010 001 012 Anae Bianco 148
010 001 012 Anae Bianco 148
010 001 012 Anae Bianco 148
La compréhension de l’écrit
chez l’élève dyslexique :
quelques pistes pour la remédiation
M. BIANCO*, H. BRETHES**, P. COLÉ**
* Université Grenoble-Alpes, Laboratoire des sciences de l’éducation (EA 602).
** Université Aix-Marseille, Laboratoire de psychologie cognitive (UMR 7290).
Pour citer cet article : BIANCO, M., BRETHES, H. & COLÉ, P. (2017). La compréhension de l’écrit chez l’élève
dyslexique : quelques pistes pour la remédiation. A.N.A.E., 148, 000-000.
xxxx
Palabras clave: xxx
Figure 1. Relations structurales entre les habiletés concourant à la com- et macrostructure) à la différence des enfants dyslexiques
préhension en lecture chez les enfants de 9 à 11 ans (d’après Bianco, qui parviennent à traiter les idées générales (macros-
Dessus, Colé & Megherbi, 2014).
tructure). Ces résultats confirment d’autres résultats en
langue anglaise montrant que les difficultés de compré-
hension sont liées au développement du langage oral
plutôt qu’à la dyslexie elle-même (Hulme & Snowling,
2011).
Les adultes dyslexiques de niveau universitaire Martin et al. (2013) ont montré que les connaissances
morphologiques étaient relativement bien préservées chez
Les recherches qui ont étudié la compréhension en les étudiants dyslexiques et de bonnes habiletés morpho-
lecture des étudiants dyslexiques, ont posé et cherché logiques malgré de faibles habiletés phonologiques sont
à répondre à trois questions essentielles, envisagées fortement prédictives de la fluence de lecture orale (Cavalli
successivement dans ce qui suit. et al., 2017). Comme cela a été observé chez les enfants,
les adultes dyslexiques peuvent s’appuyer sur la dimen-
Question 1 : les étudiants dyslexiques comprennent- sion sémantique du langage pour compenser leur trouble
ils aussi bien que leurs pairs normo-lecteurs les phonologique.
textes qu’ils lisent ?
La compréhension en lecture des adultes dyslexiques de Question 3 : quel est le profil métacognitif des
niveau universitaire semble relativement préservée, sous étudiants dyslexiques, autrement dit quelles
réserve de contraintes temporelles, leurs performances se stratégies de lecture et d’apprentissage mettent-ils
révélant comparables à celles des normo-lecteurs lorsque en œuvre pour satisfaire aux exigences des études
la lecture peut être effectuée en temps libre (Callens et universitaires ?
al., 2012, Kirby et al., 2008 ; Parila et al., 2007 ; Ransby Les étudiants dyslexiques semblent développer des straté-
& Swanson, 2003). La compréhension littérale semble gies métacognitives particulières. On distingue, au sein de
épargnée alors que la capacité à effectuer des inférences ces stratégies, les stratégies de compréhension en lecture
se révèle déficitaire (Simmons & Singleton, 2000). Cavalli proprement dites, des stratégies générales de gestion des
et al. (2016) rapportent cependant des compétences infé- apprentissages. Les stratégies de lecture renvoient aux
rentielles préservées avec des étudiants dyslexiques fran- capacités à autoévaluer et réguler sa propre compréhension
cophones. La différence essentielle entre les deux études en recourant à des activités de planification et d’intégration
réside dans le format des questions (QCM écrit dans la de l’information (voir encadré 1). Les stratégies de gestion
première, questions ouvertes posées oralement dans la de l’apprentissage et des études sont des stratégies compor-
seconde). Ces deux modes de questionnement sollicite- tementales telles que l’auto-évaluation des connaissances
raient de façon plus ou moins importante les processus apprises et des difficultés rencontrées, l’utilisation d’aides
d’identification des mots et la mémoire de travail, inter- à l’apprentissage, internes (appui sur des indices présents
férant avec la mise en œuvre des processus inférentiels dans les écrits : titres, résumés, etc., prise de notes…) ou
testés. externes (recherche d’aide auprès d’autres personnes :
camarades, professeurs, services divers). Dans cette caté-
Question 2 : quel est le profil cognitif des étudiants gorie entrent aussi des attitudes et comportements géné-
dyslexiques, autrement dit, quelles habiletés raux, tels que la gestion du temps d’étude, la conception de
expliquent-elles leur performance de compréhension l’apprentissage, la motivation et la perception de sa propre
en lecture ? efficacité. Les recherches s’appuient sur la réponse à des
Ransby et Swanson (2003) ont montré que la compréhen- questionnaires métacognitifs qui recensent les stratégies
sion orale, le vocabulaire et les connaissances générales de lecture et/ou les stratégies générales d’apprentissage et
sont les prédicteurs majeurs de l’exactitude de la compré- d’étude. Les étudiants présentant une histoire de difficultés
hension en lecture, chez les dyslexiques comme chez les d’apprentissage de la lecture (History of reading difficul-
normo-lecteurs, indépendamment des habiletés phono- ties, HRD) rapportent moins fréquemment l’utilisation de
logiques, de dénomination rapide et d’identification des stratégies de lecture (Chevalier et al., 2015 ; Kirby et al.,
mots. Une méta-analyse récente (Tighe & Schatschneider, 2008) que les étudiants sans passé de difficulté de lecture
2014) confirme ces résultats et ajoute, aux prédicteurs (NRD). Concernant les comportements et les stratégies
cités, la conscience morphologique et la fluence de lecture. métacognitives d’étude, Chevalier et al. (2015) ne trouvent
Ces données montrent que comme chez les normo-lecteurs, pas de différence mais Kirby et al. (2008) et Trainin &
les processus fondamentaux de la lecture perdent de leur Swanson (2005) ont observé que les étudiants HRD rap-
pouvoir explicatif des performances de compréhension portent recourir plus souvent à des aides à l’apprentissage,
chez les adultes dyslexiques. En d’autres termes, l’en- internes (notes, résumés) comme externes, à la gestion de
semble des habiletés langagières et cognitives sont impli- leur temps d’étude et à un allongement du temps passé à
quées et concourent à la performance des adultes faibles l’apprentissage. Par ailleurs, les stratégies de lecture utili-
lecteurs. Ces résultats incitent à s’interroger sur les facteurs sées par les étudiants HRD sont des prédicteurs importants
protecteurs qui permettent à certains d’entre eux d’obtenir de leurs performances en compréhension et de leur succès
des performances de compréhension proches de celles académique : associées à l’utilisation d’aide à l’apprentis-
des normo-lecteurs. Le vocabulaire, les connaissances sage, elles expliquent 17 % de la variance du succès aca-
sémantiques et la conscience morphologique (Cavalli et démique des étudiant HRD alors qu’elles n’expliquent que
al., 2017 ; Law et al., 2015 ; Martin et al., 2013) ainsi que 6 % de la même variance pour les étudiants NRD (Cheva-
les fonctions exécutives (Beidas et al., 2013) sont souvent lier et al., 2015). Ce dernier résultat renforce l’idée large-
évoqués. À titre d’exemple, Cavalli et al. (2016) ont obser- ment admise de l’importance de l’acquisition de stratégies
vé que l’étendue du vocabulaire d’étudiants dyslexiques efficaces de compréhension en lecture, tout spécialement
était comparable à celle de leurs pairs normo-lecteurs et pour les élèves en difficulté.
