Guide RSI
Guide RSI
Guide RSI
Guide technique
Recommandations
pour la prévention des désordres
dus à la réaction sulfatique interne
Recommandations
pour la prévention des désordres
dus à la réaction sulfatique interne
Guide technique
Août 2007
Prix : 30 Euros HT
Introduction ......................................................................................................... 5
Annexes .............................................................................................................. 35
4 Annexe I : Quelques précisions sur la réaction sulfatique interne (RSI) ....................... 37
Annexe II : Bilan des ouvrages touchés par la réaction sulfatique interne (RSI)
et présentation des désordres...................................................................... 39
Annexe III : Rappel sur l’exothermie des bétons............................................................. 43
Annexe IV : Estimation des températures atteintes dans les structures à construire...... 47
Annexe V : Essai performantiel ...................................................................................... 55
Références ...................................................................................................... 57
Bibliographie.................................................................................................. 59
RECOMMANDATIONS POUR LA PRÉVENTION DES DÉSORDRES DUS À LA RÉACTION SULFATIQUE INTERNE
Introduction
a réaction sulfatique interne (RSI) par formation différée d’ettringite est une cause de
7
RECOMMANDATIONS POUR LA PRÉVENTION DES DÉSORDRES DUS À LA RÉACTION SULFATIQUE INTERNE
La grande majorité des ions sulfate d’origine interne proviennent du ciment et peuvent dans
certaines conditions être dissous dans la solution interstitielle du béton. La réaction sulfatique met
alors en jeu ces ions sulfate présents dans la solution interstitielle ainsi que les aluminates du
ciment et peuvent conduire à la formation d’ettringite susceptible de provoquer de l’expansion dans
le béton durci. Le phénomène de gonflement interne sulfatique peut se manifester par l’apparition à
la surface du béton d’une fissuration multidirectionnelle à maille relativement large de 10 à 30 cm.
Il n’y a pas de symptômes spécifiques à la formation différée de l’ettringite car d’autres pathologies
peuvent présenter les mêmes symptômes en particulier les phénomènes d’alcali-réaction.
À ce jour, il a été constaté que les éléments en béton atteints de cette pathologie :
• sont des pièces critiques, c’est-à-dire des pièces en béton pour lesquelles la chaleur dégagée
n’est que très partiellement évacuée vers l’extérieur, ce qui conduit à une élévation importante de
la température du béton (cf. annexe III) ;
Chapitre 1 - Généralités sur la réaction sulfatique interne
• ont été coulés en période estivale et ont subi une température estimée supérieure à 80 °C à cœur
pendant le durcissement du béton ;
• ont été soumis à un environnement humide pendant plusieurs années.
Ces éléments peuvent être également des éléments préfabriqués ayant subi un traitement
thermique très élevé.
3. Le contexte normatif
La norme NF EN 206-1 Béton – partie 1 : Spécification, performances, production et conformité
fixe pour le béton des prescriptions de composition qui dépendent des classes d’exposition
auxquelles la structure ou la partie de structure sera soumise pendant sa durée d’utilisation. Ces
prescriptions sont censées garantir la durabilité de la structure vis-à-vis de certaines agressions
physico-chimiques et, en particulier vis-à-vis de la réaction sulfatique externe. Mais, cette norme
RECOMMANDATIONS POUR LA PRÉVENTION DES DÉSORDRES DUS À LA RÉACTION SULFATIQUE INTERNE
n’apporte pas de réponse en matière de prévention de la RSI, et les classes d’exposition qu’elle
définit ne sont pas adaptées à la prise en compte de ce risque.
Par contre, le projet de norme prEN 13670-1 Exécution des ouvrages en béton donne quelques
recommandations concernant l’échauffement du béton pendant sa prise. En effet, il indique que le
pic de température du béton dans un élément ne doit pas dépasser 70 °C, à moins que des
données prouvent qu’avec les matériaux utilisés, des températures supérieures n’ont aucun effet
néfaste significatif sur la performance en service du béton.
Dans le domaine de la préfabrication, la norme NF EN 13369 Règles communes pour les produits
préfabriqués en béton prend en compte la RSI et fournit des recommandations en fonction de
l’environnement (sec ou humide) reposant :
• soit sur la température maximale du traitement thermique,
• soit sur une expérience de durabilité du béton,
• soit sur une teneur limite en sulfates du ciment et en alcalins du béton.
La réaction sulfatique interne est également prise en compte dans certaines normes de produits
préfabriqués telles que la norme NF EN 13230-1 Application ferroviaire – voie – traverses et
supports en béton.
13
RECOMMANDATIONS POUR LA PRÉVENTION DES DÉSORDRES DUS À LA RÉACTION SULFATIQUE INTERNE
L'objet de ces recommandations est de définir des précautions pour la mise en œuvre et la
formulation d'un béton vis-à-vis des risques de réaction sulfatique interne (RSI) susceptibles de se
développer pendant la vie de l'ouvrage.
La démarche consiste à identifier les parties d'ouvrages susceptibles de développer des désordres
dus à la réaction sulfatique interne ; ce sont essentiellement les parties d'ouvrage définies comme
étant des pièces critiques (au sens de l'annexe III) et les produits préfabriqués en béton ayant subi
un traitement thermique. Pour cela, on effectue un croisement entre, d'une part la catégorie dans
laquelle se trouve l'ouvrage (ou la partie d'ouvrage) définie en fonction du niveau de risque que l'on
est prêt à accepter, et d'autre part les actions environnementales auxquelles est soumis l'ouvrage
(ou la partie d'ouvrage) pendant la vie de la structure.
Ce croisement permet de définir pour ces parties d'ouvrage un niveau de prévention qui détermine
alors les précautions à appliquer. Ces précautions reposent de façon importante sur la limitation de
la température maximale atteinte au cœur des parties d'ouvrages lors du durcissement du béton et
sur le choix d'une formulation adéquate du béton.
Les ouvrages (ou parties d'ouvrage) sont classés en trois catégories représentatives du niveau de
risque vis-à-vis de la réaction sulfatique interne que l'on est prêt à accepter pour un ouvrage (ou
une partie d'ouvrage) donné. Le choix de la catégorie d'ouvrage est de la responsabilité du maître
d'ouvrage ; il est fonction de la nature de l'ouvrage, de sa destination, des conséquences des
désordres sur la sécurité souhaitée, et de son entretien ultérieur (Tableau I).
Catégorie II Les éléments porteurs de la plupart des bâtiments et les ouvrages de génie civil
(conséquences peu (dont les ponts courants)
tolérables) La plupart des produits préfabriqués structurels (y compris les canalisations sous
pression)
La catégorie I concerne les ouvrages (ou parties d'ouvrage) pour lesquels les conséquences d'une
apparition de désordres sont faibles ou acceptables. La plupart des produits préfabriqués en béton
entrent dans cette catégorie à l'exception des éléments préfabriqués structurels et des produits
destinés à être utilisés dans des ambiances agressives (écrans acoustiques, corniches d'ouvrages
d'art, certaines canalisations d'assainissement, etc.).
La catégorie II rassemble les ouvrages (ou parties d'ouvrage) pour lesquels les conséquences
d'une apparition de désordres sont peu tolérables. Les éléments porteurs de la majeure partie des
bâtiments et les ouvrages de génie civil (dont les ponts courants) entrent dans cette catégorie,
ainsi que les éléments préfabriqués structurels.
