Corriges TD
Corriges TD
Corriges TD
NB1: Au début de chaque séance, l’encadré de la partie A) contient la liste des savoirs et compétences
minimaux pour valider le cours.
NB2: Les questions précédées du symbole ∗ ou ∗∗ sont facultatives et demandent une compréhension et/ou
des techniques qui vont au-delà de ce qui est exigé pour valider l’examen. Elles peuvent être passées et le cas
échéant, admises pour répondre au reste de l’exercice.
A) Objectifs de la séance
• dans un espace vectoriel normé, ou plus généralement dans un espace métrique, je suis capable
de définir les ouverts, les fermés, l’adhérence d’un ensemble, et la propriété de compacité d’un
ensemble;
• je suis capable de déterminer la limite supérieure (limite inférieure) d’une suite et d’une fonction;
• je sais ce qu’est une suite de Cauchy et la complétude d’un espace vectoriel normé, et plus
généralement d’un espace métrique;
• je suis capable de prouver qu’une fonction est une norme d’un espace vectoriel ou une distance
sur un ensemble;
• je suis capable de déterminer les boules d’une distance donnée, comprendre les démonstrations
par inclusions réciproques et les équivalences de normes.
1
CS 1A - CIP 2022-2023
B) Pour se familiariser avec les concepts (à traiter avant les séances de TD)
Les questions I.1 et I.2 sont à traiter avant la première séance de TD. Les corrigés sont disponibles
sur internet.
La topologie est une branche des mathématiques essentielle au développement de l’analyse mod-
erne. Il est donc intéressant d’en connaître quelques principes, même si les axiomes et les aspects
fondamentaux de cette discipline ne seront pas évalués en CIP.
1. ]0; 4[
2. ] − ∞; 4]
3. ] − ∞; 0[∪]2; 4[
4. {0}
Q. I.1.2 Pour x = ( x1 , x2 ) dans R2, on définit
1. N1 ( x ) = | x1 |
2. N2 ( x ) = | x1 | + | x2 |
3. N3 ( x ) = | x1 | + | x2 |2
4. N4 ( x ) = | x1 | + | x2 | + 1
5. N5 ( x ) = x1 + x2
Parmi ces fonctions, dire celles qui sont des normes.
Séance 1 2
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C) Exercices
R
Exercice I.1 (Métriques et limites de n )
Les questions sont indépendantes les unes des autres.
E. I.1.1 R R
Soit d E la distance euclidienne dans d . Pour a ∈ d , on définit l’application Na : x 7→
R R
d E ( a, x ) définie pour tout x ∈ d . Pour quel(s) a l’application Na est-elle une norme sur d ?
E. I.1.2 On définit l’application d : ×R R → R telle que d(x, y) = |e−x − e−y |, pour tous (x, y) ∈
R2 . Montrer que d est une distance sur .R
E. I.1.3 Soit (un )n∈N ∈ RN. Vérifier les propriétés suivantes:
(i ) lim sup un < l ⇒ ∃n ∈ N tel que ∀k ≥ n, uk < l
n→+∞
(ii ) ∃n ∈ N tel que ∀k ≥ n, uk < l ⇒ lim sup un ≤ l
n→+∞
(iii ) lim sup un > l ⇒ ∀n ∈ N, ∃k ≥ n tel que uk > l
n→+∞
(iv) ∀n ∈ N, ∃k ≥ n tel que uk > l ⇒ lim sup un ≥ l.
n→+∞
La complétude est une propriété très utile car les espaces complets possèdent de nombreuses pro-
priétés intéressantes : critère de Cauchy, absolue convergence, convergence normale, théorèmes de
point fixe, théorème de prolongement, projection. . .
Séance 1 3
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E. I.3.1 Prélude (exemple simple d’espace non-complet): on considère la distance d sur définie à R
la question E.I.1.2. Montrer que la suite des entiers naturels (i.e. un = n, ∀n ∈ ) est de Cauchy pour N
R
cette distance. L’espace métrique ( , d) est-il complet?
Soit E un espace vectoriel normé complet.
*E. I.3.2 Démontrer que toute série de fonctions à valeurs dans E qui converge normalement con-
verge uniformément.
*E. I.3.3 Démontrer que l’ensemble des fonctions continues de [ a, b] dans E est complet pour la
norme infinie.
E. I.3.4 En déduire la continuité sur R de
+∞
sin(nx )
x 7→ ∑ n2
.
n =1
D) Approfondissement
E. I.5.1 Soit X = { a, b, c}. Parmi les ensembles suivants, lesquels sont des topologies?
1. {∅, { a, b, c}}
2. {∅, { a}, {b}, {c}, { a, b}, { a, c}, {b, c}, { a, b, c}}
3. {∅, { a, b}, {b, c}, { a, b, c}}
4. {∅, { a}, {c}, { a, c}, { a, b, c}}
Séance 1 4
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E. I.5.2 Soit X = {1, 2, 3, 4, 5} et T = {∅, {1, 2}, {5}, {1, 2, 5}, {1, 2, 3, 4}, X } une topologie sur X.
3+(−1)n
Soit (un )n∈N une suite définie par un = 2 .
(a) Montrer que si f est continue alors pour tout ensemble A ⊂ X, f ( A) ⊂ f ( A). On pourra vérifier
puis utiliser la caractérisation de la continuité par les fermés: f est continue sssi pour tout F
fermé de Y, f −1 ( F ) est un fermé de X.
On souhaite démontrer la réciproque. Dans toute la suite on suppose donc que pour tout ensemble
A ⊂ X, f ( A) ⊂ f ( A).
(b) En supposant que l’ensemble f −1 f ( A) n’est pas fermé, montrer qu’on aboutit à une contra-
diction.
(c) Soit B un fermé de Y. Montrer qu’il existe un A ⊂ X tel que f ( A) ⊂ B et f −1 ( B) = f −1 f ( A) .
En déduire la continuité de f .
E. I.6.2 Soit ( X, d) un espace métrique. Soit F ⊂ X un fermé non-vide. Pour tout x ∈ X, on note
d( x, F ) = infy∈ F d( x, y).
(a) On souhaite étudier la continuité de x 7→ d( x, F ). Quelles sont les topologies utilisées sur les
espaces de départ et d’arrivée?
E. I.7.2 N
Montrer maintenant que pour tout k ∈ fixé et pour tout n > k, Sn ≥ ∑kj=0 (1 +
a− j n
n ) . En
déduire une inégalité sur lim infn→+∞ Sn et conclure.
Séance 1 5
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∀ x, y ∈ Rd , k f ( x ) − f (y)k ≤ `k x − yk.
R
Soit y0 ∈ d .
On définit l’application
Rd ), k · k ∞ Rd ), k · k ∞
F : C([0, T ], → C([0, T ],
ϕ 7→ F ( ϕ)
avec
Z t
∀t ∈ [0, T ], F ( ϕ)(t) = y0 + f ( ϕ(s)) ds.
0
E. I.10.1 On suppose dans cette question que T = 1 et ` < 1. Montrer que F est une contraction et
en déduire que la suite de fonctions ( ϕk )k∈N définies par
0
y si k = 0
ϕk (t) = Rt
y0 + 0 f ( ϕk−1 (s)) ds si k ≥ 1,
Séance 1 6
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*E. I.10.4 Soient désormais d ∈ N∗ , T > 0 et une fonction f : [0, T] × Rd → Rd tels que
R
∀ x ∈ d , t 7→ f (t, x ) est continue en t
∀t ∈ [0, T ], x 7→ f (t, x ) est Lipschitz continue, c’est-à-dire que:
∀t ∈ [0, T ], ∃`(t) > 0 tel que ∀ x, y ∈ Rd , | f (t, x) − f (t, y)| ≤ `(t) |x − y|.
Soient t0 ∈ [0, T ] et y0 ∈ Rd . On définit la suite de fonctions ( ϕk )k∈N par
(
y0 si k = 0
ϕk (t) = 0
Rt
y + t0 f (s, ϕk−1 (s)) ds si k ≥ 1.
Montrer que ( ϕk )k∈N converge uniformément vers une fonction y qui vérifie
Z t
∀t ∈ [0, T ], y ( t ) = y0 + f (s, y(s))ds.
t0
Séance 1 7
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Séance 1 8
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de Q. I.1.1
1. Oui;
2. Non, il n’existe pas d’e > 0 tel que ]4 − e; 4 + e[ soit inclus dans ] − ∞; 4];
3. Oui;
4. Non, il n’existe pas d’e > 0 tel que (−e; +e) soit inclus dans {0}.
Solution de Q. I.1.2
Solution de Q. I.2.1 Fixons e > 0. Alors pour N un entier supérieur ou égal à 2e , on a que
1 1
∀n, m ≥ N, |un − um | ≤ un + um ≤ + ≤e
N N
(plus généralement, on remarque que toute suite qui converge est une suite de Cauchy).
Solution de E. I.1.3 On vérifie seulement la première assertion, les autres s’obtenant de la même
façon.
Attention cependant aux implications dans le sens inverse, qui ne préservent pas les inégalités strictes.
Solution de E. I.2.1
(a) La symétrie et la séparabilité de δ sont évidentes. Pour vérifier l’inégalité triangulaire, soient
R
x, y, z ∈ 2 . Plusieurs cas sont à envisager selon que: i) les trois points sont alignés avec 0; ii)
deux des trois points sont alignés avec 0, ou iii) aucun couple de points n’est aligné avec 0:
Séance 1 9
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
(ii) sans perte de généralité, supposons que x, y et 0 sont alignés (tout autre alignement de
deux points avec 0 est donc impossible, par hypothèse). Alors δ( x, y) = k x − yk ≤ k x −
zk + kz − yk ≤ k x k + kzk + kzk + kyk = δ( x, z) + δ(z, y). De plus, δ( x, z) = k x k + kzk =
k x − y + yk + kzk ≤ k x − yk + kyk + kzk = δ( x, y) + δ(y, z) et le cas de δ(y, z) est identique.
(iii) Enfin, ce dernier cas est symétrique en x, y et z. On choisit donc arbitrairement de traiter
δ( x, y). On trouve δ( x, y) = k x k + kyk ≤ k x k + kzk + kzk + kyk = δ( x, z) + δ(z, y). Donc δ
est bien une distance.
R
(b) Soit x ∈ 2 et r > 0 et on note Bδ ( x, r ) la boule de centre x et de rayon r pour la topologie de δ.
Cette boule prend deux formes distinctes selon que k x k ≥ r ou k x k < r.
