et les coûts de trans-
port. Cependant, un dysfonctionnement va contraindre le gestion-
naire d’entrepôt à s’organiser un dehors de ces schémas optimisés
et donc à multiplier les surcoûts. De plus des erreurs de chargement
ou des camions insuffisamment remplis génèrent des surcoûts que
le gestionnaire va « traquer » pour chercher à les minimiser. Ne pas
suivre d’indicateurs relatifs à ce critère est dangereux dans la mesure
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
203
10. Les leviers d’amélioration de la performance
d’un entrepôt et les indicateurs
L’évolutivité
Il s’agit du troisième critère de performance d’un entrepôt. Il mesure
la capacité de ce dernier à absorber les variations saisonnières ou les
variations prévisibles en terme de volume d’un entrepôt. En effet,
si le taux de remplissage est trop important en période moyenne,
les périodes hautes vont poser des problèmes de capacité de stoc-
kage. Il est alors possible de mettre en œuvre des ressources de stoc-
kage extérieur mais cela a une incidence sur les coûts, en particulier
lors de recours très ponctuels. Une mise en place très rapide de ces
moyens ne peut être effectuée en suivant les meilleurs scénarios au
niveau économique. La précipitation ne favorise pas la prise de recul
et aboutit rarement à la meilleure décision. De plus un entrepôt ne
doit pas être dimensionné pour un volume figé mais doit avoir la
capacité d’absorber des variations de volume sur plusieurs années.
Le manque d’anticipation de ce critère se traduit très souvent par des
surcoûts et des prises de décisions rapides et pas toujours optimales.
L’indicateur permettant de mesurer ce critère est encore le taux de
remplissage.
204
Tableau 10.1 – Tableau de bord type du magasin
205
10. Les leviers d’amélioration de la performance
d’un entrepôt et les indicateurs
206
ventaire génère des excédents de stock ou encore des ruptures, ce qui
concerne directement le gestionnaire d’approvisionnement.
La mesure de la fiabilité d’un stock se mesure avec l’indicateur suivant :
Σ val des écarts de stock
taux d’écart de stock =
montant du stock inventorié
La mesure en valeur absolue permet d’éviter que les écarts positifs et
les écarts négatifs ne se neutralisent. En effet, – 50 € sur une référence
et + 40 € sur une autre référence donne un écart cumulé de 90 € et
non – 10 €. Dans un cas il y a un risque de rupture de stock, tandis que
dans l’autre nous allons devoir gérer un stock excédentaire. Les deux
problèmes ont des effets et des causes différentes. Le chiffre ne doit donc
pas être cumulé.
207
10. Les leviers d’amélioration de la performance
d’un entrepôt et les indicateurs
Stock 2e
Article er Commentaire
informatique 1 comptage comptage
■ L’inventaire intermittent
Il consiste à immobiliser tout ou partie du magasin afin de réaliser un
comptage à une date précise. Cette méthode est la plus utilisée car elle
permet de mobiliser de nombreuses ressources sur une courte durée et
ne pas risquer de voir la production continuer à consommer des pièces
et venir fausser l’inventaire. Les inventaires annuels de fin d’exercice
font appel à cette méthode.
208
■ L’inventaire tournant
Il s’agit d’un inventaire réparti tout au long de l’année où les pièces
sont recomptées régulièrement en fonction de leur classe de rotation.
Par exemple, des articles classe A suivant la segmentation de Pareto,
peuvent être comptés 4 à 5 fois par an tandis qu’un article de classe C
le sera une fois par an au moment de l’inventaire général. Cette tech-
nique permet d’assurer un niveau de fiabilité lié au recomptage régulier
des articles ayant de fortes rotations ainsi qu’à la recherche des causes
systématiques permises par le faible volume d’articles comptés lors de
chaque inventaire. En effet, l’intérêt de l’inventaire tournant est de
limiter le nombre d’articles à compter à chaque séquence afin d’avoir
suffisamment de temps pour rechercher les causes d’écarts. Nous allons
voir que la recherche des causes et leur correction sont la seule méthode
possible pour fiabiliser de façon pérenne des stocks, sans devoir aug-
menter les fréquences d’inventaires qui sont forcément coûteuses, dans
la mesure où elles mobilisent du personnel.
■ L’inventaire à stock 0
Consiste à profiter du fait qu’un article soit considéré informatiquement
à 0 pour vérifier cette information de façon rapide. Un stock nul va
conduire le gestionnaire à effectuer un réapprovisionnement. Si la réa-
lité est différente, cela va entraîner un sur-stock. Vérifier qu’un empla-
cement est vide est souvent une opération rapide, c’est pourquoi cette
technique est très utilisée par les gestionnaires d’entrepôt ayant des ges-
tions de stocks informatisées (ceci afin de repérer rapidement un empla-
cement théoriquement à 0).
Comme son nom l’indique, cet inventaire est réalisé de façon ponc-
tuelle sur un article lorsque le gestionnaire doute de la fiabilité du stock
et souhaite la vérifier. Cet inventaire a lieu pendant le fonctionnement
normal de l’entreprise et les outils informatiques permettent de « blo-
quer » les emplacements entreposant cet article, afin de ne pas risquer
de perturber le comptage par des mouvements divers.
Les principales causes d’écarts doivent être identifiées si nous voulons
fiabiliser petit à petit notre stock. Même si chaque entreprise possède ses
propres dysfonctionnements, on retrouve quel que soit le secteur un
certain nombre de causes génériques. Nous allons détailler ces causes
dans les pages ci-dessous.
209
10. Les leviers d’amélioration de la performance
d’un entrepôt et les indicateurs
210
cation. Là encore l’automatisation des mouvements est source de fiabi-
lisation à condition que les conditionnements restent conformes à ceux
renseignés dans les systèmes informatiques.
Conseil
Ces quelques exemples de causes et de solutions types sont très fréquemment
rencontrés dans les entreprises industrielles, tous secteurs confondus. Bien
entendu, il en existe d’autres que le gestionnaire identifiera au cas par cas. Il
est très important de retenir qu’une cause non éradiquée générera des écarts
de stock à répétition et accentuera le travail en urgence du gestionnaire d’en-
trepôt. La fiabilisation des stocks est un investissement nécessaire dans une
démarche de maîtrise de la chaîne logistique globale. ■
211
10. Les leviers d’amélioration de la performance
d’un entrepôt et les indicateurs
212
Analyse d’une matrice des polyvalences
Tout d’abord, le chiffre 129 sera notre indicateur de départ pour le plan d’action
« augmentation du niveau de polyvalence de l’entrepôt ».
Les constats suivants peuvent être effectués :
– Une grande partie de la polyvalence de l’entrepôt est assurée par le maga-
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
213
10. Les leviers d’amélioration de la performance
d’un entrepôt et les indicateurs
214
L’audit image
Le rangement et la propreté dans un entrepôt sont des gages de sécurité
et de performance. Ne pas respecter les consignes établies peut avoir
des conséquences très importantes. C’est pourquoi il est fréquent de
mesurer cette notion comme un indicateur de performance. De plus, les
procédures et les règles établies ne peuvent être efficaces qu’à condition
qu’elles soient respectées.
L’audit image est un outil qui consiste à formaliser sur un document
les règles de rangement, de propreté et d’organisation établies par l’enca-
drement au cours de projets d’améliorations de la sécurité ou de la perfor-
mance de l’entrepôt. Le respect de ces règles est alors contrôlé à fréquence
régulière (tous les mois ou tous les deux mois) afin de vérifier que le sys-
tème reste sous contrôle et que des dérives ne sont pas en train de se créer
dans un des divers secteurs de l’entrepôt ou de la plate-forme logistique.
Le fait de déterminer une « note image », comme pour l’indicateur
lié à la polyvalence permet d’animer cette caractéristique comme un
challenge au niveau de l’entrepôt. Il s’agit d’un outil de management
très utile car la notion de rangement et de propreté est souvent une
notion subjective. L’audit image permet, à l’aide de questions fermées,
de faire un point chiffré sur l’état des lieux au moment de l’audit et de
déterminer une note. Si cette dernière est en dessous des objectifs fixés
par le responsable de l’entrepôt, des plans d’actions doivent alors être
conduits dans les plus brefs délais.
Le tableau 10.5 illustre un exemple d’audit image. Bien entendu, il
est propre à chaque entreprise car il dépend de l’organisation en place,
des règles établies et des consignes particulières à respecter. Une notifi-
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
215
10. Les leviers d’amélioration de la performance
d’un entrepôt et les indicateurs
Questions Note
Les allées sont-elles dégagées ?
Les murs et les sols sont-ils propres ?
Les emplacements sont-ils codifiés ?
Les emplacements sont-ils respectés ?
Les protocoles de sécurité sont-ils affichés et à jour ?
Les zones pietonnes sont-elles bien repérées ?
La maintenance des chariots est-elle bien effectuée ?
L’éclairage est-il suffisant ?
Les racks sont-ils conformes à la sécurité ?
La zone palette vide est-elle évacuée régulièrement ?
Les exctincteurs sont-ils accessibles ?
Le sens de circulation est-il bien indiqué ?
Les zones de rangement sont définies ?
Les zones de rangement sont respectées ?
Les zones de stockage sont accessibles ?
Les bennes à dechets sont vidées régulièrement ?
Le tri selectif est-il respecté ?
Les indicateurs d’inventaire tournant sont-ils affichés et à jour ?
Les produits stockés sont-ils bien identifiés (étiquettes, code barre…) ?
Les règles de sécurité du magasin sont-elles affichées et respectées ?
216
L’essentiel
217
Chapitre 11
Fonctionnalités clés
d’une gestion
d’entrepôt
informatisée (WMS)
Fonctionnalités clés d’une gestion
d’entrepôt…
Executive summary
219
11. Fonctionnalités clés d’une gestion d’entrepôt informatisée
(WMS)
220
Les fonctionnalités clés d’un outil
de gestion de magasin
Une matrice synthétique des fonctionnalités clés est visible sur le tableau 11.1.