que leurs performances à une épreuve de définition de mots
étaient significativement supérieures. Par exemple encore,
Elle se développe très tôt au cours des deux premières Par la place centrale que le vocabulaire occupe dans le
années d’apprentissage. Elle est conçue comme une développement du langage et de la lecture et le retard
habileté médiatrice entre les habiletés fondamentales de souvent constaté dans son acquisition chez les FLC,
la lecture (décodage et identification des mots, langage de nombreuses recherches ont ciblé son amélioration.
oral, mémoire de travail) et la compréhension en lecture Deux approches principales ont été envisagées : la pre-
(Kim et al., 2015). De nombreuses recherches ont étudié mière consiste à travailler les propriétés sémantiques
les effets d’un entraînement à la TRF, de la deuxième et morphologiques des mots pour comprendre leur
année d’école primaire à la première année du secon- structure et inférer le sens des mots inconnus. La deu-
daire essentiellement. Les synthèses montrent qu’une xième approche repose sur l’apprentissage de stratégies
technique consistant en la lecture répétée de texte sous pour utiliser le contexte afin d’inférer la signification
probable des mots à partir des indices fournis par le Encadré 1. Les stratégies de lecture.
texte et/ou en faisant appel à ses propres connaissances
(Baumann et al., 2003 ; Pressley et al., 2007). - Stratégies de préparation à la lecture : elles visent
la préparation d’une attitude de lecture active à travers
Les évaluations montrent en général des progrès immé- l’identification des objectifs et des activités de prédiction
diats dans la connaissance des mots nouvellement appris et d’anticipation.
mais une faible mémorisation sur le long terme, si ce - Stratégies d’interprétation et de clarification : elles
vocabulaire n’est pas utilisé de manière suffisamment sont centrées sur la construction des modèles de situation
fréquente. On observe aussi la plupart du temps un gain et comprennent les stratégies de relecture, de paraphrase,
significatif sur la compréhension en lecture, lorsque d’analyse de la structure des mots, des phrases et des
l’évaluation est construite de telle sorte que les mots textes, et bien entendu, les stratégies d’inférence.
enseignés sont utilisés dans les textes à lire ; dans ce - Stratégies pour aller au-delà du texte : elles sont desti-
cas, les bénéfices sont plus nets pour les faibles lecteurs. nées à connecter les informations lues aux connaissances
Toutefois, les bénéfices sont plus faibles et souvent générales et à l’expérience du lecteur. Les inférences mais
non significatifs sur des épreuves standardisées. Il est aussi des stratégies cognitives plus générales, telles que la
important de noter également que si tous les enfants pro- formulation de questions, l’auto-explication ou encore la
gressent, ceux qui ont un meilleur niveau de vocabulaire visualisation entrent dans cette catégorie.
avant l’intervention profitent plus de ces entrainements - Stratégies d’organisation, de restructuration et de
(Apthorp et al., 2012 ; Elleman et al., 2009 ; 2017). synthèse : souvent mises en place après la lecture, elles
Ce dernier résultat est particulièrement important au supposent un retraitement des informations et servent à
regard des remédiations envisageables pour les enfants consolider la compréhension et l’acquisition des infor-
dyslexiques dont on a pu constater que les capacités mations essentielles : elles comprennent les activités de
lexicales et sémantiques sont relativement bien préser- résumé et de synthèse.
vées. Le développement des habiletés morphologiques
semble tout particulièrement bénéfique pour les enfants Trabasso et Bouchard (2002) ont répertorié plusieurs
ayant des troubles spécifiques d’acquisition du langage démarches particulièrement efficaces pour enseigner ces
écrit et/ou du langage oral (Bowers, Kirby & Deacon, stratégies : l’utilisation des techniques de pensée à haute
2010 ; Goodwin & Ahn, 2010). voix, l’apprentissage collaboratif à partir de séances
d’enseignement réciproque (Palincsar & Brown, 1984,
En résumé, enseigner le vocabulaire et les habiletés mor- voir encadré 2), apprendre à poser et à répondre à des
phologiques de manière isolée est probablement insuffi- questions et l’utilisation d’organisateurs graphiques
sant pour améliorer substantiellement la compréhension pour résumer/synthétiser/organiser les informations et
en lecture, mais les résultats résumés ici indiquent tous comprendre les structures textuelles. Toutes ces tech-
que les interventions, nécessairement limitées dans le niques ont en commun de faire appel à la réflexion
temps du fait de leur nature expérimentale, produisent consciente de l’élève, autrement dit de chercher à favo-
des effets locaux significatifs qui profitent aux plus riser le développement des capacités métacognitives.