(i) Si k x k ≥ r, alors la boule est “plate”: elle est constituée des points alignés avec 0 et x sur un
segment ouvert de longueur 2r centré en x.
(ii) Si k x k < r, la boule est l’union de la boule euclidienne de rayon r − k x k et du segment
ouvert de longueur 2r centré en x.
(c) On note B( x, r ) la boule euclidienne. Si y ∈ B( x, r ) \ {0}, alors pour e > 0 suffisamment petit,
Bδ (y, e) est un segment inclus dans B( x, r ). Si y = 0, Bδ (y, e) = B(0, e), il suffit donc de choisir e
suffisamment petit pour que Bδ (y, e) ⊂ B( x, r ). Ainsi B( x, r ) est un ouvert de la topologie de δ.
Si O est un ouvert quelconque de la topologie euclidienne, il est réunion de boules euclidiennes
(ouvertes pour δ comme nous venons de le voir), et il est donc lui-même ouvert pour δ.
La réciproque est fausse: prenons par exemple Bδ ((0, 1), 1). Il s’agit de l’ensemble {(0, y) : 0 <
y < 2} qui ne contient aucune boule euclidienne. Donc il ne peut s’agir d’un ouvert de la
topologie euclidienne.
R
Solution de E. I.2.2 On vérifie que ∅ et n appartiennent à O , puis qu’une réunion quelconque
d’éléments de O est encore dans O . Il reste à vérifier la stabilité de O par intersection finie: soit p ∈ ∗
p p
N
et O1 , . . . , O p ∈ O . Soit ∩k=1 Ok = ∅, auquel cas la propriété est vérifiée, soit il existe x ∈ ∩k=1 Ok .
Pour chacun des Ok , il existe rk > 0 tel que B( x, rk ) ⊂ Ok . Ainsi, r = min{r1 , . . . , r p } est tel que
p p
B( x, r ) ⊂ ∩k=1 Ok . Ainsi ∩k=1 Ok ∈ O , ce qui achève de prouver le résultat.
Solution de E. I.3.2 Soit une série de fonctions ( f n )n∈N d’un ensemble X vers ( E, k · k E ) qui con-
verge normalement. On note k f n k∞ = supx∈X k f n ( x )k E . La convergence normale de cette série sig-
nifie la convergence de la série ∑ k f n k∞ c’est-à-dire la convergence de la suite des sommes partielles
∑in=0 k f i k∞ , lorsque n → ∞.
La convergence de cette suite entraîne qu’elle est une suite de Cauchy. Ainsi :
n
∀e > 0, ∃ N > 0 : n > p > N ⇒ ∑ k f i k∞ < e.
i = p +1
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Ainsi la suite ( Fn )n∈N est une suite de Cauchy de l’espace des fonctions bornées muni de la norme
infinie (la convergence normale implique que les f i et donc les Fn sont bornées).
On peut ici utiliser que l’espace des fonctions bornées est complet pour la norme infinie (exercice
classique) et conclure. À la place, construisons explicitement cette limite (ce qui revient partiellement
à démontrer la complétude des fonctions bornées). Pour tout x ∈ X, on a que
Solution de E. I.3.3 Notons C l’ensemble des fonctions continues sur [ a, b]. Soit ( f n ) une suite de
Cauchy de C . Comme toute fonction de C est bornée, ( f n )n∈N est une suite de Cauchy dans l’espace
des fonctions bornées. Elle est donc convergente vers une fonction bornée que l’on notera f .
Il reste à démontrer que f est continue en tout point. Soit x0 dans [ a, b]. Par inégalité triangulaire,
on peut écrire que pour tout x :
k f ( x0 ) − f ( x )k E ≤ k f ( x0 ) − f n ( x0 )k E + k f n ( x0 ) − f n ( x )k E + k f n ( x ) − f ( x )k E .
Solution de E. I.3.4 Dans cet exemple, une simple majoration montre que la suite ( f n )n∈N converge
normalement. D’après la question 1), elle converge donc uniformément. Ce qui signife que la suite
des sommes partielle ( Fn )n∈N converge uniformément. Comme c’est une suite de l’espace C , qui est
complet pour la norme considérée, on en déduit que cette suite converge vers une fonction continue.
La somme de la série étant la limite de la suite des sommes partielles, on a prouvé la continuité de
cette somme.
R
Remarque : on a prouvé la continuité sur tout segment [ a, b] de , ce qui implique la continuité sur
R entier.
Solution de E. I.4.1 On a
Séance 1 11
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R1
• k f k1 ≤ 0
k f k∞ dx = k f k∞ et de même, k f k2 ≤ k f k∞ ;
R 12 R 12
1 1
• k f k1 ≤ 0
dx 0
| f ( x )|2 dx
= k f k2 par l’inégalité de Cauchy-Schwarz (attention, l’implication
R1
k f k2 < ∞ ⇒ k f k1 < ∞ n’est vraie que parce qu’ici, 0 dx < ∞. Elle n’est plus valable sur + ou , R R
par exemple);
• de même, on trouve facilement une suite ( f n )n∈N telle que k f n k2 = 1 pour tout n, alors que
k f n k1 → 0.
• F est fermé dans E sssi toute suite d’éléments de F qui converge (dans E) a pour limite un élément
de F;
• F est dense dans E sssi tout élément de E est limite d’une suite d’éléments de F.
Soit ( f n )n∈N une suite de E0 qui converge dans C muni de la norme k · k∞ . Alors | f n (0) − f (0)| ≤
k f n − f k∞ → 0. Donc f (0) = 0 et E0 est fermé dans (C , k · k∞ ).
Montrons maintenant que E0 est dense dans (C , k · k1 ) (idem avec k · k2 ). Soit f ∈ C et f n la fonction
égale à f sur [ n1 , 1] et qui vaut nx f ( n1 ) pour x ∈ [0, n1 ]. On voit bien que f n ∈ E0 , et
1 1
2k f k ∞
Z Z
n n
k f n − f k1 = | f ( x ) − f n ( x )|dx ≤ 2k f k∞ dx = ,
0 0 n
donc k f n − f k1 → 0. Ainsi la fermeture de E0 dans (C , k · k1 ) est C tout entier.
Solution de E. I.4.3 Il est plus simple de raisonner avec les points adhérents à C \ E1 , en effet
int( E1 ) = E1 \ {C \ E1 }. Montrons que C \ E1 ⊃ E1 , ce qui entraînera que l’intérieur de E1 est vide.
Soit f ∈ E1 . On va construire une suite ( f n ) de fonctions non-dérivables approchant f uniformément,
en perturbant f par une fonction non-dérivable de plus en plus petite. Un exemple simple consiste à
choisir la fonction valeur absolue, ce qui donne par exemple f n ( x ) = f ( x ) + n1 | x − 12 |. On voit facile-
ment que f n est non-dérivable et que k f n − f k∞ → 0. Ainsi, C \ E1 ⊃ E1 .
Concernant EP , il suffit de remarquer que EP ⊂ E1 .
Solution de E. I.5.1
Séance 1 12
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3. Non, car l’intersection de { a, b} et {b, c} est {b}, qui n’est pas dans T;
4. Oui.
Solution de E. I.6.1
(a) On rappelle que A est l’adhérence de A, définie comme le plus petit fermé contenant A.
Ainsi, f −1 ( f ( A)) est fermé par continuité de f . Puisque f −1 ( f ( A)) contient A, il contient égale-
ment le plus petit fermé contenant A, c’est-à-dire A. Par conséquent, f ( A) ⊂ f ( A).
(b) Si f −1 ( f ( A)) n’est pas fermé, alors il existe x ∈ f −1 ( f ( A)) \ f −1 ( f ( A)). Ainsi f ( x ) ∈ f f −1 ( f ( A)) ,
or par hypothèse sur f , f f −1 ( f ( A)) ⊂ f ( A). Ceci est en contradiction avec la définition de x.
(c) Soit B un fermé de Y. On peut vérifier que l’ensemble A = f −1 ( B) est tel que f ( A) ⊂ B et
f −1 ( B) = f −1 ( f ( A)).
Ainsi d’après la question précédente, f −1 ( B) = f −1 ( f ( A)) est fermé, ce qui prouve la continuité
de f .
Solution de E. I.6.2
R
(a) L’application x 7→ d( x, F ) va d’un espace métrique X dans . En l’absence de précisions sup-
R
plémentaires, on considère en général que la topologie sur est la topologie usuelle (cf Exercice
1) et la topologie sur un espace métrique est la topologie construite à partir des boules de la dis-
tance d. Plus précisément, un sous-ensemble de X est un ouvert sssi il est une union de boules
de d (on dit alors que l’ensemble des boules de d forme une base de la topologie de X).
(b) Soient x, y ∈ X et soit e > 0. Par définition de l’inf, il existe x̃, ỹ ∈ F tels que d( x, x̃ ) ≤ d( x, F ) + e
et d(y, ỹ) ≤ d(y, F ) + e. Ainsi,
Séance 1 13
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Solution de E. I.7.1 On a
n −1 n n −1 ∞
a−j e a +1
Sn = ∑ 1+
n
≤ ∑ e a− j < ∑ e a− j = e − 1 ,
j =0 j =0 j =0
e a +1
et donc lim sup Sn ≤ .
n→∞ e−1
n
a− j
Solution de E. I.7.2 On obtient comme à la question précédente que Sn = ∑nj=−01 1 + n et donc
pour k < n,
k n
a−j
Sn ≥ ∑ 1+
n
.
j =0
et cette inégalité est vraie pour tout k. On peut donc maintenant faire tendre k vers l’infini pour
obtenir
e a +1
lim sup Sn = lim inf Sn = .
n→∞ n→∞ e−1
e a +1
Ainsi, lim Sn existe et vaut e −1 .
n→∞
Solution de E. I.8.1
(a) Non. Prendre par exemple X non compact, et f une fonction constante égale à x0 ∈ X 0 . Alors
{ x0 } est compact et f −1 ({ x0 }) = X n’est pas compacte.
(b) Oui, on utilise pour cela la caractérisation de la compacité par Borel-Lebesgue. Soit K un com-
pact de X. Soit {O j } j∈ J un recouvrement ouvert de f (K ). Montrons qu’on peut en extraire un
recouvrement fini. f (K ) ⊂ ∪ j∈ J O j , donc
f −1 ( f (K )) ⊂ f −1 ∪ j∈ J O j ,
Or f est continue, donc f −1 (O j ) est un ouvert de X, pour tout j. Ainsi on peut extraire de J une
sous-famille finie J0 telle que K ⊂ ∪ j∈ J0 f −1 O j , et par conséquent f (K ) ⊂ f (∪ j∈ J0 f −1 (O j )) ⊂
Séance 1 14
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Solution de E. I.8.2 Remarquons pour commencer que l’exercice propose de travailler dans le cadre
d’un espace topologique général. Il n’y a donc pas de distance disponible et la seule notion de com-
pacité valable est celle au sens de Borel-Lebesgue.
