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RépubliqueAlgérienneDémocratiqueetPopulaire

Ministère de l’EnseignementSupérieuret de la RechercheScientifique

-UniversitéLarbiTébessi -Tébessa

Faculté des Sciences Exacteset Sciences de Nature et de la Vie

Département de biologieappliquée

Spécialité: Master 2 Microbiologieappliquée

Module :S.D.M

EXAMEN
CYTOBACTÉRIOLOGIQUE DES
PUS

Dirigépar :

 Belouaarsoumaya
 Gheraibiaamani. Sous la direction de:Dr.
Touaitia R
 Bougheraradjihene
 Bahibahia
 Douh Hana
 mokhatitakoua

2024/2025
Introduction :

L’examen cytobactériologique de Pus C’est un mélange de leucocytes plus ou moins altérés


avec des bactéries (en plus ou moin grand nombre) et des débris cellulaires. Le pus est l’un
des risques d’une infection. On a production de pus lors d’une infection de microorganismes
pyogènes (souvent des bactéries et quelques parasites), bactéries qui sécrètent des substances
attirant des phagocytes. Elles sécrètent souvent en plus des leucocidines qui détruisent les
leucocytes. Le but de cet examen est d’identifier les germes pathogènes lors d’un abcès fermé
(panaris, abcès dentaire) ou lors d’un abcès ouvert (pus cutané, superficiel).

1) Généralités sur la genèse d’un pus :

La formation d’un pus est l’un des signes les plus caractéristiques d’une infection.

Le pus est constitué de cellules à activité phagocytaire ( en général des polynucléaires


neutrophiles altérés) et de bactéries ( pas toujours très nombreuses à l’examen direct).

Les cellules en activité phagocytaire sont attirées

au foyer infectieux par diverses substances constitutives de la paroi des bactéries : la muréine
joue le rôle le plus actif, mais d’autres polysaccharides possèdent, à un degré moindre, cette
propriété.

Les germes dont la paroi est la plus riche en muréine (Staphylocoques, Streptocoques) attirent
massivement les polynucléaires, le pus est alors abondant :

ces germes sont dits pyogènes.

Les phagocytes subissent ensuite, au foyer infectieux, certaines dégradations dues à l’action
de substances sécrétées par les bactéries (leucocidines).

2 ) Origine des suppurations :

A / Les suppurations primitives :

Les exemples typiques en sont l'anthrax staphylococcique ou le furoncle.

Ces infections surviennent spontanément sur un terrain

Éventuellement affaibli et succèdent à des petites infections localisées (gaine du poil).

Plus graves certaines suppurations primitives sont d'origine hématogènes et touchant par voie
sanguine ou par voie lymphatique, des organes profonds ou des séreuses
(abcès hépatiques, ostéomyélites, certaines arthrites sont de cette origine).

B / Les suppurations secondaires :

Sont dues à des manœuvres chirurgicales, traumatisme ou encore un facteur local favorisant
les infections (escarres, ulcères variqueux,brûlures…).

3)Les principaux types de suppuration :

A / Suppurations superficielles : Les germes pathogènes sont des contaminants de la peau


ou de l'environnement :

 Infections d'escarres.
 Infections de plaies traumatiques ou chirurgicales.

B / Suppurations profondes :

* Abcès sous cutanés ou viscéraux.

 Phlegmons.
 Adénites.
 Infections des séreuses.

Conduite à tenir proprement dite pour l’examen cytobactériologique du pus


 Les prélèvements sont d'origine très diverse.
 La mise en évidence des bactéries pathogènes dépend de la localisation de la
suppuration (proche ou non d'une flore commensale), du mode de prélèvement
(écouvillon, seringue, biopsie) et du mode de transport.

1 - Objectifs :

 Faire le diagnostic de certitude d’une infection suppurative.


 Identifier le ou les agents microbiens responsables.
 Déterminer la sensibilité aux antibiotiques du germe incriminé.

2 - Démarche diagnostique :

Prélèvement de pus.

Analyse cytologique du prélèvement analyse bactériologique du prélèvement

(Leucocytes ; hématies ; cellules..)

Examen microscopique mise en culture

(état frais après coloration)

Culture pure

Identification antibiogramme conservation


3 – Prélèvements :

A / Fiche de renseignements :

Les renseignements cliniques doivent être correctement donnés :

 Identité du patient prélevé.