La catégorie III correspond à des ouvrages (ou parties d'ouvrage) pour lesquels les conséquences
d'une apparition de désordres sont inacceptables ou quasi inacceptables. Ce sont généralement
des ouvrages à caractère exceptionnel dont l'absence totale de désordres peut être nécessitée par
des raisons de sécurité, d'esthétique ou d'impossibilité de réparation ou de remplacement.
3. Niveaux de prévention
Il est fixé quatre niveaux de prévention désignés par les lettres As, Bs, Cs et Ds. La détermination
du niveau de prévention se fait en fonction d'une part de la catégorie de l'ouvrage, et d'autre part
de la classe d'exposition XH à laquelle est soumise la partie d'ouvrage considérée. La
détermination du niveau de prévention peut se faire en considérant l'ouvrage dans son entier, mais
il est recommandé d'examiner chaque partie d'ouvrage pour déterminer le niveau de prévention
adapté. Le choix des niveaux de prévention est de la responsabilité du maître d'ouvrage qui peut
s'aider pour cela du tableau III.
À titre d'exemple, dans le cas d'un pont classé en catégorie II, les pieux et les semelles de
fondation relèveront d'un niveau de prévention Cs, alors que les piles et le tablier relèveront du
RECOMMANDATIONS POUR LA PRÉVENTION DES DÉSORDRES DUS À LA RÉACTION SULFATIQUE INTERNE
niveau de prévention Bs ; quant aux chevêtres sur pile et les sommiers sur culée, le choix du
niveau de prévention se fera en fonction des dispositions prises pour assurer l'évacuation des eaux
sur ces parties d'ouvrage : le niveau de prévention sera Bs ou Cs selon les risques de stagnation
d'eau.
Classe d’exposition
de la partie d’ouvrage XH1 XH2 XH3
Catégorie d’ouvrage
Catégorie I As As As
Catégorie II As Bs Cs
Catégorie III As Cs Ds
Chapitre 3
Précautions en fonction
des niveaux de prévention
19
RECOMMANDATIONS POUR LA PRÉVENTION DES DÉSORDRES DUS À LA RÉACTION SULFATIQUE INTERNE
À chacun des quatre niveaux de prévention As, Bs, Cs et Ds correspond un type de précaution à
appliquer. Le principe de prévention repose essentiellement sur la limitation de l'échauffement du
béton caractérisé par la température maximale Tmax susceptible d'être atteinte au sein de
l'ouvrage et, le cas échéant, par la durée de maintien d'une température élevée.
Afin de pouvoir estimer la température maximale susceptible d'être atteinte au cœur d'un élément,
l'annexe IV présente une méthode simple d'estimation de celle-ci en ne faisant appel qu'à un
nombre minimal de données de base comme l'épaisseur de l'élément (dans sa plus petite
dimension) et quelques données sur la composition du béton (dosages, résistance en compression
21
à 2 jours et à 28 jours du ciment, chaleur d'hydratation à 41 h du ciment, etc.). Une méthode
d'estimation plus précise de la température maximale consiste à utiliser un code de calcul aux
éléments finis et à prendre en compte la chaleur dégagée par le béton lors d'un essai spécifique.
Pour éviter tout dégagement de chaleur excessif non maîtrisé du béton, il convient de mettre en
œuvre les moyens possibles (choix de la formulation et des constituants du béton, choix de la
période de bétonnage, refroidissement du béton frais, dispositions constructives adaptées, etc.)
pour abaisser la température du béton lors de sa mise en place puis dans les premiers jours qui
suivent celle-ci.
Dans tous les cas, la formulation du béton doit respecter les spécifications des normes et
recommandations en vigueur. Toutefois, il peut s'avérer extrêmement difficile, voire impossible, de
concilier les exigences de moyens imposées pour des questions de durabilité et les présentes
recommandations, en particulier pour ce qui concerne la nature du liant et son dosage minimal. Par
exemple, la spécification G + S des « Recommandations pour la durabilité des bétons durcis
soumis au gel » du LCPC ou la classe XA3 de la norme NF EN 206-1 imposent un dosage minimal
de 385 kg/m3 (pour un Dmax égal à 20 mm) et limitent fortement la possibilité d'incorporer des
additions ou d'utiliser des ciments composés, ce qui peut conduire à des échauffements importants
dans le cas de pièces critiques. La superposition des exigences de moyens n'étant pas toujours
pertinente, il est nécessaire de conduire une étude spécifique. Celle-ci doit être menée au stade de
l'élaboration du projet pour définir des exigences réalistes à prescrire dans le cahier des charges.
Cette étude peut conduire à adopter une approche performantielle adaptée aux classes
d'exposition considérées et reposant sur des essais reconnus, à modifier des dispositions
constructives ou à revoir le projet.
En ce qui concerne le gel et les sels de déverglaçage, les essais performantiels sont les essais
P18-424 ou P18-425 (gel « sévère » ou « modéré ») et/ou l'essai d'écaillage P18-420. L'attention
est attirée sur les délais nécessaires à de telles justifications (au minimum trois mois).
Chapitre 3 - Précautions en fonction des niveaux de prévention
1. Niveau de prévention As
Pour ce niveau de prévention, le risque vis-à-vis de la réaction sulfatique interne doit être pris en
compte par la précaution suivante :
La température Tmax susceptible d'être atteinte au sein de l'ouvrage doit rester inférieure à
85 °C.
Dans le cas d'un traitement thermique maîtrisé* : un dépassement de la température Tmax = 85 °C
est autorisée jusqu'à 90 °C, à condition que la durée pendant laquelle la température dépasse
85 °C soit limitée à 4 heures.
2. Niveau de prévention Bs
Pour ce niveau de prévention, le risque vis-à-vis de la réaction sulfatique interne doit être pris en
compte par une des deux précautions suivantes :
La température maximale atteinte dans le béton doit rester inférieure à 75 °C.
Si la température maximale atteinte dans le béton ne peut rester inférieure à 75 °C, alors elle
doit rester inférieure à 85 °C et au moins une des six conditions suivantes doit être respectée :
• le traitement thermique est maîtrisé*, la durée de maintien de la température du béton au-
delà de 75 °C ne doit pas excéder 4 heures et les alcalins équivalents actifs du béton doivent
être en quantité inférieure à 3 kg/m3. (La durée de maintien est définie comme la période
pendant laquelle la température est supérieure à 75 °C) ;
• utilisation d'un ciment conforme à la norme NF P 15-319 (ES) avec, dans le cas des CEM I
et CEM II/A, une limitation à 3 kg/m3 de la teneur en alcalins équivalents actifs du béton ;
22
• utilisation de ciments non conformes à la norme NF P 15-319 (ES) de type CEM II/B-V,
CEM II/B-S, CEM II/B-Q, CEM II/B-M (S-V), CEM III/A ou CEM V, ciments dont la teneur en
SO3 ne doit pas excéder 3 %, et fabriqués à partir d'un clinker dont la teneur en C3A ne doit
pas excéder 8 % ;
• utilisation, en combinaison avec du CEM I, de cendres volantes conformes à la norme
NF EN 450-1, de laitiers de haut fourneau moulus conformes à la norme NF EN 15167-1, ou
encore de pouzzolanes naturelles calcinées (norme française en préparation). La proportion
d'addition doit être d'au moins 20 % sous réserve de respecter les exigences des normes (en
particulier la norme NF EN 206-1). Le CEM I utilisé doit respecter les exigences suivantes :
C3A (rapporté au ciment) ≤ 8 % et SO3 ≤ 3 % ;
• vérification de la durabilité du béton vis-à-vis de la RSI à l'aide de l'essai de performance et
par la satisfaction aux critères décisionnels ;
• pour les éléments préfabriqués, le couple béton/échauffement envisagé est identique ou
analogue à un couple béton/échauffement disposant d'au moins cinq références d'emploi
satisfaisantes dans des lieux différents**. Cette analogie devra être justifiée par une
documentation satisfaisante et devra être approuvée par un laboratoire indépendant expert
en RSI.