Comme indiqué dans l’énoncé, on définit Uk et Vk . Ainsi ∪k∈K Uk est un recouvrement ouvert de
K. On peut donc en extraire un sous-recouvrement fini: notons k1 , . . . , k N des éléments de K tels que
K ⊂ ∪N
j=1 Uk j = : U.
De plus, prenons V = ∩ N j=1 Vk j et on remarque que U ∩ V = ∅. V étant une intersection finie d’ouverts,
c’est encore un ouvert, qui de plus contient { x }.
Pour étendre à deux compacts disjoints K et K 0 , on utilise la propriété démontrée à l’instant. Ainsi
pour tout k ∈ K, il existe deux ouverts Uk et Wk tels que k ∈ Uk , Wk ⊃ K 0 et Uk ∩ Wk = ∅. On conclut
par le même procédé que précédemment.
Solution de E. I.8.3 Il suffit de construire une suite de points qui converge: pour tout n ∈ , N
soit xn ∈ Kn . Comme K0 est compact dans un espace métrique, la propriété de Bolzano-Weierstrass
s’applique et il existe donc une sous-suite de ( xn )n∈N qui converge. Or la limite de cette sous-suite est
nécessairement dans ∩n∈N Kn , qui est donc non-vide.
Remarque: ça ne fonctionne pas si les Kn ne sont que fermés (il manque l’hypothèse de diamètre qui
tend vers 0.) Trouvez un contre-exemple.
Soit maintenant U un ouvert contenant K = ∩n∈N Kn . Raisonnons par l’absurde en supposant que
N
pour tout N ∈ , il existe n ≥ N et yn ∈ Kn \ U. Alors on peut extraire une sous-suite y ϕ(n) qui
converge. Sa limite y est nécessairement dans K, et donc dans U. Toutefois, y ϕ(n) ∈ K ϕ(n) \ U ⊂ X \ U.
Or X \ U est fermé, donc y ∈ X \ U. D’où la contradiction.
Solution de E. I.9.1 Voir page 24 de l’ouvrage Les maths en tête - Analyse, par X. Gourdon, Ed. El-
lipses.
Solution de E. I.9.2
Séance 1 15
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
On en déduit
+∞ +∞
| xn − zn | | xn − yn | +∞ | yn − zn |
∑ 2n
≤ ∑ 2n
+∑
2n
,
n =0 n =0 n =0
c’est-à-dire
d( x, z) ≤ d( x, y) + d(y, z).
(b) Pour montrer que F muni de la distance d est complet, on montre que toute suite de Cauchy
dans F converge dans F.
Soit ( x (k) )k∈N une suite de Cauchy dans F (pour tout k fixé, x (k) ∈ F). Par définition d’une suite
de Cauchy, on a
N
On en déduit que, pour tout n ∈ fixé, la suite xn
(k)
n∈ N est une suite de Cauchy dans [0, 1]. En
effet, l’assertion précédente implique
∀e > 0, ∃K ∈ N: p > q ≥ K ⇒ xn − xn
( p) (q)
< e.2n .
Comme [0, 1] est complet pour la distance euclidienne de R, on en déduit qu’il existe xn∞ ∈ [0, 1]
(k)
tel que limk→∞ xn = xn∞ .
On a ainsi défini une suite x ∞ = ( xn∞ )n∈N dans [0, 1], c’est-à-dire x ∞ ∈ F. Montrons que ( x (k) )k∈N
converge vers x ∞ .
∞ (k) (k) ∞ (k)
| xn − xn∞ | N0
| xn − xn∞ | | xn − xn∞ |
d ( x (k) , x ∞ ) = ∑ 2n
= ∑ 2n
+ ∑ 2n
n =0 n =0 n= N0 +1
(k)
N0
| xn − xn∞ | 1
≤ ∑ 2 n
+ N0 ,
2
n =0
car
∞ (k) ∞ ∞
| xn − xn∞ | 1 1 1 1
∑ 2 n
≤ ∑ 2 n
≤ N +1 ∑ n
= N0 .
n= N0 +1 n= N0 +1
2 0 n =0 2 2
| {z }
=2
Séance 1 16
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Ceci montre que ( x (k) )k∈N converge vers x ∞ , puis que F est complet.
Solution de E. I.10.1 Dans tous l’exercice k f k∞ = supt∈[0,T ] | f (t)| est la norme infinie sur C([0, T ], Rd ).
R
On rappelle (voir Exercice I.3) que l’espace C([0, T ], d ), k · k∞ est complet. Soient ϕ, ψ ∈ C [0, T ],
Rd ,
alors
Z t Z t
∀t ∈ [0, 1], | F ( ϕ)(t) − F (ψ)(t)| = | ( f ( ϕ(s)) − f (ψ(s))) ds| ≤ | f ( ϕ(s)) − f (ψ(s))| ds
0 0
Z t
≤ ` | ϕ(s) − ψ(s)| ds
0
Z t
≤ `k ϕ − ψk∞ ds
0
≤ `k ϕ − ψk∞ ,
Solution de E. I.10.2 On a déjà vu à la question précédente que pour tous ϕ, ψ ∈ C([0, T ], d ) et tout R
t ∈ [0, T ], sups∈[0,t] | F ( ϕ)(s) − F (ψ)(s)| ≤ `tk ϕ − ψk∞ . Nous allons montrer par récurrence que pour
tout n ∈ , N
(`t)n
sup | F n ( ϕ)(s) − F n (ψ)(s)| ≤ k ϕ − ψk∞ (I.2)
s∈[0,t] n!
(` T )n
Il suffira donc de choisir n tel que < 1 pour que F n soit une contraction. Montrons donc que (I.2)
N
n!
est vérifié, pour tout n ∈ .
Séance 1 17
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
L’inégalité (I.2) est vérifiée pour n = 1. Supposons qu’elle le soit pour un certain n ≥ 1. Alors
Z t
sup | F n+1 ( ϕ)(s) − F n+1 (ψ)(s)| ≤ | f ( F n ( ϕ)(s)) − f ( F n (ψ)(s))| ds
s∈[0,t] 0
Z t
≤` | F n ( ϕ)(s) − F n (ψ)(s)| ds
0
` n +1
Z t
≤ sn ds
k ϕ − ψk∞
n! 0
(`t)n+1
= k ϕ − ψk∞ ,
( n + 1) !
which proves the induction step.
Fe : (C([0, T ], Rd ), k · k∞ ) → (C([0,ZT], Rd ), k · k∞ )
·
ϕ 7 → y0 + f (s, ϕ(s)) ds.
t0
On suppose ici que `(t) est une constante de Lipschitz uniforme en temps, i.e. ∀t ∈ [0, T ], `(t) ≤ `, pour
un certain ` < ∞ (vous pourrez traiter le cas général). Pour tout e > 0, notons It0 ,e = [max(0, (t0 −
R
e)), min( T, (t0 + e))] et Ct0 ,e = C( It0 ,e , d ) muni de la norme uniforme sur cet intervalle restreint.
Montrons qu’il existe ε > 0 tel que Fe restreint à Ct0 ,ε est une contraction. Pour cela, choisissons ε ∈
]0, `−1 [. Alors,
Z t
∀ ϕ, ψ ∈ Ct0 ,ε , k Tϕ − Tψk∞ = sup | f (s, ϕ(s)) − f (s, ψ(s)) ds|
t∈ It0 ,ε t0
≤ ε`k ϕ − ψk∞ .
Ainsi Fe est une contraction sur Ct0 ,ε et le Théorème du point fixe assure qu’il existe y1 ∈ Ct0 ,ε tel que
Fe(y1 ) = y1 . On étend alors la solution à [0, T ] en recollant les solutions sur des intervalles de longueur
2e et en s’assurant que la solution n’explose pas (...).
Solution de E. I.11.1 Notons d’abord que K est complet, car compact dans un espace métrique (véri-
fiez cette propriété). Ainsi le Théorème du point fixe s’applique.
On propose donc une démonstration alternative plus directe (dans un cadre plus restrictif). Consid-
érons la fonction g : x 7→ k x − f ( x )k définie sur K, comme proposée dans l’énoncé. Cette fonction est
R
définie sur un compact et à valeurs dans , donc elle admet un minimum, atteint en un point x0 ∈ K.
Alors g( f ( x0 )) = k f ( x0 ) − f ( f ( x0 ))k, or si x0 6= f ( x0 ), on devrait avoir g( f ( x0 )) < g( x0 ), ce qui
contredirait la minimalité de g( x0 ). Donc x0 = f ( x0 ). L’unicité s’obtient comme dans le cours.
Si on suppose désormais K fermé et non plus compact, un contre-exemple classique est le suivant:
Séance 1 18
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
R
prenons E = et f qui vaut 1 sur R− et f (x) = x + 1+1 x pour x ∈ R+ . Alors f vérifie les hypothèses
R
et f ( x ) 6= x, ∀ x ∈ .
Solution de E. I.12.1 Soit ( xn , f ( xn ))n∈N une suite de G f qui converge vers un élément noté ( x, y) ∈
X × X 0 . Montrons que y = f ( x ), ce qui prouvera bien que ( x, y = f ( x )) appartient à G f (et donc que
G f est fermé).
Par définition de la topologie produit, xn converge vers x et par continuité de f , on a donc f ( xn ) qui
converge vers f ( x ). L’unicité de la limite assure donc que y = f ( x ).
Solution de E. I.12.2 Soit x ∈ X et une suite ( xn )n∈N de X qui converge vers x. Montrons que
( f ( xn ))n∈N converge vers f ( x ).
Comme X 0 est compact, il existe une sous-suite ϕ telle que ( f ( x ϕ(n) ))n∈N converge. Or ( x ϕ(n) , f ( x ϕ(n) ))n∈N
est une suite de G f qui est fermé, donc nécessairement la limite de cette suite est ( x, f ( x )). Ainsi toute
suite extraite de ( f ( xn ))n∈N converge vers f ( x ). On utilise maintenant un résultat classique qui stipule
qu’une suite dans un compact ayant une seule valeur d’adhérence converge (démontrez ce résultat).
