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Biophysique2an Vision2021 PDF

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Faculté de Médecine de Constantine

Unite: Appareil Neurosensoriel


APPAREIL NERVEUX ET ORGANES DES SENS
Biophysique de la vision
(4 séances= 6h)
1- Notions de lumière (aspect ondulatoire, corpusculaire, sources
lumineuses).
2- Notions de photométrie et radiométrie (mesure des paramètres physiques)
3- Message sensoriel: Trivariance visuelle, système monochromatique,
système polychromatique.
4- Anomalies de la vision des couleurs: Dyschromatopsies
5-Photochimie de la rétine
6-Tomographie par cohérence optique (OCT)

Objectifs
 Expliquer les notions physiques de base a l’origine du message
sensoriel
 Décrire la vision des couleurs et leurs anomalies
 Décrire les méthodes subjectives et objectives d’examens des
caractéristiques oculaires
 Expliquer la cohérence optique et les bases de l’imagerie retinienne.
Généralités sur la biophysique sensorielle
La biophysique sensorielle se préoccupe de la perception des signaux extérieurs. Un signal est une
forme très spécialisée d'énergie qui porte un message physique précis. Un organisme vivant perçoit
ces signaux grâce à une véritable chaîne de détection, dont la structure est équivalente pour la vision,
l'audition, l'odorat, le goût, l'équilibre vestibulaire, la sensibilité, ....
Dans les cas de la vision et de l'audition, la chaîne peut être décrite comme suit :

Chaîne sensorielle Vision Audition Exploration


Signal (message REM visible (400 < l vibration sonore Physique
physique) < 750 nm)
Capture du signal globe oculaire oreille externe et Biophysique
moyenne Electrophysiologie
Transduction rétine cochlée Biochimie
Transmission voies optiques voies auditives Pathologies
Analyse et
interprétation cortex occipital Cortex temporal Imagerie fonctionnelle
(TEP, TEM, IRMf)

- L'analyse est effectuée dans les centres nerveux ; elle permet l'interprétation du signal perçu.
- L'explosion récente des techniques d'imagerie fonctionnelle permet, à travers la visualisation de
territoires cérébraux activés par des stimulations sensorielles, d'entrevoir une certaine compréhension
des mécanismes d'analyse et d'interprétation centrales.

Biophysique de la vision
Dans le mécanisme de la vision, les rayons lumineux pénètrent dans l’œil par la pupille, sont déviés par le
cristallin, puis viennent frapper la rétine. C’est ensuite un processus chimique qui envoi un message par le
nerf optique, au cerveau. Celui-ci interprète les informations par une sensation de couleur ou de luminosité.

La chaine visuelle comprend :


1- Un organe, l’œil, assurant le recueil et la transduction du message physique (onde lumineuse)
2- Des voies nerveuses assurant la transmission au cortex de l’information recueillie
3- Des centres corticaux assurant l’analyse et le traitement de l’information aboutissant à la perception
d’un message sensoriel : l’image en couleur et en relief.
I- Signal physique
Le signal physique est constitué d’ondes lumineuses en provenance de points précis.

1- Lumière :
est un phénomène physique qui peut produire une sensation visuelle. Le message lumineux est une
onde : il consiste en un transport d’information (énergie) sans transport de la matière.

- Correspond à la vibration d’un champ électromagnétique,


- Peut se propager dans le vide (C=3.108 ms-1)
- Est de fréquence de l’ordre de 1015 Hz
- Ne représente qu’une faible partie (visible) du domaine spectral des ondes électromagnétiques de
même nature.

Classement des ondes (EM) suivant leur longueur d’onde dans le vide

1a- Description ondulatoire de la lumiere


- Elle est decrite par les equations de Maxwel
- Les deux champs electrique E et magnetique B sont perpendiculaires.
- E(x,t)=cB(x,t) ou c est la vitesse de la lumiere dans le vide
- La lumière se propage perpendiculairement à la superposition des deux champs, avec une fréquence
, une période T=1  et une longueur d’onde cT.
- Lumière atteignant la rétine : 350 nm à 1400 nm
- Lumière solaire visible : 400 nm à 700 nm
- Fréquence fixe correspond à une onde ou lumière monochromatique exemple: couleur bleue
- Gamme de fréquences correspond à une lumière polychromatique exemple: couleur blanche