3. Niveau de prévention Cs
Pour ce niveau de prévention, le risque vis-à-vis de la réaction sulfatique interne doit être pris en
compte par une des deux précautions suivantes :
La température maximale atteinte dans le béton doit rester inférieure à 70 °C.
RECOMMANDATIONS POUR LA PRÉVENTION DES DÉSORDRES DUS À LA RÉACTION SULFATIQUE INTERNE
Si la température maximale atteinte dans le béton ne peut rester inférieure à 70 °C, alors elle
doit rester inférieure à 80 °C et au moins une des six conditions suivantes doit être respectée :
• le traitement thermique est maîtrisé*, la durée de maintien de la température du béton au-
delà de 70 °C ne doit pas excéder 4 heures et les alcalins équivalents actifs du béton doivent
être en quantité inférieure à 3 kg/m3. (La durée de maintien est définie comme la période
pendant laquelle la température est supérieure à 70 °C) ;
• utilisation d'un ciment conforme à la norme NF P 15-319 (ES) avec, dans le cas des CEM I
et CEM II/A, une limitation à 3 kg/m3 de la teneur en alcalins équivalents actifs du béton ;
• utilisation de ciments non conformes à la norme NF P 15-319 (ES) de type CEM II/B-V,
CEM II/B-S, CEM II/B-Q, CEM II/B-M (S-V), CEM III/A ou CEM V, ciments dont la teneur en
SO3 ne doit pas excéder 3 %, et fabriqués à partir d'un clinker dont la teneur en C3A ne doit
pas excéder 8 % ;
• utilisation, en combinaison avec du CEM I, de cendres volantes conformes à la norme
NF EN 450-1, de laitiers de haut fourneau moulus conformes à la norme NF EN 15167-1, ou
encore de pouzzolanes naturelles calcinées (norme française en préparation). La proportion
d'addition doit être d'au moins 20 % sous réserve de respecter les exigences des normes (en
particulier la norme NF EN 206-1). Le CEM I utilisé doit respecter les exigences suivantes :
C3A (rapporté au ciment) ≤ 8 % et SO3 ≤ 3 % ;
• vérification de la durabilité du béton vis-à-vis de la RSI à l'aide de l'essai de performance et
par la satisfaction aux critères décisionnels ;
• pour les éléments préfabriqués, le couple béton/échauffement envisagé est identique ou
analogue à un couple béton/échauffement disposant d'au moins cinq références d'emploi
satisfaisantes dans des lieux différents**. Cette analogie devra être justifiée par une
documentation satisfaisante et devra être approuvée par un laboratoire indépendant expert
en RSI.
4. Niveau de Prévention Ds 23
Pour ce niveau de prévention, le risque vis-à-vis de la réaction sulfatique interne doit être pris en
compte par une des deux précautions suivantes, la première précaution étant recommandée
comme prioritaire :
La température maximale atteinte dans le béton doit rester inférieure à 65 °C.
Si la température maximale atteinte dans le béton ne peut rester inférieure à 65 °C, alors elle
doit rester inférieure à 75 °C et les deux conditions suivantes doivent être respectées :
• utilisation d'un ciment conforme à la norme NF P 15-319 (ES) avec, dans le cas des CEM I
et CEM II/A, une limitation à 3 kg/m3 de la teneur en alcalins équivalents actifs du béton ;
• validation de la formulation du béton par un laboratoire indépendant expert en RSI.
* Le traitement thermique maîtrisé peut être réalisé en usine de préfabrication ou dans des installations adéquates sur
chantier.
* * Une référence d'emploi satisfaisante correspond à l'utilisation du couple béton/échauffement pour la réalisation d'une
structure exposée à des conditions favorables au développement de la RSI (environnement XH2 ou XH3) sur une durée
significative (au moins 10 ans) pour laquelle aucun désordre lié à la RSI n'est apparu.
Deux couples béton/échauffement sont considérés comme analogues lorsque les formules de béton sont très voisines et
que, en particulier, les conditions ci-dessous sont réunies :
• l'échauffement de la formule envisagée ne dépasse pas celle de la formule de référence,
• les teneurs en C3A et en SO3 du ciment envisagé ne dépassent pas celles en C3A et en SO3 du ciment de
référence,
• les teneurs en alcalins des deux bétons ne diffèrent pas de plus de 10 %,
• les granulats des deux bétons sont de même origine,
• les dosages des constituants ne diffèrent pas de plus de 10 %.
Chapitre 4
Dispositions liées à la conception
et au dimensionnement
des ouvrages, à la formulation
et à la fabrication du béton
ainsi qu’à sa mise en œuvre
25
RECOMMANDATIONS POUR LA PRÉVENTION DES DÉSORDRES DUS À LA RÉACTION SULFATIQUE INTERNE
1. Généralités
Les dispositions détaillées dans le présent chapitre visent à :
• éviter les contacts prolongés avec l'eau de la pièce critique pendant la durée d'utilisation de la
structure ;
• limiter la température maximale atteinte au sein du béton des pièces critiques ;
• maîtriser les traitements thermiques des éléments préfabriqués.
* Pour les parties horizontales des tabliers des ponts supportant un trafic routier, le document de référence est le
fascicule 67 du CCTG , titre I qui est complété par la procédure d'avis technique du SETRA. Sur les dispositions
techniques à mettre en œuvre, le guide STER 81 publié par le SETRA et ses deux mises à jour sont les documents à
utiliser.
Chapitre 4 - Dispositions liées à la conception et au dimensionnement des ouvrages, à la formulation et à la fabrication du béton ainsi qu’à sa mise en œuvre
Parmi les autres revêtements susceptibles de limiter la pénétration d'humidité et/ou d'eau, les plus
utilisés sont les revêtements de protection (peintures, revêtements minces, imprégnation, etc.)
(cf. Guide LCPC Protection des bétons). L'application d'une peinture est une solution qui n'a
qu'une très faible efficacité pour lutter contre les effets de la réaction sulfatique interne et n'est donc
pas recommandée. L'application d'un revêtement de protection du béton d'épaisseur plus
importante (quelques millimètres) constitue une voie de protection, à condition de faire appel à des
systèmes suffisamment étanches (y compris à la vapeur d'eau). Cependant, ce type de revêtement
garde son efficacité pendant une durée de vie limitée (de l'ordre de la dizaine d'années…), ce qui
nécessite plusieurs remplacements de celui-ci pendant la durée d'utilisation d'un ouvrage et oriente
donc le choix vers les solutions de prévention présentées au chapitre 3.
