Cours de Microéconomie Appliquée Partie 2
Cours de Microéconomie Appliquée Partie 2
Cours de Microéconomie Appliquée Partie 2
Appliquée
Partie II
Chargée du Cours: Mme TEMIMI Souha
Niveau d’études: M2
Filière: Analyse de Politique Economique
COURS DE Mme TEMIMI Souha 1
Efficience des échanges
En première année, quand nous avons analysé les conditions d’équilibre sur un
marché particulier, nous avons considéré une partie du problème à savoir les
conditions de détermination d’un équilibre partiel. Dans ce chapitre, nous allons
analyser l’équilibre général à savoir comment les conditions de l’offre et de la
demande interagissent sur plusieurs marchés pour déterminer le prix de plusieurs
biens simultanément.
Considérons une économie d’échange
• Les agents se rencontrent pour échanger des biens
• Les biens que chacun apporte s’appellent des dotations.
• L’échange volontaire doit être mutuellement bénéfique (chacun obtient un
panier préférable à sa dotation initiale)
Outil : la Boîte d’Edgeworth sert à illustrer comment allouer efficacement des biens
Considérons une analyse centrée sur une économie d’échanges purs (C’est-à-dire où la
production en est exclue)
• Procédure d’échanges purs (2 biens, 2 agents); Marchés interdépendants.
• Deux consommateurs, A et B, avec une dotation initiale des ressources située au
point W.
Si les CI aux dotations initiales s’entrecoupent, des échanges mutuellement bénéfiques
sont possibles. L’objectif est alors de trouver quel échange particulier aura lieu. Nous
pouvons alors identifier la zone dans laquelle les échanges auront lieu.
𝑈𝐵0
𝑈𝐴0
𝑥12 𝑥22
𝑇𝑀𝑆1 = 𝑇𝑀𝑆2 =
𝑥11 𝑥21
𝑢ത 2 = 48 => 𝑢ത 2 = 48
𝑥11 +𝑥21 = 𝑤1 𝑥11 = 128 − 𝑥21
𝑥12 + 𝑥22 = 𝑤2 𝑥12 = 32 − 𝑥22
32−𝑥22 𝑥22
= => (32 − 𝑥22 ) 𝑥21 = 𝑥22 (128 − 𝑥21 )
128−𝑥21 𝑥21
𝑥21 = 4𝑥22 c’est l’équation de la courbe des contrats
32
8
𝐸∗ est une allocation efficace au sens de Pareto
96
24
Ou encore
[𝜉11 . − 𝑤11 ] + [𝜉21 . − 𝑤21 ] = 0
ቊ
[𝜉12 . − 𝑤12 ] + [𝜉22 . − 𝑤22 ] = 0
Ainsi
𝑒11 + 𝑒21 = 0
ቊ
𝑒12 + 𝑒22 = 0
On désigne par 𝑧ℎ 𝑝1 , 𝑝2 la demande excédentaire agrégée pour le bien h :
𝒛𝒉 (𝒑𝟏 , 𝒑𝟐 )= 𝒆𝟏𝒉 + 𝒆𝟐𝒉
𝑧1 (𝑝1 ∗, 𝑝2 ∗) = 0
ቊ
𝑧2 (𝑝1 ∗, 𝑝2 ∗) = 0
COURS DE Mme TEMIMI Souha 32
• Une allocation n’est pas efficiente si la réallocation des biens peut améliorer
le bien-être des deux individus.
• Dans un équilibre concurrentiel, chaque acheteur accepte l’échange quand
son TMS est égal au rapport des prix sur le marché.
• Le prix étant le même pour chacun, le TMS est le même pour tous les
consommateurs.
• Un équilibre concurrentiel est un ensemble de prix et de quantités associées
pour lequel la quantité demandée est égale à la quantité offerte sur chaque
marché.
• A l’équilibre concurrentiel, la CI de chaque consommateur est tangente à la
droite de budget et elles sont donc tangentes entre elles. L’équilibre
concurrentiel est efficient au sens de Pareto.
