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Introduction à l'économie et aux politiques des cultures_Vincent

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Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture.

Première partie: La culture dans les sociétés contemporaines.

-Marc Fumeroli, “LʼEtat culturel: essais sur une religion moderne”, Livre de poche.
Collection Biblio-Essais n°4158.
-Jean-Michel Djian, “Politique culturelle: la fin dʼun mythe, Folio, Collection Inédit.

Examen écrit: Questions fermées et une partie de questions ouvertes.

Permanence: Lundi de 15h à 17h. Christophe Pirenne, Département des Sciences-


politiques.

Matière divisées en deux grandes parties

1. La culture dans les sociétés européennes.


2. Etudes de cas.

Cours du 13/02/08

Chapitre 1: Le fait culturel

1. Définitions
1.1. Politique

Politique est un terme qui vient du grec qui est “polytee”= citoyenneté.
Dès lʼAntiquité, la politique est entendue comme tous les moyens mis en oeuvre pour
organiser la vie dans la cité.
Aujourdʼhui, le terme politique signifie: Organisation et exercice du pouvoir.

1.2. Culture
(Tylor, Mead, Williams, UNESCO)

Dans son sens premier, la culture a toujours désigné le travail de fertilisation de la terre.
Avec le temps, le mot culture a pris un sens figuré: fertilisation de lʼesprit.

La culture peut être toutes les réalisations matérielles de Rome.


Il y a aussi des comportements qui y sont liés. Les gestes à la réalisation de pierre, etc...

Première définition de culture

Anthropologue Britanique:
Edward Tylor: Plus vieille définition de la culture dans les premières lignes dʼun ouvrage
publié en 1871: “Primitive Culture”. La culture est un ensemble complexe qui inclut le
savoir, les croyances, les arts, la mort, le droit, les coutumes et dʼautres capacités et
habitudes acquises par lʼhomme en tant que membre dʼune société.

Deuxième définition de culture

Anthropologue américaine:
Marguareth Mead: La culture est le comportent acquit par une société ou une ethnie.
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Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Troisième définition de culture

Fondateur de lʼécole de Birmingham


Raymond Williams: La culture comprend lʼorganisation de la production, la structure de la
famille, la structure des institutions qui exprime ou gouverne les institutions sociales, les
formes caractéristiques au travers desquelles les membres dʼune société communiquent.

Les trois sens vont être repris dans la définition proposée à lʼUNESCO en 1982 et
acceptée par 130 gouvernement.
Dans son sens le plus large, la culture peut, aujourdʼhui, être considérée comme
lʼensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui
caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les
modes de vies, les droits fondamentaux de lʼêtre humain, les systèmes de valeurs, les
traditions et les croyances. La culture donne à lʼhomme la capacité de réflexion sur lui-
même. Cʼest elle qui fait de nous des êtres humains rationnels, critiques et éthiquement
engagés. Cʼest par elle que nous discernons les valeurs et effectuons des choix. Cʼest par
elle que lʼhomme sʼexprime, recherche inlassablement de nouvelles significations et crée
des oeuvres qui le transcende.

Cette définition nous entraînent dans un univers immense.


A lʼuniversité de Liège, dans la faculté dans laquelle nous nous trouvons, nous nous
intéressont aux Arts et lettres.

1.3. Politique culturelle

On entend par politique culturelle les moyens mis en oeuvre par un individu ou par une
collectivité pour se donner une image particulière.
On relève, pour les moyens, les aspects artistiques de la culture. Ces moyens peuvent
prendre dʼautres aspects et prendre des aspects beaucoup plus large: décisions
politiques, décisions sociales.

Dans tous les cas, quel que soit la décision prise, on sʼaperçoit que le rôle du pouvoir
politique est important. Est-il préférable dʼavoir un état fort qui prend en charge les
politiques culturelles ou plutôt un état qui est faible et qui laisse place aux initiatives
individuelles?

Etats fort: Ce sont des Etats dictatoriaux ou alors des régimes démocratiques en temps
de guerre. LʼEtat prend en charge toutes les fonctions collectives, même les journalistes et
artistes qui deviennent des fonctionnaires dʼEtat.

Etats faible: Les politiques culturelles dans les Etats faibles: LʼEtat ne prend en charge
quʼun minimum de fonctions culturelles et laisse lʼinitiative à des privés.

En Europe, on vit une situation intermédiaire où il est admis, puisque lʼArt nʼest pas
réservé à une élite et disponible à tout le monde, les pouvoirs publics peuvent intervenir
pour faciliter l'accession aux oeuvres.

Tous les niveaux de pouvoirs se sont accaparé les politiques culturelles.

On sʼaperçoit aujourdʼhui que la culture est devenu une sorte de paradigme qui influence
tous les autres pouvoirs.

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Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Exemples: les banlieues qui flambe. A ces problèmes de sociétés, on répond par des
actions culturelles et on sait quʼelles ne résoudront jamais les problèmes de fond.

Quand on est dans des régions où les entreprises ferment à tour de bras, on demande au
ministère de la culture de changer les chancres industriels en sites culturels.

En plein conflit en ex-yougoslavie. LʼONU, au début des années 90, a payé un concert de
Barbara Endricks dans les ruines de Sarajevo.

2. Les pratiques culturelles

2.1. Révolutions technologiques

Les pratiques culturelles se sont incroyablement transformés par rapport à nos grand-
parents. Les raisons pour lesquelles elles ont évoluées, ce sont les technologies. Goerges
Steiner dis quʼon est passé en un siècle dʼune civilisation de lʼécrit à une civilisation du son
(première moitié du XXième siècle), puis à une civilisation de lʼimage vers les années 50.

Cette évolution des supports est le fruit de toute une série d'emprises des équipements
technologiques. Les supports dʼenregistrement ont évolué. Les appareils
dʼenregistrement et de reproduction de lʼimage ont également évolués. Tout cela fait que
lʼaccessibilité très difficile est devenu à la portée de tous.

2.2. Révolutions socioculturelles

Notre transformation à la culture est le fruit dʼune politique dʼEtat. Les Etats ont presque
tous proclamé que la culture devait être accessible à tous et ils se la sont accaparées pour
la financer. On attend que la culture se charge de lʼéducation des citoyens. Cette
révolution socioculturelle produit la multiplication des lieux culturels mais aussi
lʼallongement de la scolarité. Lʼallongement de la disponibilité des temps libres est
également due à la révolution socioculturelle.

2.3. Conséquences (sociologie, technologie, scolarité, économie)

Sociologie:
Est-ce que lʼévolution des technologies? Est-ce que le fait quʼon ai plus de temps libre à
permis quʼon soit amener à consommer plus de culture?
La réponse nʼest pas tout à fait tranchée. La révolution, dʼun point de vue sociologique.
Les pratiques culturelles restent socialement discriminantes. On découvre aujourdʼhui que
les pratiques culturelles restent socialement discriminante. Adopté par Pierre Bourdieu
dans “Les héritiers” publié en 1964. Il démontre que ce sont ceux qui possède le plus haut
niveau dʼéducation ou le plus grand héritage culturel familial qui sont les plus grands
consommateurs de cultures. Il y a le désir de culture et lʼaccès à la culture alors même
que le coût dʼaccès nʼest plus un obstacle.

Technologie:
Deuxième conséquence: la technologie. Là aussi, comme dans la sociologie, la réponse
est un peu mitigé. Quand le web est apparu, tout le monde sʼest dis quʼil sʼagissait dʼune
nouvelle chance de pouvoir bénéficier dʼune forme dʼéducation. En terme de durée,
fidélisation, fréquentation, les nouveaux médias ont atteint leurs objectifs. On écoute
beaucoup la radio, on regarde beaucoup la télévision et on va beaucoup sur le net. Mais

3
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

on ne sʼen sert pas pour apprendre des choses mais on sʼen sert comme instruments de
divertissement. Ils nʼont pas amené dans toutes les maisons toutes les grandes oeuvres
de lʼart.

La scolarité:
Plus on restait à lʼécole, plus on restait en contact avec les grandes oeuvres dʼart. Mais
après 40 ans de démocratisation scolaire, on constate un recul de certaines
connaissances. Cela ne veux pas dire que le niveau baisse.

Economie:
La consommation générale de culture a très fortement augmenté. Mais, dʼun autre côté,
on constate que les goûts culturels sont devenus beaucoup plus éclectique. Ceci est dû
au fait que lʼoffre sʼest très largement élargie. Les secteurs qui ont le plus gagné en
audience sont des secteurs qui répondent à la logique des industries culturelles.

2.4. Les chiffres des pratiques culturelles

Chiffre pour la France en 2005:

1er - La participation à une fête foraine: 93%


2ième - Le cinéma: 91%
3ième - Le zoo: 88%

Dans le bas du classement:


Antépénultième: Une opérette
Avant dernier: Un concert de Jazz
Dernier: Lʼopéra: moins dʼ1%!

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Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Cours du 20/02/2008

Tous ces chiffres-là doivent être nuancés en fonctions des catégories sociales parce quʼon
constate que dans la fréquentation des lieux culturels, il y a des disparités importantes
entre les hommes et les femmes, les jeunes et les personnes âgées mais également des
disparités importantes entre la ville et la campagne. Par exemple, la taille de la commune
dans laquelle on habite est un facteur déterminant et un facteur discriminant pour lʼaccès à
la culture.
Quand on passe en revue ces disparités. On constate que les gros consommateurs de
culture sont des cadres ou des gens qui exercent une fonction libérale.
Dans ces consommations de cultures cultivées (musée, concert), les étudiants sont
dépassés par les cadres et les fonctions libérales. Pour les étudiants, les deux seuls
endroits où ils sont le plus gros consommateur de culture sont le cinéma et la musique.
Dans les activités culturelles, celle qui est la plus prisée par les personnes âgées est
lʼécoute de la radio.

Ce quʼon observe ces dernières années est que les femmes lisent plus que les hommes.
Même chose pour la pratique artistique en amateur!

Ces quelques chiffres montrent que cette pratique de la culture reste socialement
discriminante malgré les évolutions technologiques et culture.
Ce sont ceux qui ont le plus haut niveau dʼéducation et/ou le plus grand héritage culturel
familial qui consomment le plus de culture.
Il subsiste une barrière symbolique par rapport à la culture cultivée entre le désir de
culture et lʼaccès à la culture.

Des travaux plus récents tente à montrer des moyens de surmonter cet obstacle
sociologique est de familiariser les gens avec la culture dès lʼenfance. En familiarisant les
gens avec la culture dès lʼenfance on ne peut pas annuler tous les obstacles liés au milieu
social mais on peut les atténuer.

Malgré notre libre arbitre, malgré le fait quʼon puisse affirmer que ce quʼon écoute comme
musique, ce quʼon va voir au cinéma, cʼest parce quʼon aime bien. Tout cela est pré-
déterminé par le contexte dont on est issu. Si on écoute tel type de musique, regarde tel
type de film, cʼest suivant le milieu familial et social quʼon a fréquenté!

3. Lʼéconomie culturelle

Dire quʼon peut trouver et gagner de lʼargent dans le domaine de la culture est une
réflexion très récente. Pendant longtemps, la culture et lʼéconomie ont été radicalement
opposée!
On avait dʼun côté la culture qui représentait une sortie dʼordre de la création quʼon ne
pouvait évaluer et de lʼautre côté, on avait de lʼéconomie qui se limitait au commerce.

Depuis les années 80, le discours a radicalement changé. On estime, aujourdʼhui, que les
vertus de la culture peuvent être du profit pour lʼéconomie. LʼArt et lʼargent peuvent faire
bon ménage.

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Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

3.1. Culture et économie

Aujourdʼhui, chaque fois que les pouvoirs publics prennent des décisions en matière
culturelle, ces décisions sʼaccompagnent de mesures économiques.

Le premier exemple est:

- La promotion de la réalisation cinématographique

Pour pouvoir aider la production et la réalisation de films, la région wallonne a créé un


fond dʼinvestissement qui sʼappelle Wallimage. Ce que veulent Wallimage, cʼest de
soutenir de la culture qui peuvent créer de lʼemploi.
Ils font cela de deux manières:
1. Intervenir dans le capital de société travaillant dans le domaine cinématographique
(exemple: Digital Graphics (société spécialisée dans les effets spéciaux), Fast Forward
(sert dʼintermédiaire financier), Overlord (spécialisée dans la prise de vue et la post-
production)). Il y a en tout une quarantaine de société en Wallonie dont la région
wallonne insuffle du capital
2. Soutenir les projets de réalisateurs. Le principe du soutien au réalisateur est que
chaque fois quʼon donne un Euro à un producteur, cela doit générer au moins un Euro
de dépense audio-visuelle en Wallonie.

Lʼargent que Wallimage donne est scindé en deux parties:


• Il y a une partie, 60%, qui va pour les investissements.
• Et une autre partie, 40% est une forme de prêt remboursable.

Si le producteur veut diminuer la part de prêt, il va devoir dépenser, en région Wallonne,


plus que les 100% qui lui seront attribués! Plus on dépense dans la région Wallonne, plus
on fait marcher lʼéconomie.
En théorie, le montant maximum prêté est 500000€. Dans la réalité, étant donné que
Wallimage ne peut donner que 2,5 millions dʼ€, ils favorisent les demandes autour de
300000€.
Wallimage a été fondé en 2001 et depuis 2001, ils ont aidé au subventionnement de 55
films.
Les films les plus connus sont “Cow-Boy”, “Nu propriété”, “Odette tout le monde”,
“Lʼenfant” des Frères Dardennes, “La femme de Gille”.

Quʼest-ce que cela a comme avantage et inconvénient?


Le point positif: Pour les 55 films cités, les retombées économiques dépasse largement le
montant des aides. On en serait, pour lʼinstant, à à peu prêt 175% du montant de lʼaide
dépensé en région wallonne.
Le point négatif: Le bilan est beaucoup plus mitigé pour les recettes des films. Si certains
de ces films ont bien marchés, la plupart des films se sont noyés dans leurs productions.
Ces films ne font pas de rentrées propre.

Sur les tickets dʼentrée, Wallimage ponctionne un certain pourcentage. Pour que
Wallimage continue à exister, la région wallonne doit continuer à investir. Le système ne
parvient toujours pas à être indépendant.
Le slogan est aussi mauvais: “Wallon voir ce que nous wallon voir”.

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Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

- Reconversion de chancres industriels

Il y en a partout en Wallonie. Pour essayer de reconvertir ces vieilles entreprises,


charbonnages, friches industrielles, on reconverti ces chancres en lieux culturels.

Le Hainaut est un bon exemple de reconversion de chancres industriels. On vient de


fonder le “Max” qui est le musée dʼArt contemporain situé sur le site du Grand Hornu,
entre Saint-Gilain et Mons. Le Grand Hornu est un ancien charbonnage. Ce nʼétait pas
quʼun charbonnage, cʼest une sorte de cité ouvrière modèle érigée entre 1810 et 1830. Il y
avait le complexe minier et une cité ouvrière et une série de résidence pour les
administrateurs. Tout cela a été abandonné mais tout cela a été conservé. Une partie des
bâtiments ont été classés dès 1991. Puis, on a commencé à le reconvertir en musée
quelque années plus tard par un architecte local: Pierre Hebbelinck.

Deuxième chancre transformé dans le Hainaut est le “Pass”. Le parc dʼattraction


scientifique. Ce parc dʼattraction scientifique a été transformé en musée interactif de la
science, des technologies et de la société. Là aussi, comme pour le Max, cʼest un ancien
charbonnage qui a été restaurée et partiellement agrandi par un des tout grand architecte
contemporain français: Jean Nouvel. La restauration du Pass date de 1997. Il a été trois
fois au bord de la faillite et à trois reprises, il a dû être re-subventionner par la région
wallonne. Le Pass, pour que cela fonctionne, il fallait des centaines de milliers de visiteurs
par an pour que cela soit rentable. Il fallait autant de visiteurs parce quʼune partie du
conseil dʼadministration est une sorte “dʼarmée mexicaine”. On a donc des hommes
politiques pour gérer cela. Les ambitions en terme de fréquentation sont trop élevées.

Il y a le musée de la photographie à Charleroi. Il y a la volonté de faire en 2014 de faire de


Mons la capitale européenne de la culture. Il va falloir faire une série de restauration.

3.2. Culture et emploi

Si on investi autant dans le domaine de la culture cʼest parce que les politiques en
attendent des retours. Il y a la création dʼemplois. Dans la plupart des cas, la région
wallonne ou la communauté française ont investi dans de petits musées déjà existant.
Quand une structure de type muséal ou de type culturelle grandit, le nombre de métiers se
multiplient. On peut dire que les métiers de la culture se répartissent dans quatre grands
pôles:
1. Le pôle artistique (les créateurs, ceux qui font les oeuvres).
2. Le pôle pédagogique (des professionnels dont la fonction première est de transmettre
du savoir faire, des techniques artistiques ou des compétences. Cʼest ce quʼon appelle
les médiateurs culturels. Cʼest-à-dire tous les gens qui sont entre les oeuvres dʼart et le
public. Cela peut être simplement lʼanimateur mais aussi le professeur, cela peut être un
bibliothécaire, un archéologue, etc...).
3. Le pôle économique (cʼest ce quʼon appelle les managers culturels. Cʼest-à-dire les
professionnels qui gèrent les activités dans une stratégie qui visent à produire des
résultats économiques. Il y a aussi tout ce qui est vente, comment vas-t-on mettre le
produit?).
4. Le pôle administratif (cela va des emplois les plus qualifiés (directeur dʼune institution,
administrateur, administrateurs délégués, cela va jusquʼà des postes de secrétaires,
etc...))

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Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Le Préhistosite de Ramioul. Il y a 15 ans, un étudiant en histoire de lʼart sʼoccupait dʼun


musée dans une maison. Aujourdʼhui, 15 ans après, ils en sont à leur 33ième employé. On
est passé de 1 à 33 personnes employées. Il y a les médiateurs, animateurs, il y a un tout
un secrétariat administratif. En 15 ans, on est passé dʼune structure ASBL et à une
entreprise qui a pris une taille considérable. A lʼinverse du Pass, le Préhistosite de Ramioul
vit de ses propres rentrées.

Il y a environ 700 métiers liés à la culture. En chiffre brut, cela représente 2% de lʼemploi
en Belgique. En chiffre absolu, cʼest presquʼautant que dans le domaine de lʼautomobile et
cʼest beaucoup plus que dans le domaine de lʼassurance. Chaque fois quʼon crée un
emploi artistique, on génère 1,6 emplois dans le domaine de services. Le domaine des
services est lʼensemble des métiers qui servent à lʼensemble de la collectivité.

Quels sont les services qui peuvent bénéficier de la création dʼemploi?


Les transports (car notamment, de nouvelles ligne de bus, arrêt de train, etc...). Autre
chose, cʼest dans le domaine postal. Quʼon soit dans un musée, on donne beaucoup de
travail aux services postaux. Il y a aussi tout le secteur HORECA évidemment (de
nouveaux restaurants, cafés, hôtel, etc...). Tout ce qui concerne les métiers de la
construction. Les bâtiments, il faut les construire et les entretenir!

Tout nʼest pas rose évidemment, on ne vit pas dans un monde idéal. Le problème majeur
de la culture est que sa rentabilité reste extrêmement difficile. Dans toute une série de
domaine, cʼest un exploit quand les recettes propres couvre 55 % des coûts.
Des fois, on assiste a des échecs extraordinaires, comme le Pass.

3.3. Loi de Baumol

La loi de Baumol (nom dʼun professeur économiste américain, énoncé en 1960). Cette
règle dis que les entreprises des spectacles vivants (orchestres, théâtres, maisons
dʼOpéra, cirques, etc...) sont vouées à connaître des crises financières chroniques.
Pourquoi?
La raison est très simple: dans les entreprises de spectacles vivants, le temps de travail
est incompressible pour parvenir à la qualité souhaitée. Cela veut dire quʼon a une sorte
de dualisation de la culture. Dʼun côté, lʼindustrialisation permet de plus en plus, de
produire des biens culturels à moindre coût (CD, DVD, etc...) et de lʼautre côté, dans les
spectacles vivants, on a une productivité qui dépend du temps de travail. On a le cas de
lʼorchestre philharmonique de Liège. Partout ailleurs, on dira quʼil faut tailler dans les
coûts. Dans tous les spectacles vivants, si on touche au temps de travail, on touche à la
qualité du produit (répétition dʼun orchestre, dʼun spectacle de théâtre, etc...). Cette
incompressibilité des coûts a un effet pervers, à savoir que dans le domaine des
spectacles vivants, étant donné quʼon ne peut compresser les travailleurs, on a une
augmentation des coûts. Le tout gros désavantage est que lʼaugmentation des coûts ne
peut être répercuté sur le prix des places. Si on ne peut répercuter les coûts sur le prix des
places, on tombe en faillite. Ce quʼon paye dans les spectacles vivants sont dérisoires par
rapport à ce que cela coûte réellement. Exemple; avec le passeport Ophtémus, on peut
aller voir un spectacle pour 8€. Chaque fois quʼon lève le rideau dans un théâtre, chaque
siège coûte 750€ pour les personnes qui ne viennent pas. Dans les spectacles vivant,
plus on joue, plus on perd de lʼargent.