L'application d'un revêtement de protection du béton permet donc d'éviter la réaction en minimisant
la pénétration de l'eau dans la structure. C'est une solution qui peut être employée pour
accompagner une solution de prévention plus fiable, mais pas pour assurer de façon définitive la
prévention d'une RSI.
Enfin, dans le cadre de la surveillance des ouvrages, il est nécessaire d'inspecter les parties
jugées critiques des ouvrages de façon à détecter les fissures qui peuvent apparaître et laisser
pénétrer de l'eau au sein du béton. Il convient alors de traiter ces fissures afin de les étancher ;
diverses techniques existent telles que le pontage, l'injection, etc.
Pour les autres parties, il convient de se référer au guide LCPC sur la protection du béton (déjà
cité) et la note d'information du SETRA (CTOA n° 25) : Ne pas confondre étanchéité de surface de
tablier et protection du béton.
Dans le cas de pièce critique enterrée, les remblais périphériques doivent être équipés de
systèmes de drainage canalisant les eaux de ruissellements.
Note : L’application d'un bardage peut accompagner une solution de prévention plus fiable, mais il
ne constitue pas en lui-même un moyen de prévention suffisant.
28
2.2. Pour réduire l'échauffement du béton
Il est recommandé d'éviter les pièces critiques en optimisant conjointement le matériau et la
conception de l'élément. Ainsi, l'utilisation de Béton à Hautes Performances peut permettre la
réalisation de structures élancées moins sensibles au risque de RSI. Il est, d'une manière
générale, recommandé de concevoir des structures intégrant des pièces creuses ou, lorsque cela
est possible, des pièces élégies.
À titre d'exemple, l'ordre de grandeur de l'impact potentiel de l'utilisation d'une pièce creuse sur la
température maximale atteinte est le suivant :
• pour un ajout d'un coffrage intérieur à une pile (construction d'une pile creuse à la place d'une pile
pleine conduisant à une épaisseur apparente de 0,5 m au lieu de 3 m avec un béton dosé à
350 kg/m3 de CEM I 52,5 N), la diminution de la température maximale est de 15 °C environ.
Total 2618
La température du béton à la mise en œuvre doit être tenue sous contrôle et peut être abaissée
par différentes méthodes :
• utilisation d'eau de gâchage froide ou réfrigérée,
• refroidissement des granulats (pulvérisation d'eau sur les gravillons),
• protection des stocks de granulats vis-à-vis de l'ensoleillement,
• substitution d'une partie de l'eau de gâchage par de la glace.
Les deux premières méthodes sont relativement simples à mettre en œuvre même si elles
nécessitent un matériel adapté qui n'est pas présent en général sur les centrales de béton prêt à
l'emploi. L'utilisation de glace est plus délicate et nécessite des installations lourdes ; il faut en
particulier recourir à un temps de malaxage prolongé pour garantir une fonte complète.
Chapitre 4 - Dispositions liées à la conception et au dimensionnement des ouvrages, à la formulation et à la fabrication du béton ainsi qu’à sa mise en œuvre
La technique d'injection d'azote liquide dans le malaxeur à béton ou dans la toupie peut être
intéressante mais elle est très peu utilisée car très onéreuse et techniquement compliquée.
À titre d'exemple, les ordres de grandeur de l'impact potentiel des différents paramètres évoqués
ci-avant sur la température maximale atteinte sont :
• avec un gâchage à l'eau froide (de 4 °C au lieu de 20 °C), le refroidissement est de 3 °C environ ;
• grâce à un arrosage des gravillons avec de l'eau froide (permettant d'abaisser leur température
de 10 °C), le refroidissement est de 3 °C environ.
Note : il convient de tenir compte de la température du ciment lors de sa livraison. En effet, un
ciment qui vient d'être fabriqué en usine peut atteindre une température élevée (à titre indicatif
supérieure à 50 °C). à titre d'exemple, une augmentation de 10 °C du ciment élève de 1 °C la
température du béton.
Il faut aussi tenir compte de l'impact du transport et du temps d'attente des camions malaxeurs
dont les durées d'attente doivent être minimisées. Il faut bien sûr s'efforcer de limiter le
stationnement en plein soleil des camions malaxeurs.
interférence avec les travaux de ferraillage et les délais d'exécution sont augmentés. Le
refroidissement dans la masse doit intervenir en dernier recours (notons qu'il est par ailleurs
nécessaire au final de reboucher les conduits avec un coulis de ciment).
TO
t1 t2 t3 t4
Prétraitement Montée Phase de palier Refroidissement
en
température
Chapitre 4 - Dispositions liées à la conception et au dimensionnement des ouvrages, à la formulation et à la fabrication du béton ainsi qu’à sa mise en œuvre
Phase de prétraitement
La phase de prétraitement est destinée à procurer au béton une cohésion suffisante pour qu'il
puisse absorber les efforts internes occasionnés par la dilatation thermique de ses constituants, en
particulier de l'eau et de l'air, au moment de l'élévation en température. La période de prétraitement
doit être d'autant plus longue que la vitesse de montée en température de la phase qui va lui
succéder est élevée et que la prise du béton est lente (Fig. 2).
5 Température
en fin de malaxage
15˚C
4
FIGURE 2 - Influence du type de
ciment et de la vitesse de montée Ciment
3 20˚C CEM I 52,5 N
en température sur la durée de la
phase de prétraitement. 30˚C
2
30˚C Ciment
1 CEM I 52,5 R
10 20 30 40
Vitesse de montée en température
de la seconde phase (˚C/h)
32
La vitesse de montée en température doit être telle que les efforts dus à la dilatation développés
dans l'élément soient absorbés à tout moment par le béton qui se rigidifie progressivement. La
figure 3 donne, à titre indicatif, l'ordre de grandeur de la vitesse maximale de montée en
température Gm (en °C/h) en fonction du « rayon maximal d'étuvage » Remax (en cm).
Définition de Remax :
Considérant l'ensemble des distances les plus courtes qui séparent chaque point du béton du
parement chauffé, le Remax correspond à la plus grande de ces distances (Fig. 4).
Gmmax (˚C/h)
40
FIGURE 3 - Valeurs du gradient
thermique Gm max en fonction du 30
rayon d’étuvage Remax.
20
10
0
0 5 10 15 20 25 30 35 40
Remax (cm)
RECOMMANDATIONS POUR LA PRÉVENTION DES DÉSORDRES DUS À LA RÉACTION SULFATIQUE INTERNE
Remax
(a)
θ 40 cm (b)
Remax
10 cm
θ
20 cm Remax = a (a>b)
Phase de refroidissement
Le refroidissement doit être également réalisé de façon homogène. Les désordres sont en effet
plus imputables aux différences de température qui existent entre les différents points d'un produit
qu'à la vitesse de refroidissement elle-même. La vitesse de refroidissement de la surface est
supérieure à celle au cœur. Des risques de fissuration existent lorsque la différence de température
entre le cœur du produit et sa surface est supérieure à 15 °C.