 Identité du médecin prescripteur.
 Examen demandé.

Pour une efficience maximale, la fiche de renseignements devrait contenir les informations
complémentaires suivantes ( Données obtenues par l’interrogatoire ) :

 Nature et localisation anatomique du produit pathologique.


 Méthode de prélèvements employée, si non usuelle.
 Circonstances epidémio-cliniques amenant la demande.
 Notion de traitement antibiotique, local ou général récent.

B / Conditions de Prélèvements :

Les prélèvements doivent être réalisés :

 Avant toute antibiothérapie préalable.


 Les règles d’hygiène doivent être respectées : dans des conditions

Extrêmement strictes d’asepsie, après désinfection soigneuse de la peau.

 L’étiquetage des prélèvements doit être rigoureux.


 Les délais d’acheminement doivent être respectés.
 Certains prélèvements se font dans un milieu spécialisé, et par un

Personnel qualifié.

C / Modes de prélèvements :

1 - Prélèvement à des écouvillons :

A / 02 écouvillons :
 Ecouvillon pour l’examen direct
 Ecouvillon pour l’examen bactériologique (Culture).

(Si un seul écouvillon, se contenter d'une culture)

B / On repérera et on prélèvera les traces purulentes qui devront être échantillonnées.

En leur absence le prélèvement devra être au fond de la plaie ou aux endroits où celle ci est
peu accessible aux contaminations, il faut au besoin écarter les berges.

Ecouvillons : (Nettoyage préalable)

C / Un écouvillon que l'on peut immerger ou imbiber de milieu de transport est préférable à
un écouvillon sec qui ne permet pas la recherche de germes anaérobies.

D / La qualité du diagnostic est inversement proportionnelle au temps passé avant la culture.

2 - Prélèvement à la seringue :

 Se fait par ponction du pus ou de la sécrétion à analyser, après désinfection de la peau


à l'alcool.
 On peut envoyer rapidement le prélèvement dans la seringue, après avoir recouvert
l'aiguille de son capuchon et purgé l'air éventuellement présent.
 Si le délai est trop lent utiliser un milieu de transport dans lequel on injecte le
prélèvement.

Dans le cas particulier des ponctions articulaires : il faut faire en

Plus un prélèvement sur tube avec anticoagulant pour la cytologie de même qu'il faut penser à
ensemencer parallèlement un flacon hémoculture si on suspecte une brucellose.

 Autres cas particuliers : ceux des abcès du cerveau, des infections

Osseuses (ce sont ici des biopsies qui sont envoyées au laboratoire).

 Remarquons, enfin, que dans le cas d’une infection oculaire, il n’y


a guère d’autre solution. que de prélever avec un écouvillon stérile imbibé de bouillon nutritif

D / Transport - 1 - :

 Les prélèvements doivent être réalisés stérilement, acheminés immédiatement au


laboratoire pour éviter la prolifération des bactéries commensales (Prélèvements non
protégés) et la mort des bactéries pathogènes fragiles.

D / Transport - 2 - :

Un bon milieu de transport doit :

 Protéger les bactéries anaérobies de l'oxygène de l'air,


 Empêcher la dessiccation du produit pathologique,
 Et préserver la multiplication ultérieure des bactéries aérobies ou anaérobies.

D / Transport - 3 - :

 Eviter les aléas relatifs aux conditions de transport et à la mauvaise conservation du


prélèvement.
 Si le laboratoire est éloigné, utiliser :
 Milieux de transport aéro-anaérobies pour bactéries fragiles et anaérobies (type
Portagerm® , TGV® ).
 Milieux d’hémocultures.
 A + 4°C : lyse des leucocytes en quelques heures + mort des bactéries fragiles.
 L’ECB du pus ne doit pas être différé dans le temps.

Conduite de l’examen cytobactériologique :

1 - Aspect macroscopique :

On note la consistance, la couleur, l'aspect, ainsi que la viscosité du pus.

Le pus peut être épais, visqueux, élastique, mélangé au sang ou non, fluide ou séreux.

La couleur varie de la teinte chocolat au blanc, certains pus sont verdâtres ou bleutés.