Puisque, selon la loi de Baumol, des théâtres et des opéras connaissent des problèmes, il
y a une solution qui est simple: il faut que les pouvoirs publics ou que des mécènes dans
le cas des Etats-Unis, financent ou accusent ces déficits.
8
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Chapitre II: Les pouvoirs publics dans le champ de la culture

Ce quʼon découvre, cʼest que tout le monde est compétent en matière de culture. De
niveau mondial à des niveaux local savent quʼil ne faut pas réduire la politique culturelle
au seul niveau de pouvoir qui sʼen est vu attribuer les compétences.
Cette raison de la multiplicité : Cela tiens de lʼintégration de plus en plus forte des produits
créés au circuit économique.
Si tout le monde essaye de sʼoccuper de la culture, cʼest que la culture est un enjeu
essentiel de lʼintégration européenne.
Un projet culturel proposé, la première question posée est: Quel est sa valeur ajoutée au
niveau Européen?

1. Une compétence internationale.

1.1 Introduction

En 1948, lʼassemblée générale des Nations-Unies adoptent un texte qui est la déclaration
universelle des droits de lʼhomme. A lʼarticle 27, on énonce des droits culturels: “Toute
personne a le droit de prendre part librement a la vie culturelle de la communauté, de jouir
des Arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent. Chacun a
le droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production
scientifique, littéraire ou artistique dont il est lʼauteur.”

Cela veut dire que le droit à la culture est devenu, seulement depuis 1948, un droit aussi
important que les droits politiques, économiques et sociaux. On ouvre les droits collectifs à
la culture et de lʼautre côté, on défend les droits individuels à la culture.

1.2. UNESCO

Premier organisme international qui a des compétences dans la culture. Il a été fondé
dans le contexte de lʼaprès-guerre. Fondé dès novembre 1945. LʼUNESCO fonctionne
comme un organisme inter-gouvernemental dʼEtats associés et les Etats qui font partie de
lʼUNESCO le finance selon leurs revenus nationaux. Cela ne donne pas à un pays qui a
plus de PIB, de droits sur les décisions par rapport à un pays du tiers monde.
Lʼobjet de lʼUNESCO est de contribuer au maintien de la paix et de la sécurité en
resserrant par lʼéducation, la science et la culture, la collaboration entre les nations.

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Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Cours du 27/02/08

UNESCO: Organisation des Nations-Unies pour lʼéducation, la science, la culture.


LʼUNESCO a été fondée en 1945. Après la seconde guerre mondiale. LʼUNESCO est un
organisme inter-gouvernemental financé selon le PIB de chaque pays membres.

Le but de lʼUNESCO est de contribuer au maintiens de la paix et de la sécurité en


resserrant la collaboration entre les nations.

1.2.1. Secteur de lʼéducation

Fondé en 1951. Il sʼagit de mettre en place des structures qui vont permettre à des gens
qui nʼont pas accès à lʼéducation de recevoir une certaine forme dʼéducation.
Dans le cadre de ce programme dʼéducation, lʼUNESCO est active en Afrique, en Asie, en
Amérique du Sud-Est.

1.2.2. Secteur des sciences-exactes et naturelles

Fondé en 1948. Au départ marginale dans les préoccupations de lʼUNESCO, elle a un


regain, aujourdʼhui, à cause du réchauffement planétaire.

- Secteur de lʼeau douce.


- Travaux sur la gestion des océans.
- Relation entre politique scientifique et du développement durable.
- Bio-diversité et écologie.

UNESCO met en relation le scientifique et le politique pour voir comment des sciences et
des technologies peuvent résoudre des questions environnementales.

A partir de ces énormes ateliers débouchent sur des résultats concrets:

- Programme de villages solaires.


- Survie des grands singes.
- Lutter contre des pandémies comme le SIDA.
- Système mondial dʼobservation des océans

1.2.3. Secteur des sciences humaines et sociales

But de ce secteur:
Nous allons aborder 4 questions:

1. Question éthique:

- Dans le domaine des sciences, lʼéthique est importante. En 2005, lʼUNESCO publie la
déclaration Universelle du génome humain et des droits de lʼhomme.

- En 2005, lʼUNESCO a adopté une convention internationale contre le dopage dans le


sport.

2. Droits humains:

- Diffuser le contenu de la déclaration des droits de lʼhomme.


10
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

- Lutte contre la discrimination. Entreprendre toute une série de programmes pour le droit
des femmes.

3. Philosophique:

- Promotion de la philosophie comme une discipline qui permet de créer un esprit critique,
de renouveler les idées.

4. Transformation sociale:

- Dans ce dernier atelier, lʼUNESCO tente de proposer des solutions à des problèmes
sociaux extrêmement complexes et imbriqués. (Exemple: Des recommandations dans le
développement urbain, dans la migration internationale, des politiques multi-culturelles,
lʼintégration des jeunes).

- Dans la ville de Korta (a revérifier!) en Allemagne, il y a une conférence sur le


développement des villes.

- Au Nigéria, il y a un défi de lʼintégration régionale dans les Etats Nations. (Exemple: Le


Kosovo).

1.2.4. Secteur de lʼinformation et de la communication

Thèmes abordés:

1. Accès à lʼinformation.
2. Le renforcement des capacités. Essayer dʼoffrir au public le plus large des opportunités
de comprendre, de participer ou de bénéficier de connaissances de la société.
(Exemple: Le programme dʼalphabétisation dans les pays émergents et le programme
de formation aux médias dans les pays développés, etc...)
3. Le développement des contenus. On parle à la fois du fond (quelles matières à
développer) et la forme de ces contenus (multilinguisme des informations).
4. Liberté dʼexpression. Développement des médias.
5. Thème le plus récent: La mémoire du monde. Mettre en place des structures qui
permettent dʼassurer la conservation dʼarchives de bibliothèques et dʼen assurer la
diffusion.

1.2.5. Secteur du patrimoine

Secteur le plus connu. Il y a différents thèmes abordés:

1. Le patrimoine mondial.

Elément qui existe depuis 1972. LʼUNESCO a établi une liste de monuments et de sites à
préserver et qui constituent un bien appartenant à toute lʼhumanité.
Des bâtiments, constructions humaines mais aussi des lieux ou des paysages. (Exemple:
Parcs nationaux, la grande barrière de Corail en Australie. Des sites mixtes comme les
Pyramides de Gizeh et le paysage aux alentours).
Il y a 851 biens en 2007. Il y a 660 bâtiments, 166 sites naturels et 25 mixtes qui sont
répartis dans 141 Etats.

11
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Cette liste va croître assez rapidement car depuis 2006, 184 Etats ont rectifié la
convention du patrimoine mondial.

En Belgique, quels sont les biens inscrits au patrimoine mondial de lʼUNESCO?


1. Les Béguinages de Flandres. Il y en a 6 dans les villes de Flandres: Courtrai, Leuven,
Gand, Bruges notamment. Les béguines était des religieuses qui ont fait voeux de
donner leur vie à Dieu. Mais à lʼinverse des autres religieuses qui vivaient renfermées
dans des monastères, les béguines vivaient dans une petite ville dans la ville et elle
nʼétaient donc pas renfermée. Il y avait tout ce qui était nécessaire à la vie des béguines
dans ces béguinages! (Il en existe depuis le XIIIième siècle).
2. La Grand-Place de Bruxelles est rentré au patrimoine mondial de lʼhumanité en 1998.
La Grand-Place est constituée dʼun ensemble de bâtiments construits à la fin du
XVIIième siècle. Il y avait des bâtiments qui appartenaient aux différentes corporations.
3. Les ascenseurs à bateaux qui se situent sur le Canal du Centre. (Il y a 4 ascenseurs
hydrauliques construits entre 1888 et 1917 + le paysage environnant). Ces ascenseurs
compense un dénivelé de 87 mètres. Le Canal du Centre relie la Meuse à lʼEscaut.
(Proche de la Louvière).
4. En 1999, les Beffrois de Flandres et de Wallonie sont classés au patrimoine mondial de
lʼhumanité. Celui de Tournai est le plus ancien (XIIième siècle) et celui de Mons est le
plus récent (XVIIIième siècle). Il y a en tout 32 Beffrois qui ont été inscrit sur cette liste.
Quʼest-ce quʼun Beffroi?
Un Beffroi est le troisième pouvoir urbain dans le pouvoir médiéval:
1. Le Seigneur construit un Donjon.
2. LʼEglise construit un clocher.
3. Les échevins vont vouloir montrer leurs pouvoirs et vont construire un Beffroi.
Un Beffroi est un symbole pour annoncer les événements de la ville (cʼest la raison pour
laquelle il y a des cloches dans un Beffroi). Il y a des styles baroque (Mons),
renaissance, etc...
Elles ont une construction homogène. Les Beffrois nʼexiste que dans le nord de la
France et en Belgique.
En 2005, la liste a été étendue. On ne parle plus de Beffrois de Flandres et de Wallonie
mais de Beffrois de Belgique et de France. On été rajouté 23 Beffrois à la liste originale
+ celui de Gembloux qui avait été oublié lors de la première liste.
5. - En 2000, cʼest le centre historique de Bruges qui a été classé au patrimoine mondial
de lʼhumanité. Cʼest une des seules villes a avoir conservé son habitat médiéval et son
tissu urbain. Bruges a été une des capitales commerciale et culturelle de lʼEurope au
Moyen-Âge et à la Renaissance.
- Quatre habitations majeures de Bruxelles construite par lʼarchitecte Victor Horta ont
également été inscrit sur la liste cette année-là: Hôtel Van Eenevelte, la porte cochère
de lʼHôtel Solvet, lʼHôtel Tessel et la maison ainsi que lʼatelier de Horta. Victor Horta est
un des fondateurs de lʼArt nouveau (lignes courbes, intégration de la lumière, etc...)
- Les mines néolytique de silex de Spienne près de Mons ont également été classées
au patrimoine mondial de lʼhumanité en 2000. Cʼest un site très grand qui couvre une
centaine dʼhectares! Cʼest le plus grand site dʼextraction minière de lʼEurope
préhistorique. De -4000 à -750, les hommes ont extraits des minerais.

- Il reste un bâtiment en 2000, cʼest la cathédrale de Tournai inscrite au patrimoine mondial


de lʼhumanité en 2000 et construit dans la première moitié du XIIième siècle. Elle est
exceptionnellement grande.

12
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

- Musée Plantin Moretus situé à Anvers (maison, contenu, atelier, cʼest donc tout le
complexe qui est classé). Cʼest un bâtiment classé en 2005. Dernier bâtiment à avoir été
classé en Belgique. Christophe Plantin est lʼun des plus grand imprimeur et éditeur de la
deuxième moitié du XVIème siècle. On a une grande importance dʼobjet dans cette
maison dʼédition qui a été la plus prolifique de lʼEurope. On a une fonction qui nʼa jamais
changé en lʼespace de quatre siècle. On a conservé les casses et la plupart des éditions
qui y ont été publiées.

Un des premiers bâtiments a avoir été classé a été la cathédrale dʼAix-la-Chapelle. Il y a le


centre historique de Trêve qui a été classé. Il y a la vieille ville de Luxembourg. Il y a la
place Stanislas à Nancy. A Lille, il y a le beffroi qui est également classé.

Un des buts est de sensibiliser les Etats à leurs patrimoines mais également les citoyens.
Pour garder son inscription au patrimoine mondial de lʼhumanité, il y a une série
dʼobligation qui doivent être remplie. Il y a le cas de la vallée de lʼElbe à Dresde. Cette
vallée s'étends sur 18 kilomètres. Il y a une série de château, de jardins qui parsème cette
vallée. Mais, depuis quelques années, les autorités de la région souhaitent construire un
pont au-dessus de lʼElbe pour désengorger le trafic de la ville. Dresde est la ville martyre
de la seconde guerre mondiale puisquʼelle avait été fortement bombardée.
Autre exemple:
LʼUNESCO intervient également pour des sites qui vont être menacés (par des guerres,
intempéries, etc..) On peut accélérer et faire classer toutes une série de sites
exceptionnels. Exemple récent:
LʼAfghanistan et lʼIrak. En Afghanistan, au début de la guerre entre 2000 et 2003, il y avait
une vallée qui était une des sources dans lʼhistoire du bouddhisme. La vallée de Bamyan,
il y avait deux énormes Bouddha, construit dans la falaise et qui avaient été construit aux
Vième et VIième siècle de notre ère. Lorsque les Talibans ont conquis une partie du pays,
il ont fait une série de chantage et il menaçaient de détruire les bouddhas. En catastrophe,
lʼUNESCO a tenté dʼinscrire dans son patrimoine les deux Bouddhas.
Même chose en Irak, lors de la deuxième guerre en Irak, la ville dʼAssur, une des villes
fondatrice de la civilisation européenne a été menacé par les tanks iraqien et américains.
LʼUNESCO a voulu protéger cette ville. Lʼinjonction a été préservée mais les bâtiments ont
été modérément affectés. Un très grand rôle dans la gestion des conflits.

Patrimoine mobilier et musées

LʼUNESCO dicte une série de règlement pour préserver le patrimoine mobilier. Donc celui
qui peut bouger. Cela peut aller à des tessons de poterie ou des bijoux découverts dans
des lieux dʼarchéologie ou dans des tombes. Cela peut être toute oeuvre dʼart en général,
mais également des livres, des pièces de monnaies, des meubles, des textiles. Cela peut
être aussi des instruments de musique mais également des photographies, des films ou
des collections de timbres. Parmi ces dizaines de millions dʼobjets, une toute petite partie
de ces objets font partie dʼinstitutions officielles. Et donc, le but de lʼUNESCO est dʼétablir
des règles universelles de préservation et de diffusion de ce patrimoine mobilier.

Dans le domaine des musées, le but de lʼUNESCO est de proposer des standards de
conservation mais aussi de protéger les objets dans les pays les moins avancés des
trafics illicites !
Exemple: Après des conflits ou des catastrophes naturelles. Au début de la guerre en Irak,
lorsque des soldats américains sont rentrés à Bagdad, le musée dʼArt a été pillé et des
objets ont été en vente 2 jours plus tard en Suisse. Le but de lʼUNESCO est de se
prémunir de choses comme celles-là! Le risque est très grand de voir des collections
13
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

dispersées, envolées et des équipes peuvent intervenir dans ce cas-là. Les Américains
ont été tenus responsables du pillage car ils nʼont pas protégés le musée.

Patrimoine immatériel

On sʼaperçoit que le patrimoine culturel sʼintéresse de plus en plus aux expressions


vivantes, traditions et aux communautés qui transmettent un savoir oral. Cela nʼest quʼen
2003 quʼa été ratifié un traité pour la préservation du patrimoine immatériel.
En Belgique, il y a deux manifestations qui sont inscrites au patrimoine immatériel:
1. Le carnaval de Binche.
2. Le Doudou à Mons. (Le problème est quʼen essayant de promouvoir tous ces éléments
très locaux de manière internationale, on a une sorte de balancier des gens, les gens
sont devenus ultra-nationaliste). Ce sont donc les processions de draguons et de
géants de France et de Belgique. Au total, 9 de ces processions ont été inscrites dans
le patrimoine immatériel et le Doudou est une de ses 9. (Ce sont les régions où les
pouvoirs politiques sont les plus fort que les lieux ou monuments sont classés au
patrimoine mondial de lʼUNESCO (Mons, Hainaut, etc...))
• Il y a le dragon de Tarascon.
• Fête de Douai
• Fête à Pézenas
• Outre la Ducasse de Mons, il y a la Ducasse dʼAth
• Le Meiboom de Bruxelles
• Les deux fêtes de lʼOmmegang à Maline et à Termonde

La créativité

Les trois premiers patrimoines appartiennent au passé, la créativité appartient à lʼavenir et


à lʼactuel.
Dans cette créativité, elle est accentuée dans des domaines bien particuliers. Notamment,
faire bénéficier pour toutes les cultures des développements de lʼindustrie créative. De
renforcer les marchés locaux et dʼassurer lʼaccès aux marchés internationaux.

Concernant les quatre points du secteur du patrimoine. Parmi les actions de lʼUNESCO, Il
y a toute une série de convention:
- Convention sur les droits dʼauteurs en 1952.
- Convention sur la protection des biens culturels en cas de conflit armé signé en 1954 et
renouvelés en 1999.

LʼUNESCO fait aussi toute une série de recommandations. Cela concerne aussi les quatre
points dans le champ culturel.
Par exemple: ratifié par notre pays:
Les recommandations à appliquer en matière de fouille (décision de 1956):
- Si on construit une nouvelle ligne TGV, les gens doivent avoir le temps nécessaire pour
fouiller pour sauver ce qui pourrait se trouver-là.

Recommandation sur les concours dʼarchitecture (convention de 1956 également):


- A partir du moment où on a un chantier qui va coûter autant de millions de dollars. On
demande aux pouvoirs locaux à recourir à des concours internationaux. Cela évite les
préférences locales. La gare des Guillemins, on a respecté cette procédure puisque cʼest
un architecte espagnol qui a été choisi.

14
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Toute une série de recommandation pour rendre les musées accessibles


(recommandation des années 60).

Recommandation qui concerne les mesures à prendre pour interdire et empêcher


lʼexportation, lʼimportation ou le transfert de biens culturels. Cela date de 1964. La
Belgique avait pillé le Congo lors de la décolonisation.

15
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Cours du 5/03/08

1.3. LʼOrganisation Mondiale du Commerce

1.3.1. Définition: GATT et OMC

Lʼorganisation mondiale du commerce est un organisme qui sʼoccupe des règles qui
régissent les commerces entre les pays. Lʼorganisation mondiale du commerce est née le
1er janvier 1995. Mais le système commercial que lʼOMC représente à 50 ans ou plus
puisquʼen 1948, un certain nombre de pays signait ce quʼon appelle “Un accord général
sur les tarifs douaniers et le commerce”. Cet accord sʼappelle en anglais: General
Agreement On Tariffs and Trade” (=> GATT).
Cet accord général va donner naissance à une organisation internationale officieuse qui
va prendre pour nom lʼacronyme précédent, cʼest-à-dire GATT.
Au fil des ans, elle a organisé toute une série de cycles de négociations dont le plus
important à été le cycle de négociations de l'Uruguay. Qui a duré de 1986 à 1994. Cʼest à
lʼissue de ce cycle de négociations que le GATT a été remplacé par lʼOMC (organisation
mondiale du commerce) le 1er janvier 1995.
Les accords qui se mettent en place autour de lʼOMC concernent les services, les
échanges dʼinvention, les créations et de manière plus générale, la propriété intellectuelle.

1.3.2. Objectifs

Dans ces objectifs, cʼest à peut près les même qui régissent les organismes internationaux
à la fin de la seconde guerre mondiale. On crée des lieux de rencontres afin dʼéviter que
des problèmes dʼéchange commerciaux ne dégénèrent en conflits armés.
Dans ce cadre-là, pour atteindre ces objectifs, il y a toute une série de règles qui ont été
mises en place:
1. LʼOMC est un cadre de négociation. Cʼest là que les gouvernements (156 Etats
membres de lʼOMC) essayent de résoudre leurs problèmes commerciaux.
2. Fixer un ensemble de règles puisquʼau coeur de lʼOMC, cʼest une série dʼaccord qui ont
été négociés, signés par la majeure partie des puissances commerciales du monde. Et
les accords qui ont été signés entre ces différents pays constituent toute une série de
règles juridiques qui deviennent contraignante et le tout dans un but dʼaider les
producteurs, les exportateurs et les importateurs à exercer leurs activités dans des
conditions similaires.
3. Régler les différents.