T (˚C)
80
20 Cœur éprouvette
0
0 5 10 15 Temps (h)
34
Annexes
I. Quelques précisions sur la réaction sulfatique interne (RSI)
II. Bilan des ouvrages touchés par la réaction
sulfatique interne (RSI) et présentation des désordres
35
III. Rappel sur l’exothermie des bétons
IV. Estimation des températures atteintes
dans les structures à construire
V. Essai performantiel
RECOMMANDATIONS POUR LA PRÉVENTION DES DÉSORDRES DUS À LA RÉACTION SULFATIQUE INTERNE
ANNEXE I
Quelques précisions sur la réaction sulfatique interne (RSI)
Le phénomène de réaction sulfatique interne (RSI) résulte de la formation différée d'un minéral
dénommé ettringite et de formule chimique 3CaO.Al2O3.3CaSO4.32H2O. Cette formation retardée
de l'ettringite est susceptible de provoquer une expansion qui se manifeste par l'apparition à la
surface du béton d'une fissuration multi-directionnelle à maille relativement large. Mais, l'ettringite
n'est pas systématiquement délétère pour le béton puisqu'il s'agit d'un produit normal de
l'hydratation des ciments. C'est pourquoi, nous donnons ci-dessous quelques informations sur les
différents types d'ettringite rencontrés dans les bétons.
La précipitation de l'ettringite
Après durcissement du béton et retour à la température ambiante associé éventuellement à un
lessivage des alcalins contenus dans la solution interstitielle du béton, la précipitation de l'ettringite
peut se produire au niveau des sites réactifs contenant des aluminates. Il peut alors régner des
conditions de concentration qui conduisent à une très forte instabilité du système chimique local et
à la formation dans un espace confiné, d'une ettringite souvent qualifiée de mal cristallisée. Elle
peut développer localement des pressions élevées et provoquer un gonflement.
L'expansion
38 Le caractère expansif ou non de l'ettringite dépend de la composition chimique initial, en particulier
du type de ciment (teneurs en aluminates, en alcalins, quantité de portlandite susceptible d'être
formée) et de la quantité de sulfates susceptibles d'être mobilisée. Le mécanisme exact par lequel
la formation d'ettringite peut générer des pressions au sein du béton ne fait pas encore l'unanimité.
Deux principaux mécanismes plus ou moins associés ont été proposés pour expliquer le
gonflement induit par la formation d'ettringite :
• un gonflement en relation avec les pressions de cristallisation associées à la croissance des
cristaux d'ettringite,
• un gonflement en relation avec les pressions osmotiques dues à la croissance d'une ettringite
colloïdale.
Dans la réalité, il est vraisemblable que les deux mécanismes puissent entrer en jeu simul-
tanément et ne peuvent être vraiment dissociés.
RECOMMANDATIONS POUR LA PRÉVENTION DES DÉSORDRES DUS À LA RÉACTION SULFATIQUE INTERNE
ANNEXE II
Bilan des ouvrages touchés par la réaction sulfatique interne (RSI)
et présentation des désordres
Une expertise plus détaillée a été réalisée à partir de huit ouvrages afin de rechercher les
paramètres simultanément présents et a priori nécessaires au développement de la RSI [15]. Ces
paramètres ont été classés en quatre groupes :
• paramètres liés à la température ;
• paramètres liés au ciment ;
• paramètres liés au béton ;
• paramètres liés à l'environnement.
Ces données sont rassemblées dans le tableau V.
Année de construction 1955 1967 1980 1988 1990 1982 1988 1989
Partie d'ouvrage concernée Chevêtre Pile Chevêtre Pile Pile Chevêtre Socle Chevêtre
de pile
Paramètres liés
à la température
• T max (°C) > 80 > 80 > 80 > 75 > 80 > 70 > 75 > 75
• période de bétonnage août inconnue août/sept. juillet/août août/sept. juillet/août juillet/août juillet/août
Paramètre lié
à l’environnement
• Humidité Problème Absence Condensation Zone de Zone de Soumis Soumis Absence
étanchéité de Alternance marnage marnage aux aux de
drainage humidifi- intempéries intempéries drainage
cation-
séchage
De cette étude, il apparaît que le phénomène de RSI est rencontré lorsque plusieurs des conditions
suivantes sont réunies :
• un échauffement important des bétons, proche de 80 °C, qui résulte de plusieurs facteurs (pièces
massives, ciment fortement exothermique, dosage en ciment élevé et bétonnage en période
estivale) ;
• une teneur en alcalins équivalents actifs du béton supérieure à 3 kg/m3 ;
• l'utilisation de ciments dont la teneur en SO3 est généralement supérieure à 2,6 % et la teneur en
C3A est comprise entre 7 et 11 % ;
• des cycles d'humidification / séchage ou des conditions d'humidité relativement élevées ;
• des granulats issus majoritairement de roches siliceuses ou silicatées.
Néanmoins, il convient de noter que nous ne connaissons pas aujourd'hui le bilan réel du
patrimoine d'ouvrages français atteints par cette pathologie, car le recensement est très difficile à
réaliser pour diverses raisons :
• symptômes similaires à la réaction alcali-silice ;
• réaction alcali-silice parfois associée à la RSI ;
• diagnostic difficile de la RSI ;
• structure faisant l'objet de procédure judiciaire exigeant une confidentialité.
42 Elle peut prendre la forme d'un réseau de fissures multidirectionnelles à larges mailles. La
fissuration présente parfois des orientations préférentielles en fonction de la distribution des
armatures. L'ouverture des fissures varie de quelques dixièmes de millimètres à quelques
millimètres. Elle augmente avec l'avancement de la réaction. Ces fissures sont souvent soulignées
par l'humidité et l'on observe parfois un exsudat blanchâtre au droit des fissures.
RECOMMANDATIONS POUR LA PRÉVENTION DES DÉSORDRES DUS À LA RÉACTION SULFATIQUE INTERNE
ANNEXE III
Rappels sur l’exothermie des bétons
400
350
300
250
200
150
43
100
50
0
-10 10 30 50
Âge réel (h)
Une étude conduite par le TC 51 du CEN en 1995 sur les dégagements de chaleur en condition
semi-adiabatique d'une douzaine de ciments européens a montré que les valeurs de la chaleur
dégagée à 41 h (Q 41) variaient entre 210 et 320 J/g. Les rapports entre la chaleur dégagée à 41 h
(Q41) et la chaleur dégagée à 72 h (Q 72) variaient entre 0,85 et 0,95 selon les types de ciment.
De façon générale, les vitesses des réactions d'hydratation sont fortement influencées par la
température (on observe par exemple une accélération par un facteur allant de 2 à 4 lorsque la
température est de 40 °C au lieu de 20 °C) et la sensibilité de la formulation de béton est décrite
par un paramètre appelé énergie d'activation (Fig. 10).
Annexes
50 20 ˚C
40 ˚C
40
30
20
10
0
0 5 10 15 20 25 30
Temps (h)
FIGURE 10 - Vitesse de dégagement de chaleur d’un ciment CEM I 52,5 R en fonction de la température.