Standard Spécifique À
Fonctionnalités clés attendues Commentaires
dans l’outil dans l’outil développer
Processus de réception et de mise en stock
Capacité à gérer une pré réception
Calcul automatique
du taux de remplissage
Processus de préparation des commandes et d’expédition
Édition d’un bon de préparation
dans l’ordre du circuit de prélèvement
Gestion des unités de regroupement
pour la préparation de détail
Gestion des vagues
en préparation de commandes
Gestion du pré colisage
Gestion des regroupements
par destination
Gestion de la file d’attente
221
11. Fonctionnalités clés d’une gestion d’entrepôt informatisée
(WMS)
222
Zone
de réception
1 – Arrivée des marchandises le jour J
3 – Le contrôle débloque
les produits à J+2 :
c) La facture fournisseur
pourra être réglée
Stockage
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
223
11. Fonctionnalités clés d’une gestion d’entrepôt informatisée
(WMS)
224
Mobile ou embarqué : utilisé par exemple dans la préparation des
commandes
Fixe : présentation du produit devant une borne
Moins de risque d’oubli et d’erreurs mais moins souple
mande est déjà reçue même si elle est encore sur un bateau.
Nous voyons bien que la réception sur un site de transit peut vite
devenir une fonctionnalité très importante dans une entreprise tra-
vaillant à l’échelle internationale, tant en approvisionnement qu’en
livraison.
225
11. Fonctionnalités clés d’une gestion d’entrepôt informatisée
(WMS)
226
opportun de segmenter le stock en fonction de cette contrainte afin
de ne pas devoir positionner des planchers sur les lisses pour accueillir
des palettes de formats différents.
• Découpage en fonction de la nature du conditionnement. Les car-
tons seraient par exemple stockés en bas à hauteur d’homme et les
palettes en hauteur accessibles avec un chariot. Si nous gérons des
bobines par exemple (ou des fûts), elles ne doivent pas être stockées
dans les mêmes emplacements que des palettes.
La figure 11.2 illustre cette problématique de découpage d’un palet-
tier en plusieurs aires de stockage.
Aire 4
Aire 3
Aire 2
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
Aire 1
Aire 1 : Stockage des cartons (produits non stockés sous forme de palette)
227
11. Fonctionnalités clés d’une gestion d’entrepôt informatisée
(WMS)
Conseil
Cette fonctionnalité peut permettre de réduire les temps de magasinage de
façon très importante. En effet, en rangeant les produits en fonction d’une
bonne stratégie d’entrée structurée autour des fréquences de rotation des pro-
duits, nous pouvons gagner 50 à 70 % de productivité dans un entrepôt. Or
sans système d’informations adapté, nous ne pouvons pas mettre en œuvre
cette excellente pratique métier. C’est pourquoi il convient d’être très vigilant
quant à la capacité des solutions proposées à répondre réellement à cette pro-
blématique de mise en stock assistée par ordinateur. ■
228
des palettes et donc le coût logistique. La pénibilité est accrue et les
tensions entre le service qualité qui n’évacue pas assez vite la zone et
les magasiniers qui ont besoin de place pour stocker les produits sont
souvent très importantes.
Ce problème est donc souvent un point très délicat à gérer et une
source de conflit permanente. La recherche de productivité et le besoin
de surface nous conduisent à rechercher la fonctionnalité présentée ici
qui consiste à bloquer un emplacement le temps du contrôle qualité et à
le libérer une fois le travail du contrôle effectué. Cela évite les encombre-
ments de surface et le produit n’est manipulé qu’une seule fois. Cepen-
dant, il est important que le système d’informations gère ce processus
afin d’éviter au magasinier de prélever en magasin des produits toujours
en attente de contrôle. Cela décrédibiliserait l’opération de contrôle et
provoquerait un risque sur la qualité du produit fini fabriqué.
La figure 11.3 illustre le fonctionnement avec et sans capacité de
« bloquer » des emplacements en magasin durant le temps du contrôle
qualité.
Avec gestion emplacements de
contrôle dans le magasin
Mouvement
à supprimer
Surface à
Zone de contrôle
supprimer
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Mouvement
obligatoire
Quai Quai
229
11. Fonctionnalités clés d’une gestion d’entrepôt informatisée
(WMS)
230
Réapprovisionnement d’emplacements dédiés
à partir d’un stock banalisé (réalimentation
des picking)
Dans la plupart des magasins, surtout dans le cas d’une livraison à
fréquence courte en lean manufacturing (voir partie 3), il est néces-
saire de mettre en place un système de picking au magasin à hauteur
d’homme. Pour permettre au magasinier livreur de charger sans perdre
de temps les conditionnements à livrer sans être obligé de monter sur
un chariot élévateur pour aller prélever des produits en hauteur. Cette
zone de picking constitue un stockage qu’il va donc falloir alimenter
pour ne pas mettre le livreur en rupture. La figure 11.4 rappelle le fonc-
tionnement d’un magasin comportant une zone de picking.
Le problème pour lequel il est nécessaire de se faire aider de l’ou-
til informatique est le processus de réalimentation de ce picking. En
effet, les produits en réserve ou en picking sont considérés comme
en stock si bien qu’il n’existe pas, dans tous les systèmes informa-
tiques de processus permettant de gérer un stock minimum dans un
emplacement de picking permettant de re-déclencher un réapprovi-
sionnement depuis la réserve. Il est alors nécessaire de mettre en place
un système visuel souvent très difficile à gérer et générateur de nom-
breuses erreurs.
Avec la fonctionnalité de réapprovisionnement automatique,
nous avons un système qui toutes les heures par exemple (la fré-
quence de calcul est bien entendu à définir) propose une liste des
produits à réalimenter en zone de picking. Le travail du magasinier
est organisé et le nombre de perturbations du livreur, à cause de
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
231
11. Fonctionnalités clés d’une gestion d’entrepôt informatisée
(WMS)
Réserve palette
3 – Le picking
est réalimenté
2 – Lorsque le stock par le magasiner
en picking n’est plus
suffisant, le système
d’information
propose Hauteur d’homme
au magasinier
de réalimenter
le picking
Zone de
picking
232
causes systématiques permises par le faible volume d’articles comptés
lors de chaque inventaire.
La fonctionnalité de gestion automatique des inventaires tournants
suivant les catégories ABC renseignées elles au niveau des fiches articles
consiste tout simplement à disposer d’un algorithme permettant de pro-
poser tous les mois une liste de pièces à compter en tenant compte de
ces fréquences de comptage définies au niveau des catégories. En effet,
sans cette fonctionnalité, le responsable de l’entrepôt a du mal à suivre
son avancement en terme d’inventaire et donc à savoir si telle ou telle
référence a été inventoriée suffisamment ou non. Nous sommes alors
obligés de prédéfinir des fiches de comptage gérant manuellement cette
fréquence. Or si nous voulons entrer dans une logique d’un inventaire
tournant quotidien, cela revient à définir 220 fiches de comptage (une
pour chaque jour ouvré de l’année) ce qui devient vite quelque chose
d’impossible.
Lorsque la fonctionnalité n’existe pas, nous sommes contraints de
réaliser des inventaires tournants mensuels, avec donc douze fiches de
comptage reprenant les fréquences définies dans la règle. Cela implique
un grand nombre de pièces à compter et une grande difficulté à réaliser
les enquêtes pour connaître la cause de l’écart et donc lancer un plan
d’action adéquat. Quand nous mettons en perspective le fait que la fia-
bilité des stocks est un véritable point d’entrée à l’utilisation du système
d’informations, nous voyons bien que cette fonctionnalité peut très vite
devenir capitale.
Il arrive que nous ayons à stocker dans un magasin des produits dan-
gereux pour lesquels les assurances refusent de nous assurer au-delà
d’une certaine quantité. C’est l’objet de cette fonctionnalité que d’être
capable, pour notre gestion d’entrepôt, de nous alerter dès que nous
stockons dans une zone une quantité de produits dangereux (inflam-
mable, corrosif…) supérieure à un seuil toléré par la législation ou par
notre compagnie d’assurance.
Bien sûr il existe des moyens basés sur des requêtes informatiques
pour être capable d’éditer un état de tous les produits en sur-quantité
par rapport à un seuil défini mais encore faut-il que le champ permet-
tant de renseigner ce seuil existe et soit utilisable. De plus, l’absence
233
11. Fonctionnalités clés d’une gestion d’entrepôt informatisée
(WMS)
234
• Le composant est alors monté dans le produit fini en fonction des ins-
tructions de la gamme de montage et de la nomenclature (le dossier
de fabrication du produit).
• L’opérateur en fin de fabrication déclare avoir terminé son opération
de production au niveau d’un produit fini (il déclare la mise en stock
du produit fini complet comme terminé).
• Le stock est décrémenté de chaque composant constitutif du produit
fini renseigné au niveau de la nomenclature.
Il n’est alors pas nécessaire de réaliser le mouvement de sortie de
stock de tous les composants ce qui permet de gagner beaucoup de
temps et encore une fois de limiter des risques d’erreurs.
La figure 11.5 présente d’une manière synthétique le principe de la
post-consommation.
Flux physique
Flux informations
235
11. Fonctionnalités clés d’une gestion d’entrepôt informatisée
(WMS)
236
Aire 4
Aire 3
Aire 2
Aire 1
Aire 1 : Non suivi car difficile dans une zone de stockage de carton
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
237
11. Fonctionnalités clés d’une gestion d’entrepôt informatisée
(WMS)
238
par lequel le produit est lui-même approvisionné du fournisseur. Dans
la fiche article du produit, nous retrouvons donc dans le champ « mul-
tiple » la taille du conditionnement qui permet d’éviter de commander
à un fournisseur une quantité qui ne soit pas en cohérence avec les
conditionnements négociés.