faibles lecteurs. Elles ont aussi pour propriété d’utiliser la modalité
orale qui permet d’expliciter et de rendre perceptibles
les mécanismes de la compréhension experte autrement
Les capacités à construire la cohérence des inaccessibles à la perception directe. En l’absence de
informations verbalisation, l’observateur peut percevoir le résultat de
la compréhension (la réponse donnée à une question par
Exposées dans un texte, grâce à la réalisation d’infé- exemple) mais jamais les mécanismes et raisonnements
rences et à l’utilisation de stratégies métacognitives de qui y conduisent. De manière générale, ces entraîne-
lecture ont aussi reçu énormément d’attention de la part ments améliorent les performances de compréhension
des chercheurs s’intéressant aux difficultés de compré- à tous les niveaux de la scolarité et ce type d’ensei-
hension (pour des synthèses en français, voir Bianco, gnement est particulièrement adapté aux enfants les
2015 ; Bianco & Lima, 2017). On peut distinguer les plus fragiles (Edmonds et al., 2009 ; Solis et al., 2012 ;
recherches selon que leurs auteurs ont visé l’entraî- Wanzek et al., 2013). Ils améliorent non seulement les
nement des stratégies spécifiques à la maîtrise d’une performances générales de compréhension et la capacité
habileté particulière – liée aux traitements inférentiels à faire des inférences mais aussi la compréhension litté-
centrés sur le texte (text-based inference) ou impliquant rale des FLC (Elleman, 2017).
les connaissances (Knowledge-based inferences) – ou à
mettre en place des dispositifs pédagogiques intégrant Les fonctions exécutives
le travail simultané d’un ensemble de stratégies. Les
stratégies les plus fréquemment enseignées entrent dans Elles ont également été envisagées comme des facteurs
l’une des quatre catégories décrites dans l’encadré 1. explicatifs des difficultés de compréhension en lecture
(Berninger et al., 2008 ; Potocki et al., 2015) et plusieurs
auteurs ont rapporté un déficit de ces fonctions chez les
dyslexiques (Brosnan et al., 2002 ; Varvara et al., 2006).
Toutefois, à l’heure actuelle, rien n’indique que des
entraînements spécifiques des fonctions exécutives – la peu favorisés ; en effet des programmes travaillant spé-
mémoire de travail en particulier – permettent d’amé- cifiquement le développement du langage oral à l’école
liorer la compréhension en lecture. Plusieurs recherches maternelle améliorent non seulement les performances
et méta-analyses examinant le possible transfert d’une orales des enfants (Bianco et al., 2010) mais aussi leur
amélioration de ces fonctions cognitives vers la compré- compréhension en lecture au cours préparatoire (Bianco
hension concluent à des résultats décourageants, aucune et al., 2012). De même, un programme français conduit
ne réussissant à mettre en évidence un impact de ces en milieu scolaire pendant 2 années (dernière année
dispositifs sur les progrès en lecture comme en compré- d’école maternelle et cours préparatoire) et alliant un
hension, chez les FLC et chez les dyslexiques (Melby- travail systématique sur les habiletés liées au code écrit
Lervag & Lervag, 2014 ; Melby-Lervag & Hulme ; (conscience phonologique et principe alphabétique) et
2012, Walda et al., 2014). sur le langage oral (vocabulaire et compréhension orale)
a permis à des enfants à risque social de difficultés
En résumé, ce sont les entraînements visant les habiletés d’apprentissage de la lecture d’obtenir en fin de 2e année
directement engagées dans la lecture et la compréhen- d’école élémentaire, des performances comparables aux
sion qui permettent d’observer des progrès substantiels normes nationales en fluence et en compréhension écrite
(Melby-Lervag & Lervag, 2014). Les entraînements (Zorman et al., 2015). Notons cependant que des résul-
spécifiques améliorent, au moins à court terme, les per- tats moins optimistes ont été rapportés avec des enfants
formances de compréhension en lecture. Néanmoins, et de 6 ans diagnostiqués à risque de dyslexie (Duff et al.,
d’autant plus que les enfants progressent dans leur sco- 2014). Un entraînement de 18 semaines, à raison d’une
larité, il semble que des interventions mixtes, portant sur séance quotidienne de 20 à 30 minutes, comprenant à
différents aspects de la lecture, garantissent un meilleur la fois un travail sur code (conscience phonologique et
maintien des gains sur le long terme. décodage) et sur le langage oral a permis d’observer des
effets positifs mais modérés sur la conscience phonolo-
gique, la connaissance des lettres et sur le vocabulaire
Les approches multidimensionnelles appris mais s’est révélé sans effet sur l’apprentissage
de la lecture proprement dite (identification des mots,
Plusieurs programmes ont proposé des dispositifs com- décodage et lecture orale de passages). La durée de
prenant un travail intégré de différentes dimensions de l’intervention est probablement un facteur important, les
la lecture. Nous en envisagerons deux types : des pro- recherches ayant observé des effets positifs s’étendant
grammes de prévention ou d’aide à la lecture chez les sur des périodes plus longues (25 à 30 semaines).