Cette sensibilité (et donc cette énergie) est d'autant plus faible que le liant est plus réactif au jeune
âge, comme l'illustre le tableau VI qui donne des exemples de valeurs de coefficient d'activation
(E/R, énergie d'activation divisée par la constante des gaz parfaits - à noter que cette valeur peut
néanmoins sensiblement varier d'un béton à l'autre pour un même type de ciment) correspondant à
différents types de ciment :
44
Ciment CEM I 52,5 R CEM I 42,5 R CEM I 42,5 N CEM II 32,5 R CEM II 32,5 N CEM III/C 32,5 N
L'élévation de température au sein d'un élément en béton dépend de l'exothermie du béton mais
aussi de sa géométrie, de la température initiale du matériau et des déperditions thermiques. On
ne peut établir une limite précise concernant l'épaisseur de la pièce (le plus souvent les
déperditions thermiques se font suivant une direction préférentielle pour laquelle la dimension de la
pièce est ici appelée « épaisseur ») à partir de laquelle il faudrait parler de pièce massive et
craindre a priori une élévation de température trop importante du béton, car la compétition de
vitesse entre le dégagement de chaleur et les déperditions calorifiques met en jeu à la fois le
matériau, la géométrie de la pièce et les conditions aux limites. Ainsi une semelle de 1,5 m
d'épaisseur avec un béton C30/37 dosé à 370 kg/m3 de CEM III/A 42,5 N pourra présenter une
élévation de température de 29 °C là où un voile de 60 cm bétonné en coffrage bois avec un
C40/50 dosé à 400 kg/m3 de CEM I 52,5 R conduira à une élévation de 45 °C. La notion de pièce
massive n'est donc finalement pas pertinente pour la prévention des risques de réaction sulfatique
interne.
On utilisera donc plutôt la notion de pièce critique, c'est-à-dire de pièce en béton pour
laquelle la chaleur dégagée ne sera que très partiellement évacuée vers l'extérieur et
conduira à une élévation importante de la température du béton.
Il convient de noter également que la température n'est pas uniforme au sein du béton et que des
gradients plus ou moins prononcés (en fonction des conditions d'isolation par le coffrage) sont
présents en périphérie. C'est pourquoi la température maximale qui nous intéresse pour la réaction
sulfatique interne est celle qui est atteinte au cœur des pièces.
RECOMMANDATIONS POUR LA PRÉVENTION DES DÉSORDRES DUS À LA RÉACTION SULFATIQUE INTERNE
Pour évaluer l'élévation de température dans une pièce en béton et savoir si l'on se trouve dans les
conditions d'une pièce critique, des outils sont fournis dans l'annexe IV du présent document.
Il faut enfin souligner que l'élévation de température dans une pièce en béton peut être
dommageable sur plusieurs points :
• fissuration par retrait thermique gêné,
• altération des propriétés mécaniques du béton à long terme,
• risque de formation d'ettringite différée.
En effet, une élévation importante est souvent liée à des gradients élevés entre le cœur et la peau
du béton pouvant conduire à des fissures lors du refroidissement superficiel initial (qui sont les
moins graves car le refroidissement ultérieur du béton à cœur a tendance à les refermer) mais
aussi à des gradients de température par rapport aux pièces adjacentes coulées précédemment et
qui ont pu avoir le temps de se refroidir. Dans ce dernier cas, on observe une fissuration
traversante régulièrement répartie (elle est d'autant mieux répartie que la densité de ferraillage est
élevée) et naissant à la reprise de bétonnage. Cette fissuration peut faciliter les pénétrations d'eau
dans le matériau et favoriser les réactions sulfatiques internes. Les gradients peuvent se
développer également dans les zones de changement brutal de section de la pièce en béton et
donner lieu là aussi à une fissuration traversante préjudiciable.
D'autre part, comme évoqué ci-avant, les réactions d'hydratation peuvent être accélérées par un
apport de chaleur mais il est connu que des températures élevées de maturation modifient la
nature des hydrates formés et abaissent les caractéristiques du béton à long terme par rapport au
même béton non étuvé, et en particulier la résistance en compression. Comme pour l'impact sur
les résistances à court terme, celui sur les résistances à long terme dépend sensiblement de la
formulation du béton. À titre d'exemple, un traitement thermique à 70 °C pendant 9 heures (avec
une montée de 10 °C /h) peut induire une baisse de résistance en compression mesurée à
700 jours de 10 % alors qu'un traitement à 90 °C pendant 6 heures (avec même vitesse de
montée) peut donner une diminution de 20 % (réf : Mamillan).
45
Bien entendu, en optimisant les paramètres du traitement thermique, des bétons durables peuvent
être obtenus malgré une baisse des résistances mécaniques.
RECOMMANDATIONS POUR LA PRÉVENTION DES DÉSORDRES DUS À LA RÉACTION SULFATIQUE INTERNE
ANNEXE IV
Estimation des températures atteintes dans les structures à construire
1. Objet
La présente annexe a pour objet de proposer une méthode simplifiée permettant d'évaluer en
phase amont d'un projet si certaines pièces doivent être considérées comme des pièces critiques
vis-à-vis des risques de formation d'ettringite différée (risques liés à une température excessive au
cœur des pièces réalisées), étant donnés les principes de formulation de béton prévus au CCTP.
Cette annexe permet donc une estimation de la température maximale au cœur d'une pièce en
béton pour laquelle on ne connaît que l'épaisseur (dans sa plus petite dimension) et quelques
données de base sur la composition du béton.
Sa précision est limitée car elle fait intervenir un nombre restreint de paramètres (connus ou 47
facilement consultables en phase amont). Elle doit être utilisée comme un outil d'alerte, si elle
conduit à conclure que la pièce est critique alors une étude plus fine doit être réalisée ou les
paramètres doivent être modifiés.
Étape n˚ 1
Estimation du dégagement de chaleur à l’infini pour le ciment retenu :
détermination de Qm (Q41, Rc2/Rc28)
Étape n˚ 2
Prise en compte des additions minérales :
détermination du liant équivalent chaleur
LEch (type et quantité d’additions minérales, EP, C)
Étape n˚ 3
Prise en compte de l’impact du rapport Eeff/LEch
sur l’élévation de température :
détermination d’un terme correctif α (Eeff/LEch)
Étape n˚ 4
Estimation de l’élévation de température
en l’absence de déperditions thermiques :
détermination de ΔTadia (Qm, LEch, Cth, Mv, α)
Étape n˚ 5
Prise en compte de déperditions thermiques :
détermination d’un coefficient de réduction R (Q41, EP) à affecter à ΔTadia
48 pour estimer l’élévation de température de la pièce ΔT
Qm/Q41 ABAQUE 1
1,6
1
0,2 0,3 0,4 0,5 0,6
Rc2/Rc28
Coefficient K' des additions pour le calcul du "liant équivalent chaleur" ABAQUE 2
K'
1
Fumée de silice (K' = 1) Laitier
0,8
0,6
FIGURE 13 - Abaque n° 2
pour l’estimation du coefficient
Cendre volante silico-alumineuse de pondération des additions (K’).
0,4
0,2
0
0 1 2 3 4 5 6 7
Épaisseur de la pièce EP (m)
α (˚C)
8
ABAQUE 3
6 Correction de l'élévation de température
liée au rapport Eeff/LEch
4
FIGURE 14 - Abaque n° 3
pour l’estimation du terme correctif 2
α lié au rapport Eeff/LEch.