 Lorsqu’un prélèvement est assez abondant, l’examen

macroscopique (odeur, couleur de pus ) peut fournir des renseignements intéressants :

 L’odeur nauséabonde des pus à anaérobies,


 l’aspect granuleux, mal lié, des pus à streptocoques,
 les pus crémeux à Staphylocoques ou à Pneumocoques sont des éléments d’orientation
dont il faut tenir compte.

2 - Analyse microscopique :

 L'examen microscopique est fondamental et est indispensable.


 Il permet d'orienter le diagnostic.
 Dans tous les cas, il permet d'envisager la suite des examens à effectuer.
 L'examen direct a donc une forte valeur pour le choix des milieux d’isolement.
 Ne peut avoir qu’une valeur présomptive.

Examen direct :

 Bleu de méthylène pour observer et décrire la cytologie.


 Gram pour orienter la flore.
 et éventuellement coloration de Ziehl Neelson.

Sur un des 2 écouvillons.

 Sur le pus contenu dans un tube ou seringue, sur matériel de prothèse stérilet ou

drain.

 Si le pus ne peut pas être recueilli (prothèse) : ajouter 1 ml de BHIB, agiter

soigneusement (utiliser éventuellement le vortex).

Faire l’ED du bouillon et ensemencer 2 à 3 gouttes sur différents milieux.

 Organe, tissus, biopsies : si possible découpé le prélèvement à l'aide de ciseaux

Stériles, apposer sur une lame un fragment représentatif (purulent si possible) et faire la
coloration

Culture: Broyer dans un mortier stérile à l'aide du pilon les fragments restants

(Travailler entre 2 becs Bunsen ou sous hotte à flux laminaire)

 Ensemencer les même milieux que pour pus.

2.1. EXAMEN DIRECT A L'ETAT FRAIS :

 Une goutte du prélèvement est déposée sur lame porte-objets.

On ajoute une lamelle puis on observe au microscope optique, au grossissement x40.


 Cet examen permet de

* Distinguer les cellules d'accompagnement : soit des PN ou des lymphocytes ( étude


qualitative et quantitative).

* Constater l'état des cellules ( intactes ou altérées ).

* Observer la morphologie et la mobilité des bactéries éventuelles.

 L’examen cytologique consiste à apprécier le degré d’altération et le nombre

des polynucléaires neutrophiles et, éventuellement, la présence d’autres cellules

2.2. EXAMEN DIRECT APRES COLORATIONS :

Au microscope optique, grossissement X 100.

2.2.1. COLORATION DE GRAM : On notera :

 la présence ou l’absence de bactéries (une ou plusieurs espèces) ,


 leur morphologie ,
 leur position intra ou extracellulaire ,
 en cas de pus poly microbien, l’espèce dominante ,et leur abondance.

2.2.2. COLORATION AU BLEU DE METHYLENE :

Cet examen permet de :

* Confirmer les résultats de l'examen à l'état frais ( nature des éléments cellulaires , leur
état ,et le calcul de leur % ) .

* Observer éventuellement les bactéries ( forme et disposition).

Devant un pus amicrobien et / ou si la cytologie révèle une majorité de lymphocytes, la


recherche des Mycobactéries s’impose. Une coloration de Ziehl sera alors nécessaire.

Résultats de l'examen direct :

- Cytologie : PN + altérés,

Lymphocytes dans le pus dû à des mycobactéries.

Pour les liquides articulaires : il faut quantifier les cellules..

1/Caractéristiques du liquide articulaire.


2/Bactéries :

Caractère qualitatif : coloration de Gram, morphologie, aspect mono ou poly microbien.

Appréciation quantitative, appréciation du nombre de germe .

3 - Culture : C’est l’élément clé de diagnostic

• Des isolements sur différents milieux sont réalisés en tenant

• compte de la fiche de renseignements cliniques et des examens

• macro et microscopiques sur :

 Gélose au Sang Cuit incubée sous CO 2,


 Gélose au Sang Frais,
 Gélose Chapman
 Gélose Hecktoen,
 Gélose Columbia au sang frais incubée en anaérobiose 48 heures à 05 à 07 jours en
anaérobiose
 Gélose Loweinstein Jensen ( si suspicion de Mycobactéries ).
 Autres types de milieu si le clinicien oriente vers certains types particuliers de
germes.