enfants de 5 à 8 ans et des programmes de remédiation
pour les collégiens et les lycéens. Les dispositifs multidimensionnels, destinés à remédier
aux difficultés précoces d’apprentissage de la lecture
Prévention des difficultés de lecture et remédiation semblent également une piste prometteuse. Morris et
précoce al. (2010) ont comparé l’effet de 4 programmes auprès
Se démarquant des dispositifs classiques visant le déve- de 279 enfants de langue anglaise, âgés de 6.6 ans à
loppement des habiletés directement liées à l’appren- 8.6 ans en difficulté dans l’apprentissage initial de la
tissage de la lecture, des programmes récents se sont lecture. Les enfants ont été assignés aléatoirement à
focalisé sur l’aide au développement du langage oral. l’un des 4 programmes et entraînés en petits groupes
Les enfants ciblés présentent un retard dans ce domaine de 4 élèves pendant 70 heures, à raison d’1 h par jour,
et les entraînements sont centrés sur l’amélioration du 5 jours par semaine. Les deux premiers groupes repré-
vocabulaire, des compétences narratives et de l’expres- sentent les conditions contrôle : le premier (G1) ne
sion orale. Ils sont conduits sur une période relativement reçoit pas d’enseignement centré sur la lecture mais
longue de 1 à 2 années (30 semaines environ) et sont un enseignement de mathématiques visant les appren-
administrés en petits groupes de 2 à 5 enfants. Compa- tissages numériques fondamentaux et un programme
rées à un groupe témoin, les performances des groupes d’apprentissage de règles comportementales favorisant
expérimentaux montrent des progrès significatifs à l’intégration scolaire. Le 2e groupe (G2) reçoit le même
la fois sur les mesures de vocabulaire, de conscience programme comportemental associé à un entraînement à
morphologique et de compréhension de phrases et d’his- la conscience phonémique et à l’analyse graphophono-
toires (Fricke et al., 2013 ; Hagen et al., 2017) mais aussi logique. Ce groupe représente une condition unidimen-
de conscience phonologique (Fricke et al., 2013). Les sionnelle de remédiation à la lecture, seule la deuxième
progrès observés en post-test immédiat se maintiennent composante du programme ciblant directement la lec-
par ailleurs à un post-test différé de 6 mois. Plus intéres- ture. Les groupes 3 et 4, représentent les deux conditions
sant encore, Fricke et al. (2013) observent que les pro- expérimentales ; chacun reçoit le même entraînement à
grès réalisés se généralisent à une épreuve standardisée la conscience phonémique et à l’analyse graphophono-
de compréhension en lecture au post-test différé, bien logique que le G2, mais se distingue par la deuxième
que ces entraînements ne produisent pas d’effets tan- composante de l’entraînement. Le groupe 3 (G3) reçoit
gibles sur le déchiffrage proprement dit. Ces recherches en complément un programme visant à l’apprentissage
confirment et étendent aux enfants présentant des dif- de stratégies explicites d’identification des mots : iden-
ficultés précoces, des résultats antérieurs obtenus avec tification par analogie, recherche d’une partie connue
des enfants francophones tout-venants issus de milieux à l’intérieur d’un mot, apprentissage des différentes
prononciations des voyelles et combinaisons de voyelles, résultats montrent qu’aucun des deux programmes, admi-
reconnaissance des affixes dans les mots complexes. À nistrés pendant 20 semaines, n’a permis d’améliorer la
la place, le groupe 4 (G4) reçoit un programme met- lecture proprement dite mais que le programme mixte a
tant l’accent sur les différentes propriétés du voca- significativement amélioré la compréhension en lecture et
bulaire : phonologique, orthographique, sémantique, le vocabulaire. On peut certainement faire l’hypothèse qu’à
syntaxique et morphologique. Chaque semaine, les partir d’un certain niveau de développement, l’acquisition
enfants apprennent un ensemble de mots qui permettent de stratégies, permettant aux jeunes gens de mieux réguler
d’illustrer ces principes linguistiques fondamentaux et leur compréhension, peut être une source de compensation
d’expliciter leurs relations. des difficultés persistantes dans l’identification des mots
(Bianco, 2015).
L’impact de ces entraînements a été estimé avec des
mesures de décodage, d’identification de mots, de fluidi- La lecture académique de la fin du collège à l’univer-
té de lecture et de compréhension lors de deux post-tests, sité implique en outre que les habiletés élaborées pour
immédiats et différés d’1 an. D’une manière générale, comprendre et intégrer les informations d’un texte
les programmes multidimensionnels améliorent plus unique soient mises au service de la compréhension de
nettement les performances que le programme de lecture multiples textes dans chacune des disciplines acadé-
unidimensionnel (G2) avec des différences en fonction miques. Or, les stratégies de compréhension acquises
des habiletés évaluées. En décodage et identification le plus souvent par l’intermédiaire de textes narratifs
des mots, les groupes G2, G3 et G4 font des progrès se généralisent souvent difficilement à la compréhen-
significativement supérieurs au G1 mais comparables sion de textes informatifs ou descriptifs. Il est donc
entre eux. À l’évaluation différée, les effets restent important de travailler les stratégies de lecture à partir
significatifs mais les bénéfices observés sont supérieurs de textes provenant de différentes disciplines. C’est ce
pour les deux programmes multidimensionnels (G3 et qu’ont expérimenté Vaughn et al. (2015) dans une étude
G4). À une épreuve standardisée de compréhension et de longitudinale proposant un enseignement de la compré-
fluence et en post-test immédiat les progrès sont signifi- hension étendu aux différentes disciplines de l’enseigne-
cativement supérieurs pour le groupe ayant bénéficié de ment secondaire (math, sciences et sciences humaines)
la composante vocabulaire (G4) par rapport au groupe à des élèves en difficulté de lecture, scolarisés aux 9e et
G3, lui-même obtenant des résultats supérieurs au G2, le 10e grades américains (adolescents âgés de 14 à 16 ans
G1 restant plus faible que les 3 autres. Un an après, G3 environ). Ce programme comprenait un enseignement
et G4 obtiennent des résultats comparables et supérieurs composé la première année et durant un semestre des
à G2 et G1. contenus suivants : 1) un renforcement des procédures
de déchiffrage par le repérage systématique des affixes
Des interventions portant sur plusieurs composantes de et un entraînement à la segmentation des mots multisyl-
la lecture et du langage et cherchant à doter les enfants labiques ; 2) l’enseignement explicite de 6 à 8 mots de
de stratégies explicites pour identifier les mots inconnus vocabulaire par semaine, issus des manuels de sciences
ou pour organiser et mémoriser leurs connaissances et des sciences sociales des classes concernées ; 3) l’en-
lexicales ont donc des effets systématiquement supé- seignement collaboratif de stratégies illustré dans l’en-
rieurs à celles ciblant seulement la phonologie et le cadré 2. La 2e année, le même type d’enseignement était
principe alphabétique. repris mais était encore plus fortement lié aux textes
rencontrés par les élèves dans les différentes disciplines
Programmes de remédiation pour les collégiens et du lycée. Il était aussi augmenté à la fin de chaque unité
les lycéens d’enseignement par une discussion critique du contenu
L’enseignement de stratégies de compréhension s’est d’un texte étudié et 10 minutes étaient réservées chaque
révélé un facteur d’amélioration des performances des jour à une lecture silencieuse au choix du lecteur. Les
adolescents en difficulté (Edmonds et al., 2009 ; Solis et résultats indiquent que comparés aux témoins, les élèves
al., 2012). À l’adolescence, ces dispositifs améliorent bien qui ont bénéficié du dispositif ont significativement
plus la compréhension en lecture des faibles lecteurs (taille amélioré leurs performances de compréhension en lec-
d’effet moyen de .89) que des entraînements au décodage ture (avec une taille d’effet de .43) ; ces meilleures per-
et à l’identification des mots (taille d’effet moyen = .34 ; formances s’accompagnent en outre d’une amélioration
Edmonds et al., 2009). Ces données ont été récemment du niveau des élèves en sciences humaines.