1b-Description corpusculaire de la lumiere


- Le rayonnement est un ensemble de particules (photons) se propageant à la vitesse de la lumière le
long de l’axe Ox.
- La masse des photons au repos est nulle
- E = h ν, avec h constante de Planck (Remarque : h = 6,62.10-34 J.s, E en J, ν fréquence en Hz)

Complémentarité des deux descriptions


Aspect corpusculaire : Rayonnements très énergétiques, les phénomènes ondulatoires ont une
influence trop faible pour être pris en compte

Aspect Ondulatoire : Rayonnements peu énergétiques, les photons ont une énergie trop faible pour
interagir avec la matière

Dualité onde- corpuscule


- A toute onde, on peut associer un corpuscule de masse m et réciproquement (vitesse v)
- Longueur d’onde de Broglie alors λ = h / (m.v)
- Utile pour les corpuscules de masse faible (particules).

2- Généralités sur les sources d'émission de REM


Soit une source étendue de surface , émettant dans une direction D° donnée, vers un objet éclairé de
section S, dans un angle solide (figure 1). D° fait un angle  avec la normale (nS) à la section de la
source, et un angle avec celle (nO) de l'objet.

Figure 1
Chaque point P émet de façon radiale et éclaire l'objet sous l'angle solide . La source est ainsi
constituée d'un ensemble de sources ponctuelles et loin d'elles, seule est perçue une émission
surfacique (aire ) globale.
On distingue deux types de sources lumineuses :

2a- Sources primaires : produisent de la lumière. (Lampes, soleil, étoiles…) par émission
thermique ou quantique. L'émission thermique est liée à l'agitation thermique des électrons (étoiles,
lampes à incandescence). Son spectre (énergie émise en fonction de la fréquence) est continu et lié à la
température de la source : plus le corps est chaud, plus le spectre est intense et se déplace vers les courtes
longueurs d'onde.

Les sources primaires thermiques émettent un spectre visible continu et caractéristique décrit par la loi de
Planck :

2𝜋ℎ 𝜐3
𝜀= ℎ𝜐 
𝑐2
𝑒 𝑘𝑇 −1

La source est dite "radiateur intégral" si elle émet tous les rayonnements produits, et "corps noir" si elle
absorbe tous ceux reçus (pas de rayonnements réfléchis).
L'émission quantique est liée aux transitions électroniques atomiques et moléculaires. Elle se caractérise
par un spectre de raies et se superpose souvent à l'émission thermique (vers luisant, tubes fluorescents,
étoiles).

2b- Sources secondaires : objets qui renvoient une partie de la lumière qu’ils reçoivent.
Les photons éclairant un objet n'ont que 2 destinées possibles : être absorbés par l'objet (probabilité pa)
ou être diffusés/réfléchis (probabilité pd) ; ainsi, pa + pd = 1. La distribution de pa (donc pd) pour tout 
 [400 nm, 800 nm] caractérise l'objet éclairé qui devient ainsi source secondaire de lumière
diffusée.
Application : Les couleurs du ciel
Les 3 phénomènes qui permettent de voir les couleurs du ciel sont:

1. la diffusion ( le ciel est bleu);


2. la réfraction (les arcs-en-ciel en sont le résultat);
3. la diffraction (comme les anneaux colorés, les couronnes, ...)

Pourquoi le ciel est bleu ?


Les rayons du soleil se propagent dans l'atmosphère sous formes d'ondes invisibles. Ces ondes rectilignes
nous apparaissent blanches, mais en fait elles sont un mélange de couleurs de la partie visible du spectre
électromagnétique. Les couleurs (de la plus petite longueur d'onde à la plus longue) sont: violet, indigo, bleu,
vert, jaune, orange, rouge. Chaque couleur a une longueur d'onde bien spécifique qui la caractérise.
La diffusion de Rayleigh est due aux molécules gazeuses présentes dans l’atmosphère (O2, N2, CO2, vapeur
d’eau, etc.) et aux très fines particules de poussière. Elle se produit lorsque la taille des particules
diffusantes est très inférieure à la longueur d’onde du rayonnement.
Par exemple, le ciel nous apparaît bleu parce que ce sont les longueurs d'onde les plus courtes qui sont le
plus diffusées, ou diffusées le plus efficacement, par les molécules d'eau ou les poussières en suspension
dans l'air. Evidemment, selon la région dans laquelle on se trouve, le bleu du ciel sera un peu différent. La
proportion du jaune et du vert peut être amplifiée au-dessus des régions peuplées, à cause de la plus grande
quantité de poussières dans l'air; le ciel apparaît alors plus clair qu'au-dessus de régions peu urbanisées.