0
-2
-4
-6
0,35 0,40 0,45 0,50 0,55 Eeff/LEch
Coefficient de réduction R
EP = 4 m
ABAQUE 4 1
EP = 3 m
0,9 EP = 2 m
EP = 1 m
0,8 EP = 0,75 m
0,7
EP = 0,5 m
0,6
FIGURE 15 - Abaque n° 4
pour l’estimation du coefficient de 0,5
réduction R lié aux déperditions
thermiques. EP = 0,25 m
0,4
0,3
0,2
0,1
0
200 300 400
Q41 (kJ/kg)
RECOMMANDATIONS POUR LA PRÉVENTION DES DÉSORDRES DUS À LA RÉACTION SULFATIQUE INTERNE
4. Exemples d'application
5. Précision de la méthode
La méthode a été développée en s'appuyant sur une série de dix-neuf cas d'ouvrages réels pour
lesquels on connaît l'élévation de température qui a été soit mesurée dans l'ouvrage, soit calculée
par une simulation aux éléments finis. Elle a été ajustée pour donner des résultats qui vont dans le
sens de la sécurité (Fig. 16).
RECOMMANDATIONS POUR LA PRÉVENTION DES DÉSORDRES DUS À LA RÉACTION SULFATIQUE INTERNE
70
60
50
40
30
20 Y=X
Y=X+5
10 Y=X-5
Cas réels
0
0 20 40 60 80
Échauffement mesuré ou calculé (˚C)
FIGURE 16 - Précision du modèle d’estimation (établi sur la base de 19 cas d’ouvrages réels).
53
6. Calcul par modélisation aux éléments finis de l'échauffement
Une méthode plus précise pour estimer la température maximale atteinte au sein du béton consiste
à utiliser un code de calcul aux éléments finis et à prendre en compte la chaleur dégagée par le
béton à partir de mesures de chaleur dégagée en fonction du temps (essai calorimétrique). Cette
chaleur peut être déduite des mesures de chaleur effectuées sur mortier normalisé (essai
« ciment »), être mesurée sur MBE (mortier de béton équivalent) ou directement sur béton.
La mise en œuvre d'un calcul aux éléments finis nécessite la fourniture d'un certain nombre de
données dont :
• la géométrie de la structure,
• les modalités de coulage (nombre de coulage, durées des coulages, temps d'attente entre les
coulages, etc.),
• les conditions thermiques initiales (température du béton, température de l'environnement
extérieur, etc.),
• les caractéristiques physiques relatives à la conduction de la chaleur des matériaux (capacité
calorifique volumique et conductivité du béton, du sol, de l'acier, etc.),
• les conditions aux limites sur le contour (température imposée, éventuellement flux imposé),
• les coefficients d'échanges sur le contour du modèle (surface libre à l'air, coffrage métallique,
coffrage bois, etc.),
• les données d'un essai calorimétrique consistant à enregistrer, en fonction du temps, la courbe de
température d'un échantillon de béton représentatif du béton de la structure (histoire de la
température de l'échantillon, histoire de la température à l'extérieur du calorimètre, coefficients
d'étalonnage des pertes du calorimètre utilisé, capacité calorifique volumique de l'échantillon,
constante d'Arrhénius Ea/R).
RECOMMANDATIONS POUR LA PRÉVENTION DES DÉSORDRES DUS À LA RÉACTION SULFATIQUE INTERNE
ANNEXE V
Essai performantiel
Généralités
Un essai de performance sur éprouvette de béton a été développé en partenariat entre
l'Association Technique de l’Industrie des Liants Hydrauliques (ATILH), le Centre d'Études et de
Recherches de l'Industrie du Béton (CERIB) et le Laboratoire Central des Ponts et Chaussées
(LCPC). Cet essai est publié par le LCPC sous l'intitulé :
Méthode d'essai des LPC n° 66. Réactivité d'une formule de béton vis-à-vis d'une réaction
sulfatique interne. Essai de performance.
Ce mode opératoire a été mis au point pour proposer une méthode alternative fiable à des essais
proposés dans la littérature et dont la représentativité est remise en question à cause des
températures excessives imposées au matériau et des dimensions d'éprouvettes retenues.
Depuis une première publication en tant que projet de méthode d'essai des LPC n° 59 (mai 2003),
des essais ont été réalisés par le CERIB et le réseau des LPC sur des bétons représentatifs de 55
pièces massives d'ouvrage d'art ou de produits issus de l'industrie de la préfabrication du béton et
dont le comportement in situ vis-à-vis de la réaction sulfatique interne était connu. Ces études ont
alors permis de valider la pertinence et la discrimination de l'essai.
La reproductibilité de la méthode d'essai a été ensuite étudiée au cours d'essais croisés menés
dans le cadre des travaux du groupe GranDuBé de l'AFGC. Elle est fonction de l'expansion du
béton et peut atteindre 60 % de la valeur moyenne du gonflement lorsqu'une expansion de
0,2 % est mesurée. Malgré cette dispersion, attribuable au phénomène de gonflement, les
mesures effectuées conduisent l'ensemble des laboratoires à la même conclusion quant au
caractère « non réactif » ou « potentiellement réactif » des couples béton/échauffement utilisés.
L'exploitation des résultats d'essais croisés ajoutée à l'ensemble des études réalisées depuis plus
de six ans par le Réseau Scientifique et Technique du Ministère de l'Équipement permettent
d'établir les critères décisionnels indiqués ci-après.
Principe de l'essai
L'essai consiste à caractériser le risque de gonflement d'un béton vis-à-vis de la RSI. Ce béton est
défini à la fois par sa formulation et par l'échauffement auquel il est exposé au jeune âge.
L'essai comporte quatre étapes distinctes :
• la fabrication du béton,
• le traitement thermique simulant l'échauffement du béton,
• les cycles de séchage et d'humidification,
• l'immersion définitive dans de l'eau et le suivi des déformations longitudinales.
La durée minimale de cet essai est de 12 mois d'immersion, elle peut être prolongée à 15 mois
lorsqu'une expansion significative est mesurée.
Annexes
Critère 1
La déformation longitudinale moyenne de trois éprouvettes est inférieure à 0,04 % et aucune
valeur individuelle ne dépasse 0,06 % à l'échéance de 12 mois,
ET
la variation mensuelle de la déformation longitudinale moyenne des trois éprouvettes mesurée à
partir du 3e mois est inférieure à 0,004 %.
Critère 2
La déformation longitudinale individuelle des trois éprouvettes est comprise entre 0,04 % et
0,07 % à l'échéance de 12 mois. Dans ce cas, il est nécessaire de prolonger l'essai jusqu'au
56 15e mois,
ET
la variation mensuelle de la déformation longitudinale moyenne des trois éprouvettes mesurée à
partir du 12e mois est inférieure à 0,004 % et la variation cumulée entre le 12e mois et le 15e mois
est inférieure à 0,006 %.
RECOMMANDATIONS POUR LA PRÉVENTION DES DÉSORDRES DUS À LA RÉACTION SULFATIQUE INTERNE
RÉFÉRENCES
Norme NF EN 196-1 Méthodes d'essai des ciments - Partie 1 : Détermination des résistances
mécaniques.