étendues dans une recherche comparant deux programmes
à destination d’élèves présentant des difficultés en lecture
à l’entrée au collège (Clarke et al., 2017). 287 enfants CONCLUSION
âgés de 11 à 13 ans ont été séparés aléatoirement en
3 groupes, 1 groupe témoin et 2 groupes expérimentaux ; Les troubles d’apprentissage de la lecture compro-
le premier a reçu une intervention visant exclusivement mettent le devenir scolaire, social et professionnel de
la lecture (décodage et reconnaissance de mots) et le nombreux enfants qui en sont atteints. On admet en
deuxième a bénéficié d’une intervention mixte portant sur général que 6 à 8 % des enfants d’école primaire sont
la lecture et la compréhension orale à travers des activi- dyslexiques (Rapport INSERM, 2007). Ils ne sont plus
tés de vocabulaire, l’enseignement explicite de stratégies que 1,6 % parmi les étudiants réalisant des études
de compréhension et d’un travail sur les narrations. Les supérieures (Richardson & Wydell, 2003).
Encadré 2. Un enseignement explicite et collaboratif de stratégies pour dans la lecture leur permettant de satisfaire aux exigences
des collégiens et lycéens en difficulté (d’après Vaughn et al., 2011). de l’école. Cela semble particulièrement important pour
les adolescents. Les recherches indiquent aussi quelques
L’enseignement est conduit en deux phases. conditions organisationnelles susceptibles d’optimiser
La première, sous la responsabilité de l’enseignement l’efficacité des interventions : celles-ci doivent être mises
consiste en l’apprentissage explicite et indépendant de en place avec de petits groupes de niveau homogène (2 à
4 stratégies : 5 enfants), faire une place à la réflexion à travers l’expres-
1 - Avant la lecture : sion orale et s’inscrire dans la durée. Le temps nécessaire
a) Activation des connaissances : que sait-on déjà sur le dépend de l’âge des individus mais aussi évidemment
sujet ? de l’importance des difficultés rencontrées par chacun.
b) Prédire : Qu’allons-nous apprendre de nouveau sur le De nombreux travaux restent cependant à conduire pour
sujet grâce à cette lecture ? mieux préciser les conditions d’efficacité de ces interven-
2 - Pendant la lecture tions, en fonction des troubles mais aussi des habilités pré-
a) Repérer les difficultés : y a-t-il des passages difficiles servées de chaque individu, habilités susceptibles de jouer
à comprendre ? un rôle adaptatif et sur lesquelles s’appuyer pour aider les
b) Comment peut-on surmonter les difficultés ? En utili- élèves à surmonter leur handicap.
sant des stratégies de régulation.
- Relire la phrase et chercher les idées principales pour
comprendre un mot.
- Chercher des indices dans les phrases précédentes ou
suivantes pour comprendre la difficulté.
- Chercher les préfixes et suffixes.
- Scinder les mots en morphèmes (chercher les préfixes
et suffixes). RÉFÉRENCES
3 - Comprendre l’essentiel
AARON, P. G., JOSHI, M. & WILLIAMS, K. A. (1999). Not all reading
a) Quel est le personnage, la chose ou l’endroit principal ?
disabilities are alike. Journal of Learning Disabilities, 32, 120-137.
b) Quelle est l’idée principale concernant le personnage,
la chose ou l’endroit ? AMERICAN PSYCHIATRIC ASSOCIATION (2013). Diagnostic and
statistical manual of mental disorders - 5th ed. (DSM-5). Washington DC:
Après la lecture, récapituler American Psychiatric Association Publishing.
a) Poser des questions : quelles questions poser pour
APTHORP, H., RANDEL, B., CHERASARO, T., CLARK, T.,
montrer qu’on a compris les informations les plus impor- MCKEOWN, M. & BECK, I. (2012). Effects of a Supplemental Vocabu-
tantes? lary Program on Word Knowledge and Passage Comprehension. Journal
b) Quelles sont les réponses à ces questions ? of Research on Educational Effectiveness, 5 (2), 160-188.
ARCAND, M.S., DION, E., LEMIRE-THÉBERGE, L., GUAY, M.,
La deuxième phase utilise un dispositif collaboratif BARRETTE, A., GAGNON, V., CARON, P.O. & FUCHS, D. (2014).
Lorsque les élèves ont acquis suffisamment d’aisance Segmenting texts into meaningful word groups: Beginning readers pro-
sody and comprehension. Scientific Studies of Reading, 18 (3), 208-223.
dans l’utilisation des stratégies à travers les activités
conduites par l’enseignement, le dispositif collaboratif BAUMANN, J. F., EDWARDS, E. C., BOLAND, E., OLEJNIK, S. &
KAME’ENUI, E. J. (2003). Vocabulary tricks: Effects of instruction in
leur permet d’intégrer les stratégies en les utilisant de morphology and context on fifth-grade students’ ability to derive and infer
manière plus autonome entre pairs. Au sein de petits word meaning. American Educational Research Journal, 4 (2), 447-494.
groupes, chaque élève joue tour à tour un rôle qui lui est BEIDAS, H., KHATEB, A. & BREZNITZ, Z. (2013). The cognitive pro-
attribué avant l’exercice ; par exemple, un élève conduit file of adult dyslexics and its relation to their reading abilities. Reading
la séance et joue le rôle de l’enseignant ou du leader, un and Writing, 26 (9), 1487-1515. doi: 10.1007/s11145-013-9428-5
autre prend en charge les stratégies de prélecture, un autre BERNINGER, V., RASKIND, W., RICHARDS, T., ABBOTT, R. &
les stratégies à mettre en œuvre pendant la lecture, un STOCK, P. (2008). A multidisciplinary approach to understanding deve-
autre sera rapporteur devant la classe du travail effectué lopmental dyslexia within working-memory architecture: Genotypes,
phenotypes, brain, and instruction. Developmental Neuropsychology, 33,
par le groupe… 707-744. doi: 10.1080/87565640802418662.