Pourquoi la nuit est-elle noire ?


L’explication vient cette fois de notre capacité de perception de la lumière, donc de notre rétine. Celle-ci est
constituée de cônes et de bâtonnets. Seuls les bâtonnets sont sensibles aux faibles lumières et ils ne
perçoivent pas les couleurs (la nuit tous les chats sont gris), contrairement aux cônes, sensibles aux
couleurs, qui sont actifs en lumière plus intense.

II- Notions de photométrie et de radiométrie


- La radiométrie est le domaine qui étudie la mesure de l’énergie des rayonnements électromagnétiques, y
compris la lumière visible.
- La photométrie est la science qui étudie le rayonnement lumineux du point de vue de la luminosité perçue
par l'œil humain, plutôt que l'énergie totale du rayonnement.

1- Grandeurs radiométriques (Mesure de la quantite de lumiere)


L’onde lumineuse, signal physique, peut être caractérisée par la mesure de paramètres physiques
Ces grandeurs permettent la description objective de la quantité de signal physique. Elles rendent
compte de l'énergie lumineuse émise par la source, transportée par les photons dans le faisceau lumineux
et reçue sur un objet (écran, détecteur, ...).
L'énergie totale transportée par le faisceau est la contribution de toutes les sources ponctuelles dans .

1a- Flux énergétique (watt)


Le flux énergétique  est l’energie transportée par seconde, exprimee en Watt.
 = dE / dt.

1b- Intensité énergétique I (Watt.sd-1)


L'intensité énergétique I d'une source ponctuelle Pi émise dans la direction D° de l'objet est alors
donnée par le flux dans l'angle solide  :

I = d / d (Watt.sd-1)
L’angle solide s’exprime en steradian (sd)

1c- Brillance énergétique B (Watt.m-2.sd-1)


Pour une source étendue, on définit la brillance (ou luminance) énergétique B de la source dans la
seule direction D° de l'objet comme l'intensité énergétique globale par unité de surface de source.
Elle caractérise l'émission d'une source étendue dans une direction donnée.

B = dI / (d . cos) = dE / dt / d / ( d.cos (Watt.m-2.sd-1)


1d- Radiance énergétique R (Watt.m-2)
Pour une source étendue, on définit la radiance (ou émittance) énergétique R de la source, comme
le flux total émis par toute la source, dans toutes les directions, par unité de surface de source :
RE = d / d = dE / dt / d (Watt.m-2)

1e- Eclairement énergétique E (Watt.m-2)


L'éclairement énergétique E de l'objet est le flux global reçu par section d'objet :

E = d / dS = dE / dt / dS (Watt.m-2)

Il existe une relation simple entre E et I : E = I.cos  r2


En effet I = d / d = d . r2 / (dS . cos = E . r2 / cos

C'est la loi de l'inverse carré de la distance (le faisceau éclairant S est conique).

Toutes ces gradeurs energetiques s’appliquent au rayonnement total, a une source monochromatique et a une
source non monochromatique.

2 Grandeurs photométriques
Ces grandeurs sont qualifiées de lumineuses pour les distinguer des grandeurs paramétriques qualifiées
d’énergétiques. Le parallélisme est absolu.