En ce qui concerne la préparation de détail, il arrive par exemple que
nous ayons intérêt à prélever des groupes de pièces qui ne correspondent
pas forcément à la taille du carton. La visserie est un excellent exemple
de cette problématique. Nous pouvons approvisionner notre visserie par
carton de 10 000 pièces mais à l’intérieur le fournisseur regroupe ses vis
par sachets de 1 000. Ainsi, le prélèvement ou la commercialisation s’ef-
fectue par quantité de 1 000 ce qui évite au préparateur de compter des
milliers de vis unitairement au moment de chaque préparation.
Ce mode de fonctionnement relève du bon sens mais lorsque les
outils informatiques ne sont pas structurés pour gérer cette unité de
regroupement, il est très difficile de faire circuler cette information
dans toute la chaîne logistique (liste de préparation, étiquettes codes à
barres…).
239
11. Fonctionnalités clés d’une gestion d’entrepôt informatisée
(WMS)
D1 D4
Table préparation
240
lement ses vagues en regroupant tous les produits communs sur une
commande consomme plus de temps que la collecte individuelle et va
générer des erreurs et des oublis très importants. Le gain de l’opération
est alors nul. Rappelons pour mettre ce sujet en perspective qu’il n’est
pas rare dans une activité de préparation moyenne qu’en une journée
un préparateur traite plusieurs milliers de lignes de commandes.
Gestion du pré-colisage
Le système de pré-colisage, appelé également système Pick and
Pack consiste à emballer les produits au moment du prélèvement. Il évite
donc la double manipulation générée par le système classique lorsque
nous sommes obligés de réaliser le prélèvement des produits dans un
chariot ou sur une palette par exemple puis une opération d’emballage.
Ici, le préparateur part prélever directement avec le bon conditionne-
ment, autrement dit le conditionnement adapté au volume de la com-
mande qu’il va prélever.
Ce système est donc très efficace mais il nécessite une estimation du
conditionnement adapté à partir de la somme du volume de chaque
pièce de la commande. Au préalable, il a fallu renseigner dans le système
d’information le volume de chaque pièce et le bon de préparation doit
faire apparaître ce volume à destination du préparateur. À partir d’une
règle et d’une standardisation des contenants (par exemple le petit car-
ton est adapté pour les volumes inférieurs à 20 cm3 ensuite prendre le
carton de taille moyenne …) alors la préconisation peut être effectuée
et le préparateur ne risque pas d’avoir une mauvaise surprise en fin de
préparation, en s’apercevant que les produits ne rentrent pas tous dans
le conditionnement choisi au départ.
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
241
11. Fonctionnalités clés d’une gestion d’entrepôt informatisée
(WMS)
voyons bien ici que cela n’est possible que dans le cas où la gamme
de produits n’est pas très étendue et avec un nombre de cartons très
restreint. Autrement dit, nous ne pouvons pas procéder manuellement
dans des situations complexes à la recherche du carton adapté (pour
éviter le vide dans les cartons et donc limiter les frais d’expédition).
C’est pourquoi il est important que le système d’informations intègre
cette fonctionnalité très précieuse dès que la préparation de commande
relève d’un axe stratégique majeur.
242
Jalon 5
Heure de lancement
La commande
est envoyée au
magasin
Jalon 4
Heure de début
de préparation
La commande
est en
préparation
La commande
attend dans
une zone triée
par destination
La commande
est avancée
sur le quai
243
11. Fonctionnalités clés d’une gestion d’entrepôt informatisée
(WMS)
1000
800
600
400
200
0
1 3 5 7 9 11 13 15 17 19
La figure 11.9 nous montre que le lissage sous 48 heures, qui est le délai
le plus couramment pratiqué en matière de traitement des commandes
clients, conserve des pics importants puisque nous pouvons devoir prépa-
rer 850 lignes dans les pointes comme 200 dans les creux. En terme d’or-
ganisation d’équipe, nous voyons bien que l’effectif ne peut pas être le
même et le magasin se doit de s’ajuster à cette demande très changeante.
L’autre alternative est de lisser la charge sur un délai plus long. Le
tableau 11.1 et la figure 11.9 nous montrent bien qu’avec un lissage sur 5
jours, la demande est beaucoup plus régulière puisque les pics ne montent
plus qu’à 600 lignes de commandes (contre près de 850 avec un lissage sur
2 jours) et ne descendent qu’à 350 lignes contre 200 dans le premier cas.
La tentation peut être d’augmenter le délai afin de stabiliser la demande
et donc d’éviter de réaliser des ajustements d’effectifs trop importants,
tout en maintenant un niveau de productivité acceptable. Bien entendu,
les exigences commerciales nous imposent de maintenir un délai raison-
nable en correspondance avec celui pratiqué par les concurrents ainsi
nous constatons que bien souvent ce délai de préparation de commandes
avoisine les deux jours. Nous travaillons donc souvent à délai court.
Pour réussir à maintenir le délai de préparation des commandes
tout en optimisant la productivité, il est nécessaire de faire évoluer
l’équipe en fonction de la charge de travail comme le montre la
figure 11.10.
244
Capacité ajustée
en fonction de la charge
Sous-capacité
> Retard
3 préparateurs Charge
2 préparateurs
Capacité fixe
1 préparateur
245
11. Fonctionnalités clés d’une gestion d’entrepôt informatisée
(WMS)
L’essentiel
246
Partie 3
Comment
organiser
un magasin
en lean
manu-
facturing ?
247
.
248
D
e plus en plus d’entreprises mettent en œuvre une démarche
d’amélioration continue en provenance du Japon, que nous
connaissions il y a vingt ans sous le nom de « juste à temps » et qui
aujourd’hui prend la forme et l’appellation « lean manufacturing ». Cette
démarche consiste à repenser entièrement le processus de production pour
chasser les gaspillages. Mais elle remet en cause en profondeur l’organisa-
tion du système de livraison et tout le processus de magasinage associé.
C’est à cette remise en cause et à la présentation des méthodes et outils
associés que nous avons consacré la dernière partie de cet ouvrage.
Depuis 10 ans, une grande partie des entreprises industrielles mondiales
situées géographiquement dans les pays industrialisés ont lancé la formi-
dable aventure de la transformation de leurs systèmes de production sui-
vant la démarche lean manufacturing. Comme son nom l’indique, le système
lean (mince en anglais) donnerait l’impression que nous allons entamer un
régime au niveau de notre outil de production. Cette image est certes trop
restrictive mais néanmoins pas complètement fausse, dans la mesure où le
« régime » que nous allons entreprendre va non seulement nous faire perdre
du poids (en chassant nos gaspillages), mais en plus nous transformer à tel
point qu’après nous ne serons plus jamais les mêmes.
Cette démarche bouleverse la totalité des processus de production et
logistique, autrement dit les processus de magasinage bien évidemment.
C’est pourquoi nous avons décidé de consacrer toute une partie à cette
problématique.
Dans cette partie, nous étudierons l’approvisionnement des ateliers
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
249
Chapitre 12
Comment organiser
le processus
de livraison ?
Executive summary
251
12. Comment organiser le processus de livraison ?
Principe d’approvisionnement
des postes en lean
Dans la philosophie lean manufacturing, l’opérateur de production pour
être efficace doit se recentrer sur son métier et chaque tâche doit être
affectée à celui qui se trouve être le plus productif pour les exécuter. C’est
ainsi que l’organisation de l’approvisionnement de la cellule flexible se
voit considérablement modifié avec l’organisation que nous sommes en
train de vous détailler.
Un principe : réduire les pertes de temps chez les opérateurs ainsi que
les surfaces de stockage.
Se déplacer pour aller prélever des composants dans un stock, même
situé à proximité de la ligne de fabrication est considéré comme un gas-
pillage. La figure 12.1 présente d’une manière synthétique l’organisation
classique d’un approvisionnement où le magasinier alimente régulièrement
le stockage bord de ligne (une à deux fois par jour par exemple) et où l’opé-
rateur prélève ce dont il a besoin en fonction des fabrications qu’il exécute.
Les stockages bord de ligne sont souvent importants car pour éviter
de démultiplier les mouvements, les magasiniers apportent des quanti-
tés très supérieures aux besoins des fabrications. Plus le contenant est
important et moins le magasinier aura de mouvements à effectuer. Cette
recherche de productivité logistique s’accompagne donc logiquement
d’une consommation excessive de surfaces au sol (en raison du stockage
important) ainsi que des allées de circulation relativement larges per-
mettant de faire passer des chariots élévateurs (type frontal).
252
Poste de travail
Montage
Chariot avec
de nombreux
allers-retours magasin.
Chariot
Magasin
central
253
12. Comment organiser le processus de livraison ?
Montage
Composants au poste
de travail éliminant
le déplacement
des opérateurs
Mutualisation
des allers-retours
par l’utilisation
d’un train.
Ré-approvisionnement
(ex : train)
Magasin
dédié
254
Comment définir les pièces
à mettre au poste ?
Pour définir les pièces à mettre au poste et pour pouvoir commencer
à analyser le système, il est nécessaire de récupérer un certain nombre
d’informations. À partir de ces informations, nous allons pouvoir calcu-
ler les quantités par contenant et donc décider en fonction de la surface
possible quelles sont les pièces à mettre au poste et à réapprovisionner
avec un système en flux tiré (type kanban) ou bien les pièces à approvi-
sionner sur besoin en fonction du lancement des ordres de fabrications.