1.3.3. LʼOMC et la culture

Parmi les accords signés par lʼOMC, il y en a deux en particulier qui concerne des
matières culturelles. Les deux accords sont lʼADPIC. Acronyme dʼaspect des droits de
propriétés intellectuelles qui touchent au commerce.
Le deuxième est lʼAGCS: Acronyme dʼaccord général sur les services.
Ces deux accords-là, nous en sommes des bénéficiaires ou des victimes car sont en
vigueur depuis 1995.

- ADPIC

On a légiféré sur les droits de propriété intellectuelle car on sʼest aperçu que les idées et
les connaissances représentent une part de plus en plus importante du commerce

16
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

mondial. Dans le domaine de la culture, cela passe par des supports DVD, CD, livres,
logiciels informatiques. On achète, dans ce cas, pas le support mais pour le contenu. Pour
lʼinformation, la créativité quʼil y a sur le support.
Puisque ces idées qui figurent sur ces supports appartiennent à des auteurs particuliers,
lʼOMC veut offrir aux créateurs le droit de regard sur les modes de diffusion et
dʼexploitation de leurs oeuvres.
Dans les droits quʼon concède aux auteurs, il y a le droit dʼauteurs. LʼOMC protège aussi
des brevets pour des inventions, elle protège aussi les marques de fabrique ou les logos
des produits. Ce qui se passait avant 1995, tout cela étant déjà protégé par le droit
national, européens mais souvent de manière très variable dʼun pays à un autre. Cette
variabilité de protection est devenue une source de tension ou de conflit. Lʼélaboration de
nouvelles règles par lʼOMC a permit une sorte dʼuniformisation sur pratiquement toute la
planète.
Le cycle de lʼUruguay a permit à une plus grande uniformité dans plusieurs domaines:
1. Le droit dʼauteur et les droits connexes. Pour les droits connexes, ce sont les droits sur
les programmes dʼordinateurs. Le droit dʼauteur sʼest répandu à la location ou le prêt au
public. Extension des droits dʼauteur aux artistes interprètes et aux artistes exécutants.
Le droit dʼauteur a aussi été étendu aux producteurs et aux organismes de radio-
diffusion.
2. Les marques de fabrique ou de commerce. LʼOMC définit quels sont les signes, quels
sont les mots qui peuvent bénéficier dʼune protection et quels sont les droits que
confère cette protection à leurs propriétaires (utiliser une pomme comme celle dʼApple
pour vendre du matériel informatique, cela sera interdit. Pour Coca-Cola, cʼest toujours
un petit R dans un cercle quʼon voit après une marque signifie que cela a été
“registered” en anglais. Il sʼagit donc dʼune marque déposée, enregistrée. Ces marques-
là sont protégées pour des périodes de dix ans! Cʼest bien moins que des droits
dʼauteurs qui sont de 70 ans après la mort de lʼauteur.)
3. Les indications géographiques. Cela concerne un peu moins la culture cultivée. Les
noms de lieux sont parfois utilisés pour identifier des produits. Le produit a des qualités
particulières qui résultent de son origine. Ces indications géographiques sont utilisées
dans le domaine de la nourriture. Notamment les vins et les spiritueux. Tout cela est
protégé pour dire que dans ce cas-là, il y a des questions de terroir qui compte dans la
qualité du produit. On ne peux pas faire du Champagne nʼimporte où, cʼest réservé pour
la région de Champagne en France! LʼOMC nʼa pu se mettre dʼaccord que pour les
produits alcoolisés. Pour les aliments, on reste dans des législations régionales,
nationales ou dans notre cas, européenne. Les négociations sont difficiles sur dʼautres
produits car lʼappellation dʼorigine considère que cʼest une forme de protectionnisme.
Par exemple, en Europe, elle a mis de lʼordre dans le terroir. On a produit du Toquet en
Alsace qui est un vin hongrois à la base. Un cas encore plus clair est un fromage qui
sʼappelle la Féta qui est un produit grec et qui avait été produit en dehors de la Grèce.
Depuis un an seulement, on ne peut produire du Féta quʼen Grèce.
4. Lʼaccord suivant porte sur les dessins et les modèles industriels. Là aussi, la protection
dʼun dessin ou dʼun modèle industriel vaut pour 10 ans.
5. Le dernier accord est un accord qui porte sur les brevets. Eux, ils doivent être protégés
pendant 20 ans. Mais, pour les brevets, sous la pression des organisations non-
gouvernementales, il y a de nombreuses exceptions. Parmi ces exceptions, les titulaires
de brevets ne peuvent pas abuser de leurs droits dans le domaine de lʼagriculture et de
la santé publique. Dans le domaine de lʼindustrie pharmaceutique, lorsquʼon dépose un
brevet, comme pour le sida, cela à coûté des fortunes de produire des médicaments
donc ils ont été copiés. Si on produit des produits générique trop rapidement, on tue la
recherche. Dans le domaine agricole, il ne faut pas quʼune firme qui mettent au point
des brevets pour des graines génétique.
17
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

- AGCS

Lʼaccord général sur les services. Quʼest-ce quʼun service? On entend par services toutes
les fonctions dʼutilités collectives ou sociales. Cʼest-à-dire la fonction quʼont les
organismes nationaux ou internationaux de satisfaire les besoins de la collectivité. Pour
lʼUlg, cela peut être les transports pour venir, la distribution dʼeau et de gaz, cela peut être
les soins mais aussi dans les services, on a lʼaudio-visuel maintenant. Les services tout ce
qui fait quʼun citoyen peut sʼaccomplir en ayant ses besoins fondamentaux couverts. Nous
ne pouvons travailler que si on a mangé, si on a de lʼélectricité, etc...
En quelques décennies, cʼest le secteur de lʼéconomie mondiale qui a connu une forte
croissance. 1/3 des employés de la planète travaille dans les services et représente 2/3 de
la production mondiale.
Quʼest-ce qui est international dans les services:
1. La fourniture de services dʼun pays à un autre. Pour nous, partir en vacances et passer
des appels internationaux.
2. Lʼutilisation de services par des consommateurs dans un autre pays. Cʼest quelque
chose qui a explosé avec lʼexplosion du tourisme.
3. Ce sont les établissements de filiales dʼune entreprise dans un pays tiers. Le cas quʼon
parle le plus est celui des banques.
4. Le déplacement de particuliers qui quittent leurs pays pour un autre.

La culture et lʼaudio-visuelle occupent une place importante dans lʼAGCS. LʼOMC tente de
légiférer sur les services audio-visuels. En clair, elle aimerait que tous les Etats libéralisent
totalement leurs accès à lʼaudio-visuels.
Quʼest-ce que cela veut dire? Cela ne marche pas du tout pour lʼinstant car il faudrait que
les Etats arrêtent de subventionner la culture dans leur propre pays. Le principe suggéré
par lʼOMC est que les Etats plafonnent les subventions quʼelles donnent à la culture à 5%.
Eu Europe, les subventions des Etats dans le domaine de la culture tournent autour de
50%. Les Etats européens ont refusés cette proposition. Sʼils avaient acceptés, du jour au
lendemain, on nʼaurait plus de journaux, on aurait très peu de films, on aurait moins de
livre, presque plus de disques et autant dire que les télévisions nationales et régionales
disparaîtraient. L'argument que lʼEurope a utilisé pour ne pas diminuer ces subventions
est que cela lui permettait de maintenir la diversité des cultures. Cʼest ce quʼon appelle
depuis une petite dizaine dʼannées lʼexception culturelle. Les services audio-visuels, les
services des bibliothèques, les archives, les musées ne sont pas pris en compte.
Lʼargument que lʼEurope a développé est de dire quʼen raison de leurs spécificité, ces
secteurs culturels ne peuvent pas être considérés comme de simples marchandises.
Beaucoup craignent que les règles commerciales ont tendances à sʼimposer sur dʼautres
règles et notamment, les règles commerciales sʼimposent sur les droits de lʼhommes, des
droits sociaux, de la défense de lʼenvironnement, etc...
Le problème est que lʼexception culturelle tel quʼelle est défendue par lʼEurope suscite des
effets pervers. Le principal effet pervers est que cette défense des intérêts locaux se fait
au détriment de la solidarité. LʼEurope, en subventionnant la culture réduit à néant la
solidarité quʼelle a avec lʼAfrique qui ne sait absolument pas subventionner sa propre
culture. Quʼest-ce que les artisans du tiers monde peuvent faire par rapport à cette
exception culturelle en Europe?
Comme lʼexception culturelle sʼest attirée beaucoup dʼopposition, on a changé un peu le
vocabulaire et plutôt que de parler dʼexception culturelle, on parle de diversité culturelle. Et
donc, lʼEurope continue à soutenir sa culture.
Cette notion de diversité européenne oblige pour la plupart des dirigeants européens de
tenir un double discours:
18
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Le premier est un discours international dans lequel, on va dire quʼil y a autant de régions
et quʼelles peuvent montrer leur spécificité. Il y a un discours national dans lequel on
sʼaperçoit que la plupart des dirigeants reconnaissent peu de pratique culturelle au sein de
leur propre Etats.
Exemple: la France qui a défendu ce principe de diversité culturelle. La France nʼa
toujours pas signé les directives européennes sur les langues et les minorités
européennes (Breton, Corse, etc..). Dans les années qui viennent, on va aller vers une
libéralisation du domaine de la culture.

1.4. LʼOrganisation de Coopération et de Développement économique (OCDE)

Cʼest un organisme fondé en 1948 et de nouveau en liaison avec la seconde guerre


mondiale car fondé pour favoriser la reconstruction de lʼEurope via lʼaide américaine. Un
peu comme lʼOMC, lʼOCDE a proposé dans les années 90, une série dʼaccords qui
visaient à ouvrir les marchés à tous les investissements. En matière de culture, quʼest-ce
que cela voulait dire? En matière de culture, un grand groupe de presse, un grand groupe
dʼaudio-visuels pouvait investir dans nʼimporte lequel pays mais dans ce cas-là, les Etats
du tiers-mondes ont refusés. Dans bien des cas, cʼest pour ne pas voir disparaître les
groupes audio-visuels locaux et de groupes de presses locaux. Cʼest un projet dʼaccord
qui reste toujours sur la table.

1.5. LʼAgence de la Francophonie

Elle est fondée en 1996. Cette agence de la Francophonie réunit 49 Etats qui viennent
des 5 continents et dont la bannière commune dʼutiliser le français comme langue
véhiculaire. Cette agence de la Francophonie nous intéresse car elle développe toute une
série de programme de coopération dans le domaine de la culture, dans le domaine de
lʼéducation, des droits de lʼhomme, et évidemment en matière de langues.

19
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Cours du 12/03/08

2. Une compétence européenne

2.1. Le Conseil de lʼEurope

Cʼest lʼorganisation internationale de la “Grande Europe”. Le but de ce Conseil de lʼEurope


est de promouvoir la démocratie, les droits de lʼhomme, la prééminence du droit, lʼidentité
culturelle et la recherche de solutions aux problèmes de société en Europe. Le siège de
ce conseil de lʼEurope est à Strasbourg et fonctionne avec les ministres des affaires
étrangères des différents pays membres.

Le conseil de lʼEurope a été formé en 1949 et il réunissait à lʼépoque 10 pays européen.


Aujourdʼhui, ce Conseil de lʼEurope compte 47 membres. Cʼest bien plus que lʼUnion
européenne, il y a presque lʼintégralité des pays du continent européen.

A partir de 1954, ils vont sʼarroger des compétences en matière de culture suite à la
signature de la convention culturelle européenne.
Il y a deux objectifs:
1. Dʼencourager dans les pays adhérents lʼétude des langues, de lʼhistoire et de la
civilisation des autres parties contractantes.
2. Offrir sur le territoire des pays signataires des facilités en vue de développer des
activités culturelles dʼintérêts européens.

Normalement, la seule condition pour faire partie de ce Conseil de lʼEurope est dʼêtre un
pays démocratique et européen. Cʼest un aiguillon qui a une certaine importance puisque
depuis que le Conseil de lʼEurope existe, certain pays ont eu du mal à y rentrer et dʼautres
y ont été exclus. Au départ, le Portugal et lʼEspagne qui étaient sous la coupe de dictateur
nʼont pas pu intégrer le conseil de lʼEurope dans les années 40 lorsquʼil y avait une
dictature en place. La Grèce devra se retirer de lʼEurope en 1969 à cause de la dictature
des colonels.
Cela veut dire ici que dans ce Conseil de lʼEurope, on a plus de membres que dans la
commission. Le fait dʼintégrer plus de membres, notamment par le biais de la culture, à
permis, pendant la guerre froide de maintenir un contact de part et dʼautre du bloc de lʼEst
et de lʼOuest. Cela veut dire notamment quʼon pouvait accueillir ici des troupes de
théâtres, des artistes de Pologne, de Roumanie, de Russie pendant la guerre froide. Des
artistes pouvaient aller donner des représentations derrière le rideau de fer.

En 1961, à lʼintérieur du Conseil de lʼEurope, on va créer un conseil de coopération


culturelle. Ce conseil de la coopération culturelle va gérer directement, une série
dʼactivités qui relève de lʼenseignement, de la langue, de la culture, du patrimoine ou des
sports. Exemple dʼéléments concrets qui ont été mis sur pied:
1. Des programmes qui tournent autour de lʼéducation permanente.
2. Dans le domaine des médias, ce conseil de lʼEurope a réussi à faire signer des accords
de coproduction dans le domaine de lʼindustrie cinématographique et audiovisuelle.
3. A partir de 1975, ce Conseil de coopération a lancé les années européennes du
patrimoine architectural. Ces années européennes du patrimoine architectural ont
débouchés sur deux choses:
a. Les pays signataires se sont entendus sur des principes en matière de conservation
et de sensibilisation au patrimoine.

20
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

b. Cela a débouché sur les journées européennes du patrimoine. Aujourdʼhui ces


journées du patrimoine sont organisé dans 47 pays, régions dʼEurope et cʼest
toujours la seconde moitié de septembre. En 2007, quel patrimoine a été mis en
valeur? Lʼannée dernière, cʼétait le patrimoine militaire qui a été mis en valeur en
Wallonie de la préhistoire à nos jours. En 2008, cette année, puisque la Belgique est
régionalisée, les thèmes sont différents ainsi que les moments pour faire ces
journées, en Wallonie, cela sera un thème assez large appelé Patrimoine et Culture
(le 14 septembre). En Flandre, lʼOpen Monumentendag le 14 septembre et le thème
sera XXième édition, XXième siècle. Ce seront des bâtiments contemporains qui
seront ouvert. A Bruxelles, le 20 et 21 septembre, ce sera autour de lʼexposition 58,
avant après. Le patrimoine Bruxellois depuis la seconde guerre mondiale (les
institutions culturelles et européennes seront ouvert à ce moment-là).

2.2. LʼUnion Européenne

2.2.1. Avant le traité de Maastricht

LʼUnion européenne commence à exister après le traité de Rome en 1957. Ce traité de


Rome instituait ce quʼon appelait à lʼépoque la C.E.E (La communauté économique
européenne). Il y avait très peu de culture dans cette C.E.E. Cela veut dire quʼelle va
rester une matière qui sera traité par la C.E.E mais de manière marginale jusquʼen 1992
où on signe le traité de Maastricht.

Après 57 et avant 92. Dans quelle matière la C.E.E. a-t-elle intervenue?

1. Premier domaine: La sauvegarde du patrimoine architectural

Cette sauvegarde du patrimoine architectural existe en Europe depuis 1985 et concerne


aussi bien des monuments que des ensembles architecturaux que des sites. Dans ce cas-
ci, on parle dʼintervention financière pour protéger des sites. Chaque projet peut être
couvert jusquʼà 25% des coûts de restauration et de conservation par lʼUnion européenne.

2. Deuxième domaine: Lʼadoption en 1985 dʼune résolution relative à lʼorganisation et au


financement dʼune manifestation qui sʼappelle “Ville européenne de la culture”.

Cʼest le soutien le plus populaire en Europe. Chaque fois quʼune ville est nominée, il y a
des reportages, des poussées dʼinvestissements massifs pour restaurer, créer des
spectacles, etc... Cʼest devenu extrêmement populaire. Cʼest une intervention financière
donc les villes qui veulent devenir ville européenne de la culture sont très nombreuses.
La première ville à devenir “Ville européenne de la culture” a été Athènes en 1985. Par la
suite, Florence, Dublin, Madrid, Anvers (la première ville belge à devenir ville européenne
de la culture), Luxembourg, etc...
Toutes les capitales européennes voulaient jouer un rôle phare et en 2000, 7 capitales
voulaient devenir capitale de la culture. Une ville à retenir: Bruxelles 2000. Ils organisent
tous les deux ans une “zineke parade”. Il y avait aussi Saint-Jacques de Compostelle,
Cracovie, etc.. On prenait en 2000 des villes qui nʼétaient pas encore membre de lʼUnion
européenne. On percevait la culture comme un moyen de faciliter lʼintégration. En 2006,
cʼétait Patras en Grèce. Lʼannée dernière, en 2007, cʼétait Luxembourg. Puisque
Luxembourg avait déjà été capitale européenne de la culture, ils ont dû changer leur fusil
dʼépaule et appeler cela Luxembourg et grandes régions. Cʼétait toutes les régions des

21
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

pays limitrophes. Pour la Belgique, cʼétait la Wallonie, pour la France, la Lorraine et pour
lʼAllemagne, la Rhénanie-Palatinat.
Pour cette année (2008), les deux villes nominées sont: Liverpool et la ville de Stavanger
en Norvège. (question dʼexamen possible)...

Puisque lʼorganisation de ces journées européenne de la culture demande des moyens, le


Luxembourg avait prévu une cagnotte de 20 millions dʼEuros.

On connaît les lauréats jusquʼen 2012 car cela est prévu très longtemps à lʼavance pour le
financement. En 2009, ce sera Vilnius en Lituanie et Linz en Autriche.

La dernière fois quʼon a été choisit était en 2002 avec Bruges. Cela veut dire quʼil faut
attendre que tous les pays membres passent avant de pouvoir redevenir ville européenne
de la culture. Il se pourrait que la Belgique pourra proposer une ville comme capitale de la
culture en 2015. Puisque cʼétait les flamands la dernière fois, en 2015, cela sera les
wallons avec la ville de Mons. Pour pouvoir préparer cela, on met déjà des sous de côté.
Quand on vote le budget de la région Wallonne, 1 million dʼEuro est mis dans une
cagnotte pour être ressorti en 2015. Cela pourrait être Mons et grandes régions. (Flandre,
Wallonie, et le nord de la France).

3. Troisième domaine: Une directive qui sʼappelle “télévision sans frontière” en 1995.

De quoi sʼagit-il? Cʼest une disposition qui impose aux Etats membres dʼaménager leurs
législations pour assurer la libre circulation des programmes télévisés. Il y a un problème
de concurrence déloyale pour les publicités et les annonceurs qui vont faire des contrats
avec les gros groupes pour des jeux Olympique, de match de football ou autres.

4. Quatrième domaine: Une incitation à la production et à la diffusion audiovisuelle.

Cʼest de nouveau un financement et qui rejoint ce qui avait été annoncé dans le Conseil
de l'Europe pour des petits pays européens de vendre leurs productions à de grandes
multinationales.

5. Cinquième domaine: Fonds structurels

La communauté européenne essaye de développer une forme de cohésion économique


et sociale pour que le marché économique se développe de manière cohérente. Pour que
ce développement se fasse de manière harmonieuse dans toutes les régions de lʼEurope,
Lʼunion européenne a mis en place des fonds structurels pour que les régions
défavorisées réduisent leur écart de développement par rapport aux régions les plus
développées et les plus riches. Ces fonds ont des retombées dans le domaine culturel:
1. Le premier de ces fonds est “Objectif Un”. Quʼest-ce cʼest? Cʼest de lʼaide aux régions
en retard de développement. Quelles régions peuvent prévaloir dʼêtre en retard de
développement? Cʼest le cas si son produit intérieur brut est inférieur à 75% de la
moyenne communautaire. Dans ce cadre-là, il est prévu explicitement quʼune partie des
fonds ira à la culture, au patrimoine, aux Arts. En Belgique, cʼest le Hainaut qui a le
privilège dʼêtre une de ces régions en retard de développement. Le Pass, le Max,
quelques-uns des grands points du Hainaut viennent de ces investissements
européens.
2. “LʼObjectif Deux”. Là, cʼest une aide à la reconversion des régions touchées par le
déclin industriel. Dans ce cadre-là, il sʼagit de promouvoir des activités économiques qui
ont été perdue dans lʼemploi industriel. La dimension culturelle nʼest pas oubliée car la
22
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

culture est créatrice dʼemploi. De nouveau, en Belgique, une région bénéficie de cet
Objectif Deux: la région de Liège.
3. Le troisième des fonds est “lʼObjectif 5B”. Cʼest une aide à la préservation et au
développement des zones rurales fragiles. Là aussi, cela concerne une région de
Belgique: les Fagnes. Comment concilier le tourisme de masse avec un biotope
extrêmement fragile? Il y a eu des aides européennes pour mettre en place des
parcours, animateurs, etc...