BIANCO, M. (2015). Du langage oral à la compréhension de l’écrit.
Les recherches indiquent que les difficultés de lecture s’ins- Grenoble : P.U.G.
crivent sur un continuum dont la dyslexie représente une BIANCO, M., BRESSOUX, P., DOYEN, A. L., LAMBERT, E., LIMA,
extrémité et qu’elles ont des conséquences importantes sur L., PELLENQ, C. & ZORMAN, M. (2010). Early training of oral com-
le développement du langage oral et de la compréhension prehension and phonological skills at preschool: the results of a 3 years
longitudinal study. Scientific Studies of Reading, 14 (3), 211-246. doi.
en lecture, les difficultés de compréhension se renforçant org/10.1080/10888430903117518
en outre avec le temps. Si les remédiations basées sur les
BIANCO, M., PELLENQ, C., LAMBERT, E., BRESSOUX, P., LIMA, L.
habiletés d’identification des mots restent nécessaires, leur & DOYEN, A. L. (2012). Impact of early code-skill and oral comprehen-
efficacité diminue à mesure que les enfants avancent dans sion training on reading achievement in first grade. Journal of Research in
leur scolarité. Les études revues dans cet article montrent Reading, 35 (4), 427-455. doi: 10.1111/j.1467-9817.2010.01479.x
que des interventions multidimensionnelles, visant à la fois BIANCO, M., DESSUS, P., COLÉ, P. & MEGHERBI, H. (2014).
l’amélioration de la lecture, du langage oral et les stratégies DEVCOMP. from http://webcom.upmf-grenoble.fr/sciedu/devcomp
de compréhension représentent une voie intéressante pour BIANCO, M. & LIMA, M. (2017). Comment enseigner la compréhension
aider les élèves à progresser et maintenir un engagement en lecture ? Paris : Hatier.
BISHOP, D. V. M. & SNOWLING, M. J. (2004). Developmental dyslexia learning of struggling readers. Scientific Studies of Reading, 21 (2),
and specific language impairment: Same or different? Psychological Bul- 13-145. doi, 10.1080/10888438.2016.1265970
letin, 130, 858-886. doi:10.1037/0033-2909.130.6.858.
FERRER, E., SHAYWITZ, B.A., HOLAHAN, J.M., MARCHIONE,
BOWERS, P. N., KIRBY, J. R. & DEACON, S. H. (2010). The effects K.E., MICHAELS, R. & SHAYWITZ, S.E (2015). Achievement gap
of morphological instruction on literacy skills: A systematic review in reading is present as early as first grade and persists through ado-
of the literature. Review of Educational Research, 80, 144-179. doi: lescence. The Journal of Pediatrics, 167 (5),1121-1125. doi: 10.1016/j.
10.3102/0034654309359353. jpeds.2015.07.045
BROSNAN, M., DEMETRE, J., HAMILL, S., ROBSON, K., FRICKE, S., BOWYER-CRANE, C., HALEY, A.J., HULME, C. &
SHEPHERD, H. & CODY, G. (2002). Executive functioning in adults SNOWLING, M. (2013). Efficacy of language intervention in the early
and children with developmental dyslexia. Neuropsychologia, 40, 2144- years. Journal of Child Psychology and Psychiatry, 54 (3), 208-209. doi:
2155. doi:10.1016/S0028-3932(02)00046-5 10.111/jcpp.12010
CALLENS, M., TOPS, W. & BRYSBAERT, M. (2012). Cognitive profile GOODWIN, A. P. & AHN, S. (2010). A meta-analysis of morphological
of students who enter higher education with an indication of dyslexia. interventions: Effects on literacy achievement of children with literacy
Annals of Dyslexia, 62, 186-203. doi:10.1007 /s11881-012-0072-6 difficulties. Annals of Dyslexia, 60, 183-208. doi:10.1007/s11881-010-
0041-x
CASALIS, S., COLÉ, P. & SOPO, D. (2004). Morphological awareness
in developmental dyslexia. Annals of Dyslexia, 54 (1), 114-138. GOUGH, P.B. & TUNMER, W.E. (1986). Decoding, reading and reading
disability. RASE: Remedial and Special Education, 7, 6-10.
CAVALLI, E., CASALIS, S., EL AHMADI, A., ZIRA, M., PORACCHIA-
GEORGE, F. & COLÉ, P. (2016). Vocabulary skills are well developed HAGEN, A.M., MELBY-LERVAG, M. & LERVAG, A. (2017). Impro-
in dyslexic university students: Evidence from multiple case studies. ving language comprehension in preschool children with language dif-
Research in Developmental Disabilities, 51/5 (2), 89-102. ficulties: a cluster randomized trial. The journal of child psychology and
psychiatry. doi:10.1111/jcpp.12762
CAVALLI, E., DUNCAN, L. G., ELBRO, C., EL AHMAD, I. A.
& COLÉ P. (2017). Phonemic-morphemic dissociation in university HULME, C. & SNOWLING, M.J. (2016). Reading disorders and dyslexia.
students with dyslexia: An index of reading compensation? Annals of Pediatrics, 28 (6), 731-735. doi:10.1097/MOP.0000000000000411
Dyslexia, 67, 63-84. HULME, C. & SNOWLING, M. J. (2011). Children’s reading compre-
CHEVALIER, T. M., PARRILA, R., K., RITCHIE, K. C. & DEACON, hension difficulties: Nature, causes, and treatments. Current Directions
S.H. (2015). The role of metacognitive reading strategies, metacogni- in Psychological Science, 20, 139-142. doi:10.1177/0963721411408673.
tive study and learning strategies, and behavioral study and learning INSERM (2007). Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie. Bilan des don-
strategies in predicting success in students with and without a history nées scientifiques, 175-190. Paris : Éditions Inserm.
of reading difficulties. Journal of Learning Disabilities, 1-15. doi:
10.1177/0022219415588850 KIDA, A.S.B., ÁVILA, C.R.B. & CAPELLINI, S.A. (2016). Reading
Comprehension Assessment through Retelling: Performance Profiles of
CLARKE, P. J., SNOWLING, M. J., TRUELOVE, E. & HULME, C. Children with Dyslexia and Language-Based Learning Disability. Fron-
(2010). Ameliorating children’s reading comprehension difficulties: a tiers in Psychology, 7 (787). doi: 10.3389/fpsyg.2016.00787
randomized controlled trial. Psychological Science, 21 (8), 1106-1116.