GRANDEURS RADIOMETRIQUES GRANDEURS PHOTOMETRIQUES


Flux énergétique  Watt Flux lumineux  lumen
Intensité énergétq I = d/d W.sd-1 Intensité I candela (cd)
lumineuse
Eclairemt énergtq E = d/dS W.m-2 Eclairemt E lumen.m-2 = lux
luminx
Brillance énergtq B = dI/d/cos W.m-2.sd-1 Luminance L cd.m-2
= 10 nits

2a- L'intensité lumineuse I (candela)


du faisceau lumineux est directement reliée à la luminance de la source (cf. fig. 1) par la
relation :

I = L .  . cos candela, cd)


Une candela (nouvelle bougie) mesure l'intensité lumineuse, dans une direction déterminée, (D°)
d'une ouverture (source étendue) perpendiculaire à cette direction (.cos), ayant une aire de 1/60
cm2 et rayonnant comme un corps noir à la température de solidification du platine (2028°K)

2b- Le flux lumineux (lumen)


C’est l'intensité lumineuse rayonnée dans un angle solide donné par :
 (lumen)
2c- L'éclairement lumineux E (lumen.m-2 =lux)
ou densité surfacique de flux capté par l'objet (surface S) est donné par :

E = / S (lux)

On retrouve, puisque  = (S . cos) / r2 que E = I . cos / r2 (loi de l'inverse carré de la


distance)

2d-La luminance,L (cd.m-2) ou (10 nits) ou (lumen.m-2.sd-1)


comme on l'a vu, mesure la brillance énergétique de la source perçue par l'œil de référence ;
c'est la densité surfacique du flux d'émission (surface ) :
L = I / ( . cos) (1 cd/m2 = 10 nits)

Ordre de grandeur de quelques luminances

Luminance (nits)
Ciel nocturne étoilé sans lune 5 . 10-4
Ciel nocturne étoilé, pleine lune 2 . 10-2
Terre labourée, lumière de midi 1300
Disque solaire 1,5 . 109
III- Message sensoriel
Le message sensoriel est ce que l'œil biologique perçoit et interprète du message physique.
L'approche est beaucoup plus subjective. Les grandeurs photométriques prétendent à une description
objective de la perception du message sensoriel lumineux par notre cerveau, alors même que la
sensation lumineuse et l'interprétation colorée sont des phénomènes subjectifs.
Transformation des grandeurs radiometriques en grandeurs photometriques , physiologiques.

1- Trivariance visuelle (TV)


L’expérience montre que toute sensation lumineuse peut être entièrement caractérisée par 3 variables
indépendantes : trivariance visuelle (TV)

1a- Le système monochromatique de TV


Dans ce système, seule la  dominante suffit, bien que ces variables rendent compte de 3 qualités
physiologiques. Ces qualités sont perçues comme immédiates et traduisent l'intensité et la
couleur :
 la luminance L, intensité perçue, indépendamment de la couleur ; liée à la quantité
et l'énergie des photons, c'est une grandeur mesurable ;
 la tonalité, traduisant la teinte perçue ; non mesurable, cette impression colorée est repérée
par rapport à une  connue produisant la même sensation ;
 la saturation, traduisant le % de lumière blanche "délavant" la teinte : un bleu foncé est plus
saturé qu'un bleu clair.

Tonalité et saturation sont indissociables, et caractérisent la perception de la couleur (qualité


chromatique). Ainsi, dans ce système, toute sensation lumineuse se définit comme la
superposition de 2 quantités, l'une de lumière monochromatique L (intensité de la teinte) et
l'autre une quantitee donnee de lumiere blanche, Lw :

L = L + Lw (fonction trivariance)

La saturation se mesure alors par un rapport, p, appelé facteur de pureté, qui vaut 0 pour le
blanc, et 1 pour une couleur spectrale pure (non délavée) :

L
p 

L  Lw
Ce mode de représentation tri variante d’une sensation colorée s’appelle le système
monochromatique car une seule longueur d’onde intervient dans cette représentation : la
longueur d’onde dominante
1b- Le système trichrome de TV ou RVB
Il utilise des variables moins physiologiques mais physiquement mesurables. Toute sensation
lumineuse peut être reproduite par la superposition, en mélange convenable, de 3 teintes
"judicieusement" choisies et appelées primaires, ici le Rouge, le Vert et le Bleu. La sensation
est alors définie par la luminance de chacune des 3 sources colorées, d’où 3 variables qui
présentent l’avantage d’être toutes trois mesurables.

L = LR + LV+ LB
LR, Lv et LB désignent respectivement les luminances des 3 teintes R. V et B.
Trois couleurs interviennent dans ce mode de représentation trivariante d’une sensation colorée, d’où
l’appellation de système trichome.