2.2.2. Depuis le traité de Maastricht

Après 1992, ce qui va changer est quʼon va passer de compétences indirectes à des
compétences directes. La communauté européenne épaule directement les Etats
membres au nom de la défense de lʼidentité culturelle de chaque Etats.
Ces aides directes, afin de les distribuer à des Etats-membres, à des citoyens, il y a toute
une série de programmes mis en place. Historiquement, il y a eu un programme qui
s'appelait “Kaléidoscope”. Ils choisissait des domaines particuliers. Le deuxième sʼappelait
Ariane. Le troisième était Raphaël. Puis Culture 2000 et maintenant nous sommes dans le
programme “2007-2013”. Les objectifs particuliers de ce programmes sont de promouvoir
la mobilité transnationale des acteurs culturels, dʼencourager la circulation des oeuvres
artistique et encourager le dialogue inter-culturel.
Il y a encore trois catégories de projets qui peuvent être retenu si on répond à ces
objectifs-là:
1. Ceux qui concerne le projet dʼambassadeur culturel. Parce que le projet quʼon met sur
pied peut circuler et se déplacer dans, au moins, 7 pays de la communauté
européenne. Exemple: il y a un orchestre qui a suscité des crédits et quʼil sʼappelle
LʼEuropean Baroch Orchestra. Ce ne sont que des musiciens qui font partie de lʼUnion
européenne et cet orchestre circule dans ces 7 pays européen. Il sʼagit donc bien dʼun
ambassadeur culturel
2. Les réseaux. Et par réseaux, on entend des associations et des ASBL qui vont fédérer
ou permettre la dissémination dʼinformations dans, au moins, 7 pays de lʼUnion
européenne. Il y a, par exemple, le “Europe Jazz Network”, il a créé un réseau de club
de Jazz européen. Cʼest un bénéfice pour un artiste qui va circuler dans lʼensemble des
clubs dans 7 pays.
3. Les événements ou les festivals récurrents. Cʼest le domaine qui pose le plus de
problèmes pour lʼinstant car tous les gens qui font des festivals, il faut proposer des
oeuvres qui rassemblent des oeuvres ou des artistes de 7 pays pour que cette
production tourne dans toute une série de pays européen. Il nʼy a pas de valeurs
ajoutée à un festival où on ne fait venir que des artistes pour un spectacle dans un pays
à une seule date! Il faut que cela tourne dans plusieurs pays.

La communauté européenne a fait aussi toute une série de petite chose comme renforcer
la protection des droits dʼauteurs. Deuxième chose, elle a prévue la possibilité pour que
les biens et les services culturels bénéficient dʼun taux de TVA réduit. Quand on achète un
livre, on paye une TVA de 6%. Si on achète un DVD ou CD, on paye un taux de TVA de
21%. LʼUnion européenne propose que les taux de TVA dans le domaine culturel soient
harmonisé et revus à la baisse.

23
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

3.Une compétence fédérale (Belgique)

3.1. Remarques générales

Le paysage culturel et politique belge est particulièrement complexe. Chez nous, les
niveaux de pouvoir sont nombreux (au moins 5 niveaux de pouvoir au sein de la Belgique)
et peuvent tous se prévaloir de compétences dans le domaine de la culture.
Lʼinvestissement culturel annuel en Europe tourne autour de 3 milliards en Belgique et
représente 1,2% du produit intérieur brut.
Deuxième constatation:
Si on regarde par niveau de pouvoir, le poids des pouvoirs locaux est très important: 46%
donné par les provinces et les communes. A part presque également 47% sont distribuées
par les trois communautés. Le poids de lʼEtat fédéral dans le financement de la culture est
extrêmement léger et cela est dû à la régionalisation.
Ventilation des budgets par régions:
En pourcentage du total, on constate que lʼinvestissement des régions est bien différentes.
On constate que la Flandre investit presque deux fois plus en matière culturelle que la
Wallonie.

3.2. Lʼétat fédéral

Première chose à constater est que lʼintérêt pour la culture, en Belgique, est très récent.
La Belgique possède son propre ministère de la culture seulement depuis 1961. Et,
encore était-ce une excroissance du ministère de lʼéducation nationale et de la culture.
Cʼétait bien mieux quʼauparavant car la culture était une occupation minimaliste. Puis cela
a été dans le portefeuille du ministre des sciences. Donc cela a été dʼemblée mal
considéré et marginal. Avec les réformes dʼétats successives, les subventions et les
gestions ont été redirigées vers les régions.
Qui est la ministre générale dans la culture? Cʼest Sabine Laruelle qui fait partie du MR.

Maintenant, cela risque de changer et de disparaître avec le nouveau gouvernement.


Lʼétat fédéral reste compétent de manière directe à travers toute une série dʼinstitutions bi-
communautaires, cʼest-à-dire des établissements publics culturels communs. Cʼest le
théâtre de la Monnaie (cʼest lʼopéra national de Belgique), il y a aussi lʼorchestre national
de Belgique. Il y aussi le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Mais aussi des
établissements scientifiques. Il y a dedans les archives générales du royaume mais aussi
la bibliothèque royale Albert 1er. Il y a aussi lʼIRPA, lʼinstitut national du patrimoine
artistique. Il y a le musée royal dʼAfrique Centrale à Tervuren. Il y a aussi les musées
royaux des Beaux-Arts de Belgique. Enfin, il y a toute une série dʼinstitution moins
important comme la cinémathèque royale et le musée du cinéma qui sont des institutions
communautaires.
Cʼest donc une première compétence sur ces institutions.
Deuxièmement, ce sont les compétences indirectes: Le financement de lʼUNESCO.
Deuxième chose, lʼEtat fédéral redistribue une part des gains de la loterie national.
Troisième chose, lʼEtat fédéral intervient pour fixer certains prix et notamment:
1. La TVA. La Belgique nʼarrive pas à prendre de décision et à réduire le taux de TVA sur
les produits multimédias.
2. Le prix du livre. Lorsquʼon va dans les grandes surfaces, ils achètent les 10 volumes qui
fonctionnent. Par contre, une petite librairie aura plus de choix. On paye moins cher
dans une grande surface mais heureusement quʼon ne laisse pas les grandes surfaces
sʼoccuper des livres. Donc les petites librairies peuvent survivre et vendre des livres un
24
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

peu plus cher. Les libraires demandent un prix unique du livre mais cela ne permet pas
la concurrence. Un prix unique du livre existe en France mais cela tue les petits
commerçants car il nʼy a pas de concurrence.
3. Lʼétat fédéral peut intervenir en exonérant d'impôt dans les libéralités ou les dons qui
sont fait aux institutions culturelles. On peut déduire cela de notre fiche dʼimpôt.

Pour lʼinstant on a un état fédéral qui assume son passé car ce sont des institutions
créées au XIXième siècle. Ce qui est problématique est quʼont est tellement habitué à se
définir par rapport aux autres est que lʼEtat fédéral ne suit plus ce quʼon partage entre
Wallons ou Flamand.

25
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Cours du 19/03/08

4.Une compétence communautaire

La situation constitutionnelle de la Belgique francophone est très complexe car on connaît


un éclatement des compétences entre différents pouvoirs publics qui régissent une toute
petite société qui fait à peu près 4 millions dʼhabitants.

Les dépenses culturelles de la communauté française.


Dans ces catégories-là, le plus gros post culturel de la communauté française correspond
à lʼenseignement. Cʼest le post qui consomme la plus grande partie du budget (71% en
2004). Cela comprend les salaires des professeurs mais aussi les investissements dans
les bâtiments mais aussi la recherche universitaires. Toutes les étapes scolaires font partie
de ce budget-là. Il y a aussi toute lʼadministration pour faire fonctionner lʼenseignement.
Cʼest un gros poste ministériel.

Deuxième poste en terme de volume est celui de la culture: 7,4% en 2004. La façon des
les ministères de la culture de la communauté française nous montre que cela nʼa jamais
été considéré à sa juste mesure.
Entre 1968 et 2008, nous avons eu 20 ministres de la culture dont un épisode où en 2000
et 2004, on a eu 4 ministres!
Cela veut dire que si les ministres changent rapidement signifient que cela nʼest pas
intéressant pour les ministres car il y a un petit budget à gérer!
Cʼest le plus petit ministère de la communauté française.
Là-dedans, malgré ses faibles moyens, la culture reste un département qui englobe la
création et la diffusion artistique mais aussi les infrastructures culturelles, lʼenseignement
artistique, lʼacadémie royale des sciences et des lettres, plus toute une série dʼintervention
culturelle en fonction de la langue française.
Qui est la ministre de la culture? Fadila Laanan.
La ministre fédérale de la culture qui a toujours des compétences dans ce secteur peut
toujours être Sabine Laruelle. (A CORRIGER avec le nouveau gouvernement)

Le sport 0,9%, le plus petit budget alloué par la communauté française est vraiment très
faible.

Les autres matières dans la culture sont destinées soit au secteur de la santé, soit à lʼaide
à la jeunesse soit à des infrastructures liées à lʼenfance, petite enfance.

Enfin, dans les autres dépenses, cʼest évidemment tout ce qui est engagé pour faire
fonctionner tout le reste (le sport, la culture, lʼenseignement, les autres matières). Il y a les
crédits alloués au parlement, au fonctionnement de lʼadministration, au remboursement de
la dette, etc...

Les 7,4% de la culture se répartissent:

- Parmi les plus importantes dépensent culturelle, il y a celles qui sont liées à la production
et en particulier, on voit que le grand consommateur des budgets est lʼaudiovisuel (la
moitié du budget de la culture! 200 000 000€!!).
Cela crée en effroi absolu dans les chaînes publiques. LʼOMC souhaite que toutes les
chaînes de télévisions, toutes les radios doivent être sur le même pied dʼégalité. Hors ici, il

26
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

y a une concurrence déloyale entre la RTBF et RTL-TVI qui nʼa pas de subventions
publiques!
Les arts de la scène reçoivent 66 millions dʼeuros en 2004. Cʼest le deuxième plus gros
budget de la culture. Dans les arts de la scène, il y a lʼOpéra Royal de Wallonie qui
consomme une bonne partie de ces 66 millions dʼeuros puisquʼà lui seul, il reçoit 11
millions dʼeuros de dotation (en 2004).
Pourquoi la communauté française donne autant à lʼOpéra Royal de Wallonie alors que
seulement 3% de la population va à lʼOpéra? Cela peut-être une question dʼexamen!
Cʼest un bâtiment de 1820. Le bâtiment est protégé, classé depuis 1999.
Pour Liège, il y a énormément de personnes qui travaillent à lʼOpéra Royal de Wallonie.
Cʼest un des plus gros employeurs de la région liégeoise.
LʼOrchestre Philharmonique de Liège et de la communauté française consommait en 2004
7 millions dʼeuros. Il est censé jouer partout hors il donne 80, 90% de ses concerts dans
sa salle liégeoise. Un autre problème est quʼ1/3 du budget de la culture va à Liège (Opéra
Royal de Wallonie et Orchestre Philharmonique de Liège).
Le troisième plus grand consommateur de budget dans la culture est le théâtre de la Place
à Liège.

Si on descend dans les choses qui sont des dépenses récurrentes, il y a, par exemple,
lʼaide au structure de musiques non-classique (mais cʼest vraiment minime comme
budget).

- Enfin, ce quʼil y a dans ces budgets-là, il y a lʼaide aux Arts de la rue.

Un gros problème que rencontre la communauté française est comment sélectionner ces
Arts de la rue? Dans le domaine de la musique classique, cʼest facile à faire mais
comment, dans lʼArt populaire de sélectionner les artistes qui peuvent être subventionné.

Ce quʼil y a aussi, dans le financement culturel de la communauté française, il y a aussi


des organismes qui aident à la diffusion de la musique classique. Cela peut être des
firmes de disques, le festival de Wallonie, différentes sociétés philharmoniques.

Enfin, dernière chose dans le domaine de la culture, la communauté française aide deux
programmes qui aident à décentraliser les spectacles. Ces deux programmes sont:
1. Spectacle à lʼécole. Ce nʼest pas nous qui devons aller au théâtre mais ce sont les
artistes qui viennent à lʼécole.
2. Les tournées Art et vie. Cʼest tous les publics et non plus seulement scolaire.

Mais aujourdʼhui, les dépenses culturelles sont à la hausse. De 1995 à 1999, la


communauté française consacrait 92€/an et par habitants. Pour la période 2000-2004,
nous sommes à 105€ dʼinvestissement culturels par habitants et par ans.
Ce nʼest pas mal mais par rapport à dʼautres régions comme la Flandre, cʼest très peu.

Liège recevait pas mal de la part du gâteau des dépenses culturelles. En terme de flux
régionnalisable, il est clair que la RTBF, quand elle émet, on ne la compte pas comme un
flux bruxellois, elle vaut pour lʼensemble de la communauté française et de Bruxelles. On
appelle cela un flux communautaire dʼégale manière sur tout le territoire. Par contre, si on
regarde dans les flux proprement régionaux, on sʼaperçoit que trois provinces
consomment 75% de la masse budgétaire. Ces trois provinces sont Bruxelles-Capitale, le
Hainaut et Liège. Namur, le Luxembourg et le Brabant-Wallon se partage les 25% qui
restent (ce qui est très peu!).

27
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

5.Une compétence régionale

La communauté française est censée sʼoccuper des matières personnalisables. Quʼest-ce


que cʼest? Ce sont toutes les matières qui concernent les personnes (lʼenseignement, la
culture, la santé, la jeunesse).
La région Wallonne se voit confier les matières non-personnalisable. Et là, cʼest tout ce qui
concerne les choses. Cela peut-être lʼéconomie, lʼinfrastructure mais cela peut aussi
concerner le patrimoine.
Nous avons trois régions, la région bruxelloise, la région wallonne et la région
germanophone.

1. La région bruxelloise: COCOF

On nʼa pas une région aussi autonome que la région wallonne. Cʼest un organisme qui
sʼoccupe de la gestion et cʼest la COCOF (Commission communautaire française). Cette
assemblée est chargée de culture. Elle délègue la plupart de ses compétences culturelles
à la communauté française mais elle en garde dans les matières, dite, frontières.
De quoi sʼagit-il? Lʼenvironnement et la culture, les actions sociales et la culture, cʼest
aussi les transports publics et la culture (décoration par des oeuvres dʼart des stations de
métro. Cʼest la COCOF qui sʼen occupe).

2. La région wallonne

Elle ne peut, normalement, pas sʼoccuper de culture étant donné que cʼest une matière
personnalisable mais sʼen occupent dans deux domaines:
1. Initiatives culturelles dans une perspective économique. Lorsque ces investissements
se font dans une logique économique. (par exemple: le fond Wallimage) La région
wallonne soutient les quotidiens, la presse quotidienne. Enfin, ce sont les centres
dʼinterprétation ou les centres dʼexpérimentations (les territoires de la mémoire à Liège,
il y a aussi le centre de la laine à Verviers, le centre dʼinterprétation de la ville de
Stavelot, Le Val Saint-Lambert). Le problème est que la communauté française est
exempt financièrement. Si elle peut soutenir les projets, elle nʼa pas dʼinvestissement
pour entretenir les bâtiments. La région wallonne, elle, a restauré ces bâtiments. Mais
pour éviter des conflits de compétences, la région wallonne ne les a pas appelés
musées mais centres dʼinterprétation car les musées sont subventionnés par la région
wallonne. Lʼannée dernière, dans les questions dʼexamens, une question: le musée de
la pierre de Sprimont deviendra cette année ou lʼannée prochaine le centre
dʼinterprétation de la pierre. Que cela signifie au niveau institutionnel. Cela devient un
financement de la région wallonne.
2. Protection du patrimoine. Cʼest une grosse division de la région wallonne qui est
chargée de mettre en oeuvre la protection, la restauration et la sauvegarde
archéologique de son patrimoine. Il y a aussi toute une série de cellule transversale qui
sʼoccupent des archives du patrimoine. Il y a aussi une bibliothèque, une photothèque
qui concernent tout le patrimoine de la région. Il y a aussi une cellule qui sʼoccupe de la
conservation des objets archéologique. Quʼest-ce qui est inscrit dans ce patrimoine en
Wallonie? Quʼest-ce qui peut être protégé?
a. On a des sites archéologiques
b. Des sites à caractères exceptionnels. Dans ces sites, il y a par exemple, des arbres.
Il y a aussi des parcs et des jardins. Des sites industriels, des sites paysagers et des
sites souterrains (Blegny-Mine par exemple) il y a aussi des bâtiments civils
publiques, des ponts, des ouvrages hydrauliques (exemple: le pont de Fragnée, le
28
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

pont à hauban de Herstal). Il y a aussi des châteaux, des donjons, des tours, des
fermes, des fermes châteaux, des abbayes, des maisons et hôtels particuliers, etc...
Pour lʼinstant, il y a 3342 biens qui sont protégés en Wallonie dont 159 sont
considérés comme biens dʼun intérêt majeur et inscrit sur la liste du patrimoine
exceptionnel de la région wallonne. Cette liste est révisée tous les trois ans. On peut
ajouter des choses et en retirer. Lʼéglise de Saint-Séverin en Condroz a été retirée
de la liste car elle a été restaurée de manière trop importante et ne ressemble plus
trop à ce quʼelle devait ressembler au Moyen-Âge. Cette liste est celle qui sert pour
alimenter la liste du patrimoine mondial lancée par lʼUNESCO. La salle académique
de lʼUlg fait partie de ces 159 biens. Elle date du XVIIième siècle. La collégiale
Sainte-Ode à Amay. Lʼintégralité de lʼintérieur est complètement baroque et nʼa pas
bougé depuis 4 siècles. Cette collégiale Sainte-Ode pose un problème énorme car si
elle est inscrite sur le patrimoine exceptionnel, quʼen est-il des pièces mobilières de
lʼintérieur. On appelle cela le patrimoine mobilier par destination. Théoriquement, ce
serait censé résoudre certains problèmes pour le contenu des églises mais dans les
faits, cela ne va pas comme cela. Cʼest un des plus gros problème auquel on est
confronté dans la région car tout le monde se renvoi la balle car on ne sait pas qui
de la région ou de la communauté doit sʼoccuper de ces mobiliers. Des centaines de
milliers de pièces nʼont pas de statut juridique en ce moment à Bruxelles et cela
pose bien des problèmes. Dans la province de Liège, il y a presque 250 biens qui
font partie du patrimoine exceptionnel. Il y a les grottes de Remouchant, le château
de Waleffe Saint-Pierre, la Collégiale Notre-Dame à Huy, lʼéglise des Bénédictines à
Liège, lʼéglise Sainte-Bare, le Forum, le Palais des Princes Evêques, etc...

6. Une compétence provinciale

Ce qui est étrange, cʼest que les provinces ont des compétences qui ressemblent aux
régions et à lʼEtat Fédéral. Elles sʼoccupent dʼaffaires sociales, dʼagriculture,
dʼenseignement, de santé, de relation extérieure et évidemment, de culture.
L'investissement des provinces en matière de culture commence après la première guerre
mondiale.
En 1919, on fonde à Liège une commission des loisirs de lʼouvrier. Cette commission des
loisirs va déboucher sur la création de bibliothèques et cette oeuvre du loisir ouvrier va
devenir en 1936 le service éducatif de la province de Liège (qui existe toujours dans le
bâtiment des Chiroux).
Actuellement, la province conserve toute une série de compétences culturelle:
1. La première est la bibliothèque. La bibliothèque des Chiroux est une compétence
provinciale
2. Dans le domaine des arts plastiques. Notamment, elle fait des exposition temporaires. Il
y a une biennale à Liège, il y a aussi une collection dʼart contemporain.
3. La province est aussi active dans le domaine du théâtre. C'est, par exemple, elle qui
organise les rencontres jeunes théâtres et public et finance aussi certaines compagnies.
4. Elle a ses propres musées. Le plus célèbre, en voie de réhabilitation est le musée de la
vie wallonne. Cʼest un musée provincial. Il y a aussi le château de Jehay qui est devenu
un musée provincial.
5. Enfin, la province a des compétences en matière de musique par le biais de la
médiathèque. Depuis 2, 3 ans, ils ont ouvert un studio.