KIM, Y.-S. G. & WAGNER, R.K. (2015). Text (oral) reading lluency
CLARKE, P.J., PAUL, S.-A.S., SMITH, G., SNOWLING, M. & as a construct in reading development: an investigation of its mediating
HULME, C. (2017). Reading intervention for poor readers at the transi- role for children from grades 1 to 4. Scientific Studies of Reading. doi:
tion to secondary school. Scientific Studies of Reading, 1-20. doi:10.1080 10.1080/10888438.2015.1007375
/10888438.2017.1318393
KINTSCH, W. (1998). Comprehension: a paradigm for cognition. New
CUNNINGHAM, A.E. & STANOVICH, K.E. (1997). Early reading York: Cambridge University Press.
acquisition and its relation to reading experience and ability 10 years later. KIRBY, J.R., SILVESTRI, R., ALLINGHAM, B.H., PARRILA, R. &
Developmental Psychology, 33 (6), 934-945. LA FAVE, C.B. (2008). Learning strategies and study approaches of
DUFF, F.J., HULME, C., GRAINGER, K. et al. (2014). Reading and postsecondary students with dyslexia. Journal of Learning Disabilities,
language intervention for children at risk of dyslexia: a randomized 41 (1), 85-96.
controlled trial. Journal of Child Psychology and Psychiatry, 55 (11), LAW, J.M. LOUTERS, J. & GHESQUIÈRE, P. (2015). Morphologi-
1234-1243. doi: 10.1111/jcpp.12257 cal Awareness and Its Role in Compensation in Adults with Dyslexia.
EASON, S. H., SABATINI, J., GOLDBERG, L., BRUCE, K. & CUT- Dyslexia, 21 (3), 254-272. doi: 10.1002/dys.1495
TING, L. (2013). Examining the relationship between word reading effi- MARTIN, J., FRAUENFELDER, U.H. & COLÉ, P. (2013). Morphologi-
ciency and oral reading rate in predicting comprehension among different cal awareness in dyslexic students. Applied Psycholinguistics, 35, 1213-
types of readers. Scientific Studies of Reading, 17 (3), 199-223. 1233. doi: 10.1017/S0142716413000167
EDMONDS, M. S., VAUGHN, S., WEXLER, J., REUTEBUCH, C., MELBY-LERVAG, M. & LERVAG, A. (2014). Effects of educational
CABLE, A., KINGLER, K., WICK SCHNAKENBERG, T. & WICK intervention targeting reading comprehension and underlying compo-
SCHNAKENBERG, J. (2009). A synthesis of reading interventions and nents. Child Development Perspectives, 8 (2), 96-100. doi:10.1111/
effects on reading comprehension outcomes for older struggling readers. cdep.12068
Review of Educational Research, 79 (1), 262-300.
MELBY-LERVAG, M. & HULME, C. (2012). Is working memory trai-
ELBRO, C. & ARNBAK, E. (1996). The role of morpheme recognition ning effective? A meta-analytic review. Developemental Psychology, 49,
and morphological awareness in dyslexia. Annals of Dyslexia, 46, 209- 270-291. doi:10.1037 /a0028228
239.
MORRIS, R.D., LOVETT, M.W., WOLF, M., SEVCIK, R.A., STEIN-
ELLEMAN, A. M. (2017). Examining the impact of inference instruction BACH, K.A., FRIJTERS, J.C. & SHAPIRO, M.B. (2010). Multi-
on the literal and inferential comprehension of killed and less skilled ple-component remediation for developmental reading disabilities: IQ,
readers: a meta-analytic review. Journal of Educational Psychology. socioeconomic status, and race as factors in remedial outcome. Journal
Advance online publication. doi.org/10.1037/edu0000180 of Learning Disabilities XX (X), 1-29. doi: 10.1177/0022219409355472
ELLEMAN, A. M., LINDO, E. J., MORPHY, P. & COMPTON, D. L. NATION, K. & SNOWLING, M. (1998). Individual differences in
(2009). The impact of vocabulary instruction on passage-level compre- contextual facilitation: evidence from dyslexia and poor reading compre-
hension of school-aged children: a meta-analysis. Journal of Research on hension. Child Development, 69 (4), 996-1011.
Educational Effectiveness, 2 (1), 1-44.
OAKHILL, J., HARTT, J. & SAMOLS, D. (2005). Levels of comprehen-
ELLEMAN, A.M., STEACY, L.M., OLINGHOUSE, N.G., COMPTON, sion monitoring and working memory in good and poor comprehenders.
D.L. (2017). Examining child and word characteristics in vocabulary Reading and Writing, 18, 657-686.
