Chapitre 1
Chapitre 1
Chapitre 1
conservation
L’homme a toujours cherché des moyens de conserver les denrées alimentaires pour assurer sa survie en
période de disette. Aux premières et simples méthodes de conservation (le séchage), ont succédé les
techniques de salaison, la conservation par le sucre (les confitures) et la fermentation (vin, fromage,
choucroute…). Au siècle dernier sont apparue la conservation par la chaleur et plus récemment par le froid
avec le développement des installations frigorifiques. Ces différents procédés ont chacun leurs avantages
Les trois méthodes utilisées pour la conservation des aliments reposent sur :
etc.
Chaque microorganisme a un domaine de
développement.
entraîner sa mort.
aliments.
Le dioxygène est indispensable à certains
bacille botulique).
mycobactéries).
Chaque microorganisme se développe
4 et 7,5.
L’eau contenue dans les aliments :
Ce terme englobe actuellement les bactéries, les champignons microscopiques, les protozoaires et les virus.
Les microorganismes sont abondants et se rencontrent dans tous les milieux, y compris dans l'air
-Pour leur croissance et leur développement, les microorganismes ont notamment besoin d'eau, de nutriments et parfois
Les produits contenant très peu d'eau, comme le pain ou la farine, se conservent beaucoup mieux que les produits
contenant davantage d'eau, comme les fruits et légumes frais, les viandes, les poissons…
La plupart des microorganismes sont inoffensifs, voire utiles à l'Homme (exemple: moisissure dans certains fromages)
D’autres sont pathogènes car ils provoquent des toxi-infections alimentaires, soit directement, soit par l'intermédiaire de
L’utilisation du froid pour la conservation des aliments est sans conteste la technique la plus répandue. Les basses
températures retardent le développement des micro-organismes, les réactions chimiques et enzymatiques qui entraînent
la détérioration du produit. Les enzymes et les réactions chimiques sont considérablement ralenties à des températures
basses (<5°C), alors que la majorité des microorganismes ne sont plus capables d’activité métabolique à des températures
inférieures à -5°C. Certains, tels que les bactéries coliformes, sont même inactivés.
Cette technique consiste à abaisser la température pour prolonger la durée de conservation des aliments. À l'état réfrigéré,
les cellules des tissus animaux et végétaux restent en vie pendant un temps plus ou moins long, et les métabolismes
cellulaires sont seulement ralentis. La température des aliments réfrigérés est comprise entre 0 et + 4° C pour les denrées
La durée de conservation va de quelques jours à plusieurs semaines suivant le produit, la température, l’humidité relative
et le type de conditionnement.
Des règles fondamentales doivent être respectées dans l'application du froid : la réfrigération doit être faite le plus tôt
possible après collecte, elle doit s'appliquer à des aliments initialement sains et être continue tout au long de la filière de
distribution.
La congélation
La congélation permet d’abaisser la température d’une denrée alimentaire de façon à faire passer à l’état solide l’eau
qu’elle contient. Cette cristallisation de l’eau contenue dans la denrée permet de réduire l’eau disponible pour des
La surgélation consiste à congeler rapidement une denrée saine et en parfait état de fraîcheur, en abaissant sa
Elle est utilisée pour la conservation des aliments à long terme (4 à 24 mois).
Pendant la congélation, l’activité métabolique de la plupart des germes pathogènes et d'altération est inhibée. Cependant,
les réactions d’altération chimique ne sont pas arrêtées complètement. Les plus importantes de ces réactions sont
l’oxydation enzymatique des lipides, l’hydrolyse des glucides et la lipolyse. Pour en remédier, les industriels procèdent
généralement à un blanchiment des produits (cas des légumes surgelées) avant leur congélation.
Cinétique de congélation
La température de l’eau est inférieure à celle du point de congélation et l’eau reste encore liquide. Le milieu est en état de
surfusion. Ce milieu continue de se refroidir jusqu’à une température de fusion critique Tsc. L'état de surfusion, état instable
par définition, ne peut être maintenu indéfiniment, il cesse à une température dite de nucléation, en dessous de laquelle le
liquide cristallise même en l'absence de tout germe de cristallisation et passe alors à un état stable : le solide. Ainsi, au cours
de cette phase, la température augmente brusquement jusqu’à la température de gel Tf. La hausse de température
Le palier correspond à la congélation de l’eau libre. Puis, c’est l’eau liée qui gèle, toujours avec dissipation de chaleur latente.