29
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

7. Une compétence communale

Historiquement, ce sont les premières à avoir pris des mesures systématiques en matière
de culture. Et elles ont pris ces initiatives dès le XIXième siècle. Très rapidement, on voit
émerger des infrastructures culturelles. Cʼest-à-dire quʼelles ont faire construire des
théâtres, des salles de spectacles, des bibliothèques, etc... Depuis les années 70 et 80,
on a moins des investissements de ce type-là mais on voit émerger des centres culturels.
Aujourdʼhui, elles nʼont pas lʼobligation de sʼinvestir dans le domaine de la culture. Ils ne
leur reste que deux obligations étranges:
1. Entretenir les bibliothèques publiques.
2. Elles doivent engager des frais pour la protection des monuments et des sites qui sont
sur leur territoire.

Tout le reste est facultatif et cʼest ce qui a poussé la communauté française à reprendre
dès les années 80 les charges des grandes institutions culturelles. En Wallonie, chaque
commune investissent 88€/an par habitant.
Les trois communes les plus radines: Jurbine, Kévize et Verlaine car elles ne consacrent
que 9€/an et par habitant.
De lʼautre côté, les communes les plus généreuses: Trois-ponts (687€/an et par habitant),
Sursure, Beaumont, Spa (407€/an et par habitant). Dans les grosses villes, bizarrement,
la ville la plus généreuse est Charleroi, ensuite vient Liège et puis Mons avec 108€.

Conclusion:

On a, aujourdʼhui, 7 niveaux de pouvoirs qui ont des compétences en matière de culture.


Pourquoi y-a-t-il autant de gens qui sʼinvestissent dans quelque chose qui ne rapporte
pas, qui ne rapport pas de valeur ajoutée financière?
Deux pistes:
Argument pessimiste: La théorie culturelle développée par lʼécole de Francfort. Et en
particulier par un philosophe qui sʼappelle Theodor Adorno. Une des choses les plus
décourageantes en arrivant aux USA (car il était juif donc il sʼest émigré aux USA), il a
remarqué quʼil faisait à peu près la même chose. Dʼun côté, on avait des nazis qui
utilisation des médias et les nouvelles technologies pour vendre leur propagande politique.
De lʼautre, il voit les capitalistes aux USA qui utilisent les médias pour vendre nʼimporte
quoi. La pseudo-liberté nʼexiste pas pour lui. Si tout le monde, si tous les pouvoirs publics
veulent financer dans le domaine de la culture est de dominer et de manipuler les gens.
Pour lui, cʼest la domination des spectateurs, auditeurs, elle est explicitement liée à la
production et à la dissémination dʼune certaine forme de culture quʼil appelle une culture
de masse. Ce que lui prétend est quʼen refourguant à longueur dʼheures toute cette
culture, la culture de masse fonctionne comme un endormissement de la conscience
sociale.
Lʼautre idée plus optimiste: Cʼest que la culture est, dans bien des cas, présenté comme
un vecteur présenté comme permettant dʼéviter des conflits.

Deuxième réflexion est que la multiplication des pouvoirs publics à des effets bénéfiques,
notamment dans la protection du patrimoine. Mais il y a un revers à la médaille. Il ne suffit
pas dʼinscrire une oeuvre, un bâtiment sur une liste, il faut évidemment les entretenir. En
Europe, cʼest là que le bas commence à blesser. En France, il y a 43233 monuments
protégés et seul 19% de ce patrimoine est considéré comme en bon état!

30
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

La question qui se pose est: Comment financer toutes ces opérations culturelles que
lancent les différents pouvoir publics?
Il y a toute une série dʼopérations qui sont lancées:
Ce quʼon voudrait faire pour dégager des moyens plus important est de prélever une taxe
de 2€ dans les hôtels de nuitées de 4 étoiles ou plus. On se dis que puisque ces gens
vont dans ces hôtels, ce sont des touristes qui vont dans des musées quʼils ne payent pas
pour lʼentretien donc cela serait une possibilité.
En 2008, la France va investir 300 millions dʼeuros pour son patrimoine.

Première question ouverte:


Pourquoi les pouvoirs publics soutiennent-ils des formes artistiques qui nʼintéressent
quʼune partie infime de la population et délaissent ce qui importe au plus grand nombre?
Des raisons historiques, patrimoniales, culturelles, etc...
Pourquoi assiste-t-on à une telle atomisation de la culture?

31
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Cours du 9/04/08

Politique culturelle des démocraties libérales: le cas du rock aux Etats-


Unis

1. Introduction

- Une démocratie libérale est une doctrine économique. On considère que le marché est le
fondement de la société. Ce marché est mis en action par lʼinitiative privée et il est balisé
par la libre concurrence.
- Cette démocratie libérale est aussi une doctrine politique. Elle commande dʼaménager et
de garantir la liberté de ceux qui vivent dans la cité.

Quand on remet ces deux notions ensemble, on a une définition qui est une manière de
pensée individuelle par le filtre de lʼéconomie. Cette notion de liberté individuelle est une
notion dont le postulat émerge au moment de la révolution française.
Le premier postulat est quʼon ne peut réussir sa vie si on ne peut satisfaire ses besoins en
biens et services.
Le deuxième postulat est quʼil nʼy a pas de vie sociale réussie sʼil nʼy a pas production et
consommation de biens et de services
Ces deux postulats se rejoignent dans la définition de la démocratie libérale. Ils procèdent
à lʼaspiration que lʼhomme à dʼavoir plus de liberté dans les sociétés dans lesquelles ils
vivent.
Le vocable “démocratie libérale” apparaît en 1978, inventé par Benoît. Il souligne que la
liberté de produire et de consommer ne peut exister sans la liberté de choisir. Faculté quʼil
est précisément reconnue aux individus que dans le cadre du libéralisme politique.

Ce modèle de démocratie libérale est celui qui existe chez nous mais aussi, de manière
exemplaire, aux Etats-Unis. La société n'atteindra quʼune sorte dʼaccomplissement que
lorsque le marché sera complètement libéralisé.

Cette aspiration de démocratie libérale pose toute une série de problèmes dans le
domaine de la culture, notamment dans le domaine des musiques populaire qui est, à la
fois un argument et un frein pour le libéralisme.

2. Rock et politique culturelle

Ce quʼon observe est que lʼapplication du modèle de démocratie libérale à la culture et au


rock en particulier a contribué à donner aux Etats-Unis une position dominante. Cette
position dominante, les Etats-Unis lʼont dans le domaine culturel. Là-aussi, quand on parle
de rock ou de musique afro-américaine, ce sont ces musiques-là, créées du côté de la
Nouvelle-Orléans qui dictent et conditionnent depuis presquʼun siècle les goûts des pays
industrialisés et des pays émergents.
Deuxième constatation est que dʼun point de vue économique, le rock et de manière
générale les musiques populaires sont évidemment une marchandise qui est à la source
de profit, parfois colossaux.
La troisième constatation concerne les aspects sociaux. La star de rock ou de musique de
variété ou de star du cinéma, est évidemment une sorte de glorification de lʼindividu et
donc, par là, du modèle libéral américain. Dans la plupart des cas, ce quʼon nous raconte
dans les biographies de ceux qui ont réussi sont moins des biographies des vies de
personnes que de lʼapologie du système libéral qui a permit à leur réussite.
32
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Cʼest un système qui permet de sʼaccomplir personnellement.

Si la musique rock permet de mettre en avant les succès ou les avantages du libéralisme,
il met aussi en exergue les limites de ce système. Les limites de ce système ont été
posées ou induites indirectement dans la constitution américaine. Quel est lʼarticle qui
entraîne des effets pervers dans la constitution américaine? Cʼest le premier amendement.
Ratifié le 15 décembre 1791. Le congrès ne pourra restreindre la liberté de parole. En
France, la liberté dʼexpression est reconnue mais ce droit-là est limité par une loi. Dans
cette loi, on précise quʼil faut répondre de lʼabus de cette liberté. La constitution
américaine interdit à la loi de limiter la liberté dʼexpression. Dans le domaine de lʼheavy
métal et du rap, il y a des incitations à la haine, à la violence, des mots injurieux...
Cʼest surtout à partir des années 80 que ce sont posées ces questions à cause de
lʼapparition du rap et de lʼheavy metal.

Les effets du premier amendement:

3. Le Parents Music Ressource Center (PMRC)

Le PMRC est une institution qui apparaît dans les années 80 et qui est une réponse des
différents gouvernements pour essayer de contrer les excès des artistes de musiques
populaires. Pour les opposants, cʼest un organisme qui incarne un retour de la censure.
Ce comité voit le jour en 1985 et qui est fondé par 4 femmes. Ronald Reagan est
président des Etats-Unis à lʼépoque. Dans ces 4 femmes, Tipper Gore est lʼépouse du
vice-président qui sʼappelle Al Gore. Une autre de ces 4 femmes est Suzanne Baker. Elle,
qui est lʼépouse du 3ième homme de lʼEtat qui est le secrétaire du trésor (équivalent du
ministre des finances).
Pourquoi ces 4 femmes instituent cette organisation qui a pour but dʼinformer les parents
sur des chansons et des clips, sur des textes qui auraient des contenus explicites. Typer
Gore tombe sur ses deux enfants, en rentrant du boulot qui regardent un clip de “Prince” -
“Darling Nikki” et fait référence au sexe et à la masturbation.
Ce qui est plus problématique est quʼils vont faire le lien entre ses productions musicales
et le taux de viols, de violence et de suicide chez les adolescents.
A quoi ce PMRC a-t-il abouti?
A la seconde moitié des années 80, ils ont demandé à la RIAA (Recording Industry
Association of America), qui est en fait une association qui regroupe des labels (90% des
labels sont inscrit à cette association). Le PMRC ont demandé à la RIAA dʼadopter un
code de conduite qui existait déjà dans lʼindustrie du cinéma. Ce code de conduite passait
par lʼapposition dʼun auto-collant dʼavertissement sur les couvertures dʼalbums qui
contenaient des textes explicites (PARENTAL ADVISORY EXPLICIT CONTENT).
La deuxième obligation que lʼassociation de ces 4 femmes ont demandé à la RIAA est
dʼobliger les magasins de disques à ne pas exposer les couvertures ayant des contenus
visuels explicites.
Enfin, inciter les chaînes de télévision à ne pas diffuser les vidéos dans lesquelles on avait
des prestations trop violentes ou trop sexuelles.

Tout cela est le résultat de tractation qui ont durées des années. Ces motions ont très
longtemps été débattues au Sénat américain.
Pour le PMRC, il y avait beaucoup de messages dans le rap qui glorifiait le suicide, le viol
et le sadomasochisme. La musique peut influencer les comportements de manières
positives ou négatives.

33
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Parmi les opposants à ce contrôle, il y a un musicien très célèbre qui sʼappelle Frank
Zappa. Pour lui, la proposition du PMRC réduit la liberté des adultes et il dit comme
deuxième argument que cela allait obstruer les cours de justice.
Un musicien de Country amène comme opposition est que cette notion même de
perversion est une notion qui est évolutive.

Au final, ce sont les conservateurs qui ont gagnés donc on en est toujours aux
avertissements parentaux.

Comment opère-t-on pour choisir les clips vidéos et disques qui doivent porter ce label?
Ce nʼest pas la RIAA qui choisit mais ce sont les artistes et les firmes de disques elle-
même qui opère les choix. Cʼest bien un système libéral. Les interdictions viennent de
lʼintérieur. Dans la plupart des cas, cela marche très bien car il y a la peur du gendarme et
de la justice. Le marché se régule lui-même.

Une fois que cela a été lancé, il y a eu toute suite une série de protestations dont
certaines humoristique: un groupe de Heavy Metal sort The Parental Guardian.
En 1993, un groupe arrive sur scène, complètement nu avec les lettres PMRC peinte lettre
par lettre sur chacun des 4 membres du groupe et ils restent comme cela pendant 1/4
dʼheure.
Il y a aussi des sons et des bruits licencieux (des pets et des rots).
La RIAA est confrontée à un problème car les autocollants apposés servent dʼarguments
dʼachats pour les adolescents. Ce qui nʼétait, bien sûr, absolument pas voulu!

4. La descendance du PMRC

Toutes ces interdictions existent encore mais lʼexistence de la PMRC est encore
paradoxale. Les règles qui avaient été dictées il y a 20 ans sont toujours valables et ont
même été étendues à toute la musique numérique et tous les types de téléchargements.
(Exemple: Avertissements parentaux sur lʼiTunes Store).
Paradoxalement, lʼinfluence du PMRC décroît.
La première raison est que cʼest un concept qui est entré dans les moeurs.
Deuxième raison: Les sonorités du rap sont complètement entrée dans le paysage sonore.
La pub, notamment, est souvent accompagnée de musiques, ou bien dans des émissions
télévisées, etc...
Troisième raison: Comme le signalait Frank Zappa, la notion de liberté de parole a très
fortement intégrée dans le giron de la justice. Les cas se sont plus ou moins singularisé.
On traite les choses au cas par cas. Un des angles dʼattaques qui revient le plus souvent
est de qualifier un contenu d'obscènes. L'obscénité est une forme de discours légal qui
nʼest pas protégé par le premier amendement parce quʼil fait référence au sexe. Aux Etats-
Unis, depuis 1950, il y a eu 4 modifications du terme obscène.
Cette montée en justice a été accentuée par une série de faits divers. En 1999, Il y a avait
deux jeunes adultes qui avaient 17 et 18 ans, qui allaient dans leur lycée à Columbine,
dans le Colorado et qui vont assassiner 12 de leurs condisciples avant de se suicider Le
lendemain de cette tuerie, le journal “La Meuse” a repris une immense photo: La pochette
du troisième album de Marilyn Manson.
Deux, trois années après, en 2002, en Allemagne, un jeune adulte de 19 ans est arrivé
dans son école et a tué 16 personnes avant de se suicider. Là où cʼest interpellant, dans
tous les cas, ce qui est cité est quʼils sont tous fan dʼheavy metal (principalement Slipknot
et Marilyn Manson).

34
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Projection dʼun clip de Slipknot = “People equal shit”.


- Quand on pose aux musicologues si on peut tuer en écoutant de la musique. La réponse
est oui mais de manière nuancée. Si on retourne dans le lʼhistoire, au Vième siècle avant
J-C, on accuse quelquʼun dʼassassinat. Dans une cérémonie religieuse, un prêtre va faire
un sacrifie et est accompagné de musique mais le harpiste est désaccordé et cela va
pousser une personne au suicide.
Au Moyen-Âge, on ne peut pas utiliser certains accord. Au XIXième siècle, il y a un procès
à Berlios dans un passage dʼune de ses symphonies car cʼest un sabbat aux sorcières.
Un autre exemple plus tragique, en 1971, les Rolling Stones donnent un concert en
Californie et pendant “Sympathy for the Devil”, des Hells Angels tabassent un noir jusquʼà
la mort. Mais les Rolling Stones ne terminent pas leur chanson et jouent un slow.

La musique change le comportement des gens.

- Un autre argument, sociologique. Dans le clip quʼon vient de voir de Slipknot, il nʼy a que
des jeunes hommes blanc. Dans la sociologie, Slipknot est le produit le plus typique de la
démocratie libérale en ce quʼil est la musique la plus représentative de la classe moyenne.
Ceux quʼon voit dans le public sont les enfants des baby-boomers qui nʼont pas grand
chose à demander à leur démocratie libérale. Pourquoi nʼont-il pas grand chose à
demander? Parce quʼils sont déjà largement pourvus de moyens matériels. Ils ont déjà un
futur qui est largement balisé. Que ce soit au niveau de lʼéducation, des métiers ou des
loisirs. Mais en même temps, cʼest toute une génération qui est décrite comme étant
démunie dʼun point de vue moral et spirituel. Les systèmes de valeurs qui avaient prévalu
sur leurs parents, tout cela a été éradiqué et remplacé par les valeurs les plus
fondamentales de la démocratie libérale.
Cette musique-là nous donne une vision de la classe moyenne aux Etats-Unis. Cʼest une
théorie que défend un certain Jacques Attali dans un ouvrage qui sʼappelle “Bruits”. Il
prétend que les nouveaux courants musicaux rendent audible un monde qui deviendra
graduellement visible.
Quand on est dans un Etat qui ne correspond pas à ce quʼon a besoin: on a une sorte de
révolte.
Quand on est dans un Etat qui répond à la plupart de nos besoins: Cela entraîne lʼennui et
le mal être. On peut peut-être aller jusquʼà dire que le métal extrême (cela ne vaut pas
pour le rap) est en partie une musique qui résulte de ce mal être et de cet ennui.

- Une approche culturelle sont les références visuelles. Il nʼest pas difficile de voir quʼil y a
un tas de références culturelles qui vient de certaines mythologie, de certaines religions,
de lʼalchimie, de certains genres cinématographiques, etc... Pour toute une série de
théoriciens de la culture, cette espèce de mélange de références culturelles est lʼune des
caractéristiques fondamentale de ce quʼon appelle le post-modernisme.
Ce quʼil faut en retenir de ce post-modernisme est quʼil se définit par des emprunts
dʼéléments issus de traditions très différents sans les ré-articuler de manière logique. Dans
le cas de Slipknot, on est confronté à une sorte de bricolage symbolique qui renvoie à ce
post-modernisme. Lʼimitation dʼun passé qui nʼest plus comprit.
Cela ne veut pas dire que tous les choix qui sont opéré dans les films dʼhorreur, dans
certaines religions nʼont pas été choisis de manières arbitraires. On retrouve des choses
communes. Toutes sont considérées comme sources de mystères et de puissances qui
sont emballées dans un contexte qui est celui des films dʼhorreurs.
Si on peut appeler cela post-modernisme, cʼest une musique qui pose des questions sur la
violence, la puissance, le mal, la mort.

35
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

- Quatrième élément quʼon retrouve dans presque tous ces procès est une approche
musicale. Dans les oeuvres de rap ou de métal, il faut distinguer deux niveaux: celui de
compréhension immédiate (du texte). Il y a deux aspects quʼon retrouve dans tous les
textes: Une forme de mépris dʼadolescents pour tout ce qui ne leur ressemblent pas.
Deuxième aspect: dans ces textes très explicites, il y a presque souvent une sorte de jeu.
Ce jeu est ancré dans la tradition afro-américaine. On sublime cette violence physique
pour en faire une violence verbale. Cʼest une vieille tradition qui remonte au XVIIième
siècle. Cʼest celui qui nʼa plus rien à dire à la fin qui a perdu. Exemple: Marilyn Manson qui
injurie le public.

Lʼautre aspect est celui de la musique. Effectivement, la question qui est posée est: Est-ce
que cʼest de la musique violente? La réponse est oui ou non. Les accords ne sont pas
révolutionnaires ni violents. La plupart des paramètres musicaux sont dʼun banal
ennuyant. La seule révolution est lʼutilisation de platine.

36
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Cours du 16/04/08

Politiques culturelles des Etats totalitaires

1. Introduction

Cʼest un terme qui apparaît au XXième siècle et commence à être utilisé à la fin des
années 30 pour désigner les régimes, pour désigner les mouvements autoritaires qui sont
nés lors de la décennie précédente.
Dans les années 40, on va préciser ce terme de totalitarisme et il définira alors les
caractères communs des mouvements autoritaires et des régimes dictatoriaux de lʼentre
deux guerres.
Les régimes totalitaires quʼon voit apparaître entre les deux guerres:
1. Le régime fasciste
2. Le régime nazi
3. Le régime soviétique

Aujourdʼhui, le terme sʼest très largement étendu et sʼest vulgarisé. Cʼest devenu une sorte
dʼautoritarisme, de dictature. On ne lʼapplique plus seulement à des régimes particuliers
mais on peut lʼassocier à des groupements, des personnes.