Séance 1 19
Séance II : Séries de Fourier et espaces de Hilbert
A) Objectifs de la séance
• je sais reconnaître un espace de Hilbert et montrer la convergence des suites dans un tel espace
(suites de Cauchy);
• je sais déterminer le projeté orthogonal d’un vecteur sur un convexe fermé d’un espace de
Hilbert.
1
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B) Pour se familiariser avec les concepts (à traiter avant les séances de TD)
Les questions II.1 et II.2 sont à traiter avant la séance de TD. Les corrigés sont disponibles sur
internet.
(a) F ⊂ G ⇒ G ⊥ ⊂ F ⊥ ;
(b) F ⊥ ∩ G ⊥ ⊂ ( F + G )⊥ ;
(c) F ⊂ F ⊥⊥ ;
(d) F + G = H ⇒ F ⊥ ∩ G ⊥ = {0};
Q. II.2.2 Soient x, x 0 ∈ H et r, r 0 > 0 tels que les boules fermées B( x, r ) et B( x 0 , r 0 ) sont égales.
Montrer que x = x 0 et r = r 0 . [Remarque: observez que cette propriété est vraie en général dans les EVN.]
Séance 2 2
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C) Exercices
Exercice II.1
E. II.1.1 Calculer la série de Fourier de la fonction 2π-périodique définie sur [−π, π [ par f ( x ) =
−1[−π,0[ ( x ) + 1[0,π [ ( x ).
*E. II.1.2 [Cette question nécessite la connaissance des théorèmes de Dirichlet.] Quelle est la régularité
de f ? Que dire de la série de Fourier de cette fonction en 0? Peut-on avoir convergence normale de la
série de Fourier de f vers f sur [−π, π ]?
∗(b) [Cette question nécessite la connaissance des théorèmes de Dirichlet.] Etablir le lien entre f et sa série
de Fourier.
∞
1
E. II.2.2 (a) En déduire la valeur de ∑ 4 .
n =1
n
∞
1
∗(b) [Cette question nécessite la connaissance des théorèmes de Dirichlet.] En déduire la valeur de ∑ n2
.
n =1
(b) En déduire les coefficients de Fourier de S. [On pourra utiliser une interversion somme-limite sans la
justifier dans un premier temps. Après le cours 10, vous serez en mesure de justifier une telle interversion.]
Z
(c) On suppose que f et g sont continues sur [0, 2π ] et que ∀n ∈ , cn ( f ) = cn ( g). En utilisant
l’identité de Parseval, montrer que f ( x ) = g( x ) pour tout x ∈ [0, 2π ].
(d) En utilisant les résultats de (a), (b) et (c), montrer que f = S et donc que f ∈ C ∞ .
Séance 2 3
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Exercice II.4
Les questions sont indépendantes.
E. II.4.1 Soit H un espace de Hilbert et ( f n )n∈N un suite de vecteurs orthogonaux. Montrer que
∑n∈N f n converge dans H sssi ∑n∈N k f n k2H converge dans . R
E. II.4.2 Soit H un espace de Hilbert et B sa boule unité fermée. Après avoir vérifié que le théorème
de projection s’applique, montrer que la projection P de H sur B vérifie P( x ) = k xxk pour tout x ∈ H \ B
et P( x ) = x pour x ∈ B.
(b) Soit e > 0. La suite (u(k) )k∈N étant de Cauchy, il existe K > 0 tel que pour tous j, k ≥ K,
( j)
N
(k)
ku( j) − u(k) k ≤ e. Montrer que pour tout n ∈ , |un − un | ≤ e. En déduire que pour tout
N (k) (∞)
n ∈ , limk→∞ un existe. On note un cette limite.
(b) Déterminer la projection sur C. [Indication: on pourra commencer par deviner la projection en dimen-
sion 2, puis vérifier que l’expression trouvée fonctionne aussi en dimension infinie.]
D) Approfondissement
Séance 2 4
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1
R 2π
(c) Montrer que K N ≥ 0 et que 2π 0
K N ( x ) dx = 1. Déduire de la question précédente que pour
tout t ∈]0, π ], K N converge uniformément vers 0 sur ]t, 2π − t[.
∗(d) Déduire des questions précédentes que f ∗ K N converge uniformément vers f sur R.
E. II.6.2 Application du théorème précédent: Soit f une fonction continue et 2π-périodique. On
note S N ( f ) les sommes partielles de sa série de Fourier. Montrer que si f vérifie kS N ( f )k∞ ≤ 1 pour
N
tout n ∈ , alors k f k∞ ≤ 1.
Séance 2 5
CS 1A - CIP 2022-2023
*E. II.8.3 Soit M un sous-espace de H (non nécessairement fermé). Montrer que M⊥ est fermé et
⊥
que M = M⊥ .
Séance 2 6
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de Q. II.1.1 f est continue sur [0, 2π ], elle y est donc en particulier bornée et de carré
R 2π
intégrable, i.e. 0 | f (t)| dt < ∞. Ainsi l’égalité de Parseval donne
2
Z 2π
1
| f ( x )|2 dx = ∑ |cn ( f )|2 .
2π 0 n∈ Z
La série étant convergente, on a cn ( f ) → 0.
e5ix +e−5ix
Solution de Q. II.1.2 On déduit facilement de l’expression: cos(5x ) = 2 que les coefficients
de Fourier de f sont tous nuls à l’exception de c5 ( f ) = c−5 ( f ) = 21 .
(a) Si x ∈ G ⊥ , alors pour tout y ∈ F, h x, yi = 0 car y est aussi dans G, par hypothèse.
Solution de Q. II.2.2 On raisonne par contraposée. Supposons d’abord que x = x 0 et r > r 0 . Alors
pour n’importe quel vecteur unitaire u, x + ru ∈ B( x, r ) \ B( x 0 , r 0 ). Si maintenant on suppose que
x0
x 6= x 0 (quelque soit r, r 0 , disons par exemple r ≥ r 0 ), alors on pourra vérifier que le point x + r k xx−
− x0 k
appartient à B( x, r ) mais pas à B( x 0 , r 0 ).
Séance 2 7
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
De plus, toujours car f est impaire, c−n ( f ) = −cn ( f ). On remarque également que c0 ( f ) = 0. Donc la
série de Fourier de f est donnée par
!
N
1 (−1)|n|
∀N ∈ ∗
N
, S N ( f )( x ) = −i
1
π n=−∑ n
−
n
einx
N,n6=0
1 N 1 (−1)n
=− ∑ − i (einx − e−inx )
π n =1 n n
2 N 1 (−1)n
π n∑
= − sin(nx ).
=1 n n
Solution de E. II.1.2 f est C1 par morceaux mais pas continue sur [0, 2π ]. Donc on ne peut lui
appliquer que le théorème de Dirichlet simple, en particulier en 0:
1
f (0− ) + f (0+ ) = 0.
lim S N ( f )( x ) =
N →+∞ 2
Il ne peut y avoir convergence normale de la série de Fourier. En effet, une série de fonctions continues
qui converge normalement a pour limite une fonction continue. Or f n’est pas continue.
et cn ( f ) = c−n ( f ). R
1 π 2 R 2π 2 dx = π2
Pour n = 0, on trouve c0 ( f ) = 2π 0
x dx + π
( x − 2π ) 3 .
Pour n ≥ 1, on intègre par parties deux fois:
1 πZ
cn ( f ) = x2 cos(nx )dx
2π −π
1
Z π
= x2 cos(nx )dx
2π −π
π
1 2 sin( nx ) 1 sin(nx )
Z π
= x − 2x dx
2π n −π 2π −π n
cos(nx ) π
1 1 cos(nx )
Z π
= 2x − 2 dx
2π n2 −π 2π −π n2
2(−1)n
= .
n2
Ainsi, pour tout N ∈ N∗ ,
N
π2 4(−1)n
∀ x ∈ [0, 2π [, S N ( f )( x ) = +∑ cos(nx ).
3 n =1
n2
Séance 2 8
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Or f est C1 par morceaux et continue, donc on peut appliquer le théorème de Dirichlet uniforme pour
conclure que
lim kS N ( f ) − f k∞ = 0.
N →+∞
Pour obtenir ∑∞ 1 2
n=1 n4 , on remarque que cette somme est à peu de chose près la somme des cn ( f ) .
On va donc utiliser Parseval:
Z 2π
1
| f ( x )|2 dx = ∑ c n ( f )2
2π 0 n∈ Z
π4 8
=
9
+ ∑ n4
.
n ≥1
Or
Z 2π
1 1 π
Z
| f ( x )|2 dx = | f ( x )|2 dx
2π 0 π 0
π4
= ,
5
d’où on obtient ∑∞
n =1
1
n4
= π4
90 .
Solution de E. II.3.1 On obtient cn ( f (k) ) par intégrations par parties successives. Faisons-le pour
k = 1:
1 2π
Z
1 2π Z
cn ( f 0 ) = f 0 ( x ) cos(−nx )dx + i f 0 ( x ) sin(−nx )dx
2π 0 2π 0
Z 2π
1 2π n
= [ f ( x ) cos(nx )]0 + f ( x ) sin(nx )dx
2π 2π 0
Z 2π
1 2π n
−i [ f ( x ) sin(nx )]0 + i f ( x ) cos(nx )dx
2π 2π 0
= incn ( f ).
Séance 2 9
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de E. II.3.2 On sait que pour tout k ∈ N, lim|n|→+∞ cn ( f (k) ) = 0 (voir Q. II.1.1). Ainsi,
d’après la question précédente, on a ∀k ∈ , N
|n|k |cn ( f )| = |cn ( f (k) )| = o (1),
|n|→+∞
d’où le résultat.
Solution de E. II.3.3
(a) On rappelle la notation en ( x ) = einx . On sait que kcn ( f )en k∞ = |cn ( f )|, ∀n ∈ . Donc par Z
hypothèse, il existe C > 0 tel que |cn ( f )| ≤ nC2 . Donc S converge normalement.
De même en considérant la somme partielle S N ( x ) = ∑nN=− N cn ( f )einx et en la dérivant, on
(k)
montre que S N converge normalement pour tout k ∈ N. Donc pour tout k ∈ N,
∀ x ∈ [0, 2π ], S(k) ( x ) = ∑ (in)k cn ( f )einx ,
n∈ Z
et S ∈ C ∞ .