2- Analyse du message sensoriel à partir des trois qualités


physiologiques
Notion de luminance
2a- Luminance (perçue) et brillance énergétique (source)
La sensation qui nous fait dire qu’une lumière est plus ou moins intense est liée principalement à
l’éclairement énergétique de la rétine (photorécepteurs) lui-même proportionnel à la brillance
énergétique de la source lumineuse (si l’on néglige les variations du diamètre pupillaire).

 On peut écrire : L = KRt.B, où KRt est un simple coefficient de proportionnalité. 


En résumé : Proportionnalité entre perception et signal :
Sensation lumineuse (grandeur photométrique) = Interprétation du signal (grandeur
radiométrique) par détecteurs rétiniens, Rt , cônes et bâtonnets.

Remarque:
 Pour comparer 2 luminances, il faut les alterner sur la rétine à une fréquence de 6 à 10 Hz,
ce qui provoque un papillotement qui disparaît à égalité. Une fréquence trop élevée ne
permet pas de distinguer l'alternance des luminances (fusion), tandis qu'une fréquence
trop basse maintient les couleurs séparées.
 Si 2 sources monochromatiques de même  et même brillance énergétique produisent bien la
même sensation lumineuse (à même diamètre pupillaire), ce n'est pas le cas lorsque ces
sources ont des  différentes : l'égalité des luminances de 2 sensations de couleur différente
ne correspond plus à celle des brillances énergétiques, et l'on peut écrire:
pour un L identique, si 1  2  B1  B2

 Imaginons alors une source (radiométrique) théorique de  constante    on observe que le


rendement de la perception rétinienne varie avec 






 Spectre d’émission (source) « plat » :
 Même nombre de photons émis  



… mais le rendement de perception dépend de 


L Rétine


KRt = k . E d'où
 L = k. E . 


 m 



 On appelle efficacité lumineuse d'une source à la longueur d'onde , le facteur E qui varie
avec .
E = KRT / k = L / (K RT . B).
E = 1 pour  = m et E < 1    m

2b- Sensibilité de l'œil à la longueur d'onde


Ainsi, la sensibilité de l'œil à la lumière dépend-elle de la longueur d'onde : l'oeil est totalement
insensible aux IR et UV, et plus sensible au bleu qu'au rouge, avec un maximum dans le jaune
(md = 555 nm) en vision diurne (indice d) et dans le vert (mn = 510 nm) en vision nocturne
(indice n).
L'efficacité lumineuse étant maximale pour m, c'est à cette longueur d'onde qu'il faudra la
brillance de source la plus faible (Bm) pour produire une sensation lumineuse donnée L, toute
autre   m nécessitant une brillance B > Bm pour reproduire L.
Or L = k. E .  et Lm = k. Em . m
Ainsi, si L = Lm alors Bm = Em/E = V . B
B avec 0  V  1

V = Bm / B est le coefficient d'efficacité lumineuse. Ses variations en fonction de 


représentent les courbes d'efficacité lumineuse ci-après. La variabilité biologique étant faible,
elles sont données pour un œil moyen, celui de l'observateur de référence :
Ces courbes montrent l'existence de 2 types de photorécepteurs rétiniens, les cônes pour la
vision diurne (photopique) et les bâtonnets pour la vision diurne (scotopique). Elles montrent en
outre que les cônes sont sensibles au jaune et les bâtonnets insensibles au rouge.

2c- Mesure de la Luminance


V permet de définir, par convention par rapport à la courbe d'efficacité lumineuse photopique,
la luminance, ou intensité perçue L, d'une source colorée :
L = k . Bmd = k . Vd . B avec Vd = Bmd /B
Pour les lumières complexes (source polychromatique), l'expérience montre que la luminance
globale vaut la somme des luminances des composantes (loi d'Abney).
La luminance, qui traduit une sensation subjective, est ainsi physiquement mesurable par la
brillance énergétique de la source, pour autant que l'on connaisse le maximum d'efficacité
lumineuse diurne de l'œil.

 Remarque importante : Attention, la luminance est l'intensité perçue par la rétine, non
l'intensité lumineuse du faisceau ; elle correspond en fait à l'intensité lumineuse par unité de
surface de source, ce qui représente bien une brillance ...