2. Politique et culture

a) Les spécificité des régimes totalitaires

1. La première spécificité est quʼil est toujours mené par une idéologie globalisante
2. Ces régimes totalitaires sont tous gouvernés par un parti unique qui prend en charge
lʼidéologie. Ce parti est dirigé par une seule personne qui dirige, à la fois le parti et le
pays.
3. La présence permanente dʼune police secrète très développée.
4. Tous les régimes totalitaires ont trois monopoles:
i. Le monopole des communications de masses et donc, de la culture.
ii. Le monopole de la puissance militaire avec la main mise sur lʼarmée et la police.
iii. Le monopole sur les organismes et organisations socio-économiques.

b) Les justifications culturelles

Quels sont les arguments utilisés par ces pouvoirs totalitaires pour sʼimposer?
La justification principale est lʼambition de créer un homme nouveau. Et la construction de
cet homme nouveau est diffusée par une politique culturelle qui repose sur cinq postulats:
1. LʼEtat construit un appareil pour contrôler et pour diriger lʼArts.
2. LʼEtat acquiert le monopole de toutes manifestations de la vie artistique du pays.
3. Parmi la multiplicité des mouvements artistiques existants, lʼEtat en choisi un et un seul.
Toujours le plus conservateur et il va le déclarer officiel et obligatoire.
4. LʼEtat déclare une guerre sans merci à tous les styles ou à tous les mouvements non-
officiels en déclarant quʼils sont réactionnaires, hostiles à la classe, hostiles au peuple,
hostiles à la race, hostiles au progrès technique et social.
5. LʼEtat déclare que la culture est une arme idéologique. LʼArts doit servir à la cause de
lʼEtat totalitaire.

37
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

c) Les caractères de la production culturelle dans les Etats totalitaires

Les Etats totalitaires plus que les démocraties attachent plus dʼimportance à la culture et
leur donnent des moyens considérables. Cela concerne toutes les formes dʼArts: musique,
littérature, architecture, sculpture, etc... Tous ces Arts font lʼobjet dʼune attention de tous
les instants.
On observe que dans tous les Etats totalitaires, quʼil y a la création dʼorganes de contrôles
qui permettent de contrôler les Arts et la culture.
Un mois après son accession au pouvoir, Hitler créer le ministère de lʼinformation et de la
propagande du Reich. Quelques mois plus tard, il crée la chambre de la culture du Reich
qui est divisée en 7 sections:
1. Musique
2. Théâtre
3. Littérature
4. Presse
5. Radio
6. Cinéma
7. Arts plastiques

Dans chacune de ces sections, il y a des commissaires qui vont valider ou censurer les
productions.

On retrouve la même chose en Russe, en Italie, en Chine.


Tous ces régimes totalitaires produisent une iconographie qui présentent une série de trait
similaire. Ils se ressemblent car, en grande partie, les plasticiens ont dû transformer les
mythologies pour faire comprendre à la consommation des plus grands nombres.

d) Pérennité artistique

Pourquoi toutes ces iconographies nous sont inconnues à nos jours? Il y a toute une série
de raisons.
- La première raison tiens à lʼidéologie occidentale. On a considéré et on continue
aujourdʼhui que lʼArts qui avait été produit dans ces régimes ne méritaient pas de faire
lʼobjet de recherche. Lʼargument était simple: puisque que cʼétait un Arts dicté par le
pouvoir, il était donc considéré comme inintéressant et on lʼa relégué dans les réserves
des musées. Parfois même, on lʼa même mis à lʼabri car considéré comme dangereux.
Notamment, aux Etats-Unis, il y a une organisation qui ne conserve que des oeuvres
dʼArts de ces anciens régimes totalitaires et ils sont placés sous sellés!
- La deuxième raison est quʼune partie des oeuvres dʼArts produites dans les régimes
totalitaires sont aujourdʼhui détruites.
- La troisième raison est quʼune partie des projets menés dans ces régimes totalitaires
nʼont parfois pas pu être menés à bien avant lʼeffondrement des régimes. (Exemple: Le
parlement de Bucarest en Roumanie (bâtiment commencé en 1984 et terminé en 1989
avec la chute du dictateur Nicolae Ceauşescu)). Quand on mélange un régime totalitaire
à un dictateur mégalomaniaque, on obtient des bâtiments comme le parlement-palais qui
contient 1100 pièces!!!! Le deuxième plus gros bâtiment au monde. Il voulait également
créé une immense avenue avec des bâtiments identiques. La reconstruction du centre
de Bucarest sʼest faite dans la vielle ville, sur une superficie de 520 hectares (3x
lʼarrondissement de Paris). Des dizaines de milliers de personnes ont été déplacée.
20000 personnes ont travaillés nuit et jour et le projet coûtait 40% du produit intérieur
brut!!!

38
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

3. LʼURSS et le réalisme socialiste

La naissance du communisme correspond à lʼinvention du concept dʼArts totalitaire. Ce


concept est énoncé en 1919. Un représentant du parti écrit quʼil faut organiser lʼArts et en
faire comme lʼindustrie un instrument efficace au régime du parti. Il faut attendre Staline au
pouvoir pour quʼen 1932, se mette une politique culturelle totalitaire, appelé réalisme
socialiste. Cette définition du réalisme socialiste a été mise lors du premier congrès des
écrivains au mois dʼaoût 1934 et est énoncé par Andreï Jdanov. Cʼest un fonctionnaire est
associé à tous les grands massacres et déportation contre la culture pendant les années
40.
Lʼautre intérêt de ce congrès des écrivains soviétique de 1934 est que les principes seront
repris pour tous les congrès et meeting qui auront lieu par la suite.
1. Le premier de ces principes est que lʼobjet principal dʼun congrès est dʼhonorer le chef.
Cela veut donc dire que tous les discours, toutes les interventions, tous les orateurs,
doivent honorer les supérieurs, les dirigeants.
2. Tous les points à lʼordre du jour doivent être approuvés à lʼunanimités (pas de votes
contre ou dʼabstention).
3. Tous les discours sont interrompus par des délégations de travailleurs qui vont venir
approuver publiquement lʼorientation quʼon donne à la culture. Ces délégations sont
censées faire une sorte de liens entre les artistes et le peuple. Dans ces congrès, on
vote la mise au pas de toutes les avant-gardes. Lors de ce premier congrès est voté un
décret sur la restructuration de la vie littéraire et artistique. Ce décrets ordonne la
dissolution de tous les groupements artistiques et interdit la critique.

Quels sont les deux missions à suivre dans le réalisme socialiste pour faire des oeuvres
compatibles avec le parti? Il y a deux obligations:
1. Dépeindre l'héroïsme de la vie quotidienne des travailleurs.
2. Rendre cet héroïsme dans un langage compréhensible.

Cʼest une opposition totale avec les productions qui précèdent la révolution russe ou qui
émergent dans les pays occidentaux à cette époque-là.

Oeuvre de Vera Mukhina: “Lʼouvrier et la kolkhozienne”. Ils brandissent le marteau et la


faucille qui sont les deux symboles de lʼEtat soviétique. Ce monument était (car détruit
depuis la chute du régime soviétique) tourné vers lʼOuest, vers les pays à conquérir. Cette
statue-là va être déclinée en plusieurs manières. Cette sculpture sera présentée au
pavillon russe de lʼexposition universelle de Paris.

Oeuvre de Plastov: “Fête kolkhozienne” (1937). Cʼest une image qui doit montrer les
mérites de la collectivisation va de pair avec la prospérité. On montre lʼabondance alors
quʼà cette époque, des milliers de russes meurt de faim. En 1950, cet artiste-là sera
accusé d'impressionnisme (lʼabsence de fini, structure trop rugueuse, contrastes de
couleurs, etc...) et il sera déporté.

Toile de Serov: “Lénine proclamant le pouvoir”. Lʼartiste doit sʼassocier aux grandes figures
du communisme. On voit souvent Staline et Lénine sur les mêmes toiles alors quʼils nʼont
pas participé et nʼont jamais été ensemble à ces meetings. Pour montrer la pérennité
soviétique. Cette toile sera remodifiée. Staline étant remplacé plus tard par un inconnu.

39
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

4. LʼAllemagne du IIIième Reich

Dans le IIIième Reich, Hitler a eu dʼemblée un intérêt particulier pour lʼArts. Dès son
arrivée au pouvoir, il va poser la première pierre de la maison de lʼArts allemand à Munich
qui allait être le lieu principal des expositions officielles du IIIième Reich. Hitler sʼest
expliqué sur son geste. Hitler écrit que lʼartiste ne crée pas pour lʼartiste mais pour le
peuple et que cʼest le peuple qui donne son avis.
Pour combattre ces artistes qui échouent à représenter la réalité, Hitler va prendre des
mesures archi-radicales. Les deux réponses dʼHitler sont:
- La médecine.
- La justice.
- La rééducation.

Ils combattent tous ce qui nʼest pas conforme!

Quʼest-ce que la maison dʼArts allemand va condamner?


1. Les artistes dʼorigines juives.
2. Les bolcheviques.
3. LʼArt cosmopolite (qui vient en dehors de lʼAllemagne).
4. Toute une série de courants artistiques bien déterminés qui sont dans la lignée de
lʼexpressionnisme.

On appelle tout cela lʼArts dégénérés. Toute une série dʼautorités vont faire des purges
dans les musées. Ils vont détruire ou vendre des oeuvres qui sʼinscrivent dans une de ces
quatre catégories.

Oeuvre dʼOtto Dix: “Portrait de la danseuse Anita Berber” (1925). On reproche à cette
oeuvre dʼavoir un parti pris formel irréaliste. On dis de cette toile quʼelle est dʼune vision
malade, dʼune vision débile. Quʼelle témoigne dʼun goût pour les milieux interlopes,
étrangères à la culture nazie.
Une frontière dans cette notion dʼArts dégénérés est difficile tracer.

Alfred Rosenberg va plaider pour lʼinterdiction dʼexposer et de produire des oeuvres tels
que celles décrites dans les quatre catégories. Cʼest lui et Hitler qui vont conduire à la
campagne de purge et vont conduire à la confiscation de 16000 oeuvres et appartiennent
à des centaines de musées.
Une partie de ces 16000 oeuvres seront vendues à lʼétranger afin de payer lʼachat
dʼarmes pour le IIIième Reich. En 1939, un groupe de mécènes de Liège vont aller à
Lucerne pour aller acheter des tableaux. Cʼest une démarche qui a été fortement critiquée
car les sommes étaient importantes et on alimentait la machine militaire nazie.

Toile de Marc Chagall: “La maison bleue”. Non seulement cette toile nʼest pas réaliste, les
proportions ne sont pas juste et il était juifs. Il a donc été déportés et toutes ses toiles ont
été vendues.

Ce qui a été accepté:

Sculpture dʼArno Breker: “La force dans la joie” (1933). Outre le fait quʼil soit beau et
musclés, le fait est que cʼest une oeuvre qui véhicule les notions raciales, le portrait du
bon arien, de lʼallemand idéal.

40
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Peinture dʼOskar Amarbach: “Le semeur” (1937). Là aussi, on retrouve cette image
standardisée. On essaye dʼexprimer le génie de la race, le sol de la patrie, la race arienne,
le défenseur de sa patrie.

En fonction des régimes politiques, lʼhistoire culture dépend de ces régimes!

41
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Cours du 23/04/08

Chapitre III: Politiques culturelles des états nations au XIXième siècle

1. Introduction

1.1. Définition et histoire du concept

La nation désigne un groupe humain qui se caractérise par la conscience de son unité
(historique, sociale, culturelle, etc...).
Ce concept de nation lié à celui dʼEtat apparaît pour la première fois à lʼépoque de la
révolution française.
La nation, à cette époque, repose sur un espace territorial non morcelé et indivisible sur
lequel sʼexerce la souveraineté du peuple. Ce peuple, dans le concept de nation, était lui
qui était censé avoir arraché le pouvoir des mains des souverains pour pouvoir lʼexercer
par lʼentremise de délégués.
Une fois que ce concept émerge, on va voir émerger toute une série de textes,
dʼintellectuels qui vont essayer dʼexpliquer pourquoi le peuple veut, à partir de la fin du
XIXième siècle, veut exercer lui-même, le pouvoir.

Un premier théoricien, Benjamin Disraeli:


Cʼest un anglais. Il dis que les nations sont créées graduellement sous des influences
diverses. Et parmi les influences diverses, il retient celles du climat, le sol, il y a la religion,
les lois, les coutumes, ce quʼil appelle les manières (les comportements), les événements,
les accidents de lʼhistoire et le caractère particulier de certains citoyens illustres. (Publié
dans un texte de 1836)
Un second théoricien, en France: Ernest Renan:
Il a évoqué les nations et voilà, pour lui, ce qui en assure la cohésion:
La race, la langue, l'affinité religieuse, la géographie, les intérêts économiques, les
nécessités militaires. Il ajoute aussi tôt que cela ne suffit pas pour créer une nation. Pour
lui, les fondements de la nation est avant tout intellectuel et affectif. Tiré dʼun texte publié
en 1882 intitulé “Quʼest-ce quʼune nation”.

➔ On met dʼemblée en évidence le fait que la nation soit une construction intellectuelle qui
possède une part de subjectivité.

1.2. Emergence des états nations

Ce type de pouvoir a été conquis en une série de trois vagues successives:

1. La constitution dʼétats nations apparaît à la fin du XIXième siècle. Les premiers ont été
les pays dʼAmérique du Nord et dʼAmérique Latine.
2. La deuxième vague concerne une bonne partie du XIXième siècle jusquʼà la première
guerre mondiale: Cette vague est surtout européenne et résulte de la fragmentation des
empires européens. Il y a la Belgique, la Pologne, lʼItalie (qui sont donc tous ces pays
qui accèdent au statut de nations indépendantes)
3. La troisième vague, la plus récente et correspond à la seconde moitié du XXième
siècle. Et qui, elle est intimement lié au processus de décolonisation qui se produit en
Afrique et en Asie.

42
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Ces nations nouvelles remplace, dans la plupart des cas, des empires. Les Etats nations
sont liés au déclin des empires.
Dans les trois vagues citées. Amérique du Nord et du Sud est lié au déclin des empires
espagnol et portugais. La seconde vagues dʼapparition dʼétats nations est liées au déclin
de lʼempire russe, de lʼempire austro-hongrois et au déclin de lʼempire ottomans. La
troisième vague est liée au déclin des deux derniers empires: Empire français et Empire
anglais.

2. Le rôle de la culture dans la constitution des états nations.

La construction de cette nouvelle formes politiques est indissociable de la politique


culturelle. Cʼest la conception de la politique culturelle qui va donner à la nation une part
de ses fondements.
Ce rôle de la culture va passer par une série de moments particuliers:

2.1. Refus du privilégiement ethnique

Si on est le dirigeant dʼun empire et quʼon veut assurer la domination dʼune région
conquise, colonisée. Lʼempire construisait leur autorité en privilégiant, dans le territoire
occupé, une ethnie particulière. Cʼétait soit une ethnie locale ou alors on chargeait des
émigrés dʼassurer cette tâche qui devaient protéger les intérêts de lʼempire.
Dans la création de la nation, le premier mouvement quʼon observe toujours est le rejet de
la dépendance vis-à-vis du pouvoir central.
Ce rejet de la dépendance se fait selon deux modes:
1. Si ce sont des émigrés qui ont la gestion des territoires: Ils vont se détacher du pouvoir
central pour des raisons économiques. Le cas le plus flagrant est celui des Etats-Unis
(colons anglais et puis rachat des territoires appartenant à la France, ce sont aux colons
quʼon a donné le pouvoir car les indigènes avaient été supprimés. Ces émigrés envoient
les richesses vers lʼEurope. Vers la fin du XIXième siècle, ils se rendent compte quʼen
retour, ils ne reçoivent pratiquement rien en échange de ces fortunes donc ils coupent
les ponts).
2. Si ce sont les autochtones qui ont la gestion des territoires: Dans ce cas-ci, cʼest par
refus de la politique dʼassimilation. Exemple: le cas du Mexique où il y avait deux types
de communautés qui existaient: des indiens et des européens et le refus viendront des
créoles, des métisses et auxquels ont va refuser toute une série de postes. Pour la
troisième vagues, le cas le plus flagrant est celui du Congo où les élites congolaises ont
été formées en Belgique et une fois rentrés, ils ont retournés les armes contre le
pouvoir établis.

2.2. Rôle de lʼintelligentsia

Ce sont des intellectuels qui sont souvent très limités en nombre. Mais qui vont jouer un
rôle essentiel, surtout dans lʼémergence des nations dans la deuxième et la troisième
vague.
Dans chaque cas, on a des hommes et des femmes qui ont été éduqués en dehors de
leurs régions natales. Eduqués en fonction de la pensée européenne et vont devenir
étranger et hostiles (parfois) à cette forme de pensée dominante parce quʼils ont découvert
en eux-même ou chez leur peuple des spécificités qui leur permettent de faire apparaître
une nation.

43
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

2.3. Rôle des masses

Si les intellectuels fournissent une sorte de cadre théorique, ils ne peuvent pas faire
bouger les choses à eux seuls. Il faut évidemment quʼils sʼassocient au plus grand nombre
et donc au peuple. Ce qui va se passer est quʼil y a deux cas de figures:
1. Soit une partie de lʼintelligentsia va recommander un processus politique (on négocie
avec lʼempire et on se quitte en bon ami)
2. Soit sous lʼeffet dʼaction (militaire, violente) pour se débarrasser du colonisateur.

On dis souvent que cʼest au moment où les intellectuels peuvent fusionner avec les
populations que naissent véritablement les nations.
Entre les masses et les intellectuels, il y a des intermédiaires qui vont mener la révolution
concrète. Pour les dominateurs, celui qui va mener la révolution est appelé un bandit. A la
fin du XXième siècle, on les appelles des terroristes. Mais de leurs côtés, on les appelles
des combattants au XIXième siècle et aujourdʼhui, on les appelles des héros.
Des cas très célèbres, au Mexique: Pancho Villa. En Italie, un autre héros devenu très
connu: Garry Baldi. En Palestine: Yasser Arafat.

Une fois que la nation a acquit son indépendance on a deux éléments qui se mettent en
route:

2.4. Récupération du passé.

Cʼest un phénomène qui vise dʼabord à revivifier une sorte de paradis perdu. On réécrit
lʼhistoire en présentant la période de domination par les empires comme une sorte dʼâge
obscure. Ce quʼon va essayer de récupérer est un passé lointain qui aurait été glorieux,
qui aurait vu la naissance de toute une série de personnages prestigieux qui confirment
l'existence de la nation.
En récupérant le passé, on sʼécrit une histoire qui va servir a se présenter vis-à-vis des
autres nations.

Une fois lʼindépendance acquise, on va mettre tous les arts à contributions pour
concrétiser lʼaffiliation avec le passé glorieux.

2.5. Récupération de lʼespace

Cʼest sans doute le point le plus délicat. Quand on parle de récupération de lʼespace, les
nouvelles nations, quand elles deviennent indépendantes, elles héritent non pas à des
frontières idéales mais héritent des frontières tracées par les colonisateurs ou de nations
étrangères.
On a affaire à deux tendances contradictoires qui sont parfois étonnantes:
1. La première de ces tendances est que lorsque la nation est constituée, pour se donner
une cohésion, elle reprend une politique de privilégiement ethnique. On imagine que par
amalgame, les autres ethnies vont se mêler à lʼethnie principale et en acquérir les
caractéristiques. Et donc là, lʼexemple de Belgique est exemplaire: dans les cultures
différentes quʼhéritent la Belgique: La Flandre et la Wallonie. Les francophones
minoritaires vont avoir les rênes du pouvoir. Le Flamand sera peu à peu abandonné.
Dans lʼancienne Yougoslavie, il y a des Serbes, Croates, Slovènes. Mais le fait
quʼappartenir à une grande nation feraient disparaître les différences mais il nʼen est
rien. Des nations qui ont héritées de frontières de lʼancien régimes.

44
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

2. Le deuxième cas de figure: On ne nie pas les différences ethniques mais on énonce
dʼemblée dʼEtats-Unis par une contrainte qui nʼest plus ethnique mais qui est
économique.

2.6. Reconnaissance extérieure

Les nouvelles nations ne peuvent pas exister si elles ne sont pas reconnues par les autres
nations. Actuellement, il y a le cas du Kosovo. Les jeunes nations veulent être reconnues
par les nations qui ont déjà acquis ce titre-là.