255
12. Comment organiser le processus de livraison ?
256
• Prendre en compte la rotation des pièces et le rythme de consom-
mation. Il est bien évident que les produits à forte rotation doivent
être positionnés au poste, parfois même directement en palette (et
non pas en carton pour limiter les mouvements) au plus près du point
de consommation. Suivant la règle de Pareto, les produits à grande
consommation (20 % des produits représentant 80 % des mouve-
ments) doivent être au poste. Pour les autres produits (80 % de pro-
duits représentant 20 % des mouvements) des questions doivent se
poser au cas par cas en fonction de la place dont nous disposons.
Généralement, il est moins coûteux d’acheminer les composants à
faible rotation en fonction du besoin plutôt que de les positionner
systématiquement au poste de travail et de les réapprovisionner même
lorsqu’il n’y en a pas besoin.
• Prendre en compte le poids des composants. Les contenants trop
lourds peuvent par exemple être segmentés en terme de quantités
afin d’éviter de complexifier et de rendre difficile la tâche d’appro-
visionnement des pièces à fréquence courte. Nous verrons plus loin
dans la partie consacrée à l’évaluation de la charge du livreur (celui
qui alimente les postes de travail) qu’il est fréquent et souhaitable de
dimensionner la boucle de réapprovisionnement de manière à livrer
un maximum de composants à l’heure. 30 à 40 cartons par heure est
un ratio classique dans ce type d’organisation. Si les contenants sont
trop lourds (poids > 12 à 15 kg pour un carton manutentionné à la
main), bien entendu cette tâche peut devenir très délicate.
par contenant ?
Une fois les contenants à positionner au poste sélectionnés, nous
allons pouvoir calculer les quantités par contenant adaptées à la boucle
de réapprovisionnement. Pour ce faire, nous proposons de calculer
la valeur théorique « idéale », sans contrainte de conditionnements
actuels ou de limites tarifaires des fournisseurs de manière à pouvoir
identifier très clairement l’écart entre la valeur que nous souhaitons et
celle dont nous disposons actuellement dans nos conditionnements.
Le chapitre suivant sera consacré à la stratégie à aborder en fonction
des valeurs en question et de la difficulté de faire évoluer tel ou tel
fournisseur.
257
12. Comment organiser le processus de livraison ?
258
Alors pourquoi ne pas augmenter le fréquentiel d’approvisionnement
afin de disposer de plus de temps pour globaliser et organiser une tournée
de livraison plus efficace ? Tout simplement parce que le fréquentiel déter-
mine la quantité de pièces au poste. Nous allons le voir plus bas dans la
formule. Avec une rotation toutes les 4 heures, il va être difficile de posi-
tionner au poste moins de 8 heures de consommation. Or si nous mettons
trop de stock au poste de travail, cela consomme de la surface, cela aug-
mente les distances au niveau de la cellule de travail entre les contenants et
nous perdons en productivité d’opérateur car toutes les pièces ne sont plus
positionnées dans des zones de préhensions ergonomiques. L’arbitrage est
donc à effectuer entre deux notions : le coût logistique et la surface.
Plus la fréquence est courte, plus la surface (et le stock au poste) est
faible et donc plus la cellule pourra être implantée de manière ergono-
mique. Or avec une fréquence trop courte, la productivité du livreur se
voit pénalisée par manque de temps. Manque de temps pour intégrer à
la tournée de multiples opérations d’évacuation par exemple, manque
de temps pour passer partout ce qui peut entraîner une démultiplica-
tion des tournées. À l’inverse, avec un fréquentiel faible la tournée de
livraison peut être optimisée mais cela risque de se faire au détriment de
l’efficacité de l’implantation de la ligne.
En terme de méthodologie d’évaluation, le fréquentiel doit être
estimé au démarrage de l’étude et testé suivant deux critères :
• Ce fréquentiel et les quantités par contenant qu’il impose sont-ils compa-
tibles avec une implantation efficace de la cellule ? Ne consomment-t-ils
pas trop de surface ?
• Ce fréquentiel permet-il une tournée équilibrée ?
L’hypothèse que nous allons prendre doit être testée suivant ces deux
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
Précautions à prendre
■ Ce serait une grave erreur de valider un fréquentiel et donc implanter une cellule
sans avoir mesuré l’impact de ce fréquentiel sur la tournée de livraison. ■
259
12. Comment organiser le processus de livraison ?
2 co
nten
a nt s
Consommation
contenant 2
Fréquentiel
d’approvisionnement (F)
260
Nous pouvons également constater qu’en période stabilisée, le niveau de
stock à la station de travail s’équilibre à 1 carton plein, 1 carton vide. Autre-
ment dit, ce n’est pas parce que nous prévoyons 2 contenants minimums
au poste qu’il y a une moyenne de 2 contenants pleins à ce poste de travail.
Bien sûr, nous allons voir plus bas qu’il est parfois souhaitable de
mettre en place 3 conditionnements dans certaines situations mais
d’ores et déjà nous savons que pour que le système puisse fonctionner,
il faut au moins 2 conditionnements.
La quantité idéale par contenant est la quantité résultant d’une formule de calcul
que nous allons vous présenter plus bas et qui n’intègre pas les contraintes actuelles
de type tarification du fournisseur ou encore poids du contenant. La quantité idéale
est la quantité de pièces nécessaires pour que la boucle de réapprovisionnement
fonctionne selon la consommation maximum et le fréquentiel de réapprovision-
nement. Ensuite seulement les contraintes des fournisseurs ainsi que le poids des
pièces seront intégrés dans la stratégie à adopter, voir plus bas.
Pour calculer la quantité idéale nous avons besoin des données suivantes :
– La consommation maximum horaire : Cmax
– Le fréquentiel d’approvisionnement : F
– Le nombre de contenants à positionner sur le poste de travail (paramètre à
ajuster en fonction des premiers résultats) : N
– Ratio de sécurité (correspondant au dérapage éventuel en temps du livreur
dans sa tournée) : Sécu
Ensuite nous pouvons appliquer la formule suivante en effectuant une première
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
261
12. Comment organiser le processus de livraison ?
des raisons de poids il ne soit pas possible d’augmenter la quantité par carton à
660. Dans ce cas, nous allons devoir positionner 3 cartons à la station de travail.
En voici une illustration avec l’application numérique suivante :
Quantité
Contenant Stratégie en matière de conditionnement
Article idéale par
actuel à entreprendre
contenant
262
Dans l’exemple, nous avons appliqué la formule détaillée ci-des-
sus à 10 articles virtuels illustrant des problématiques différentes. Les
colonnes 2 à 5 correspondent à des paramètres que nous avons déjà
présentés précédemment. La colonne 6 est constituée d’une application
de la formule de calcul. La colonne 7 calcule en minute l’autonomie de
chaque contenant. Nous pouvons alors constater que cette autonomie
fluctue entre 33 minutes pour l’article 6 et 132 minutes (2 h 30) pour
l’article 7.
Voici une vision détaillée de chaque article.
Pour l’article 1, nous pouvons observer qu’avec 2 contenants au
poste et un fréquentiel de 30 minutes, il est nécessaire d’avoir une
quantité idéale par contenant de 715 pièces. Or le contenant actuel est
de 700 pièces et lorsque nous effectuons un calcul sans le coefficient
de 10 % de sécurité, nous arrivons à 650 pièces. L’écart entre quantité
idéale et quantité actuelle est trop faible pour justifier la mise en place
d’un troisième contenant (qui augmenterait la surface au poste de tra-
vail ainsi que le stock). Nous choisissons de garder donc 2 contenants
de 700 pièces et de ne pas entreprendre d’action de changement de
contenants avec les fournisseurs.
Pour l’article 2, nous pouvons constater que nous sommes dans une
situation idéale. Avec un minimum de contenants (2) la quantité idéale
est très proche de la quantité actuelle. Nous n’avons donc pas à modifier
la taille des conditionnements pour cette pièce.
Pour l’article 3, nous pouvons constater que la quantité actuelle par
contenant est légèrement supérieure à la quantité souhaitée. Pour ajus-
ter parfaitement la valeur théorique et la valeur réelle, nous pourrions
envisager de réduire un peu la taille des cartons mais cela ne doit pas
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
avoir d’impact sur le coût de la pièce. Dans le cas contraire, nous pou-
vons tout à fait fonctionner avec des cartons légèrement surdimension-
nés. Le livreur en apportera moins souvent.
Pour l’article 4, nous sommes face à une situation où la quantité
actuelle est nettement surdimensionnée. Cela génère un accroissement
de la quantité en stock au poste de travail et cela peut consommer une
surface très nettement supérieure au besoin. Il est important d’envisager
une réduction de la quantité de pièces par contenant devant conduire
inévitablement à une réduction de la taille des contenants afin d’amé-
liorer l’occupation sur le poste de travail des conditionnements de ce
produit.
263
12. Comment organiser le processus de livraison ?
Pour l’article 5, nous sommes dans une situation très différente des
autres. Pour avoir une quantité idéale supérieure à la quantité actuelle, il
faudrait mettre au poste 4 conditionnements. Or nous considérons que
pour cette pièce la taille des cartons ne le permet pas. Nous décidons donc
d’augmenter la quantité par carton pour se rapprocher de la quantité
idéale. Attention tout de même à la question du poids. En effet, si mettre
en place des cartons de 550 doit induire d’avoir des poids de conditionne-
ment supérieurs aux normes d’ergonomies, alors nous devrons envisager
une autre voie. Avec 3 cartons au poste, la quantité idéale n’est plus que de
275 pièces. Nous nous rapprochons de la quantité actuelle.
Pour l’article 6, l’augmentation de la quantité par contenant n’a pas
été possible (pour des raisons de poids). Nous sommes alors contraints
de positionner 3 cartons sur le poste de travail. Nous imaginons que
dans ce cas, et contrairement à l’article 5, cela ne nous pose pas de dif-
ficultés d’ergonomie.