Enfin, lorsque la température atteint une valeur critique Te, le refroidissement n’est plus ralenti et la congélation du reste de
l’eau liée se fait sans dissipation de chaleur latente. Ainsi, la cristallisation est le formation d’une phase solide organisée à
partir d’une solution. Cette étape en deux temps : la nucléation suivi de la croissance des cristaux
Cristallisation de la glace : I. Réfrigération lente, II.
Réfrigération rapide.
Représentation schématique de la formation de micro-cristaux
et puis de cristaux de glace pendant la congélation.
Pour une de congélation ≤1°C/mn, les cristaux se formeront à l’extérieur des cellules. formation de cristaux de glace
de taille relativement importante par rapport à celle des cellules du produit. Les aiguilles tranchantes des cristaux
de glace peuvent percer et déchirer la paroi des cellules peu résistantes et favoriser une certaine exsudation lors de
la décongélation. Au cours de la décongélation, on obtiendra un exsudat important qui ne sera pas résorbé par les
Une vitesse de congélation rapide donne de petits cristaux de taille assez uniforme à l’intérieur des cellules. L’eau
reste à sa place et le produit est de meilleure qualité à la décongélation. Seul un faible exsudat se produit lors de la
décongélation.
CALCUL DU TEMPS DE CONGELATION
La durée ou la vitesse de congélation dépend de plusieurs facteurs : - Le gradient de température entre les produits
et le “froid” utilisée, - Les modes de transfert à la surface du produit et dans celui-ci, - La taille, la forme du paquet
contenant le produit, - La taille, la forme du produit lui même et ses propriétés thermiques.
Equation de Plank
P et R sont des constantes dépendant de la géométrie du produit et prennent les valeurs suivantes :
Tranche “infinie” P =1/2 R= 1/8
Sphère ou cube (a : diamètre) P =1/6 R =1/24
Cylindre infini (a : diamètre) P =1/4 R= 1/16
Pour des parallélépipèdes de dimensions a x l x L, les valeurs de P et R sont données par des abaques de la figure 10, dans
laquelle: a est la plus petite dimension du parallélépipède, β1 = l/a β2 = L/a
Exemple
Un bloc de forme paralepipédique de viande de boeuf est congelé dans congélateur ventilé à T∞= -30°C et
h=30W/m2.K. Sa température initiale est 5°C. Ses dimensions sont a= 0,25m, l= 0,6m et L=1m.
Estimer le temps nécessaire à la congélation de ce bloc de viande.
On donne: ρ= 1050 kg/m3, λ= 248,25 kJ/kg, k= l,108W/m.°K, Tc= - l,75°C.
modifiée de l’équation de Plank
L’équation de Plank suppose que :
- La chaleur latente de congélation est constante, (alors que la température n’est pas constante)
- La température initiale est égale à Tc, donc on néglige le temps nécessaire pour passer de Ti à Tc
- La conductivité du produit est constante
- Le produit est à 100 % en phase liquide. Ce qui fait que l’erreur due à l’utilisation de l’équation de Plank augmente
avec la diminution de la phase liquide au cours de la congélation.
Afin de limiter l’erreur due à ces hypothèses, et afin de tenir compte de l’évolution de la température pendant tout le
procédé de congélation (refroidissement, changement de phase et refroidissement du produit congelé), une forme
modifiée de l’équation de Plank a été mise en place :
ΔH est la variation d’enthalpie entre la température initiale el la température finale du produit congelé.
ΔH = ΔHs+ ΔHe+ ΔHλ+ ΔHc.
ΔHs : variation d’enthalpie représentant diminution de la température du produit (chaleur sensible) avant le début de
congélation.
ΔHe : variation d’enthalpie liée à l’eau encore non congelée
ΔHλ : Chaleur latente de fusion de l’eau pure
ΔHc : variation d’enthalpie liée à la chaleur sensible de la partie congelée
Exemple
En utilisant les données de l’exemple précédent calculez la durée de congélation à une température finale de -10°C,
d’après l’équation de Plank modifiée.