2d- Adaptation à l’obscurité


Les courbes d’efficacité lumineuse montrent que les luminances (quantités de lumière
perçues) dépendent de la longueur d’onde et de l’éclairement ambiant. Ce dernier aspect est
illustré par l’effet PURKINJE : la nuit (E < 10-3 nits), le bleu paraît plus lumineux que le rouge :
la vision nocturne, scotopique, due aux bâtonnets (insensibles au rouge) diffère de la vision
diurne, photopique, due aux cônes. On peut donc s’attendre à ce que le passage d’un fort
éclairement à l’obscurité (éclairement (très) faible) nécessite un temps d’adaptation  long

Nous pouvons deduire:


- Les bâtonnets sont beaucoup plus sensibles que les cônes mais beaucoup plus lents à
s’adapter.
- Les bâtonnets sont insensibles au rouge
- s’éclairer en jaune la nuit est une erreur, il vaudrait mieux en vert, donc les phares
d’automobiles sont plutôt blancs que jaunes

2e- Les différentes couleurs perçues


L’œil normal perçoit  1700 nuances colorées :
 on admet que la perception colorée se situe entre 450 et 750 nm, et comme on le voit, le
seuil différentiel de sensibilité colorée est élévé dans le « visible » (entre 490 et 590 nm,
la rétine humaine peut identifier des couleurs ne différant entre elles que d'un seul
nanomètre) mais se dégrade fortement en-deçà et au-delà ; en particulier, la sensation
colorée est uniforme pour tous les rouges de 680 à 750 nm ;

VI Anomalies de la vision des couleurs:


Dyschromatopsies (Ds)
Ce sont les anomalies de la vision des couleurs.
L’homme normal voit les couleurs grâce à 3 types de cônes différents.
Chaque cône présente un maximum de sensibilité pour une certaine longueur d’onde

 Ces troubles le plus souvent héréditaires liés au sexe, touchent 8% des hommes et 0,5 % des
femmes.
 Diagnostic souvent tardif, mais pas de traitement ou correction …
1. Les trichromatopsies anormales :

Le plus souvent congénitales dues a des recombinaisons entre gênes codant


différents types de pigments, ce qui conduit a des pigments intermédiaires. Le sujet
perçoit bien les 3 couleurs primaires, mais en proportion differente du sujet
normal.
les protanormaux utilisent trop de rouge (% normal)
les deutéranormaux utilisent trop de vert

2. Les dichromatopsies :
Une des primaires n’est pas perçue => vision divariante ; une des 3 catégories de cônes est
absente.
Les protanopes ne perçoivent pas le rouge : c’est le daltonisme vrai
(confusion gris, rouge et bleu vert)
Les deutéranopes ne perçoivent pas le vert : c’est le type Nagel ;
Les tritanopes ne perçoivent pas le bleu : c’est exceptionnel (1%).

3. Les monochromatopsies
Cette anomalie est due a l’absence de cônes fonctionnels (achromatopsie normale) d’où une acuité
visuelle très dégradée comme en vision nocturne.
Les sujets, dits achromates, n’ont aucune vision colorée;
Exceptionnellement le dysfonctionnement peut être d’origine neurologique (achromatopsie anormale)
dans le cas où la vision par les cônes est conservée avec une acuité visuelle normale.

V- Photochimie de la retine
La rétine de l’œil est constituée de deux types de récepteurs, les cônes et les bâtonnets. Ils détectent
la lumière grâce à une réaction photochimique.
-Les bâtonnets : Nombre : environ 1 milliard. Sensibilité : Ils sont capables de détecter une lumière de
faible intensité mais ne différencient pas les couleurs.
-Les cônes: Nombre: de l’ordre de 3 millions. Sensibilite:100 fois plus faible que les bâtonnets , ils
n’agissent qu’en lumière intense et permettent de distinguer les couleurs puisqu’ils sont composes de
trois cellules absorbant sélectivement le rouge, le vert ou le bleu.