Pour l’article 7, nous sommes dans la même situation que pour l’ar-
ticle 5. Il faudrait mettre plusieurs cartons (4) avec la quantité actuelle
mais compte tenu de la taille des conditionnements, cela n’est ergono-
miquement pas souhaitable. Puisque les produits sont légers dans cet
exemple, nous envisageons de doubler la quantité par carton. Il y a donc
une action fournisseur à réaliser.
Pour l’article 8, nous choisissons de positionner 4 cartons au poste
de travail car les pièces sont peu volumineuses. En revanche, nous
sommes dans un cas de figure où les pièces sont relativement lourdes
et augmenter la quantité par carton ne serait pas ergonomique pour le
livreur qui va effectuer les tournées.
Pour les articles 9 et 10, nous sommes face à des quantités par
contenant légèrement fortes. Nous pouvons entreprendre une action
de réduction de la taille des cartons si cela n’entraîne pas de difficul-
tés majeures. Dans le cas contraire, nous pouvons fonctionner avec ces
conditionnements.
Comme nous venons de le voir, les paramètres fondamentaux
(consommation maximum et fréquentiel d’approvisionnement) struc-
turent la solution que nous allons mettre en place. Pour tester la faisa-
bilité de notre fréquentiel d’approvisionnement, il va falloir simuler le
fonctionnement de la tournée de réapprovisionnement. Point que nous
aborderons plus tard. En revanche pour envisager l’implantation de la
cellule, il faut dès à présent se positionner sur les contenants que nous
264
gardons ainsi que sur ceux que nous modifions. Nous avons noté une
liste d’articles à modifier dans l’exemple ci-dessus ; voyons à présent
comment valider avec les fournisseurs ces modifications et quelles stra-
tégies adopter. C’est l’objet du chapitre suivant.
Quantité
idéale Contenant Stratégie en matière de conditionnement
Article actuel à entreprendre
par contenant
Article 3 660 1 000 Étudier une diminution des quantités à 700 uniquement
sans changement de coût. Autrement, ne rien modifier
Article 10 660 1 000 Diminuer la quantité par contenant si cela n’est pas
trop complexe
265
12. Comment organiser le processus de livraison ?
L’équipe projet ?
Comme nous venons de le voir, l’équipe projet se doit d’être pluridisci-
plinaire. Nous avons besoin des compétences suivantes :
• Méthode : pour effectuer le travail d’organisation de la station de
travail et définir la taille des contenants.
• Logistique physique : pour vérifier l’adéquation entre le modèle
théorique et la faisabilité sur le terrain avec les magasiniers. Le rôle va
prendre tout son sens dans les étapes suivantes, lorsqu’il faudra orga-
niser le circuit de livraison.
• Gestionnaire d’approvisionnement : pour mesurer l’impact sur les
approvisionnements et sur les stocks des évolutions de conditionnements.
• Achats : pour négocier les nouveaux conditionnements avec les four-
nisseurs.
Trop souvent le travail solitaire sur ce type d’approche conduit à
des aberrations, à des systèmes irréalistes qui risquent de générer plus
de surcoûts que de véritables avancées en terme de performance indus-
trielle.
266
Importance de la modification sur l’organisation du poste
Systématique Évaluation
Opportunité Inutile
Tenter une modification Le risque de reconditionnement
pour optimiser le système est fort en raison de l’impact
Faible global. sur le coût.
Estimer la durée pour éviter Vu les enjeux,
un reconditionnement ne pas se lancer
trop long. dans la modification.
Faible Fort
Risque sur les coûts pièces
Figure 12.5 – Matrice d’aide à la décision des stratégies de changement de
conditionnement
267
12. Comment organiser le processus de livraison ?
Présentation du fonctionnement
des approvisionnements avec un petit train
Le principe de l’approvisionnement par petit train est le principe de
la mutualisation des moyens de manutention et des trajets. En effet,
l’organisation des cellules suivant la logique lean manufacturing que
nous avons détaillée précédemment impose une livraison des postes de
travail en petites quantités (pour optimiser la surface de la station de
travail) et par conséquent avec des fréquences très courtes. Le proces-
sus que nous devons donc organiser dans cette phase du projet est le
processus d’approvisionnement des postes de travail, depuis le prélève-
ment des composants en magasin (zone de picking) jusqu’à la livraison
au poste, en passant par l’acheminent des sous-ensembles entre les îlots
de fabrication et en passant par l’évacuation des produits finis.
268
Voyons à présent quelques principes de base permettant d’organiser
le circuit de réapprovisionnement des cellules de travail. Ces principes
sont difficilement contournables si nous voulons réussir à optimiser
réellement le circuit.
269
12. Comment organiser le processus de livraison ?
Conseil
■ Pour atténuer voire résoudre cette problématique d’évacuation des déchets
et de réduction des coûts, une pratique consiste lorsque cela est possible de
récupérer les contenants approvisionnés pour emballer les produits finis. Cela
impose aux acheteurs de demander à leurs fournisseurs de livrer les matières
dans des conditionnements suffisamment solides pour être réutilisés et adaptés
aux contraintes des clients de la cellule. En plus d’un avantage économique
évident, cette solution est également environnementalement souhaitable. C’est
pourquoi lorsque cela est possible, il faut tenter de mettre en place des sys-
tèmes de ce type. ■
270
Circuit de réapprovisionnement par petit train
Afin de vous donner une vision globale de ce que nous venons d’évoquer, nous vous
proposons en figure 12.6 un schéma synthétique global d’organisation d’un circuit
« petit train » intégrant toutes les étapes du processus choisi par l’équipe projet.
Magasin réserve
Zone picking dans magasin
Cellule 1 Livraison 1
Gare 1
800 1600 800
Prélèvement
Gare 2
Livraison 2
1600
2400 800
Cellule 2 Livraison 4
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
Gare 1
800 1600 800
Livraison 5
Gare 2
1600
Déchargement
Livraison 6
271
12. Comment organiser le processus de livraison ?
272
impose une autonomie suffisante qui peut parfois être incompatible
avec les contraintes de place de l’usine.
3. Livraison des composants : suivant la logique que nous venons de
détailler, ce processus est la « grande nouveauté » d’un fonctionnement
en petit train avec des tournées mutualisées par rapport à l’approvision-
nement classique des postes de travail. Par classique nous entendons
un approvisionnement conditionnement par conditionnement.
4. Processus d’évacuation : comme le point précédent, nous avons
déjà abordé ce processus.
5. Chargement des camions en produits finis : ce processus consiste
à charger les camions en fonction des livraisons des clients prévues.
Bien entendu, lorsque l’usine alimente une plate-forme logistique de
distribution, le processus d’expédition est fortement simplifié par rap-
port à une expédition directe organisée depuis l’usine.
Autrement dit, par rapport au premier flux qui est plus une adapta-
tion de l’organisation sans réelle modification des contraintes, ce schéma
illustre une véritable amélioration de l’organisation des flux en diminuant
les surfaces aux magasins et en limitant les coûts de magasinage. Ce type
d’approche doit être privilégié à la première mais nécessite un investisse-
ment en temps significatif de la part des acheteurs et des approvisionneurs
auprès des fournisseurs pour parvenir à mettre en place cette organisation.
273
12. Comment organiser le processus de livraison ?
274
Le degré de précision des calculs n’est pas capital car généralement,
pour ce type d’approvisionnement, nous utilisons des chariots éta-
gères qui sont largement sur-capacitaires. Ces chariots, accrochés à une
motrice vont constituer les premiers wagons du train.
275
12. Comment organiser le processus de livraison ?
lorsque les tâches de chaque magasinier sont trop spécialisées. De plus, dans
le cas d’utilisation des bacs en qualité de kanban (fonctionnement en bac
vide/bac plein), la récupération des déchets est obligatoirement effectuée
par le livreur en charge de l’approvisionnement de la cellule.
276
ter le nombre de wagons par train. L’expérience des entreprises ayant
testé ces méthodologies de travail montre que pour pouvoir circuler de
manière efficace, il est important de respecter les règles suivantes :
• 3 ou 4 wagons maximum dans le magasin pour pouvoir manœuvrer
entre les allées rapidement sans prendre de risques en terme de sécu-
rité ;
• 6 à 8 wagons maximum dans l’atelier. Nous rappelons que le train
pourra être constitué des 3 à 4 wagons de matières premières à quoi
nous ajouterons les wagons de déchets ou autres éléments à transpor-
ter pris ailleurs que dans le magasin.
Tendance en hausse
(déploiement du système
croissance)
277
12. Comment organiser le processus de livraison ?
278
du fréquentiel de livraison ne pouvait que diminuer. Dans le cas d’une
augmentation, le risque de rupture est évident.
Or le système va logiquement évoluer. Lorsque nous mettons en
place une solution de ce type, nous procédons généralement par sec-
teur et de manière progressive. Plus le projet avance, plus la tournée du
livreur risque de s’allonger. Au moment de la mise en place du dispo-
sitif, il est important d’appréhender cette problématique de hausse de
volumes. De plus, si l’entreprise est en croissance, les volumes risquent
d’augmenter et il est important dès la conception de la solution d’inté-
grer ces contraintes.
L’essentiel
La définition
des stratégies
de stockage et
la refonte du magasin
La définition des stratégies
de stockage…
Executive summary
281
13. La définition des stratégies de stockage…
282
Hypothèse : 1 palette = 20 cartons
avec pour consommation 3 cartons par jour
1 20
mouvement mouvements
d’entrée de sortie
1 20
Picking
palette
283
13. La définition des stratégies de stockage…
Picking
carton / carton
20 20
20 20
mouvements mouvements
d’entrée de sortie
284
Classement
(familles homogènes)
1
Préparation de la liste
(épuration des rotations nulles…)
2
Étape 1 : le classement
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
La première étape consiste à classer les pièces par famille homogène. Par
famille homogène, nous entendons un groupe de conditionnements
homogènes utilisant le même moyen de stockage.