(b) La suite S N converge uniformément vers S (car la série S N converge normalement). On peut
donc faire le calcul suivant:
1
Z
|cn (S)| = |hS, en i| = | ∑ cm ( f )e−i(n−m)x dx |
2π [0,2π ] m∈ Z
≤ ∑ |cm ( f )| < ∞.
m∈ Z
On peut dès lors appliquer le théorème de Fubini-Lebesgue (ce théorème d’interversion sera
présenté en détails au cours 10) pour obtenir:
1
Z
cn (S) = ∑ cm ( f )e−i(n−m)x dx
2π [0,2π ] m∈ ZZ
1
= ∑ cn ( f ) e−i(n−m)x dx
m ∈Z 2π [0,2π ]
= c n ( f ).
(d) Par hypothèse, f est continue, et d’après les questions (a) et (b), S est continue et les coefficients
de Fourier de S et f coïncident. Donc par le résultat de (c), f = S.
Séance 2 10
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N
Solution de E. II.4.1 Pour tout N ∈ , notons S N = ∑nN=0 f n et TN = ∑nN=0 k f n k2 . On remarque que
par orthogonalité des vecteurs (et application du théorème de Pythagore):
N
∀ N ≥ M ∈ N, k S N − S M k2 = ∑ k f n k2 = | TN − TM |, (II.1)
n = M +1
d’où il vient que (S N ) N ∈N est de Cauchy (dans H) sssi ( TN ) N ∈N est de Cauchy (dans ). R
Supposons que (S N ) N ∈N converge. Il suffit de montrer que ( TN ) N ∈N est une suite de Cauchy,
R
puisque est complet. Soit e > 0. Comme (S N ) N ∈N converge, c’est une suite de Cauchy. Donc il
N
existe N0 ∈ tel que
∀ N, M ≥ N0 , kS N − S M k < e.
Ainsi par l’égalité (II.1), ( TN ) N ∈N est une suite de Cauchy.
La réciproque se démontre exactement de la même manière.
Solution de E. II.5.1
N
Dans la résolution de cet exercice, on considère `2 ( ) comme un R-espace vectoriel (cela simplifie
seulement les notations, les résultats restent valables dans ). C
Séance 2 11
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N
(a) On vérifie aisément que `2 ( ) est un espace vectoriel et que l’application hu, vi = ∑n∈N un vn
est un produit scalaire. Une suite u = (un )n∈N est dans `2 ( ) sssi kuk2 = ∑n∈N u2n < ∞. CetteN
norme correspond bien au produit scalaire que nous venons de définir (i.e. kuk2 = hu, ui), donc
N
`2 ( ) muni de ce produit scalaire est bien un espace préhilbertien.
(b) (u(k) )k∈N étant une suite de Cauchy d’éléments de `2 ( ), il existe K ∈ N N tel que ∀ j, k ≥ K, ku(j) −
u(k) k ≤ e. Autrement dit,
∑
( j) (k)
| u n − u n |2 ≤ e2 .
n∈ N
En particulier, ∀ j, k ≥ K, chaque terme de la somme précédente est plus petit que e2 . Donc pour
N (k)
tout n ∈ fixé, la suite (un )k∈N est de Cauchy dans . Donc elle converge. R
N (K )
(c) Comme u(K) ∈ `2 ( ), on a ∑n∈N |un |2 < ∞. Donc le reste de la série tend vers 0, i.e. il existe
N (K )
N ∈ tel que ∑n≥ N |un |2 ≤ e2 .
(d) Soit M ≥ N et k ≥ K,
! 12 ! 12
∑ ∑
(k) (k) (K ) (K )
| u n |2 = |un − un + u n |2
N ≤n≤ M N ≤n≤ M
! 21 ! 12
∑ ∑
(k) (K ) (K )
≤ | u n − u n |2 + | u n |2
N ≤n≤ M N ≤n≤ M
≤ 2e,
où nous avons utilisé l’inégalité triangulaire à la deuxième ligne, et les résultats des questions
(b) et (c) à la troisième. Ce qui précède étant vrai pour tout k ≥ K, et la somme portant sur un
nombre fini d’indices, l’inégalité passe à la limite quand k → +∞, d’où le résultat de la question.
(∞)
(e) Le résultat de la question précédente implique que la suite (∑n≤ N |un |2 ) N ∈N est de Cauchy
R
(dans ), donc elle converge. Ce qui signifie que u(∞) ∈ `2 ( N).
∈ N, et tout j, k ≥ K, ∑n≤ N |un −
( j)
En reprenant l’inégalité de la question (b), on a pour tout N
(k)
un |2 ≤ e2 . D’où en passant à la limite quand k → ∞:
(∞)
∑
( j)
|un − u n |2 ≤ e2
n≤ N
Solution de E. II.5.2 Soit H un espace de Hilbert séparable et {en }n∈N une base hilbertienne de H
(dont l’existence est assurée par un théorème du cours). Considérons l’application linéaire
ϕ:
H → `2 ( ) N
x 7→ (h x, en i)n∈N .
Séance 2 12
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Par le théorème de Parseval, ϕ est une isométrie, elle est donc notamment injective. La surjectivité est
évidente, donc ϕ est bijective.
Solution de E. II.5.3 Comme suggéré dans l’énoncé, on remarque que ϕ({1, . . . , n}) = { p1 , . . . , pn }
où nous avons ordonné les éléments ϕ(1), . . . , ϕ(n) de sorte que p1 < · · · < pn (les inégalités sont
strictes par injectivité de ϕ). Par récurrence, on en déduit donc que pk ≥ k pour tout k ∈ {1, . . . , n}.
Donc
n n n n
1 1 1 1
∑ k ∑ ϕ(k) ∑ k ∑ pk ≥ 0.
− = −
k =1 k =1 k =1 k =1
ϕ(k)
grâce à l’inégalité précédente. On obtient donc ∑nk=1 1
k ≤ ∑nk=1 k2
, ce qui par passage à la limite
donne le résultat.
Solution de E. II.5.4
(a) On voit facilement que C est convexe. Montrons qu’il est fermé. Soit (u(k) )k∈N une suite d’éléments
N (k)
de C qui converge vers u ∈ `2 ( ). Alors en particulier, pour tout n ∈ fixé, limk→∞ un = un . N
R R
Donc un ≥ 0 car + est fermé dans . Donc u ∈ C.
(b) Grâce au résultat précédent et au théorème de projection, on sait que la projection sur C existe.
Définissons l’application pC par
N
2 un si un ≥ 0
∀ u ∈ ` ( ), p C ( u ) n =
0 si un < 0.
Comme dans la preuve de la question Q.II.4.2, il suffit pour montrer que pC est bien le projeté de
N
prouver que pour tout u ∈ `2 ( ) et tout v ∈ C, hu − pC (u), v − pC (u)i ≤ 0. Le produit scalaire
s’écrit:
Séance 2 13
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de E. II.6.1
(a) On a, par un changement de variable immédiat,
1
Z
f ∗ SN = ∑ 2π [0,2π ]
f ( x − y)en (y) dy
|n|≤ N
1
Z
= ∑ 2π [0,2π ]
f (z)ein(x−z) dz
|n|≤ N
= ∑ c n ( f ) e n ( x ).
|n|≤ N
N x
e i ( N +1) x − 1 i ( N +1) 2x sin ( N + 1) 2
∑e i (n+ 12 ) x
=e i 2x
eix − 1
= e
sin( 2x )
n =0
On en déduit le résultat.
Z
(c) Si x ∈ 2π , on déduit directement de sa définition que K N ( x ) ≥ 0. Si x ∈ R \ 2πZ, cela provient
de l’expression trouvée à la question précédente.
Z
Pour tout n ∈ ∗ ,
Z 2π Z 2π
1 1
en ( x ) + e−n ( x )dx = cos(nx )dx = 0.
2π 0 π 0
1
R 2π 1
R 2π
Donc 2π 0
S n ( x ) dx = 2π 0 e0 ( x ) dx = 1. K N étant une combinaison linéaire des Sn , on trouve
bien le résultat annoncé.
Enfin, sur ]t, 2π − t[, sin( 2x ) > sin( 2t ), donc
1
0 ≤ KN (x) ≤ .
( N + 1) sin( 2t )2
Ainsi K N tend uniformément vers 0 sur ]t, 2π − t[ quand N → +∞.
1
R 2π
(d) Soit t ∈]0, π ], on a en utilisant que 2π 0
Sn ( x )dx = 1:
Z 2π
| f ∗ K N ( x ) − f ( x )| = | ( f ( x − y)K N (y) − f ( x )K N (y)) dy|
Z0
=| ( f ( x − y) − f ( x )) K N (y)dy|
]t,2π −t[
Z
+| ( f ( x − y) − f ( x )) K N (y)dy|.
[0,t]∪[2π −t,2π ]
Séance 2 14
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R
Comme f est continue, elle est majorée sur [0, 2π ], donc sur (car elle est 2π-périodique). No-
tons M = supx∈R | f ( x )|. De plus elle est uniformément continue sur [0, 2π ] (par le théorème de
Heine), donc sur . R
Fixons e > 0. Il existe alors t0 > 0 tel que pour tous x, y ∈ [0, 2π ], | x − y| ≤ t0 ⇒ | f ( x ) − f (y)| <
e
4π .
De plus, par le résultat de la question précédente, il exsite N ∈ ∗ tel que: N
e
sup |K N ( x )| < .
x ∈]t0 ,2π −t0 [ 8πM
On vient de démontrer le théorème de Féjer. Grâce à la question (a), on peut même préciser une suite
de polynômes trigonométriques qui approche f uniformément, il s’agit de (après un calcul que vous
pourrez vérifier):
1 N +1
N + 1 n∑ ∑ c k ( f ) ek
f ∗ KN =
=0 |k|≤n
|k|
= ∑ 1− c ( f ) ek .
|k|≤ N
N+1 k
k f k∞ ≤ k f − f ∗ K N k∞ + k f ∗ K N k∞ ≤ e + 1.
Solution de E. II.7.1 Il suffit de vérifier que cn ( f 0 ) = incn ( f ) (voir par exemple Exercice II.3) et que
cn ( f (· + α)) = einα cn ( f ).
Solution de E. II.7.2 Si f est solution de l’équation, f 0 doit être continue, donc f ∈ C 1 . En con-
séquence, f est limite uniforme de sa série de Fourier (théorème de Dirichlet uniforme ou de Féjer).
Remarquons que f = 0 est solution.
Z
Si une solution non identiquement nulle existe, il doit donc exister n ∈ tel que cn ( f ) 6= 0. Par la
question précédente, on a pour ce n que einα = in. Ceci n’est possible que pour n = ±1, valeurs
pour lesquelles on trouve α = π2 . Réciproquement, on vérifie que les fonctions de la forme f ( x ) =
C
−iλ−1 e−ix + iλ1 eix pour λ−1 , λ1 ∈ sont solutions. Ce sont les seules possibles.