3. La politique culturelle des pouvoirs publics dans la constitution de la


Belgique

3.1. Privilégiement ethnique

Entre 1800 et 1830, est-ce que les empires successifs qui occupent la Belgique à cette
époque (français et hollandais)? Ce nʼest pas trop le cas pour la Belgique. Le pouvoir nʼest
pas assuré à cette époque par des Belges mais par des Français jusquʼen 1815. Mais
après cette date, après le congrès de Vienne, ce sont les Pays-Bas qui viennent
gouverner le pays.
La raison du détachement de lʼempire hollandais vient dʼune forme de discrimination
religieuse. Ce sont des protestants et la Belgique était un pays catholique. Donc il y avait
des mesures vexatoires contre les Belges occupés. Donc ils vont se soulever. Une des
raisons du mécontentent à lʼégard du pouvoir hollandais est la volonté dʼexercer la liberté
des mouvements fondamentaux religieux.

3.2. Rôle de lʼintelligentsia

Chez nous, effectivement, il y a toute une série dʼintellectuels qui vont condamner ce
pouvoir hollandais et vont insinuer auprès de la population quʼil faut sʼen débarrasser. Le
déclenchement de la révolution belge est dû à lʼarrestation le 15 février 1830, de toute une
série de chefs de lʼopposition. Tous ceux qui constituaient lʼintelligentsia. Le
mécontentement général qui va se créer va mobiliser le peuple et ensuite les masses. Et
en quelques jours, le territoire sera libéré.
Lʼélément déclencheur est la représentation au Théâtre de la Monnaie le 25 août 1830 de
la pièce: “La muette de Portici” dʼun compositeur qui sʼappelle Daniel-François-Esprit
Auber. Les premières paroles qui ont commencés la révolution pendant cette
représentation: “Amour sacré de la patrie, rend nous la joie et la fierté...”

3.3. Reconnaissance extérieure

La reconnaissance extérieure a été difficile mais le contexte international a très largement


facilité lʼaccession à lʼindépendance de la Belgique. Les empires, à lʼépoque avait dʼautres
problèmes plus important (révolte en Pologne pour lʼEmpire russe). Le deuxième, cʼest
quʼen France, la réaction est plutôt tiède. La France pense que tant que la révolution belge
ennuie les Prusses mais lʼautre chose qui les convaincs un peu est que la population
française est pour ce soulèvement belge.
Le troisième empire est lʼAngleterre et il y a eu un changement de pouvoir à lʼépoque de
notre révolution et ce parti est plus favorable à lʼindépendance de la Belgique. La seule
condition était que cela ne devait pas être un prince français qui devienne roi des Belges.

45
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Joseph Lebeau (hutois) va proposer des solutions diplomatiques et déjà belgo-belge. Il va


proposer comme roi des Belges un Saxe-Cobourg qui est un ancien officier de lʼarmée
russe et qui a des relations parentales avec la famille royale dʼAngleterre.
On sʼallie à la fois la Russie et lʼAngleterre qui était relativement tiède pour lʼaccession de
la Belgique comme nation.
Le deuxième argument des anglais: Lʼindépendance de la Belgique ne porte pas atteinte à
la sécurité européenne.

3.4. Récupération du passé

On commence à justifier, et à lʼintérieur et à lʼextérieur, dʼune nation belge. Pour légitimer


lʼexistence du pays, on va convoquer lʼhistoire, les arts, la presse. Cette récupération du
passé, on la trouve dans le domaine de la littérature. Il y a le cas des paroles quʼon donne
à la Brabançonne, notre hymne national.
Dans un texte aussi fondamental que celui-là, on réécrit déjà lʼhistoire de notre pays. Les
premières paroles de la version 1830: “Après des siècles dʼesclavages, les Belges sortant
du tombeau...”. Ce tout petit fragment initial a introduit la notion selon laquelle on aurait
été dominé pendant des siècles sous des puissances étrangères. On introduit des notions
qui sont fausses.
On était effectivement dominé par des grandes puissances mais si ils ne régnaient pas
chez nous, il y avait des souverains légitimes qui régnaient sur le territoire de la Belgique.
Avec la Brabançonne, on va célébrer la Belgique dʼavant les occupations austro-
hongroises, anglaises, françaises, hollandaises.
On va confier les plus grandes figures de lʼhistoire de la Belgique à des grands noms:
- Charlemagne. On va voir des dizaines de tableaux de lui qui vont être créés à cette
époque. Exemple: Louis Jehotte: Statue Equestre de Charlemagne boulevard dʼAvroy à
Liège. La statue équestre était un genre qui était prisé pendant deux périodes: Dans
lʼantiquité et à la renaissance.
- Henri De Caisne: une toile de 1835 qui sʼappelle “La Belgique couronnant ses enfants”.
La Belgique est représentée comme une jeune femme dans un style néo-classique,
assise dans un trône monumental. A ses pieds, on voit le fameux lion de la Belgique. Et
au premier plan, on a un parterre dʼhommes et de femmes illustres. Il y a Philippe le Bon
(un des roi de Bourgogne), Godefroy de Bouillon, LʼArchiduc Albert et Isabelle, il y a
aussi toute une série de grands artistes et au premier plan, il y a Roland de Lassus
venant de Mons. Il y a aussi deux peintres: Rubens et Van Dyck. Il y avait également
Jules César sur cette toile car il y disait que de tous les peuples, les gaulois sont les plus
braves.

3.5. Récupération de lʼespace

Lʼexistence des frontières belges a été très difficiles à justifier par les Belges après
lʼindépendance. Le tracé des frontières a énormément changé pendant les premières
années de la Belgique. Notamment pour le Luxembourg et le Limbourg hollandais. Ce
sera difficile à accepter par les Pays-Bas et par la France car le Luxembourg et le
Limbourg appartenait aux Français.
Les reproches qui sont fait à la Belgique en 1830 sont toujours au centre des discussions
aujourdʼhui. On nʼa pas de frontière évidentes à part la Rurh et la Mer du Nord. Il nʼy a pas
de frontière naturelle qui nous sépare des autres pays. Il nʼy a pas dʼhistoire communes
mais une addition dʼhistoires de villes belges. On nous reproche, et ce toujours, de ne pas
avoir de langue commune. Les premiers souhaits de ceux qui veulent gouverner la
Belgique sera de prouver quʼil y a bien une conscience belge. Cʼest dans ce cadre-là que

46
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

les peintres, sculpteur, chroniqueur seront là pour démonter les arguments de Michelet qui
prétendait quʼil nʼy avait pas dʼEtat Belge.
On appelle à la rescousse la peinture.
Premier exemple: On montre une révolution. Toile de Charles Soubre “Départ des
volontaires liégeois pour Bruxellesʼ (toile de 1878). On voit Charles Rogier qui mène les
troupes liégeoises vers Bruxelles Cʼest lʼintelligentsia qui commande cette toile. On voit
que cette toile se situe dans le Palais des Princes Evêques et que la masse populaire suit
également Charles Rogier avec des armes brandies en lʼair. Vaincre et mourir pour
Bruxelles est le slogan inscrit sur le drapeau belge tenu par Charles Rogier.
Deuxième toile de Gustave Wappers: “Episode de la révolution belge sur la place de
lʼhôtel de ville”. Cʼest une composition pyramidale tel quʼon la retrouve dans la peinture
franco-flamande baroque mais surtout celle de Rubens, donc typiquement belge dans
lʼhistoire de la peinture.
Pour asseoir cette “belgitude”, une série de littératures voient le jour:

Ce quʼon constate, cʼest que lorsque la nation débute et quʼelle est forte. Il y a toute une
série dʼinfluences directes sur la production culturelle et va dicter sa politique culturelle.
Lorsque ces états nations sont forts, ils réduisent la puissance des créateurs à une
dimension dʼhéritage.
Quand lʼEtat Nation est fort et sur une approbation démocratique, il nʼy a pas dʼinterdiction
dʼautres formes dʼart de sʼexprimer (Ce qui nʼest pas le cas des dictatures). LʼEtat opprime
une diversité culturelle effective en ne finançant pas, en ne reconnaissant pas les courant
artistiques protestataires.

4. Du nationalisme au régionalisme

On voit s'essouffler les empires à la fin du XVIIIième siècle. A la fin du XXième siècle, on
voit s'essouffler le terme dʼEtat Nation. On a un mouvement similaire apparut à la fin du
XVIIIième siècle. On commence à voir lʼémergence dʼEtats Régions. Toute une série de
régions qui acquiert du pouvoir, plus ou moins dʼautonomies et qui se construisent en
grandes parties sur le même mode que les Etats Nations. Cette construction est
particulièrement vraie dans la récupération du passé, de lʼespace et dans le privilégiement
dʼune ethnie.
Ce quʼil se passe est que cette nouvelle forme de pouvoir, cette nouvelle découpe
territoriale, pour asseoir sa légitimité fait appel à lʼintelligentsia. Et même, si à bien des
égards, cet appel peut être limité dans le temps.
La Flandre et la Wallonie sont deux Etats Régions qui commencent à se rendre autonome
fasse à lʼEtat central.
On assiste aujourdʼhui, en Wallonie, à la création dʼun mythe histoire qui veut légitimer une
région qui existe et qui a une réalité concrète mais qui, pour dʼautres, nʼa pas de légitimé
que les nations ne pouvaient pas avoir.
Exemple: Exposition: “Un double regard sur 2000 ans dʼart wallon”. Le mot Wallonie est un
néologisme qui est proposé dans un sens politique et est proposé pour la première en
1886 par un écrivain qui sʼappelle Albert Mockel. Le mot wallon est plus ancien (on le voit
dès le Moyen-Age mais nʼa pas dʼappartenance territoriale). Ce titre est dérangeant car le
fait de créer une sorte de conscience qui nʼa que 200 ans tout au plus, on le fait recouvrir
à plus de 2000 ans! Cʼest le premier aspect dérangeant.
Le deuxième aspect dérangeant est le mot wallon. Cʼest-à-dire un art similaire pour une
région.

47
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Il aurait été plus juste de dire “138 dʼArts en Wallonie” comme titre pour cette exposition à
lʼépoque.

48
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Cours du 30/04/08

Chapitre IV: Monarchie absolues.


La politique culturelle de Louis XIV

1. Introduction

1.1. Monarchie absolue

Cʼest un régime politique dans lequel le chef dʼEtat est un roi héréditaire. Ce roi héréditaire
lui vient également de Dieu. Lʼautorité ne lui est pas seulement concédée par ses ancêtres
mais lui est aussi concédée par Dieu.
Puisquʼil est roi, il possède lʼautorité politique et quʼil exerce cette autorité politique soit
directement, soit par lʼintermédiaire de délégués quʼil a lui-même choisit.

Louis XIV (1643-1715): Cʼest un des cas dans lesquels une politique culturelle officielle
issue dʼun pouvoir absolu va réussir à sʼimposer comme modèle pas seulement sur la
région, le pays que Louis XIV gouverne mais aussi sur des régions de lʼEurope où il a du
pouvoir.
Ce sont les goûts personnels de Louis XIV qui ont contribué au développement dʼune vie
artistique propre et qui ont surtout contribué à lʼémergence dʼun style: Le classicisme.
Cʼest dʼautant plus étrange que Louis XIV va imposer ce classicisme lorsque lʼEurope est
tournée vers une autre pratique culturelle: le baroque.

1.2. Art baroque

Forme dʼart qui naît en Italie dans la deuxième moitié du XVIième siècle. Cet art baroque
est un premier exemple dʼart universel. On en retrouvera dans toute lʼAmérique du Sud.
Le mot baroque désigne, en portugais, une perle irrégulière. On voit dʼemblée que cʼest un
terme qui a une connotation péjorative. (On désigne un art qui est compliqué, qui paraît
bizarre, qui est difficile à lire, un art qui est surchargé).

Premier exemple en architecture baroque:


LʼEglise Saint-Charles aux quatre fontaines par Borromini (à Rome). Cʼest lui qui réalise la
façade qui date de 1662-1667. Quʼest-ce qui caractérise le baroque dans cette façade
comme celle-là?
La façade est comme une sorte de décors de théâtre, il y a beaucoup de relief. Les étages
sont assez bien marqués. Au-delà de cette découpe assez sommaire, on a des éléments
particuliers: il y a énormément de lignes courbes (les marches dʼescaliers notamment).

Deuxième exemple en architecture baroque:


Oeuvre de Bernin: “Lʼextase de Sainte-Thérèse” (à Saint-Pierre, au Vatican). Deux choses
à remarquer dʼemblée: Elle sert de mise en scène extérieure à laquelle participe toute une
série de statues.
Le sculpteur se propose de bouleverser le spectateur en insistant sur le pathos. Terminée
en 1647. Elle représente lʼextase mystique de Sainte-Thérèse dʼAvila.

Troisième exemple en architecture baroque:


Oeuvre de Pierre-Paul Rubens: “Lʼérection de la croix” (conservée à la cathédrale
dʼAnvers). On a toutes les caractéristiques de la peinture baroque. Une composition très

49
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

construite avec des lignes de forces qui sont des lignes droites. Des lignes droites autour
desquels vont sʼarticuler toute la composition.
Ce qui transparaît ici, ce nʼest pas la souffrance du Christ mais les musculatures des
hommes. On fait transparaître lʼénergie quʼil faut pour tendre cette croix.

A cet art baroque correspond aussi une littérature baroque qui est, elle aussi, définie par
son caractère exubérant, une écriture dans laquelle on multiplie les effets rhétoriques, les
répétitions, le thème de la mort.
Situé entre 1560 et 1660, surtout en Italie et en Espagne.

La musique baroque est faite dʼune multitude de détails, de contrepoints. On peut citer
Vivaldi ou Jean-Sébastien Bach.

Toute lʼEurope semble conquise par cette forme dʼArt baroque.


Celui qui assure la régence est Mazarin en France. Il vient dʼItalie. Même la France est en
passe de céder aux sirènes de lʼArt Baroque par Mazarin qui règne jusquʼen 1661. Cʼest
lui qui ouvrira la première bibliothèque publique en France, la bibliothèque Mazarine.

1.3. Classicisme

Le mot classicisme est employé dans 3 sens aujourdʼhui: le sens quʼon utilise le plus
souvent aujourdʼhui cʼest quelque chose que tout le monde se devrait dʼavoir (“Cʼest un
classique!” dans le sens, cʼest célèbre).
Dans le sens le plus restreint, le terme classique sʼapplique à la période de lʼArt et de la
littérature française qui correspondent au règne de Louis XIV.
Le troisième sens est que le classicisme est aussi un idéal esthétique. Cʼest un idéal de
rigueur, de mesure, de clarté et cet idéal sera partagé par toute une série dʼartistes et bien
au-delà du règne de Louis XIV.

Les caractéristiques de ce style classique:


1. Imitation des anciens. On se réfère à lʼantiquité et plus particulièrement lʼantiquité
romaine. Versailles était présenté comme étant la nouvelle Rome. Pour décorer
Versailles, on insère des oeuvres qui ont été achetée dans différentes régions du bassin
méditerranéen. On imite donc lʼantiquité romaine mais également la renaissance
romaine.
2. La maîtrise et la clarté de lʼexpression. Tout doit être maîtrisé, tout doit être retenu et
pour arriver à celà, on va faire appel aux sciences (aux mathématiques, à lʼanatomie, à
lʼarchéologie, à lʼérudition, et on étude les règles de la perspective).
3. Le rejet de la surcharge.
4. Qui ne concerne que le théâtre: la règle des trois unités (unités de temps, de lieu et
dʼaction).

Pour être un bon citoyen, il fallait se définir comme un honnête homme. Qui sont ces
honnêtes hommes du classicisme? Ce sont des hommes modérés dans lʼexpression de
leurs sentiments. Ils sont conformes aux usages. Il faut avoir le bon goût (celui de Louis
XIV). Cela va de même pour la religion.
Lorsque Louis XIV va arriver au pouvoir, tous les Arts vont être appelés à servir sa propre
gloire. Cela veut dire que tout va être dirigé (quʼil sʼagisse de la pensée, des artistes, des
créations), on va mettre en place des systèmes qui permettent de contrôler, dʼavaliser et
ensuite de réaliser les souhaits émis par Louis XIV.
Lorsque Louis XIV arrive au pouvoir, il faut refaire une partie de la façade de son palais.
Ce qui sera choisis est ce quʼon appelle aujourdʼhui la Colonnade du Louvre. Il va choisir
50
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Claude Perrault (le frère de Charles Perrault, lʼauteur des célèbres contes du même nom)
pour réaliser ces colonnades.

2. Mise en oeuvre de la politique culturelle de Louis XIV.

Une des choses essentielles et qui subsiste aujourdʼhui, pour asseoir sa domination, on va
assister à une centralisation extrême du pouvoir. Toutes les décisions qui vont se prendre
vont se faire à partir dʼun petit cénacle réuni autour du roi et, bien évidement, concentré à
Paris. Louis XIV va déléguer sa politique artistique à Colbert qui est le surintendant des
bâtiments entre 1664 et 1683 et un peintre, qui sʼappelle Charles Lebrun qui est le premier
peintre du roi à partir de 1661.

2.1. Les structures étatiques

Colbert va organiser la production artistique de manière rationnelle en sʼappuyant sur


deux types dʼinstitutions:
1. Dʼune part les Académies.
2. Dʼautre part, les manufactures.

2.1.1. Les Académies

Ce ne sont pas des lieux pratiques mais des lieux théoriques. Des institutions qui
accueillent des savants, des artistes et qui vont édicter les conditions du classicisme.
Parmi ces Académies, la première créée par Colbert ou réorganisée est
- LʼAcadémie de peinture et de sculpture (réorganisé en 1663) et organise des espèces de
conférences qui vont servir à élaborer une sorte de doctrine artistique officielle.
- LʼAcadémie de France à Rome créé en 1664. Cʼest là que les élèves apprennent. Sʼils
vont à Rome, cʼest pour travailler pour les monuments et les sculptures de lʼantiquité.
- LʼAcadémie des sciences fondée en 1666.
- LʼAcadémie dʼarchitecture fondée en 1671.
- La petite Académie fondée également en 1671 et elle sera renommée par la suite
lʼAcadémie dʼinscriptions et des belles lettres. Cette petite Académie est très importante
sous le règne de Louis XIV car cʼest là quʼest exercé en partie le rôle de la censure.
- LʼAcadémie de musique, de déclamation et de danse.

Ce sont donc dans ces institutions quʼon édicte les conditions du classicisme.

2.1.2. Les Manufactures

Pour la réalisation concrète des produits culturels, on met en place des manufactures. Ces
manufactures sont les seules institutions qui peuvent être décentralisées. Notamment, une
des plus célèbres manufactures décentralisée est une verrerie de Lyon qui réalisera la
célèbre galerie des glaces à Versailles.
Lʼautre grand manufactures de lʼépoque est la manufacture des Gobelins. Cette
manufacture est dirigée par Charles Lebrun. On trouve là-bas des orfèvres, des fondeurs,
des tapissiers, des ébénistes, des teinturiers, etc... Là-dedans, tous ces artisans réalisent
des commandes qui passent par le pouvoir.
Cette manufacture des Gobelins est sans doute lʼun des instruments de propagande les
plus importants de la monarchie. On essaye de montrer lʼimplication que le roi à eu dans
le renouvellement de lʼArt. (Exemple de tapisserie: “Louis XIV visitant la manufacture des
Gobelins”).

51
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

2.2. Lʼévolution des arts

2.2.1. Architecture

Le château de Versailles est un château que Louis XIV va réoccuper car ses
prédécesseurs avaient construits un pavillon de chasse (construit entre 1668 et 1670) par
un architecte qui sʼappelle Levau. Ce nʼest quʼen 1682 quʼil deviendra la résidence
officielle du roi de France. Le classicisme se retrouve dans les jardins de Versailles et
deviendra le prototype du jardin à la Française. Le jardin est lʼoeuvre dʼun jardinier: André
Le Notre de 1661 à 1668. Il y a énormément de terrassement. Il sʼagit dʼorganiser et de
domestiquer la nature. Tout est parfaitement symétrique.
On appelle cela Jardin à la Française car, à côté, il y a les prototypes de jardin à lʼAnglaise
où on nʼessaye pas de domestiquer la nature mais de se servir de la nature tel quel est.
Dans le cas de lʼarchitecture de jardin, on va retrouver des dizaines de châteaux qui
seront construits sur le modèle du château de Versailles. Cʼest particulièrement le cas
dans les cours dʼAllemagne. Des répliques avec des dimensions limitées suivent les
moyens.
Exemple: Augustusburg à Bonn. Cʼest un château dessiné par François de Cuvilliès.
Autre exemple: Château de Charlottenburg à Berlin construit pour lʼempereur Prusse qui
sʼappelait Frédéric III et construit dans les dernières années du XVIIième siècle.
Le successeur de Frédéric III va acheter énormément de collection françaises.
Autre exemple: Château de Schönbrunn à Vienne. La construction à commencé en 1696
et trois ans après, on commençait à faire des réceptions dans ce château.