Norme NF EN 196-9 Méthodes d'essai des ciments - Partie 9 : Chaleur d'hydratation - Méthode
semi-adiabatique.
Norme NF EN 450-1 Cendres volantes pour béton - Partie 1 : Définition, spécifications et critères
de conformité.
Norme NF EN 1992-1-1 Eurocode 2 - Calcul des structures en béton - Partie 1-1 : Règles générales et
règles pour les bâtiments. 57
Norme NF EN 1992-1-1/NA Eurocode 2 : Calcul des structures en béton - Partie 1-1 : Règles générales et
règles pour les bâtiments - Annexe Nationale à la NF EN 1992-1-1: 2005 -
Règles générales et règles pour les bâtiments.
Norme NF EN 1992-1-2 Eurocode 2 : Calcul des structures en béton - Partie 1-2 : Règles générales -
Calcul du comportement au feu.
Norme NF EN 1992-2 Eurocode 2 - Calcul des structures en béton - Partie 2 : Ponts en béton - Calcul
et dispositions constructives.
Norme NF EN 1992-2/NA Eurocode 2 - Calcul des structures en béton - Partie 2 : Ponts en béton - Calcul
et dispositions constructives - Annexe nationale à la NF EN 1992-2 : 2006 -
Ponts en béton - Calcul et dispositions constructives.
Norme NF EN 1992-3 Eurocode 2 - Calcul des structures en béton - Partie 3 : Silos et réservoirs.
Norme NF EN 15167-1 Laitier granulé de haut fourneau moulu pour utilisation dans le béton, mortier et
coulis - Partie 1 : Définitions, exigences et critères de conformité.
Norme NF P15-319 Liants hydrauliques - Ciments pour travaux en eaux à haute teneur en sulfates.
Norme XP P18-420 Béton - Essai d'écaillage des surfaces de béton durci exposées au gel en
présence d'une solution saline.
Norme P18-424 Bétons - Essai de gel sur béton durci - Gel dans l'eau - Dégel dans l'eau.
Norme P18-425 Bétons - Essai de gel sur béton durci - Gel dans l'air - Dégel dans l'eau.
Norme XP ENV 13670-1 Exécution des ouvrages en béton - Partie 1 : Tronc commun et document
d'application nationale.
BIBLIOGRAPHIE
[1] ARLIGUIE G., HORNAIN H., GranDuBé, Grandeurs associées à la durabilité des bétons, Association
Française de Génie Civil, Réseau Génie Civil et Urbain, Presses de l'ENPC, 2007.
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Research, n° 6, 1987, pp. 199-209.
[3] HEINZ D., LUDWIG U., RÜDIGER I., Delayed ettringite formation in heat treated mortars and concretes,
Betonwerk und Fertigteil-Technik., vol. 55, n° 11, 1989, pp. 56-61.
[4] VITOUVA L., Concrete Sleepers in CSD tracks, International symposium on precast concrete railway
sleepers, Madrid, 1991, pp. 253-264.
[5] SHAYAN A., QUICK G.-W., Microscopic features of cracked and uncracked concrete railway sleepers, ACI
Materials, vol. 89, n° 4, 1992, pp. 348-361.
[6] OBERHOLSTER R.-E., MAREE H., BRAND J.-H.-B., Cracked prestressed concrete railway sleepers :
alcali-silica reaction or delayed ettringite formation, Proceedings of the 9th International conference on alkali-
silica reaction in concrete, London, Concrete society publication, CS104, vol. 2, 1992, pp. 739-749.
[7] MIELENZ R.-C., MARUSIN S.-L, HIME W.-G., JUGOVIC Z.T., Investigation of prestressed concrete
railway tie distress, Concrete International, vol. 17, n° 12, 1995, pp. 62-68.
[8] SAHU S., THAULOW N., Delayed ettringite formation in swedish concrete railroad ties, Cement and
59
Concrete Research, vol. 34, n° 9, 2004, pp. 1675-1681.
[9] HIME W.-G., Delayed ettringite formation - a concern for precast concrete ? PCI Journal, vol. 41, n° 4,
1996, pp. 26-30.
[10] HOBBS D.-W. , Cracking of concrete attributed to delayed ettringite formation, Proceedings of the
eleventh annual BCA/concrete society conference on higher education and the concrete industry, UMIST,
Manchester, paper 6, 2001, pp. 51-60.
[11] OZOL M.-A. , STRAND W., Delayed ettringite formation at Brewer Stadium, Boone, North Carolina,
Cement concrete and aggregates, vol. n° 22, n° 1, 2000, pp. 24-34.
[12] COLLEPARDI M., Damage by delayed ettringite formation, Concrete international, vol. 21, n° 1, 1999,
pp. 69-74.
[13] LAWRENCE B.-L., MYERS J.-J., CARRASQUILLO R.-L., Premature concrete deterioration in Texas
department of transportation precast elements, Ettringite - The sometimes host of destruction, American
concrete institute, vol. SP 177, chapter 10, 1999, pp. 141-158.
[14] DIVET L., GUERRIER F., LE MESTRE G., Existe-t-il un risque de développement d’une activité
sulfatique d’origine endogène dans les pièces en béton de grande masse ? Le cas du pont d'Ondes (Haute-
Garonne), Bulletin des laboratoires des Ponts et Chaussées, n° 213, 1998, pp. 59-72.
[15] DIVET L., Les réactions sulfatiques internes au béton : contribution à l'étude des mécanismes de la
formation différée de l'ettringite, Études et recherches des Laboratoires des Ponts et Chaussées, OA n° 40,
2001, 227 p.
En couverture :
- Appui du pont haubané d'Allonne (OA 17) sur la déviation de Beauvais (RN31) (Photo LCPC).
Page 7 :
- Cristaux aciculaires d’ettringite et forme d’ettringite massive (Photos LCPC).
Page 13 :
- Semelles du Pont de Normandie (Photos LCPC).
- Exécution en Seine des fondations d’une pile du Pont de Normandie ( (Photos de la Chambe de Commerce
et d’Industrie du Havre).
Page 19 :
- Viaduc de Millau. Pile P1 levée 24, préparation du bétonnage (Photo Eiffage Construction).
Page 25 :
- Bétonnage d’une poutre du pont d’Aquitaine et dispositif de refroidissement par circulation d’eau (Photos Vinci
Construction).
The recommendations presented in this document aim at limiting the risk of disorders occurring due
to an internal sulfatic reaction. The latter is caused by the formation of delayed ettringite in a
cementitious material and occurs in particular because of an important heating of the concrete
intervened several hours or several days after its casting. It causes an expansion of concrete which
generates in its turn a cracking of the structures. This reaction can be encountered with two types of
concrete: the heat treated concretes and the concretes cast in place in elements known as critical.
These recommendations are concerned with civil engineering structures and buildings comprising
elements of important size that are in contact with water or subjected to a humid environment. They
fix the level of prevention to be reached according to the category of the structure (or to the part of
structure) and to the exposure conditions. For each of the four levels of prevention selected,
associated precautions are applied and associated checks are carried out. They also present
provisions related to the design and dimensioning of the structures, the formulation and the
manufacture of the concrete as well as to its pouring.
ISSN 1151-1516
Réf : GTRSI
Prix : 30 Euros HT