Séance 2 15
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
1). Il est clair que B ⊂ n∈N B(en , 1) et donc B ⊂ n∈N B(en , 1). En supposant (par l’absurde) que
S S
SN
B est compacte, on peut alors extraire un recouvrement √fini, qu’on note B ⊂ k=1 B(enk , 1). Prenons
em ∈/ {en1 , . . . , en N }. On remarque que kem − enk k = 2 pour tout k ∈ {1, . . . , N }. En particulier,
em ∈/ kN=1 B(enk , 1), ce qui contredit l’existence d’un sous-recouvrement fini.
S
Solution de E. II.8.2 Considérons la suite u N = ∑nN=1 n1 en proposée dans l’énoncé. Pour tout N ∈ ∗ , N
N
u N ∈ Vect{en , n ∈ } car c’est une combinaison linéaire d’un nombre fini d’éléments de la base.
On montre facilement que (u N ) est une suite de Cauchy et donc qu’elle admet une limite dans H.
Cependant, cette limite, notée u, ne peut s’exprimer comme une combinaison linéaire finie des en .
En effet, si tel était le cas, on aurait u = ∑kK=1 λk enk avec λk 6= 0. Et ainsi pour em ∈
/ { e n1 , . . . , e n K } ,
hu, em i = 0, ce qui est en contradiction avec
1
hu, em i = lim hu N , em i = .
N →+∞ m
Notez que la première égalité est due à la continuité du produit scalaire.
N
Donc Vect{en , n ∈ } n’est pas fermé et ne peut être égal à H.
Solution de E. II.8.3 Soit ( f n )n∈N une suite d’éléments de M⊥ qui converge vers f ∈ H. Montrons
que f ∈ M⊥ .
Soit donc x ∈ M. Il suffit de montrer que h x, f i = 0. Or par continuité du produit scalaire,
lim h x, f n i = h x, f i,
n→+∞
Séance 2 16
Séance III : Mesurabilité
A) Objectifs de la séance
• je suis capable de montrer la mesurabilité d’une fonction, en l’approchant par une suite de fonc-
tions mesurables.
1
CS 1A - CIP 2022-2023
B) Pour se familiariser avec les concepts (à traiter avant les séances de TD)
Les questions III.1 et III.2 sont à traiter avant la séance de TD. Les corrigés sont disponibles sur
internet.
Question III.1
(d) Quels sont les liens d’inclusion entre les tribus obtenues aux questions (a), (b) et (c) ?
Question III.2
Q. III.2.1 On considère dans cette question des fonctions de (R, B(R)) dans (R, B(R)).
(c) Montrer que si f ( x ) = exp( x ) pour x > 0 et f ( x ) = 0 pour x ≤ 0 alors f est mesurable.
Séance 3 2
CS 1A - CIP 2022-2023
C) Exercices
Exercice III.1
E. III.1.1 On lance deux dés à six faces et on calcule la somme des deux nombres obtenus.
(a) Quel est l’espace d’arrivée? Proposez une tribu sur cet espace.
(b) Quel est l’espace de départ? Proposez une tribu sur cet espace.
(c) En fonction de vos choix de tribus, la fonction qui à deux dés associe leur somme est-elle
mesurable? (i.e. est une variable aléatoire, dans le vocabulaire des probabilités).
E. III.2.1 On note T la topologie usuelle de R. Montrer que si f : (R, T ) → (R, T ) est continue,
alors f : (R, B(R)) → (R, B(R)) est mesurable. On pourra commencer par montrer les points suiv-
ants: 1) l’image réciproque par f de tout ouvert est un ouvert; 2) F = { B ∈ B(R) : f −1 ( B) ∈ B(R)}
est une tribu.
Montrer que la réciproque est fausse en proposant un contre-exemple.
E. III.2.2 Soit f et g deux fonctions de R dans R. Montrer que si f est continue et g est (Borel-)
mesurable, alors f ◦ g est mesurable. f ◦ g est-elle continue?
E. III.3.1 ∗(a) Montrer que tout ouvert de R peut s’écrire comme une union au plus dénombrable
d’intervalles ouverts.
(b) En déduire que la tribu borélienne de R, notée B(R), est engendrée par l’ensemble des inter-
valles de la forme ] − ∞, a[, avec a ∈ R.
E. III.3.2 Montrer que B(R) est engendrée par l’ensemble des compacts (parties fermées et bornées)
de R.
E. III.3.3 (a) Montrer que l’ensemble
C = { A ⊂ R : A ou R \ A est fini ou dénombrable}
est une tribu sur R. On rappelle qu’une union dénombrable d’ensembles dénombrables est
dénombrable.
Séance 3 3
CS 1A - CIP 2022-2023
Les fonctions mesurables constituent les objets d’étude de la théorie de l’intégration. Dans la
théorie des probabilités, elles constituent les variables aléatoires. Dans le cadre du cours d’Analyse, la
mesurabilité est souvent une hypothèse des théorèmes usuels.
Les trois exercices suivant permettent de mettre en œuvre des méthodes classiques.
E. III.4.1 On considère dans cette question les fonctions d’un espace mesurable (Ω, F ) dans (R, B(R)).
(a) Soit ( f n )n∈N une suite de fonctions mesurables. Montrer que pour tout t ∈ R, { x : lim supn→+∞ f n ( x ) > t}
est mesurable. Idem pour { x : lim infn→+∞ f n ( x ) > t}.
(b) En déduire que { x : limn→+∞ f n ( x ) existe} est mesurable et que si la fonction limn→+∞ f n existe,
alors elle est mesurable.
(c) On suppose maintenant que (Ω, F ) = (R, B(R)). Montrer que si f est dérivable alors sa dérivée
f 0 est mesurable.
E. III.4.2 On considère dans cette question des fonctions de (R, B(R)) dans (R, B(R)).
(a) Montrer que si f (0) = 0 et si f ( x ) = sin(1/x2 ) si x 6= 0 alors f est mesurable (on pourra s’aider
de la question 1)(b)).
(b) Montrer que la fonction f ( x ) = x1{ x∈Q} est non continue par morceaux mais mesurable.
x 2 − y2
f ( x, y) = si ( x, y) 6= (0, 0).
x 2 + y2
E. III.4.4 On considère dans cette question les fonctions d’un espace mesurable (Ω, F ) dans (R, B(R)).
Séance 3 4
CS 1A - CIP 2022-2023
A ce stade, les probabilités ne représentent qu’un cas particulier de la théorie de la mesure: les
mesures sont de masse 1 et éventuellement discrètes (i.e à support dans N). De nouvelles notions
viendront plus tard montrer que les probabilités sont bien plus que cela (l’indépendance en est un
premier aperçu). En attendant, voici quelques exercices de probabilités élémentaires.
E. III.6.1 Lors d’une soirée, n personnes sont réunies. A partir de quelle valeur de n accepteriez-
vous de parier qu’au moins 2 des personnes présentes ont leur anniversaire le même jour?
La connaissance précise de la loi d’une variable aléatoire permet de résoudre des problèmes pra-
tiques.
• 20% des assurés de cette mutuelle ont leur permis de conduire depuis moins de 5 ans.
• L’étude montre que la probabilité d’avoir un accident dans l’année quelqu’un qui possède son
permis depuis moins de 5 ans est 0,4.
• Et la probabilité devient 0,125 pour quelqu’un qui possède son permis depuis plus de 5 ans.
E. III.7.1 Si on choisit au hasard 10 personnes ayant leur permis de conduire depuis moins de 5
ans, quelle est la probabilité d’en voir au moins un accidenté dans l’année?
E. III.7.2 Même question avec 10 assurés ayant leur permis depuis plus de 5 ans.
E. III.7.3 Si on prend au hasard 10 personnes parmi les assurés, quelle est la probabilité d’en voir
au moins un ayant un accident dans l’année?
Séance 3 5
CS 1A - CIP 2022-2023
E. III.8.2 Montrer que si limn→∞ (n pn ) = λ > 0, alors la loi binomiale B(n, pn ) peut être approx-
imée par la loi de Poisson de paramètre λ, c’est-à-dire que pour tout k ≥ 0 fixé,
λk
P( Sn = k ) → e − λ lorsque n → ∞.
k!
Indication : On pourra écrire
nk n−1 n−k+1
n
Cnk = ... .
k! n n n
D) Approfondissement
Séance 3 6
CS 1A - CIP 2022-2023
(a) ∀ x ∈ E, A x ∈ E ;
(c) cette union est au plus dénombrable et cette décomposition est unique.
**E. III.10.3 On considère A = { A x } x∈E . Montrer que A contient un nombre infini d’éléments (on
pourra supposer le contraire et aboutir à une contradiction). En déduire que E n’est pas dénombrable.
Exercice III.11
E. III.11.1 Soit f une fonction sur Ω muni d’une tribu F . Montrer que si { x : f ( x ) ≥ r } est
mesurable pour tout r ∈ Q, alors f est mesurable de (Ω, F ) dans (R, B(R)).
Séance 3 7
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de Q. III.1.1
(b) Par un raisonnement analogue, on trouve que la tribu engendrée par { a, b} est F2 = {∅, { a, b}, {c, d}, Ω}.
(c) La tribu engendrée par { a} et { a, b} contient par complémentaire {b, c, d} et {c, d} et par dif-
férence {b}. Elle doit maintenant contenir aussi { a, c, d}.
Réciproquement F3 = {∅, { a}, {b}, { a, b}, {c, d}, {b, c, d}, { a, c, d}, Ω} est une tribu. C’est donc
la plus petite tribu contenant { a}, { a, b}, c’est la tribu engendée par { a} et { a, b}.
(d) On a F1 ⊂ F3 et F2 ⊂ F3 .
Solution de Q. III.1.2 La tribu engendrée par 1Q est la plus petite tribu T de R (considéré comme
espace de départ) rendant 1Q mesurable (de (R, T ) dans (R, B(R))).
Posons T = {{∅, Q, R \ Q, R}. Alors T est une tribu, elle rend 1Q mesurable puisque pour
A ∈ B(R)) :
−1
• 1Q ( A) = Q si A contient 1 et pas 0,
−1
• 1Q ( A) = R \ Q si A contient 0 et pas 1,
−1
• 1Q ( A) = R si A contient 0 et 1,
−1
• 1Q ( A) = ∅ si A ne contient ni 0 ni 1,
and this is the smallest σ-algebra since 1Q is not measurable with respect to {∅, R}.