2.2.2. Musique (opéra)

Fan dʼOpéra, sous le règne de Louis XIV va naître une nouvelle forme dʼOpéra qui sera la
tragédie lyrique. La première partie de lʼopéra est toujours un prologue à la gloire de Louis
XIV.
Extrait dʼAtys de Jean-Baptiste Lully. Opéra monté en 1676. A peu près au même moment,
Jean-Baptiste Poquelin (alias Molière), sa dernière pièce, “Le malade imaginaire”, cette
pièce-là faisait partie dʼun ensemble plus large appelée la comédie ballet.

2.2.3. Peinture et sculpture

La glorification de Louis XIV domine toutes les formes artistiques. Pour ses sculptures, le
thème de Louis XIV revient toujours.
“Statue équestre de Louis XIV”, réalisée par un sculpteur appelé Girardon et était destinée
à la place Vendôme. Sur cette statue équestre, on le voit représenté sous les traits dʼun
empereur romains.
Toile Hyacinthe Rigaud - “Louis XIV”. Ce quʼon demande au plasticien nʼest pas de
représenter la réalité mais un caractère et un rang social. On insiste sur sa majesté (pose,
posture, attributs de la royauté). Ce genre de tableau était offert en cadeau à des rois
étrangers et déclinés en divers formats.
Au moment où on représente ces caractères, cʼest lʼépoque où lʼon développe une
nouvelle science des visages: La physiognomonie (penser que le visage reflète votre
âme). Cʼest toujours à partir de Louis XIV que les études sont envisagées.

52
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

2.2.4. Littérature

Le classicisme en littérature anticipe de quelques années le règne de Louis XIV.


Dans ces auteurs, il y a:
- La Rochefoucauld qui est lʼauteur de Maximes (en 1664).
- La Fontaine qui, lui, va immédiatement, avec beaucoup dʼironie faire paraître les travers
du règne de Louis XIV.
- Molière
- Pascal
- Madame de Sévigné pour ses correspondances
- Madame de La Fayette
- La Bruyère
- Racine
- Corneille.

“Ce qui ce conçoit bien sʼénonce clairement”. Cʼest la règle dʼor du classicisme en
littérature

3. Conclusions

Dans un contexte politique différent, si Louis XIV nʼavait pas été au pouvoir, est-ce que
ces artistes auraient eu une production stylistique différente?

On peut dire que la tentative dʼimposer des règles à lʼArt a abouti à une sorte de dictature
intellectuelle. Mais dʼun autre côté, on peut affirmer que cette dictature a conduit à un
succès absolument retentissant. Non seulement parce que cela a contribué à la
glorification dʼun individu, un gouvernant.
Les éléments stylistiques qui sont mis en place pourront être largement exportés. Tous ces
éléments vont effectivement être reconnus comme une étape importante du
développement des arts et de la culture dans les générations suivantes.

53
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Cours du 07/05/08

Style de question dʼexamen:


Expliquer lʼacronyme UNESCO? Rattacher telles personnes à tels périodes.
La dernière question sera une question ouverte:
Exemple: Quel statut devrait avoir les établissements culturels qui seraient restés
fédéraux? Devraient-ils être régionalisé ou suivre une ligne politique?

Chapitre V: La renaissance. Florence au temps des Médicis

1. Caractéristiques de la Renaissance

La renaissance est un mouvement culturel européen qui commence en Italie au début du


XVième siècle et qui va jusquʼà la fin du XVIième siècle.
Une des principales caractéristique de la renaissance est de faire renaître les valeurs de
lʼantiquité gréco-latine.
Pourquoi y-a-t-il ce basculement culturel?
Les principaux facteurs qui entraînent lʼéclosion de la renaissance sont:
- Une grosse poussée démographique à partir du XVième siècle (car avant, il y avait la
famine, des épidémies, etc...).
- Une économie florissante car la technologie suit. On met en place de nouvelles
techniques agricoles. On va augmenter la production, on va reconquérir des terres
laissées en friche à cause des épidémies. Essor de la navigation.
- On voit naître une certaine forme de capitalisme. La renaissance correspond à lʼéclosion
du capitalisme. Le contrat dʼassurance est une invention de la renaissance. On voit
apparaître toute une série de grandes banques qui, à lʼorigine, sont aux mains de
familles privées bourgeoises. Première grande famille bancaire de la renaissance:
Fugger et celle des Médicis
- Explosion de la bourgeoisie comme classe sociale autonome

Tout cela va entraîner un changement de mentalité très profonde. On va voir se mettre en


place une forme dʼesprit dʼentreprise, de valorisation de lʼindividu.
Dans le nouveau système de valeur qui se dessine, il y a toute une série de
caractéristiques:
- L'essor de la philologie (étude des textes sacrés, des langues vernaculaires (autre que la
langue latine officielle), etc...). Il y a Rabelais, Pétrarque, Dante, Cervantes,
Shakespeare. Toute une série dʼauteurs
- Philosophie. On va adopter comme doctrine philosophique le néo-platonisme. Quʼest-ce
que cʼest? Cʼest un des retours à lʼantiquité puisquʼil sʼagit dʼune doctrine philosophique
qui est née à la fin du deuxième siècle à Alexandrie. Le thème fondamental de ce néo-
platonisme est la théorie des trois triades ou hypostases. Cette théorie platonicienne
sous-entend que la connaissance vient dʼabord des sens et que la raison va permettre
de penser ce qui est vrai et ce qui est juste.
- Rejet des valeurs médiévales. Il peut se faire grâce à ce recours à lʼhéritage gréco-latin.
- La glorification de la raison. Cette glorification de la raison va déboucher sur la naissance
dʼune pensée scientifique et expérimentale. Là-aussi, il y a une série dʼexemples connus
comme la naissance dʼune série de grand savants: Copernic, Léonard De Vinci,
Ambroise Paré.

Toutes ces éclosions associées aux caractéristiques de la renaissances vont influencer de


manière importante le développement des Arts. Il y a lʼapparition dʼartistes polyvalents.

54
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Cʼest-à-dire des gens qui peuvent être à la fois architecte, sculpteur, peintre, scientifique,
écrivain. Exemple: Léonard De Vinci ou Michel Ange.

On parle de première et de seconde renaissance.


La première renaissance recouvre le XVième siècle. (Quattrocento). Cʼest une époque de
spéculation, au cours de laquelle se met en place le nouveau vocabulaire de lʼhumanisme,
de la géométrie, etc... Cette première renaissance a pour centre principal Florence
pendant le règne des Médicis.
La seconde renaissance recouvre le XVIième siècle (Cinquecento). Pendant cette
période-là, cʼest Rome qui devient le principal centre de la création. Ici, il y a deux papes
important: Jules II et Léon X (qui est lui aussi un Médicis)

2. Situation géopolitique de Florence

Florence est une ville qui a été fondée par Jules César en 59 avant Jésus-Christ. Et
pendant toute la fin de lʼantiquité et pendant tout le Moyen-Âge, cʼest une ville de toscane
comme toute une série dʼautre. Cʼest au cours du XIVième siècle quʼelle va sʼémanciper
de lʼempire et évoluer vers une république. Lʼéclosion de la république florentine
correspond avec la mise en place dʼinstitutions et de fonctions politiques. On voit
apparaître des consuls, des podestats (des gestionnaires) et surtout, des organes
populaires qui servent à désigner les gouvernants.
Ce qui se met en place, les florentins lʼappellent la “libertas”. Cʼest-à-dire la liberté de se
gouverner soit-même et de choisir ses propres dirigeants.
La “libertas” est réservée à un petit groupe de marchand qui vont désigner leur
représentant et leurs propres gouvernants. Au XVième siècle, cʼest la famille des Médicis
qui va occuper le pouvoir de cette république.

3. Les Médicis

Les Médicis est une famille de marchand et ils sont, à Florence, des marchands parmi
dʼautres jusquʼen 1429 où Cosme de Médicis est élu comme principal responsable de la
ville. Les Médicis vont, à partir de ce moment-là, construire une véritable dynastie. Il vont
figurer parmi les principaux dirigeants de la ville et puis dʼItalie jusquʼen 1737. Dans cette
famille, on a en autre quatre papes et deux reines de France. Ils doivent leur gloire pour
avoir incarné le prototype de lʼhumaniste de la renaissance. Dans une seule famille, on va
trouver tous les métiers prestigieux de lʼépoque. Des marchands, des banquiers, des
hommes dʼéglises, des hommes politiques qui vont se servir de leurs influences en
exerçant un mécénat artistique et intellectuel.

3.1. Cosme de Médicis (1389-1464)

Il a hérité dʼun patrimoine qui est considérable. Il est à la tête dʼune banque considérable.
Dʼun atelier de tissage, de multinationales: une compagnie commerciale qui possède des
filiales dans des dizaines de villes. Parmi une des filiales que possède Cosme de Médicis:
Genève, Lyon, Bruges, Londres. Sa compagnie est presque une multinationale puisquʼil
achète presque de tous. Ce qui va décupler la fortune de Cosme de Médicis est
lʼexpansion de son activité bancaire en devenant le banquier des princes et des rois et il
va donc sʼenrichir.
Une des manières quʼil va avoir de se faire élire par le peuple est dʼétablir un mécénat
extrêmement local. Toute sa politique culturelle est concentrée à Florence
presquʼexclusivement. Il utilise des artistes Florentin. Ce quʼil réalise est pour le peuple

55
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Florentin. On a lʼimpression que sa richesse immense, il lʼutilise pour améliorer la ville


natale.
Des investissements en matière dʼarchitecture. Ce sera une sorte de bâtisseur infatigable.
On lui doit à Florence toute une série de bâtiments qui servent à tous: des églises, des
monuments religieux.
Le premier bâtiment quʼil fait construire est la basilique San Lorenzo. Cʼest une basilique
qui existait auparavant mais il y investi par la suite vers 1419. A lʼépoque, il nʼexistait que
la sacristie. Il finance totalement la réalisation de ce bâtiment. Lʼartiste qui est chargé de
réaliser les plans de cet édifice est Filippo Brunelleschi.
Autre édifice: Toujours un édifice religieux qui est le complexe religieux de Saint Marc (San
Marco). Cʼest tout un monastère qui est en ville et était occupé par lʼordre des bénédictins.
En 1435, ils sont remplacés par lʼordre religieux des dominicains. Que font-ils? Ils
sʼaperçoivent que les bâtiments ont soufferts et ils demandent pour faire restaurer le
bâtiment. Cʼest Cosme de Médicis qui va sʼen occuper. Cʼest Fra Angelico qui va réaliser
une bonne partie des peintures. La réfection architecture est faite par Michelozzo. Parmi
les frères Dominicains qui habitent dans ce couvent, Savonarol va évincer les Médicis du
pouvoir.

Il y a le Palazzo Médicis en plein Florence sera construit par Michelozzo. Il le construit en


1445 et 1460.

Dernière grande implication de Cosme de Médicis dans lʼarchitecture Florentine, il paye la


fin des travaux pour le dôme de Florence.

Enfin, dernière chose qui lui vaudra un grand succès est le financement de la construction
dʼun hôpital à Jérusalem. Il sʼallie le peuple en sʼinvestissant dans des bâtiments qui ne lui
rapportent rien.

Il faut décorer tous ces bâtiments. Cosme de Médicis appellent tous les grands artistes de
lʼépoque. Pour le couvent de Saint-Marc, la décoration est confiée à Fra Angelico.
Donatello fait une sculpture: “Combat de David contre Goliath”. La scène représente la fin
du combat. Ce quʼon veut montrer là, ce nʼest pas uniquement un épisode biblique mais la
ville de Florence. Donatello a représenté la nouvelle fierté de la ville de Florence car la
ville a été menacée par des voisins bien plus grands et plus puissant quʼelle mais qui,
grâce à sa foi a réussi à triompher. David, sur cette sculpture est représenté en pied (en
entier) et entièrement nu. On avait plus vu cela depuis lʼantiquité. Il porte en plus un
chapeau. Cʼest en plus un adolescent qui est représenté.

Troisième rôle sur lequel porte la politique culturelle de Cosme de Médicis est
lʼhumanisme. Il va fonder l'Académie platonicienne de Florence qui sera dirigée par un
philosophe, penseur qui est Marsile Ficin. Dans cette académie, on reçoit toute une série
de savant qui débattent sur toute une série de sujets. Il y a notamment Allerti qui vient
faire des conférences.

Dernier domaine dans lequel Cosme de Médicis exerce son mécénat est la littérature, les
livres. Il va constituer la bibliothèque de San Giorgio à Venise. Cosme de Médicis investit
dans des livres antiques.

Cosme de Médicis se pose comme un industriel de génie et un personnage cultivé et


généreux sera le profil type de lʼhumaniste à la renaissance.

56
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

3.2. Laurent de Médicis (Laurent le Magnifique (1449-1492)

Petit fils de Cosme de Médicis.


Parmi les échec de Laurent de Médecis est la faillite de la filiale Brugeoise. Cela manque
dʼenvergure sous son mécénat. Les artistes travaillent très peu pour lui. Boticelli travaille
de manière très marginale pour lui.
Ce qui va valoir la notoriété de Laurent de Médecis est de fréquenter de manière très
assidue les lieux littéraires où il participera activement aux débats, il sera lʼauteur de
poésies et autres oeuvres littéraires.
Il nʼy a pas de bâtiments qui soient attachés à son règne (lié au déclin de lʼempire
commercial).
Lʼessentiel de son action va se concentrer dans lʼhumanisme. Il va être le protecteur de
Marsile Ficin. Il va améliorer les conditions de fonctionnement de lʼAcadémie
platonicienne. Cette Académie va se spécialiser dans la traduction dʼoeuvres de Platon où
de philosophes platoniciens.
Il y a toujours des débats dans cette académie.

Dans ses réalisations dans le domaine de lʼhumanisme est la création de la bibliothèque


laurentienne. Le monastère de San Lorenzo, il va y concentrer un fond dʼouvrage qui
serait destiné à embrasser lʼensemble de la pensée humaine. Les meubles et décorations
de cette bibliothèque sont dessinés par Michel Ange.

Dans le domaine de la musique, Laurent de Médicis, sous son règne vont se développer
les fêtes florentines et en particulier les chants de carnaval. Liée à deux cérémonies: le
carnaval à proprement dis et le carnaval de Saint-Jean Baptiste et avaient lieu entre le 1er
mai et le 24 juin. Ces fêtes florentines ressemble à des défilés de chars qui sont parés à
lʼimage de chaque corporation d'artisans. Sur chacun des chars, on a des groupes
instrumentaux et vocaux qui vont animer cela. Quand Savonarol chassera les Médicis de
Florence, il brûlera une bonne partie de ses répertoires. On ne les connaît que par des
répertoires beaucoup plus tardif.

Dans le domaine des arts plastique, il est un des premiers protecteurs de Michel Ange.
(1475-1564). Dans le palais Médicis, Laurent de Médicis, entretenait une école de
sculpture et Michel Ange y rentre à lʼâge de 14 ans. Cʼest très important pour sa formation
car, non seulement, il fréquente les enfants de Laurent de Médicis, fréquente de grands
artistes et participe aux travaux de lʼAcadémie. Une fois que Laurent décédera et que les
Médicis seront chassés par Savonarol, Michel Ange quittera Florence pour se rendre à
Rome.

Savonarol, à partir de 1495, va commencer à dénoncer lʼespèce de compromis que


lʼAcadémie platonicienne est en train de faire entre la mystique chrétienne et la
philosophie païenne antique. Il dénonce aussi lʼhumanisme en disant que cʼest quelque
chose de dangereux pour la foi. Il reproche aussi le luxe quʼil appelle le luxe corrupteur.

Lʼinfluence de Savonarol dans ces prêches publics, à partir de 1497, il arrivera à


supprimer les carnavals et les remplacer par des fêtes pénitentielles.
A la fin du siècle les Médicis seront chassés de la ville et vont rebondir à Rome

57
Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

3.3. Jean de M2dicis (Léon X) (1498-1526)

Deuxième fils de Laurent le magnifique va rebondir à Rome et il deviendra Pape en 1513


sous le nom de Léon X. En 1513, sa première décision est de ramener sa famille au
pouvoir à Florence et dʼécarter Savonarol.
Il mène un train de vie, il a une absence de religion totale et son comportement sera
partiellement à lʼorigine du déclenchement de la réforme. La réforme commence en 1517
et est orientée contre les excès de la papauté et de la religion chrétienne.
Cʼest ce pape Léon X qui passera ses premières commandes à Michel Ange.

Autre prouesse, une fois que Jean de Médicis décède, sa prouesse est que son
successeur nʼest autre que son cousin germain:

3.4. Jules de Médicis (Clément VII) (1478-1534)

Il prendra le relais de Jean de Médicis. Cʼest un règne qui nʼest pas très glorieux car il
reste aussi sourd aux exigences de la réforme. Il doit aussi gérer, assumer la scission de
lʼEglise catholique en Eglise anglicane.
Lui aussi aura toute une série dʼaction de mécénat et chargera à Michel Ange de
construire une nouvelle sacristie à San Lorenzo et nʼest plus du tout destinée au service
de la population mais est simplement là pour habiter la chapelle funéraire des Médicis. Il y
a dʼune part le tombeau de Laurent de Médicis et Julien de Médicis qui se font fasse dans
cette sacristie.
Jules de Médicis est le principal protecteur de Raphaël (peintre de la renaissance)

En conclusion:

Avec lʼavènement de la bourgeoisie, le sens de la politique culturelle devient triple:


1. Cette politique culturelle à une signification sociale. Investir dans le mécénat, investir
dans une politique culturelle permet dʼune part de se distinguer du peuple et dʼautre
part, de sʼapprocher de lʼaristocratie. Le mécénat va donner à la bourgeoisie la
noblesse que lʼaristocratie reçoit par le sang.
2. Grâce à ce mécénat privé, bourgeois, on voit apparaître une nouvelle culture qui est
essentiellement urbaine et savante.
3. Lʼinvestissement culturel de la bourgeoise va permettre de singulariser lʼOccident par
rapport au reste du monde. La bourgeoisie va permettre dʼinstaurer une sorte de
domination économique qui va se traduire par une sorte de promotion de sa propre
civilisation. Cʼest au cours de la renaissance et grâce à lʼargent de la bourgeoise que
lʼEurope va distancer des civilisations parallèles.

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Introduction à lʼéconomie et aux politiques de la culture

Conclusion générale sur le cours

Premier élément quʼon peut tirer:


Dans toutes les sociétés, même les sociétés dites primitives ou en état de développement
embryonnaire, dans tous les cas, on a des traces de politique culturelle. Aucun mode de
pouvoir ne néglige de sʼapproprier la culture pour faire passer un message ou pour tenter
de donner une image particulière à son action.

Deuxième réflexion:
Dans les sociétés capitalistes, on découvre quʼune politique culturelle attrayante (ce nʼest
pas obligatoirement un gage de qualité) peut contribuer à la prospérité dʼune politique
économique ou dʼune culture politique de manière plus générale. Et parfois même
diminuer le poids dʼune politique militaire.
On sʼaperçoit quʼimposer la séduction culturelle des sociétés capitalistes a été beaucoup
plus efficace que dʼimposer les systèmes politiques par la force.

Troisième observation:
Les systèmes de valeur, les systèmes de jugement de lʼArt, les critères de qualité
esthétique, ce sont des systèmes de totale relativité. Ce qui est noble relève aussi bien du
contexte culturel que des systèmes politiques mis en place. La relativité du savoir culturel
nʼest pas quelque chose qui est objectif mais est toujours construit. A nous dʼutiliser les
bons outils pour développer une sorte dʼesprit critique.

Quatrième remarque:
Dans le domaine de lʼArt, on présente souvent tous les éléments quʼon a parlé tout au
long du cours: force économique, politiques, religieuses comme des contraintes,
limitations de la force créatrice des artistes. Dans de nombreux cas, toutes ces
“limitations” ont stimulés, par la suite, les changements et quʼelles ont été les moteurs des
grandes révolutions culturelles.

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