L’identification est ensuite effectuée sur les différents types de germes isolés et purifiés.

 Méthode d’ensemencement :
 On dépose une goutte de pus sur la surface de la gélose à ensemencer ou bien on frotte
l'embout de l'écouvillon ( qui peut être imbibé avec un bouillon nutritif) sur une partie
de la surface de cette gélose.
Avec une pipette fermée, on effectue un épuisement en stries

 Résultats de la culture :

Recherche de bactéries Aérobies, Anaérobies et éventuellement des Mycobactéries.

Exemples de germes à rechercher en fonction de la clinique.


Antibiogramme sur les bactéries estimés pathogènes.

Interprétation :

Suppurations superficielles ou profondes en continuité avec le milieu extérieur (ex : abcès


fistulisé):

Les germes isolés peuvent être des contaminants. L'interprétation sera aidée par l'ED, les
espèces quantitativement plus importantes ayant plus de chance d'être en relation avec l'état
pathologique constaté. De même l'isolement répété d'un germe réputé non pathogène

(Staphylococcus epidermidis) dans les prélèvements successifs pourra faire soupçonner sa


participation au processus suppuratif.

Suppurations profondes et fermées :

En général sont mono microbiennes et ne posent pas de grands problèmes d'interprétation.


Contexte clinique :
Un homme de 45 ans se présente aux urgences avec une tuméfaction douloureuse au niveau
du bras gauche, apparue depuis 5 jours. La zone est rouge, chaude, enflée, et du pus s'écoule
spontanément d’une petite ouverture cutanée. Le patient rapporte une fièvre modérée depuis 3
jours. Aucun traumatisme récent n’est signalé, mais il mentionne une piqûre d'insecte
survenue il y a une semaine.

1) Examen clinique :

● Signes locaux :
 Tuméfaction de 5 cm de diamètre.
 Rougeur diffuse autour de l’abcès.
 Fluctuation palpable au centre.
 Écoulement purulent jaunâtre.
● Signes systémiques :
Fièvre à 38,5 °C.
Pas de frissons ni de signes de dissémination.
2)Prélèvement et analyse du pus :
Un prélèvement du pus est réalisé dans des conditions aseptiques pour analyse
microbiologique.
3)Résultats de l’analyse :
1. Examen macroscopique :
Aspect : Purulent, jaune verdâtre, épaissi.
Odeur : Discrètement fétide.
2. Examen microscopique :
Coloration de Gram :
Présence de nombreux polynucléaires neutrophiles (signes d’infection).
Cocci Gram positifs regroupés en amas (suspectés de Staphylococcus aureus).
3. Culture :
Milieu ordinaire : Croissance en 24 heures.
Identification : Staphylococcus aureus sensible à la méthicilline (MSSA).
4. Antibiogramme :
Sensible à l’amoxicilline-acide clavulanique, la clindamycine, et la vancomycine.
Résistant à la pénicilline seule.
Diagnostic retenu :
Abcès cutané surinfecté à Staphylococcus aureus.
Prise en charge :
1. Drainage :
Incision et drainage complet de l’abcès sous anesthésie locale.
2. Antibiothérapie :
Amoxicilline-acide clavulanique (7 jours).
3. Suivi :
Contrôle à 48 heures pour surveiller la cicatrisation et l’absence de dissémination.
4. Conseils :

Hygiène locale stricte.

Consultation immédiate en cas de récidive ou signes généraux.

Points d’apprentissage :

Toujours effectuer un prélèvement du pus pour confirmation microbiologique.

Les abcès nécessitent en priorité un drainage.

L’antibiothérapie doit être adaptée à l’antibiogramme.


CONCLUSION :

Le diagnostic microbiologique du pus est la première étape incontournable de la prise en


charge des infections suppuratives.

 La mise en évidence du germe après examen direct et ou la culture permet un


diagnostic de certitude et oriente le traitement antibiotique.
 Seule la microbiologie quand elle est positive, permet de donner une étiquette
étiologique précise.

Pour la fiabilité des résultats, on n’insistera jamais assez sur :

 Respect strict de toutes les étapes de l’examen,


 Permanente coopération entre le prescripteur et le microbiologiste.

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