Cette tribu T est donc la tribu engendrée par 1Q .
∀ x ∈ E, f ( x ) = c.
Pour tout A ∈ F ,
• Soit c ∈ A. On a alors f −1 ( A) = E.
/ A. On a alors f −1 ( A) = ∅.
• Soit c ∈
Séance 3 8
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de Q. III.1.4 L’intervalle ] − ∞, 0[ est un ouvert de R. Or, son complémentaire [0, +∞[ n’est
pas un ouvert de R. Donc l’ensemble des ouverts de R n’est pas une tribu, car n’est pas stable par
passage au complémentaire.
Solution de Q. III.2.1
(a) Comme Q est une union dénombrable de singletons et donc de fermés, Q est mesurable (dans
B(R)) et la Proposition 3.15 1 assure que 1Q est mesurable.
Remarque : on peut même dire que 1Q est étagée.
(b) La fonction sinus est mesurable car continue sur R.
(c) La fonction f est mesurable car continue par morceaux sur R. (Comment prouvez-vous qu’une
fonction continue par morceaux est mesurable?)
Solution de E. III.1.1
(a) L’espace d’arrivée est l’ensemble Ω0 = {2, 3, 4, . . . , 10, 11, 12} muni de sa tribu discrète F 0 .
(b) L’espace de départ est l’ensemble Ω des couples (i, j), i et j étant des entiers variant entre 1 et 6,
muni de sa tribu discrète F .
(c) L’application S qui au couple (i, j) de Ω associe i + j dans Ω0 est bien mesurable puisque par
définition de F :
∀ B ∈ F 0 S −1 ( B ) ∈ F .
Solution de E. III.2.1 On rappelle que B(R) est la tribu engendrée par les ouverts de R, c’est-à-dire
la plus petite tribu contenant tous les ouverts de R. (Attention, contrairement aux ouverts, un borélien
quelconque ne s’écrit pas nécessairement comme réunion dénombrable d’ouverts).
On déduit des égalités générales f −1 ( A ∪ B) = f −1 ( A) ∪ f −1 ( B) et f −1 ( A \ B) = f −1 ( A) \ f −1 ( B),
que F (définie dans l’énoncé) est bien une tribu. On remarque que F ⊃ T puisque f est continue. F
contient donc la tribu engendrée par T , qui n’est autre que B(R). Ainsi F = B(R).
Le raisonnement précédent est un exemple d’application du lemme de transport, sur lequel nous
reviendrons à plusieurs reprises dans la suite.
La fonction 1[0,1] fournit un contre-exemple.
Solution de E. III.2.2 Grâce à la question précédente, on sait que f est mesurable. Grâce à la relation
( f ◦ g)−1 ( A) = g−1 ◦ f −1 ( A), on vérifie que f ◦ g est mesurable.
Prendre f ( x ) = x et g( x ) = 1[0,1] ( x ).
Solution de E. III.3.1
1 voir slides du cours (en français) sur Edunao.
Séance 3 9
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
(b) On remarque d’abord que si une famille de parties A est incluse dans une famille de parties B
alors la tribu engendrée par A est incluse dans la tribu engendrée par B .
Tout intervalle du type ] − ∞, a[, a ∈ R, est un ouvert donc la tribu τ := σ (] − ∞, a[, a ∈ R}) est
incluse dans la tribu engendrée par les ouverts c’est-à-dire la tribu borélienne.
Par ailleurs, soient a < b. On a ] − ∞, a] = ∩n∈N∗ ] − ∞, a + 1/n[ qui est dans τ et donc ] a, b[=
] − ∞, b[\] − ∞, a] est aussi dans τ (par propriétés de stabilité d’une tribu).
Par application de la question 1)(a), tout ouvert de R est dans τ. Grâce à la remarque prélimi-
naire, on en déduit que la tribu borélienne est incluse dans τ.
Solution de E. III.3.2 Les compacts sont des fermés donc leurs complémentaires sont des ouverts
donc des boréliens. La tribu engendrée par les compacts est donc incluse dans la tribu borélienne.
Réciproquement, tout intervalle ] − ∞, a[ est une union dénombrable de compacts (par exemple les
[ a − n, a − 1/n]) donc la tribu borélienne engendrée par les ] − ∞, a[ est incluse dans la tribu engendrée
par les compacts.
Solution de E. III.3.3
(a) C contient R et est stable par complémentaire. Reste à prouver que C est stable par union dénom-
brable.
Soit ( An ) une famille dénombrable de parties de C .
Notons A l’union des An .
Si tous les An sont finis ou dénombrables alors A aussi donc A est dans C .
S’il existe n0 tel que An0 est non dénombrable alors R \ An0 est fini ou dénombrable.
Or R \ A = ∩R \ An ⊂ R \ An0 .
Donc R \ A est fini ou dénombrable donc A est dans C .
(b) R∗+ est un ouvert donc un borélien mais ni R∗+ ni son complémentaire R− ne sont finis ou
dénombrables.
Donc R∗+ n’est pas dans C .
Séance 3 10
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
(c) La tribu engendrée par les singletons est C (on le prouve facilement par double inclusion). Ce
n’est donc pas la tribu borélienne.
Solution de E. III.3.1 Q est une union dénombrable d’intervalles (en fait des singletons) mais pas
son complémentaire R \ Q. Les unions finies ou dénombrables d’intervalles ne forment donc pas une
tribu.
Solution de E. III.4.1
(a) D’après la Question Q. III.3.1, on sait que la tribu B(R) est engendrée par la collection d’ensembles
{] − ∞, a[, a ∈ R}. Ce résultat s’étend à R (muni on le rappelle de la topologie de l’ordre), c’est-
à-dire que B(R) = σ ({[−∞, a[, a ∈ R}) = σ ({] a, +∞], a ∈ R}). Ainsi par la Proposition 3.12,
lim sup f n est mesurable si et seulement si (lim sup f n )−1 (] a, +∞]) ∈ F , ∀ a ∈ R. Or on a vu en
cours que si ( f n )n∈N est une suite de fonctions mesurables, alors lim sup f n est mesurable. Donc
{ x : lim supn→+∞ f n ( x ) > a} ∈ F (idem pour la lim inf). Sinon, on peut observer directement
que
[ \ [ 1
{ x : lim sup f n ( x ) > t} = {x : f k (x) ≥ t + }.
n→+∞ m∈ N∗ n ∈N k ≥ n m
Puisque { x : lim supn→+∞ f n ( x ) > t} s’écrit comme une combinaison d’intersections et d’unions
dénombrables d’ensembles mesurables, il est lui-même mesurable.
On peut alors directement conclure en posant la fonction F = (lim infn→+∞ f n , lim supn→+∞ f n )
et D = {( x, x ) : x ∈ R} la diagonale de R . F est mesurable, D est fermé dans R donc
2 2
Séance 3 11
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de E. III.4.2
(a) Remarquons que la fonction f valant sin(1/x2 ) si x 6= 0 et 0 si x = 0 n’est pas continue par
morceaux (elle n’a pas de limite en 0). On ne peut donc pas conclure comme précédemment.
Considérons, pour n ≥ 1 les fonctions :
1
f n ( x ) = sin 2
.
x + 1/nπ
Alors, pour tout x réel, limn→+∞ f n ( x ) = f ( x ) et comme pour tout entier n ≥ 1, f n est mesurable
car continue, on en déduit par la Proposition 3.17 que f est mesurable (sur R).
(b) Ordonnons les rationnels en une suite (qn ). La fonction considérée peut s’écrire :
+∞
f (x) = ∑ qn 1{q } ( x )
n
n =0
Elle est donc limite d’une suite de fonctions étagées donc mesurable.
Remarque : on peut aussi remarquer que f ( x ) = x1Q ( x ) et conclure que f est mesurable comme
produit de fonctions mesurables.
Solution de E. III.4.3
(a) La fonction ( x, y) 7→ sin( xy) est continue donc mesurable relativement aux tribus de Borel.
Séance 3 12
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de E. III.4.4
(a) Soit f une fonction mesurable et b dans f (Ω). Alors {b} ∈ B(R) d’où f −1 ({b}) ∈ F . Ainsi
f −1 ({b}) = Ω et donc f est constante sur Ω, égale à b.
Réciproquement, toute fonction constante est mesurable. En effet si on note f (Ω) = {b} alors,
pour tout B de B(R), f −1 ( B) = Ω si b ∈ B et f −1 ( B) = ∅ sinon.
L’ensemble des fonctions mesurables est donc l’ensemble des fonctions constantes.
(b) Soit f une fonction quelconque. Pour tout B de B(R), on a nécessairement f −1 ( B) ∈ F donc f
est mesurable.
Toutes les fonctions sont donc mesurables.
Pour trouver l’entier j dans le 2ème cas (qui peut se ré-écrire n ≤ f ( x ) < n + 1), il suffit de
remarquer que
si 2i ≤ 2n+1 f ( x ) < 2i + 1
f n (x)
f n +1 ( x ) =
f n ( x ) + 2−(n+1) si 2i + 1 ≤ 2n+1 f ( x ) < 2i + 2.
Séance 3 13
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
ce qui implique
0 ≤ f ( x ) − f n ( x ) < 2− n .
∀ x ∈ E, 0 ≤ f ( x ) − f n ( x ) < 2− n .
∀ x ∈ R, f ( x ) = f + ( x ) − f − ( x ),
n2n −1
et f n = ∑ i 2−n 1 Bn,i + n1 An − n1 A0n .
i =−n2n +1
Solution de E. III.6.1 On cherche la probabilité qu’au moins 2 des personnes présentes ont leur
anniversaire le même jour. On suppose que n ≤ 365, sinon la probabilité recherchée est évidemment
1. Il sera plus commode de déterminer la probabilité de l’événement contraire.
Les anniversaires des n personnes forment une application
• L’espace d’état Ω est l’ensemble des applications de {1, . . . , n} dans {1, . . . , 365} ;
Séance 3 14
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Card( A)
P : A 7→ .
Card(Ω)
Dans l’espace (Ω, F , P), l’événement "les n dates d’anniversaires sont différentes" se formalise en
: {l’application {1, . . . , n} → {1, . . . , 365} est injective}.
Ainsi, la probabilité recherchée est
Solution de E. III.7.1 L’espace de probabilité Ω est l’ensemble des triplets (i, Ai , Ji ) où i est l’identifiant
de l’assuré,
P( A | J ) = 0.4
P( A | J c ) = 0.125
P( J ) = 0.2.