Photochimie
La rétine est tapissée de cellules photo-réceptrices que sont les bâtonnets et les cônes.
Vision nocturne
Les bâtonnets sont sensibles à la luminosité, ils contiennent de la rhodopsine (pourpre rétinien) qui
explique la couleur de la rétine, un assemblage d’une chromoprotéine (M=270000) composée d’une
protéine, l’opsine, et d’un groupement prosthétique, le rétinal (aldéhyde de la vitamine A).

Le rétinal est une molécule présente dans les deux types de cellules, lorsqu’un photon est absorbé par
la rhodopsine, le Z-rétinal se transforme en E-rétinal. Cette isomérisation quasi immédiate est à
l’origine de la libération de l’opsine ce qui correspond pour le cerveau a la réception d’un influx
nerveux indicateur de réception de lumière, puis la rhodopsine est régénérée.
L’exposition à la lumière entraine un blanchiment du pourpre rétinien traduisant l’existence de
réactions photochimiques

-CHO + H2N –(CH2)4-W –CH = N –(CH2)4-W


rétinal Z opsine rhodopsine

La rhodopsine, sous l’effet d’un photon, subit une isomérisation: le rétinal (11-Z) se transforme en
rétinal (11-E) qui nepeut pas rester attaché à l’opsine. Cela déclenche le signal électrique

.–CH = N –(CH2)4-W –CHO + H2N –(CH2)4-W


rétinal E

Le rétinal (11-E), dans l’obscurité, s’isomérise grâce à une enzyme, en rétinal (11-Z) qui peut à
nouveau s’associer à l’opsine et le cycle se répète
Les photorecepteurs actives stimulant les cellules bipolaires qui stimulant les cellules ganglionnaires.
La direction des potentiels recepteurs est inverse de celle de la lumiere.
IV-Tomographie par coherence optique (OCT)

 La tomographie par cohérence optique s’apparente à une échographie optique, où la


lumière infrarouge vient remplacer les ultrasons. La lumière optique du laser est composée
d’ondes de lumière cohérente, à partir desquelles sont produites des images en coupe : c’est
le procédé de la tomographie.
 Cette pratique a d’abord été mise au point pour examiner le fond d’œil, plus spécifiquement
la rétine, dans les cas de perte d’acuité visuelle. Aujourd’hui, cette technique s’est
développée et permet également d’étudier le nerf optique ainsi que le segment antérieur de
l’œil.

Principe de l’OCT

- La tomographie par cohérence optique est considérée comme l'analogue optique de l'imagerie
ultrasonore. Seulement, au lieu d’ondes sonores, une lumière laser spéciale et totalement
inoffensive est utilisée.
La lumière (optique) de laser est constituée d’ondes de lumière cohérente (cohérence) pour
produire des images en coupe (tomographie)
Le système optique projette une lumière laser sur un miroir semi-réfléchissant placé à 45 degrés, et
qui sépare le faisceau en deux. Une partie va éclairer une surface de référence, tandis que l'autre partie
va éclairer la cible (la rétine habituellement). C'est le principe de l'interférométrie.
Les deux faisceaux sont dirigés sur la fente d'entrée du spectroscope qui va entraîner la création
d'interférences qui seront enregistrées et permettront grâce à un traitement mathématique
(Transformation de Fourier optique) la formation d'images.

D'une étude des temps de trajet de l'OCT Time Domain, on est ainsi arrivé à l'étude des fréquences
des rayons réfractés pour l'OCT spectralement résolue.

- Ce type d’examen ne nécessite pas systématiquement de dilater les pupilles au préalable. Le


patient fixe un point lumineux, tandis qu’un faisceau de lumière balaye sa rétine. En parallèle,
l’ophtalmologiste ajuste les paramètres de contrôle, modifie la position de la coupe observe en
détail la rétine et évalue l’épaisseur des différentes zones.

- L’OCT permet de visualiser les structures de l’œil avec une résolution atteignant le
micromètre, en temps réel et sans contact. En réalisant des coupes de la macula, il permet
d’arriver à une image approchant de l’aspect histologique. Grâce à la visualisation du néo-
vaisseau, l’ophtalmologiste peut notamment juger de la présence d’œdème maculaire
diabétique, ou de décollement de l’épithélium pigmentaire. Il s’agit aussi à l’heure actuelle de
l’examen prescrit en première intention lors de DMLA (dégénérescence maculaire liée à
l’âge).

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