O’CONNOR, R.E., SWANSON, H.L. & GERAGHTY, C. (2010). comprehension performance of elementary students with learning disa-
Improvement in reading rate under independent and difficult text levels: bilities: a synthesis of research from 2001 to 2014. Journal of Learning
influence on word and comprehension skills. Journal of Educational Psy- Disabilities, 1-15. doi: 10.1177/0022219416638028
chology, 102 (1), 1-19. doi:10.1037/a0017488
SUGGATE, S.P. (2016). A Meta-Analysis of the Long-Term Effects of
O’CONNOR, R.E. (2017). Reading fluency and students with reading Phonemic Awareness, Phonics, Fluency, and Reading Comprehension
disabilities: how fast is enough to promote reading comprehension? Interventions. Journal of Learning Disabilities. 49 (1), 77-96. doi:
Journal of Learning Disabilities, 1-13. doi:10.1177/0022219417691835 10.1177/0022219414528540
PALINCSAR, A. & BROWN, A. (1984). Reciprocal teaching of com- SWANSON, H.L. & HSIEH, C.J. (2009). Reading disabilities in adults: a
prehension fostering comprehension monitoring activities. Cognition and selective meta-analysis of the literature. Review of educational Research,
Instruction, 1 (2), 117-175. 79, 1362-1390. doi: 10.3102/0034654309350931
PARRILA, R., GEORGIOU, G. & CORKETT, J. (2007). University stu- TIGHE, E.L. & SCHATSCHNEIDER, C. (2014). Examining the rela-
dents with a significant history of reading difficulties: What is and is not tionships of component reading skills to reading comprehension in strug-
compensated? Exceptionality Education Canada, 17 (2), 195-220. gling adult readers: a meta-analysis. Journal of Learning Disabilities,
1-15.doi: 10.1177/002221941455415
POTOCKI, A., SANCHEZ, M., ECALLE, J. & MAGNAN, A. (2015).
Linguistic and cognitive profiles of 8- to 15- year-old children with spe- TRABASSO, T. & BOUCHARD, E. (2002). Teaching Readers How to
cific reading comprehension difficulties: the role of executive functions. Comprehend Strategically. In C. C. Block & M. Pressley (Eds.), Compre-
Journal of Learning Disabilities, 1-15. doi: 10.1177/0022219415613080 hension Instruction, Research-based best Practices (pp. 176-202). New
York: The Guilford Press.
PRESSLEY, M., DISNEY, L. & ANDERSON, K. (2007). Landmark
vocabulary instructional research and the vocabulary instructional TRAININ, G. & SWANSON, H.L. (2005). Cognition, metacognition,
research that makes sense now. In R. K. Wagner, A. E. Muse & K. R. and achievement of college students with learning disabilities. Learning
Tannenbaum (Eds.), Vocabulary acquisition: Implications for reading Disability Quarterly; 28, 261-272.
comprehension (pp. 205-232). New York: The Guilford Press.
VARVARA, P., VARUZZA, C., SORRENTINO, A. C. P., VICARI,
QUÉMART, P. & CASALIS, S. (2015). Visual processing of derivational S. & MENGHINI, D. (2014). Executive functions in developmental
morphology in children with developmental dyslexia: Insights from mas- dyslexia. Frontiers in Human Neuroscience, 8, 120. doi.org/10.3389/
ked priming. Applied Psycholinguistics, 36 (2), 345-376. fnhum.2014.00120
RANSBY, M. & SWANSON, H. (2003). Reading comprehension skills of VAUGHN, S., KLINGNER, J.K., SWANSON, E.A., BOARDMAN,
young adults with childhood diagnoses of dyslexia. Journal of Learning A.G., ROBERTS, G., MOHAMMED, S.S. & STILLMAN-SPISAK, S.J.
Disabilities, 36 (6), 538-555. (2011). Efficacy of collaborative strategic reading with middle school
students. American Educational Research Journal, 48 (4),938-964.
RICHARDSON, J.T.E. & WYDELL, T.N. (2003). The representation and
attainment of students with dyslexia in UK higher education. Reading and VAUGHN, S., ROBERTS, G., WEXLER, J., VAUGHN, M., FALL, A. &
Writing 16, 475-503. SCHNAKENBERG, J. (2015). High school students with reading com-
prehension difficulties: Results of a randomized control trial of a two-year
SIMMONS, F. & SINGLETON, C. (2000). The reading comprehension
reading intervention. Journal of Learning Disabilities, 48 (5), 546-558.
abilities of dyslexic students in higher education. Dyslexia, 6, 178-192.
doi:10.1177/0022219413515511.
doi: 10.1002/1099-0909(200007/09)6
WALDA, S.A.E., VAN WEERDENBURG, M., WIJNANTS, M.L. &
SOLIS, M., CIULLO, S., VAUGHN, S., PYLE, N., HASSAREM, B. &
BOSMAN, A.M.T. (2014). Progress in reading and spelling of dyslexic
LEROUX, A. (2012). Reading comprehension interventions for middle
children is not affected by executive functioning. Research in Develop-
school students with learning disabilities; a synthesis of 30 years of
mental Disabilities 35, 3431-3454. doi.org/10.1016/j.ridd.2014.08.013
research. Journal of learning disabilities, 45 (4), 327-340.
WANZEK, J., VAUGHN, S., SCAMMACCA, N. K., METZ, K., MUR-
SPARKS, R. L., PATTON, J. & MURDOCH, A. (2014). Early reading
RAY, C. S., ROBERTS, G. & DANIELSON, L. (2013). Extensive reading
success and its relationship to reading achievement and reading volume:
interventions for students with reading difficulties after grade 3. Review of
replication of “10 years later”. Reading and Writing, 27 (1), 189-211.
Educational Research, 83 (2), 163-195.
SPRENGER-CHAROLLES, L. & COLÉ, P. (2013). Lecture et dyslexie.
WONG, A.M.Y., HO, C.S.H., AU, T.K.F., MCBRIDE, C. et al. (2017).
Approches cognitives. Paris : Dunod.
Reading comprehension, working memory and higher-level language
STANOVICH, K.E. (1986). Matthew effects in reading: some conse- skills in children with SLI and/or dyslexia. Reading and Writing, 30, 337-
quences of individual differences in the acquisition of literacy. Reading 361. doi 10.1007/s11145-016-9678-0
Research Quarterly, 2 (4), 360-407.
ZORMAN, M.T, BRESSOUX, P., BIANCO, M., LEQUETTE, C., POU-
STANOVICH, K.E. & SIEGEL, L.S. (1994). The phenotypic perfor- GET, G. & POURCHET, M. (2015). « PARLER » : un dispositif pour pré-
mance profile of reading-disabled children: A regression-based test of venir les difficultés scolaires. Revue française de pédagogie, 193, 57-76.
the phonological-core variable-difference model. Journal of Educational
Psychology, 86, 24-53.
STEVENS, E.A., WALKER, M.A. & VAUGHN, S. (2016). The effects
of reading fluency interventions on the reading fluency and reading