2- Si la loi de Walras est satisfaite, il suffit que le marché d’un bien soit en
équilibre pour que l’autre le soit aussi.
Ceci implique que si p* est en équilibre, alors λp* est aussi en équilibre
(économiquement ça veut dire absence d’illusion monétaire).
Le théorème d’existence d’un vecteur de prix est donc tel qu’à ce prix la demande
excédentaire est négative ou nulle pour tous les biens. Ceci implique, que lorsque les
préférences sont monotones, la demande excédentaire est nulle pour tous les biens.
Les fonctions d’utilité ui sont croissantes. Si (p, X) est un équilibre concurrentiel alors X
est une allocation Pareto-optimale.
Démonstration (par l’absurde)
• Supposons que X ne soit pas un optimum de Pareto, auquel cas il existe une
allocation réalisable X’ telle que ui(X’i) ≥ ui(Xi) pour tout consommateur i avec une
inégalité stricte pour au moins un consommateur
X’i = Wi
𝑖=1 𝑖=1
=> p. σ𝑁𝑖=1 X’i = p.σ 𝑁
𝑖=1 Wi
Par conséquent, nous obtenons une contradiction
p.σ𝑁𝑖=1 Wi > p. σ 𝑁
𝑖=1 Wi
• Plus précisément, cela implique que l’État doit modifier la répartition initiale des
ressources et ensuite laisser les agents agir librement.
L’analyse de l’équilibre général faite dans le cadre d’une économie d’échanges purs
s’applique moyennant quelques modifications. Pour rendre les choses plus simples,
nous allons, de plus, nous situer dans une économie avec:
- deux consommateurs
- deux entreprises
- deux biens.
1- Les TMS entre les biens sont égaux pour les deux consommateurs
2- Les TMST entre les deux facteurs de production sont égaux pour les deux
producteurs
3- Les TMS entre les biens de chaque consommateur sont égaux au TMT (Taux marginal
de transformation) d’un bien à un autre. C’est-à-dire, il faut que la pente de la frontière
des possibilités de production soit égale au TMS des deux consommateurs.
Certains types de biens qui ne possèdent pas ces caractéristiques, ce sont les biens
collectifs (=biens publics).
En second lieu, tous les individus ont la faculté de consommer ce bien collectif : il est,
par exemple, permis à chacun de déambuler à sa guise sur une voie publique.
Enfin, la satisfaction procurée par la consommation d’un bien collectif pur ne dépend
pas du nombre des usagers : elle est identique pour tous.
Dans un grand nombre de cas, c’est à l’État ou aux collectivités publiques qu’incombent
la production et le financement de ces biens. C’est par le biais de l’impôt, que l’État
finance la mise à disposition de ces biens collectifs.
Le coût engendré par cette production n’est pas intégralement supporté par le
consommateur, car ces biens non marchands, lorsqu’ils sont facturés, le sont à prix
coûtant et n’intègrent pas les principes de la tarification privée qui inclut le profit du
producteur.
Si un individu utilise les transports en commun pendant les heures de pointe, chacun
représente une gêne pour les autres usagers, et tous voient diminuer leur satisfaction à
emprunter le transport en commun.
La difficulté, ici, est renforcée par l’existence des distorsions qui existent entre le niveau
de satisfaction individuel de l’agent utilisateur et le niveau de satisfaction collectif de la
communauté qui profite de ces biens.
C’est donc le poids relatif de ces externalités liées à la consommation qui commande
en partie la fixation du prix des biens collectifs.
- Dans le cas d’un bien collectif, il existe une quantité produite unique dont tout le
monde peut profiter (le fait qu’un individu en profite n’empêche pas les autres d’en
profiter aussi et on ne peut pas empêcher quelqu’un d’en profiter même s’il n’a pas
payé).