En effet, le magasin va devoir être organisé par type de stockage. Les
palettes d’un côté stockées au sol ou sur des palettiers ; les cartons d’un
autre. Si nous devons stocker des palettes « hors gabarits », c’est-à-dire
avec un gabarit ou un poids nécessitant un moyen de stockage adapté,
cela constituera une nouvelle famille. Tous les types de conditionne-
ments doivent être identifiés afin de définir les types de moyens de stoc-
kage et les zones du magasin dont nous allons avoir besoin.
285
13. La définition des stratégies de stockage…
Consommation Quantité
Quantité Quantité de Stock de
Composants par jour par palette
par carton commande sécurité
(pièce) approvisionnée
Article 1 500 5 800 6 000 18 000 11 600
Article 2 100 5 000 6 000 6 000 10 000
Article 3 150 3 500 6 000 12 000 7 000
Article 4 500 5 800 6 000 24 000 11 600
Article 5 50 700 6 000 6 000 1 400
Article 6 500 3 500 6 000 12 000 7 000
Article 7 1 000 7 000 12 000 24 000 14 000
Article 8 1 000 3 000 8 000 8 000 3 000
Article 9 1 000 7 000 5 000 15 000 9 000
Article 10 1 000 3 000 5 000 15 000 6 000
Article 11 2 000 10 000 10 000 50 000 20 000
Article 12 1 000 10 000 10 000 30 000 20 000
Article 13 3 000 10 000 6 000 100 000 10 000
Article 14 50 000 50 000 50 000 100 000 50 000
Article 15 100 000 10 000 100 000 100 000 20 000
Tous les articles sont approvisionnés depuis les fournisseurs en palettes standards de 800 x 1 200
sur lesquelles nous avons les cartons
286
■ Étape 3 : analyse de Pareto en volume
La première étape, une fois le fichier créé, consiste à effectuer une ana-
lyse de Pareto en volumique (en fonction du volume des cartons) afin
de repérer les articles trop volumineux devant être stockés à même le sol
ou en palette.
Pour ce faire, il est nécessaire de récupérer les formes logistiques
et les dimensions des cartons afin de pouvoir calculer les volumes par
article.
Le détail de l’approche ABC fait l’objet d’un chapitre entier, le cha-
pitre 2.
Nous devrons porter une grande attention aux articles A car ils seront
consommateurs de place. En revanche les articles C n’auront pas une
grande importance sur l’encombrement du magasin.
Nous obtenons alors le résultat de l’analyse de Pareto illustrée dans
le tableau 13.2.
Volume
Composants carton % % cumulé Catégorie
en m3
Article 3 0,12 33,9% 33,9% A
Article 6 0,072 20,3% 54,2% A
Article 2 0,036 10,2% 64,4% A
Article 5 0,036 10,2% 74,6% A
Article 1 0,024 6,8% 81,4% B
Article 8 0,024 6,8% 88,1% B
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
287
13. La définition des stratégies de stockage…
288
Tableau 13.3 – Application numérique sur analyse ABC en mouvement
Nombre
Quantité Consommation %
Composants mouvements %
par carton jour (pièce) cumulé Catégories
par jour
289
13. La définition des stratégies de stockage…
des allées dédiées aux chariots élévateurs (allées larges) permettant l’ali-
mentation des picking et des palettiers par l’arrière ainsi que des allées
de petits trains (moins de deux mètres de large) par l’avant, évitant ainsi
aux moyens de se croiser tout en optimisant l’organisation du magasin.
Un exemple de ce type de fonctionnement est détaillé en figure 13.4.
Réserve
palette
Processus de réalimentation
à organiser
Hauteur d’homme
Picking
carton
Zone de
prélèvement
à pied
par le livreur
Picking
palette
290
3m
1.6m
Circulation du chariot
291
13. La définition des stratégies de stockage et la refonte
du magasin
5% du Article 13
volume M3
consommé Article 12
70% Article 14
des articles
Article 15
C
15% du Article 9
Article 1
volume M3 Article 10
consommé
Article 11
15% Article 4
des articles Article 8
Article 7
B
80 % du Article 3
volume M3
consommé
Article 2
15% Article 6
des articles
Article 5
A
292
Article 3
A Article 2
Article 5
A’
Stratégie palette / palette
Stockage au sol ou dans stockeur
palette dynamique
Article 9
Article 1
B Article 11
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
Article 4
Article 7
A
Article 6
293
13. La définition des stratégies de stockage et la refonte
du magasin
Article 13
C Article 12
Article 14
Article 15
B Article 10
Article 8
B’
A’ C’
Conseil
■ Les stratégies d’entrée en stock peuvent être approchées avec la méthodologie
d’analyse de Pareto (double analyse) mais n’oublions pas qu’il s’agit d’un pro-
cessus itératif. Cela signifie que nous venons d’avoir un premier jet des futures
stratégies du magasin mais ce choix revêt une telle importance dans la suite
de la démarche qu’il est tout à fait possible de remettre en cause certaines
décisions au moment du dimensionnement, étape que nous allons présenter
à présent. Dans la logique de manipulation d’un nombre très important de
294
données, nous avons besoin d’outils de ce type pour gagner du temps. Cela
n’empêche pas une remise en cause article par article en fonction des situations
particulières. ■
295
13. La définition des stratégies de stockage et la refonte
du magasin
296
présentée en figure 13.10. Cette formule comprend le stock de sécurité
puisque par définition, le stock doit constamment se situer au-dessus
de cette valeur. Ensuite nous ajoutons la quantité minimum de com-
mande puisque lorsqu’une commande arrive de chez un fournisseur,
le stock doit être capable de l’accueillir. Pour finir, nous ajoutons un
coefficient (20 % ou 30 %) qui correspond au sur-stockage temporaire
que nous subissons en raison d’aléas s’expliquant par d’autres impacts
que les seuls paramètres d’approvisionnements (ralentissement des
consommations, erreurs de prévisions…).
Quantité minium
de commande
Dimensionnement
en stock dédié
QC + SS
Stock de sécurité
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297
13. La définition des stratégies de stockage et la refonte
du magasin
En général, ce qui est souvent retenu est le fait de prendre une journée
d’autonomie ou une équipe pour les entreprises travaillant en plusieurs
équipes. Pourquoi ? Tout simplement pour permettre au responsable du
magasin d’organiser la ventilation de ses ressources à différents postes
du magasin.
Si le picking possède une autonomie trop faible (2 à 3 heures par
exemple), le magasinier en charge de réapprovisionner le picking devra
le faire en continu. Il ne pourra pas s’absenter de son poste pour aller
renforcer une autre zone du magasin car le besoin en réapprovisionne-
ment va être constant.
Si en revanche l’autonomie du picking est trop importante, plusieurs
jours par exemple, alors le risque est d’avoir un picking trop long ou
trop haut, ce qui dans tous les cas va générer des pertes de temps pour le
magasinier en charge des livraisons.
Précaution à prendre
■ La contrainte de place bien souvent va imposer l’autonomie du picking. Lorsque
le concepteur du magasin possède de la place avec des produits peu volumi-
neux, il aura souvent tendance à augmenter la taille des picking pour laisser une
certaine autonomie aux magasiniers. Dans le cas contraire, le manque de place
devient la contrainte majeure et la productivité des magasiniers passe alors au
second plan. Encore une fois, nous sommes confrontés à la dualité surface et
productivité de magasinage. ■
Exemple de dimensionnement
avec l’application numérique
Les tableaux 13.4 et 13.5 présentent l’application numérique du dimen-
sionnement du picking en fonction des deux stratégies (picking seul ou
utilisation de la réserve). Nous pouvons constater que l’écart en terme
d’emplacement de stockage à mettre en place est très différent suivant
l’hypothèse retenue. Avec la mise en place de la stratégie picking seul,
l’exemple nous montre que nous devons mettre en place 53 emplace-
ments de palettes contre 9 avec l’utilisation de la réserve. Et cet écart
se retrouve également dans le cas des cartons. Il s’explique par l’impor-
tance des paramètres d’approvisionnement (stock de sécurité et quantité
minimum d’approvisionnement) qui sont très forts et donc qui justi-
fient la mise en place d’une réserve. Voilà pourquoi il est complètement
inscrit dans la logique de la démarche lean manufacturing de travailler
298
avec les fournisseurs pour tendre les flux amonts et éviter de générer de
multiples opérations sans valeur ajoutée au niveau du magasin.
Nous voyons également grâce à ces exemples illustrés que les stra-
tégies de mise en stock définies précédemment jouent un rôle très
important. Bien sûr, il est possible de revenir en arrière et de changer
d’approche en fonction des résultats de la simulation.
Par exemple, en ce qui concerne l’article 12, compte tenu de ses para-
mètres nous pouvons constater qu’il faut stocker en picking entre 10
et 65 cartons suivant les hypothèses. Il serait certainement intéressant
dans ce cas de changer de stratégie et d’envisager de stocker les produits
directement en palette dans le stock (picking palette).