- Ce qui change c’est combien chacun est prêt à payer pour l’obtenir (dispositions
marginales à payer différentes).
max 𝑢𝐴 (𝑥𝐴 , 𝐺)
s. 𝑐. 𝑢𝐵 𝑥𝐵 , 𝐺 = 𝑢𝐵
𝑥𝐴 + 𝑥𝐵 + 𝑐(𝐺) = 𝑅𝐴 + 𝑅𝐵
Dans un monde avec un bien collectif et un bien privé, la condition d’optimalité revient
à l’égalité entre la somme des Taux Marginaux de Substitution entre bien privé et bien
public des différents individus (ΣTMSi) et le Taux Marginal de Transformation (TMT)
entre X et G : ⇒ ΣTMSi = TMT = Cm du bien collectif.
Il en existe donc une infinité d’allocations (comme pour les optima de Pareto) qui
satisfont l’allocation BLS et qui diffèrent du point de vue de l’équité.
Le problème classique qui se pose pour la fourniture du bien public est celui du
passager clandestin (free rider). Du fait qu’ils ne peuvent être exclus de la
consommation des biens publics, certains consommateurs peuvent être tentés d’en
éviter le coût en se comportant en passagers clandestins. A cet effet, l’offre des biens
publics risque d’être insuffisante.
Limite: Cette solution est impraticable car les individus n’ont aucune raison de révéler
leur disposition à payer. Dans le tâtonnement qui devrait conduire à l’équilibre, chaque
consommateur comprend rapidement qu’il a intérêt à annoncer une demande de bien
public plus faible qu’elle n’est réellement, afin de bénéficier d’un prix personnalisé plus
faible. Conclusion : On se retrouve dans la même situation que pour l’équilibre avec
souscription.
L’impôt à payer pour les usagers des biens collectifs est fonction de la demande
individuelle. Chacun paye un impôt égal au produit de la quantité fournie du bien par la
DMP de l’individu correspondant à cette quantité (ex : péage d’autoroute).
Limite: Cette solution revient à modifier la nature du bien collectif car il devient
excluable donc un bien collectif impur.
Quand bien même l’on établit l’incapacité des forces du marché à générer une quantité
efficiente de biens publics, on ne peut pas se contenter de dire que l’Etat fait mieux
que les privés. C’est cette prétention qui peut être contestée d’autant plus que le
problème de la production des biens publics ne soit pas un problème technique, mais
plutôt un problème qui concerne les préférences des agents.
Souvent, on recourt au vote pour déterminer la quantité de bien public à offrir. Il faut
cependant noter que ce mode d’allocation pose quelques problèmes dans la mesure
où le vote sur lequel reposent les décisions de l’Etat (démocratique) est lui même un
bien public pur.
COURS DE Mme TEMIMI Souha 80
Le problème du vote à la majorité est qu’il mesure seulement les préférences ordinales
pour le bien public alors que les conditions d’efficacité requièrent une comparaison des
dispositions à payer.
Supposons qu’il y ait trois individus devant décider de la fourniture d’un bien public par
vote.
Si deux des trois individus votent pour la fourniture, l’option sera d’acquérir ledit bien.
Mais si la somme des contributions marginales est inférieure au coût de fourniture, le
vote perd son sens.
Pour contourner cette faiblesse, un autre type de vote est proposé, celui qui implique
que les individus déclarent leurs dispositions à payer pour le bien public, la règle étant
que le bien public sera fourni si la somme des dispositions à payer déclarées est
supérieure ou égale à C(G).
COURS DE Mme TEMIMI Souha 81
Mais ce type de vote n’est pas lui-même à l’abri des déboires. Si l’un des votants estime
que l’offre du bien public l’arrangera plus que les autres, il peut déclarer un montant
arbitrairement élevé pour influencer la décision d’offrir le bien. Ceci peut être évité si
on impose aux individus de payer exactement ce qu’ils ont déclaré être prêts à payer.
Enfin, signalons que le vote peut conduire à un paradoxe. Supposons qu’il y ait trois
individus : A, B et C, et trois niveaux de fourniture du bien public: 1, 2 et 3. A préfère 1
à 2 et 2 à 3, B préfère 2 à 3 et 3 à 1, C préfère 3 à 1 et 1 à 2.
Dans ce cas, il y a une majorité pour préférer 1 à 2, une majorité pour préférer 2 à 3 et
une autre pour préférer 3 à 1. On se trouve ainsi dans une impasse. Seules les autorités
publiques sont capables de trancher.
A x y z
B y z x
C y x z
Comme aucun projet n’obtient une majorité absolue face à chacun des deux projets
restants, il n’existe pas de Condorcet winner. y le remporte face à x, mais « perd »
contre z, x le remporte face à z, mais « perd » contre y et z l’emporte face à y, mais «
perd » contre x.
Nous constatons qu’au niveau collectif il existe un cycle. La société (les trois votants
collectivement) préfère chaque projet à tous les autres, ou autrement dit, pour
n’importe quel projet, il existe toujours un autre projet qui lui est préféré au niveau de
la collectivité.
▪ L'écart entre le « coût privé » d'une unité de production et son « coût social »
représente la valeur estimée de l'externalité négative ( ex les émissions de CO2).
➢Définir des normes à respecter: On fixera par exemple des limites à des niveaux
de pollution, en volume (exemple : quantité maximale de SO2 produite par une
industrie dans l'année)
➢C’est une taxe payée par le pollueur par unité de pollution produite, égale au coût du
dommage environnemental provoqué. Ce type de taxe a donc pour objectif d'inclure
dans le coût de production d'un bien ou d'un service le coût environnemental induit par
la dégradation du milieu (pollutions, perte de productivité des sols, etc.).
Déclinée via différentes politiques environnementales selon les pays, la taxe carbone est
l’exemple le plus représentatif de ce principe économique dans le cadre législatif européen.
➢ Son principal inconvénient est que le dispositif augmente les prix mais que son effet
sur le niveau effectif de pollution ne sera pas forcément avéré, surtout du coté des
consommateurs qui ne modifient pas leur demande en fonction du prix (élasticité-
prix faible), ce qui est par exemple le cas pour l’essence.
➢ Il est également complexe de définir un « juste prix » pour le niveau de taxation qui
permette de fournir les incitations sans pour autant asphyxier le secteur d’activité
ou les consommateurs.
➢ Cette allocation des ressources est, dans les exemples de Coase, indépendante de
l’attribution initiale des droits : peu importe qui en est le bénéficiaire, ce qui est
nécessaire c’est que les droits soient attribués à l’un ou l’autre des partenaires de la
négociation (à celui qui provoque la nuisance ou à celui qui la subit).
Comme les effets externes positifs ne produisent pas de désagrément mais plutôt des
changements bénéfiques du point de vue de la collectivité, ils ne seront pas à corriger
mais par contre à promouvoir.
▪ Par contre, le bénéfice marginal externe c’est le gain qu’une tierce personne retire
de l’acte posé par un autre agent économique.
• Le bénéfice marginal social est le bénéfice que la collectivité tire de l’acte posé par
un individu de manière isolée pour répondre à ses intérêts personnels.
➢ Ainsi, le bénéfice marginal social est égal à la somme du bénéfice marginal privé et
du bénéfice marginal externe, soit : BmS = BmP + BmE.
➢ Dans ces conditions, l’équilibre qui sera réalisé sur le marché de par l’action des
privés exclusivement ne sera pas celui recherché par l’Etat pour toute la collectivité.
COURS DE Mme TEMIMI Souha 108
COURS DE Mme TEMIMI Souha 109
L’équilibre initial est réalisé au point E qui correspond au prix 𝑃𝑒 et à la quantité 𝑌𝑒 .
Etant donné que la consommation du bien produit un effet externe positif, l’Etat
souhaitera voir la demande du bien s’accroître dans la collectivité.