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299
13. La définition des stratégies de stockage et la refonte
du magasin
Données de base
Quantité
Quantité Consommation
Composants par palette Stratégie définie
par carton jour (pièce)
approvisionnée
Article 1 500 5 800 6 000 palette/carton
Article 2 100 5 000 6 000 palette/palette
Article 3 150 3 500 6 000 palette/palette
Article 4 500 5 800 12 000 palette/carton
Article 5 50 700 8 000 palette/palette
Article 6 500 3 500 5 000 palette/carton
Article 7 1 000 7 000 5 000 palette/carton
Article 8 1 000 3 000 10 000 carton / carton
Article 9 1 000 7 000 10 000 palette/carton
Article 10 1 000 3 000 6 000 carton / carton
Article 11 2 000 10 000 50 000 palette/carton
Article 12 1 000 10 000 100 000 carton / carton
Article 13 3 000 10 000 6 000 carton / carton
Article 14 50 000 50 000 6 000 carton / carton
Article 15 100 000 10 000 6 000 carton / carton
Nombres
Nombres
Autonomie Autonomie de cartons
Composants de palettes
d'une palette (j) d'un carton (j) à mettre
en picking
en picking
Article 1 1,03 1
Article 2 1,20 1
Article 3 1,71 1
Article 4 1,03 1
Article 5 8,57 1
Article 6 1,71 1
Article 7 1,71 1
Article 8 0,33 3
Article 9 0,71 1
Article 10 0,33 3
Article 11 1,00 1 0,10
Article 12 0,30 10
Article 13 1,00 3
Article 14 10,00 2
Article 15 1
TOTAL 9 22
300
Tableau 13.5 – Dimensionnement du picking seul
Données de base
Quantité Coefficient
Consomma- Quantité
Quantité par palette Stock de
Composants tion jour de
par carton approvi- de sécurité dimensionne-
(pièce) commande
sionnée ment
Article 1 500 5 800 6 000 18 000 11 600 1,30
Article 2 100 5 000 6 000 6 000 10 000 1,30
Article 3 150 3 500 6 000 12 000 7 000 1,30
Article 4 500 5 800 6 000 24 000 11 600 1,30
Article 5 50 700 6 000 6 000 1 400 1,30
Article 6 500 3 500 6 000 12 000 7 000 1,30
Article 7 1 000 7 000 12 000 24 000 14 000 1,30
Article 8 1 000 3 000 8 000 8 000 3 000 1,30
Article 9 1 000 7 000 5 000 15 000 9 000 1,30
Article 10 1 000 3 000 5 000 15 000 6 000 1,30
Article 11 2 000 10 000 10 000 50 000 20 000 1,30
Article 12 1 000 10 000 10 000 30 000 20 000 1,30
Article 13 3 000 10 000 6 000 100 000 10 000 1,30
Article 14 50 000 50 000 50 000 100 000 50 000 1,30
Article 15 100 000 10 000 100 000 100 000 20 000 1,30
Nombres
Autonomie Nombres Autonomie
de cartons
Composants Stratégie définie d'une de palettes d'un
à mettre
palette (j) en picking carton (j)
en picking
Article 1 palette/carton 6,41 7
Article 2 palette/palette 3,47 4
Article 3 palette/palette 4,12 5
Article 4 palette/carton 7,71 8
Article 5 palette/palette 1,60 2
Article 6 palette/carton 4,12 5
Article 7 palette/carton 4,12 5
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
301
13. La définition des stratégies de stockage et la refonte
du magasin
quantité en carton
Autonomie d’un carton en jour =
consommation par jour
Quantité palette
à stocker =(quantité commandée + stock de sécurité) coefficient 1,3
en packing quantité par palette approvisionnées
Quantité carton
à stocker (quantité commandée + stock de sécurité) coefficient 1,3
en picking =
quantité par carton
302
C’ C’ C’
Modification
éventuelle
en fonction B’ B’ B’
du poids
A’ A’ A’
stock de masse que nous verrons plus loin, le travail d’analyse est à
effectuer une seule fois au moment de l’implantation. Les produits
seront toujours stockés dans les emplacements prévus et une simple
surveillance (annuelle par exemple) permet de vérifier s’il n’est pas
nécessaire de modifier quelques produits (lorsque les consommations
ont évolué par exemple).
303
13. La définition des stratégies de stockage et la refonte
du magasin
Le fonctionnement du picking
avec le processus de prélèvement
Nous venons d’étudier comment dimensionner une zone de picking
dans le cadre d’une organisation de livraison à fréquences courtes,
imposée par la logique lean manufacturing que nous avons détaillée tout
au long de ce chapitre. À présent, nous allons prendre un temps pour
explorer le mode de fonctionnement de ce picking, et notamment la
différence très nette des rôles du magasinier (en charge de réalimenter
le picking) et du livreur en production (qui aura pour mission le prélève-
ment dans le picking, autrement dit l’utilisation de ce dernier).
Voyons tout d’abord le processus de prélèvement. Il est détaillé sous
forme de schéma en figure 13.12.
Poste de travail
304
Dans un premier temps, le processus démarre avec l’appel de la pro-
duction en cas de besoin. En effet, nous sommes dans un processus basé
sur la logique du flux tiré. Cela signifie qu’en aucun cas le magasinier
livreur ne prendra l’initiative d’approvisionner des produits non requis
par les opérateurs de production. Le principe est le suivant :
• Appel en kanban de l’opérateur de production. Lorsque le conte-
nant (carton, bac, palette) est vide, l’opérateur de production doit
positionner la carte dans un emplacement prévu à cet effet. L’empla-
cement doit toujours être le même afin d’éviter les pertes éventuelles
de cartes kanbans, qui se traduiraient inévitablement par une rupture
d’approvisionnement à moyen terme. Bien sûr, si nous avons choisi
d’effectuer le réapprovisionnement à partir de la logique du bac vide/
bac plein, c’est le bac vide qui joue le rôle d’appel d’approvisionne-
ment. Dans ce cas, le bac plastique doit être dédié à une référence
(avec un étiquetage adéquat) et un emplacement de récupération des
bacs vides doit être positionné au niveau de la station de travail.
• Prise du kanban et prélèvement dans le picking. Une fois récupéré,
le kanban va jouer le rôle de déclencheur du processus de réappro-
visionnement. Le magasinier livreur, lorsqu’il sera revenu dans son
magasin et en particulier dans sa zone de picking, devra prendre un
contenant plein correspondant au besoin exprimé par la carte ou par
le bac vide (dans le cas d’un réapprovisionnement avec la logique du
bac vide/bac plein). Pour gagner du temps, il est important pour le
magasinier livreur de ranger ses cartes kanbans sur son train avec une
certaine logique, en utilisant par exemple un support plastique corres-
pondant aux secteurs de son picking. En effet, si nous partons du prin-
cipe qu’un magasinier peut prélever 20 à 30 cartes kanbans par tournée
de livraison, il ne serait pas productif de positionner toutes ses cartes
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305
13. La définition des stratégies de stockage et la refonte
du magasin
Le fonctionnement du picking
avec le processus de réalimentation
Le processus de réalimentation du picking est le processus réalisé par
un magasinier qui consiste à recompléter en cartons, bacs ou palettes
la zone de picking en fonction des consommations effectuées suite au
prélèvement du magasinier livreur. Encore une fois nous sommes dans
une logique de gestion en flux tirés. Le magasinier ne décide pas de
réalimenter le picking parce qu’il passe à côté ou parce qu’il voit qu’il
a la possibilité de positionner un carton dans un emplacement. Le pro-
cessus de réalimentation repose sur une logique de recomplètement de
stock, par point de commande ou recomplètement périodique (voir les
méthodes de réapprovisionnement chapitre 3).
306
Dans le cas d’un réapprovisionnement par point de commande, c’est
le fait que le niveau de stock en picking soit inférieur à un stock calculé
qui déclenche un ordre de réapprovisionnement. Ce système repose en
général sur un système d’information qui prévient le magasinier qu’il
est temps de réalimenter telle ou telle zone du magasin.
Dans le cas d’un fonctionnement en recomplètement périodique, le
magasinier dispose d’un repère visuel lui indiquant la quantité maxi-
mum que doit comporter le picking et à une fréquence définie (une fois
par équipe, deux fois par jour…), le magasinier parcourt son picking et
réalimente en fonction des emplacements disponibles.
Précautions à prendre
■ Ces règles de fonctionnement doivent être définies au moment du dimension-
nement du picking car elles jouent un rôle structurant dans la solution. Le choix
du mode de fonctionnement impose des règles de dimensionnement. Ce rôle
et l’imbrication entre la règle de dimensionnement et le fonctionnement du
picking sont illustrés plus bas. ■
307
13. La définition des stratégies de stockage et la refonte
du magasin
308
tuer par le livreur pendant sa tournée, alors la taille des cartons ou le
nombre de cartons à positionner à la station de travail va également
augmenter. Nous allons devoir revoir à la baisse nos critères d’ergono-
mies et nous allons perdre en productivité en production. L’illusion
de gagner au magasin va générer des pertes de productivité dans toute
l’entreprise.
• La non-mutualisation des moyens de manutention. Si le magasi-
nier livreur doit aller chercher des palettes en hauteur dans le magasin,
il va devoir avoir à sa disposition un chariot élévateur disponible au
moment de son arrivée dans la zone de picking. Puisqu’il est impos-
sible de synchroniser l’arrivée du moyen avec la tournée du magasi-
nier, il sera nécessaire de laisser à disposition le moyen pour une très
faible utilisation.
309
13. La définition des stratégies de stockage et la refonte
du magasin
310
Cas n° 2 : magasinier réalimentant les picking tous les matins
Niveau de recomplètement = (Conso horaire x (T+D)) stock de sécurité.
= (100 p/h x (8 + 3) + (3 heures x 100 p/h) x 30 %
= 1 100 pièces + 100 pièces = 1 200 pièces = 12 cartons
311
13. La définition des stratégies de stockage et la refonte
du magasin
3 – Réapprovisionnement
de la palette complète
(stratégie picking palette)
ou des cartons (stratégie
du picking carton)
Processus
de livraison
312
L’écart entre les deux méthodes se creuse alors et le risque est de mettre
en place une grande capacité de stockage qui ne sera pas utilisée. En
effet, si nous choisissions, pour des raisons de limites des outils infor-
matiques, de gérer un stockage en dédié alors que les quantités éco-
nomiques d’approvisionnements sont importantes, nous allons devoir
nous mettre dans une configuration maximum pour toutes les réfé-
rences et il sera impossible d’utiliser plus de la moitié des emplacements
de stockage. Le magasin sera plein de vide !
313
13. La définition des stratégies de stockage et la refonte
du magasin
314
Tableau 13.6 – Application numérique de dimensionnement d’un stock banalisé
Quantité
Quantité Stock Stratégie
Composants par palette
de commande de sécurité définie
approvisionnée
Article 1 6 000 18 000 11 600 palette/carton
Article 2 6 000 6 000 10 000 palette/palette
Article 3 6 000 12 000 7 000 palette/palette
Article 4 6 000 24 000 11 600 palette/carton
Article 5 6 000 6 000 1 400 palette/palette
Article 6 6 000 12 000 7 000 palette/carton
Article 7 12 000 24 000 14 000 palette/carton
Article 8 8 000 8 000 3 000 carton / carton
Article 9 5 000 15 000 9 000 palette/carton
Article 10 5 000 15 000 6 000 carton / carton
Article 11 10 000 50 000 20 000 palette/carton
Article 12 10 000 30 000 20 000 carton / carton
Article 13 6 000 100 000 10 000 carton / carton
Article 14 50 000 100 000 50 000 carton / carton
Article 15 100 000 100 000 20 000 carton / carton
Quantité
Coefficient Nombre
en stock Quantité Quantité Commentaire
de palettes
moyen
à stocker en picking en magasin
(QC/2+SS) dimensionnement
Composants en magasin
Article 1 20 600 1,3 4,46 1,00 3,46
Article 2 13 000 1,3 2,82 1,00 1,82
Article 3 13 000 1,3 2,82 1,00 1,82
Article 4 23 600 1,3 5,11 1,00 4,11
Article 5 4 400 1,3 0,95 1,00 -0,05 Picking seul ?
Article 6 13 000 1,3 2,82 1,00 1,82
Article 7 26 000 1,3 2,82 1,00 1,82
Article 8 7 000 1,3 1,14 0,00 1,14
Article 9 16 500 1,3 4,29 1,00 3,29
Article 10 13 500 1,3 3,51 0,00 3,51
Article 11 45 000 1,3 5,85 1,00 4,85
Article 12 35 000 1,3 4,55 0,00 4,55
Article 13 60 000 1,3 13,00 0,00 13,00 Réduction QC?
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315
13. La définition des stratégies de stockage et la refonte
du magasin
Précautions à prendre
■ Un magasin ne s’implante pas pour quelques mois mais pour plusieurs années. Il
est donc important de se projeter en terme de hausse de volumes ou de chan-
gements de tendances afin de permettre à l’outil de stockage correctement
dimensionné à un instant T de rester efficace durant de nombreuses années.
Cette évolutivité est à intégrer dès la phase de conception que nous sommes
en train de traiter dans ce chapitre. ■
316
À partir de cette segmentation, la logique qui doit primer consiste à
positionner dans des zones d’accès rapides (en bas, proche des allées) les
produits ayant de fortes rotations (les produits A) et au contraire en hau-
teur les produits avec de plus faibles activités (les produits B et C). Cela
permet de gagner un temps précieux et donc d’augmenter la producti-
vité des magasiniers, tout en améliorant la sécurité et les conditions de
travail. En effet, les palettes situées en hauteur sont bien plus difficiles
d’accès et demandent une attention plus importante. Elles génèrent
également des risques de chute plus importants. Cela illustre bien l’im-
portance de ne pas mettre dans ces emplacements des produits avec une
forte activité (des produits A par exemple).
Le principe
Encore une fois, la stratégie du débord dans ce cas de figure peut s’avérer
désastreuse puisqu’elle reviendrait à démultiplier les coûts de transac-
tions entre le fournisseur de stockage et le magasin principal. Donc en
terme de mise en œuvre, il est important de définir au préalable le lieu
adéquat pour chaque type de produit. En identifiant que les produits
317
13. La définition des stratégies de stockage et la refonte
du magasin
Comment mesurer
l’efficacité de la solution ?
La définition de critères objectifs et l’obligation donnée au chef de pro-
jet de rechercher plusieurs solutions est un excellent moyen de pous-
ser l’équipe projet à rechercher des solutions innovantes et ne pas se
contenter de valider la première esquisse. Il faut donc donner au début
du projet par exemple, comme objectif de présenter au moins 3 scé-
narios radicalement différents (par exemple, des scénarios devant dif-
férer sur au moins 5 critères). Ce travail de recherche de différentes
solutions pour n’aboutir qu’à une seule peut paraître inefficace mais
c’est le seul moyen pour trouver une solution réellement optimale. En
effet, la remise en cause de chaque scénario a pour objectif d’en analy-
ser les défaillances tout en préservant ses avantages. Par l’itération de la
démarche, il est probable que les derniers scénarios identifiés soient les
plus performants et pertinents.
318
Tableau 13.7 – Critères d’évaluation du processus de livraison des compo-
sants et d’évacuation des produits finis
Nombre de circuit 2
Type de moyen circuit 1 Train
Nombre point de chargement/ livraison
circuit 1 5
Article 9
Article 1
B Article 11
Article 4
Article 7
A
Article 6
319
13. La définition des stratégies de stockage et la refonte
du magasin
L’essentiel
La mise en place d’une livraison à fréquence courte de la
production révolutionne les processus de magasinage qu’il
convient donc de réorganiser en conservant l’esprit du lean
manufacturing, à savoir la réduction des opérations sans valeur
ajoutée.
Cela requiert des techniques certes éprouvées mais néanmoins
complexes. Puisqu’il n’existe pas un seul scénario possible, il
convient de réaliser des simulations et de comparer les solutions
au travers de critères objectifs et indiscutables.
Les concepts du magasinage et de la gestion des stocks sont
réutilisés mais nous les orientons vers des scénarios très structurés
et focalisés vers la livraison à fréquence courte.
Le suivi de cette méthodologie permet de conduire avec un
maximum d’efficacité la transformation lean.
320
Bibliographie
BAGLIN Gérard, BRUEL Olivier, GARREAU Alain, GREIF Michel, DELFT Christian van, Management
industriel et logistique, Economica, 1996.
COURTOIS Alain, PILLET Maurice, MARTIN Chantal, Gestion de production, Éditions d‘Organisa-
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LIKER Jeffrey, Le Modèle Toyota, Village Mondial, 2006.
MADERS Henri-Pierre, GAUTHIER Elisabeth, LE GALLAIS Cyrille, Conduire un projet d’organisation,
Éditions d‘Organisation, 2001.
NGUYEN-THE Madeleine, Importer, Éditions d‘Organisation, 2002.
POIRIER Charles C., REITER Stephen E., La Supply Chain, Dunod, 2001.
SOHIER Joël, La Logistique, Vuibert, 2001.
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321
Index
A F
Aire de stockage 225 Fiabilité des stocks 206
Analyse FIFO 230, 311
ABC 314 File d’attente 243
de Pareto 177, 294 Flux
Approche ABC 287 poussé 48
Approvisionnement sur seuil tiré 48
de réapprovisionnement 39 Fonctionnalités clés 89
Autonomie de picking 297 Fréquentiel 92
d’expédition 58
B
Banalisation d’emplacements 152 G
GALIA 193
C Gestion des vagues 239
Calcul des besoins 91, 98, 103 GPA 132
Circuit(s) 276
de prélèvement 238 I
Codes à barres 223 Implantation 302
Consommation valorisée 9 Incoterm 94
Contenant 257 Inventaire(s) 108, 208, 234
Contrôle tournants 232
pondéral 191 K
quantitatif 171
Kanban(s) 48, 181, 305
Coût
de possession des stocks 64 L
de stockage 10 Lean manufacturing 250
Couverture de stock(s) 9, 73, 79, 111 Localisation 142
Cross docking 117, 120 Loi
de Pareto 15, 18
D normale 62
Dates de péremption 233
Délai(s) M
d’anticipation 97 MAF 136
d’approvisionnement 56, 111 Magasins 117, 120
de lancement de la commande 56 avancés fournisseurs 123
de réception 57, 93 Manufacturing Ressources Planning 45
de transport 57 Manutention 160
du fournisseur 56 Mise en stock 175
Dimensionnement 149, 298 Modèle de Wilson 68
Moyens de stockage 160, 164
E MRP 35, 88, 129
Écart d’inventaire 76 Multiples 106
Entrepôt(s) 117, 120 Multi-sources 94
322
N S
Niveau de recomplètement 41 Seuil de réapprovisionnement 38
Nomenclature 103, 211 Stockage de masse 311
Stock-outil 12-13, 45, 73, 80, 153
P Stock
Paramétrage 56, 69 banalisé 231, 310
Pareto (loi) 18, 107, 287 consigné 123
Petit train 181 de sécurité 12, 39, 59, 76, 96 , 100,
Petit train 254, 268 111, 153, 297, 314
PIC 135 dormant 78
Pick instantané 13, 154
and Pack 188 maximum 112
and Sort 188 mini 100, 112
then Pac 188 moyen 13, 45, 73, 80, 154
to Belt 188 stratégique 78
Picking 272, 292, 304 Stratégie
Plan d’entrée 228, 282
contenant 193 de réception 129
industriel commercial 45 de stockage 22, 128-129, 131, 291
Plate-forme 120 Supply chain 117
logistique 117 Surstock 74
Point de commande 38
Polyvalence 212 T
Post-consommation 234 Tableau de bord 204
Pré-colisage 241 Taille de lot 64, 154
Prélèvement 304 Taux
Préparation de détail 238 de possession des stocks 11
Prévision 45, 47, 59, 62, 103 de remplissage 202, 237
Productivité 129 de rotation 8-9
Q
Quantité
U
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R Z
Rebut 211 Zonage ABC 179
Réception 170, 222 Zone
Recomplètement périodique 38, 40, d’attente départ 159
102 de consolidation 158
Réserve 171, 272, 316 de contrôle départ 159
Retard 109 de préparation 157
fournisseur 110 de stockage 145
323
COLLECTION FONCTIONS DE L’ENTREPRISE