On choisit au hasard 10 jeunes conducteurs. La variable aléatoire X qui compte le nombre de jeunes
conducteurs, parmi ces 10, qui ont un accident dans l’année, suit une loi binomiale B(n = 10, p = 0.4).
C’est-à-dire
P( X = k) = Cnk pk (1 − p)n−k ,
où
• pk correspond à k individus qui ont un accident (probabilité p = 0.4) ;
• Cnk correspond au nombre de façons de choisir k individus accidentés parmi les 10.
On peut aussi remarquer que X peut s’écrire comme la somme de n variables aléatoires Ni in-
dépendantes, valant 1 si l’individu a un accident et 0 sinon.
On a alors
P( X ≥ 1) = 1 − P( X = 0)
0
= 1 − C10 0.40 0.610
= 0.994.
Séance 3 15
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Solution de E. III.7.2 On choisit au hasard 10 conducteurs qui ne sont pas jeunes conducteurs. La
variable aléatoire qui compte le nombre d’individus, parmi ces 10, qui ont un accident dans l’année,
suit une loi binomiale B(n = 10, p = 0.125).
P (Y ≥ 1 ) = 1 − P (Y = 0 )
0
= 1 − C10 0.1250 0.87510
= 0.74.
Solution de E. III.7.3 On choisit au hasard 10 conducteurs parmi les assurés. Soit Z la variable
aléatoire égale au nombre de personnes ayant un accident dans l’année. Z suit une loi binomiale
B(n = 10, p = P( A)).
Or on a
P( A) = P( A | J ) × P( J ) + P( A | J c ) × (1 − P( J ))
= 0.4 × 0.2 + 0.125 × 0.8
= 0.18.
On en déduit
P( Z ≥ 1) = 1 − P( Z = 0)
0
= 1 − C10 0.180 0.8210
= 0.86
Solution de E. III.8.2 On suit l’indication de l’énoncé. Pour toute v.a. Sn de loi binomiale B(n, pn ),
nk n n−1 n−k+1
P( Sn = k ) = ... pkn (1 − pn )n−k
k! n n n
λk n n−1 n−k+1
n−k
∼ ... 1 − pn .
k! n n n
Il reste donc à étudier le logarithme de la quantité
n−1 n−k+1
n n−k
An = ... 1 − pn ,
n n n
lorsque n tend vers ∞.
k−1
1
ln An = (n − k ) ln (1 − pn ) + ln 1 − + · · · + ln 1 −
n n
| {z }
→0 quand n→∞
∼ −(n − k) pn ∼ −λ.
Séance 3 16
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
λk
P( Sn = k ) → e − λ lorsque n → ∞.
k!
On dit que la variable Sn converge en loi vers la loi de Poisson P (λ).
Solution de E. III.9.1 Soit N le nombre d’individu possédant les caractéristiques recherchées. N est
une variable aléatoire suivant la loi binomiale B(n = 107 , p = 10−7 ). Pourquoi ?
Ainsi, E[ N ] = np = 1.
P( N > 1) 1 − P( N = 0) − P( N = 1)
P( N > 1 | N ≥ 1) = = .
P( N > 0) 1 − P( N = 0)
D’où
7 7 −1
1 − (1 − 10−7 )10 − (1 − 10−7 )10
P( N > 1 | N ≥ 1) = 7 .
1 − (1 − 10−7 )10
Pour obtenir une approximation de P( N > 1 | N ≥ 1), on peut utiliser l’approximation de la loi
binomiale B(n = 107 , p = 10−7 ) par la loi de Poisson P (λ = 1)
P ( N > 1 ) 1 − e −1 − e −1
P( N > 1 | N ≥ 1) = ≈ ≈ 0.4.
P( N > 0) 1 − e −1
1 n−k
k
e −1
1
P( N = k ) = Cnk 1− ≈ .
n n k!
Séance 3 17
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
On estime que "être raisonnablement confiant que m soit la totalité des individus recherchés" sig-
nifie que P( N > m | N ≥ m) ≤ q pour un certain réel q suffisamment petit. Sous l’approximation de
la loi binomiale par la loi de Poisson, on a l’équivalence suivante
P( N > m | N ≥ m ) ≤ q ⇔ P( N > m ) ≤ q P( N ≥ m )
∞ ∞
1 1
⇔ e −1 ∑ l!
≤ q e −1 ∑ .
l!
l = m +1 l =m
Pour tout q fixé, la plus petite valeur acceptable de m peut être déterminée numériquement. Si q est
petit, alors une estimation très grossière de m est 1/q. En effet, l’approximation grossière
∞ ∞
1 1 1 m+1 1 1
∑ l! m + 1 m! (m + 2)!
= + + . . . ≈
m + 1 ∑ l!
l = m +1 l =m
conduit à
∞ ∞
1 1 1
∑ l! ≤ q ∑ l!
⇐⇒
m+1
≤ q.
l = m +1 l =m
Cette estimation grossière est vérifiée numériquement dans le cas où q = 0.05, qui conduit à m ≈ 20.
Solution de E. III.9.4 Aucun niveau p d’improbabilité n’est suffisamment petit pour garantir la
détermination unique de la personne recherchée.
Si p = 10−7 α, alors N suit la loi binomiale B(107 , 10−7 α), qui peut être approximée par la loi de
Poisson P (α). Dans ce cas,
1 − e−α − αe−α
P( N > 1 | N ≥ 1) ≈ = ρ.
1 − e−α
Une valeur acceptable pour des délits mineurs pourrait être de ρ ≈ 0.05, qui correspond à α ≈ 0.1,
c’est-à-dire un niveau d’improbabilité p = 10−8 . Pour des crimes plus importants, il est évidemment
nécessaire d’exiger des valeurs de ρ beaucoup plus petites...
Solution de E. III.10.2
(a) Puisque E est dénombrable, A x est défini par l’intersection d’un nombre dénombrable d’éléments
de E et est donc dans E .
Séance 3 18
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
(c) Puisque A x ∈ E et que nous avons supposé que E est dénombrable, une union quelconque de
A x est nécessairement dénombrable. D’après la question 1), les A x forment une partition de E.
Cette décomposition est donc unique.
P (A) → E
[
B 7→ A
A∈ B
est bijective. Or par hypothèse, E contient un nombre infini d’éléments. Ainsi E et donc A sont
également infinis. Mais alors P (A) est indénombrable et il ne peut y avoir de bijection avec E , ce qui
fournit une contradiction.
] − ∞, x [= ] − ∞, r [.
[
Q
r ∈ ,r ≤ x
Ainsi, la tribu borélienne est engendrée par la famille dénombrable {] − ∞, r [, r ∈ Q} ou par complé-
mentarité, {[r, +∞[, r ∈ Q}.
Pour répondre à la question, il suffit alors d’utiliser le lemme de transport (voir l’énoncé dans le
corrigé de la Question Q. III.4.1).
On rappelle la preuve de ce résultat. D’abord, on peut vérifier que l’image réciproque d’une
tribu est une tribu. Donc f −1 (σ(C)) étant une tribu contenant f −1 (C), on a l’inclusion σ( f −1 (C)) ⊂
f −1 (σ(C)).
L’inclusion réciproque s’obtient en observant que Σ = { A ∈ σ (C) : f −1 ( A) ∈ σ( f −1 (C))} est une
tribu et que Σ contient C . Ainsi, Σ = σ(C) et donc f −1 (σ(C)) ⊂ σ( f −1 (C)).
Solution de E. III.12.1 On sait qu’un triangle équilatéral peut être construit sur la corde √ [ A, B] en
restant à l’intérieur du disque unité si et seulement si la longueur de [ A, B] est inférieure à 3 (faire
un dessin dans chacun des cas).
Le point P est tiré de manière uniforme à l’intérieur du cercle U . P est le milieu du segment [ A, B]
si la droite (OP) est la médiatrice de√[ A, B]. √
Soit X la longueur de [ A, B]. X > 3 si et seulement si la distance OP < 12 . Ainsi P( X > 3) =
2
1 1
= . Avec cette construction, la probabilité recherchée est donc 3/4.
2 4
√ de E. III.12.2 √Comme P est 1tiré de manière uniforme sur un rayon, la probabilité que
Solution
X > 3 devient P( X > 3) = P(OP < 2 ) = 1/2. La probabilité recherchée est donc 1/2.
Séance 3 19
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de E. III.12.3 Les points A et B sont tirés uniformément de manière indépendante sur le
cercle. Un triangle équilatéral construit sur [ A, B] peut être à l’intérieur du disque si et seulement si
_
la longueur de l’arc AB est inférieure à 2π/3. La probabilité recherchée est donc 2/3 (par symétrie, le
point A étant fixé, B est choisi sur l’un des demi-cercles séparés par la droite (0A), de longueur π).
Solution de E. III.12.4 Les valeurs différentes obtenues pour des constructions différentes peuvent
justifier le terme de paradoxe. L’explication vient du fait qu’en changeant le mode de construction, on
change la distribution de probabilité du triangle.
Séance 3 20
Séance IV : Mesure, intégrale et espaces L p
A) Objectifs de la séance
• je sais vérifier qu’une fonction définie sur des ensembles est une mesure;
• je sais passer à la limite sous le signe intégral, lorsque la suite de fonctions est croissante positive;
• je sais particulariser au cas des probabilités le cadre général de l’intégration par rapport à une
mesure;
• je sais ce qu’est une mesure de probabilités et je sais déterminer la loi d’une variable aléatoire
discrète;
1
CS 1A - CIP 2022-2023
B) Pour se familiariser avec les concepts (à traiter avant les séances de TD)
Les questions IV.1 et IV.2 sont à traiter avant la séance de TD. Les corrigés sont disponibles sur
internet.
Q. IV.1.1 Soient E1 , E2 deux ensembles et G une tribu sur E2 . Soit f une application de E1 vers E2 .
Montrer que { f −1 ( B) : B ∈ G} est une tribu sur E1 (on l’appelle tribu engendrée par f , notée σ( f ).
Vous pouvez vérifier que c’est la plus petite tribu qui rend f mesurable).
Q. IV.1.2 Soit ( E, F ) un espace mesurable. Pour x ∈ E, on définit
δx :F → R+
(
=1 si x ∈ A
A 7→ δx ( A) =
=0 sinon.
Question IV.2
Q. IV.2.1 Dans un espace de probabilité (Ω, F , P), soit ( An )n∈N une suite d’événements de proba-
bilité nulle. Montrer que B = n∈N An est un événement de probabilité nulle.
S
Q. IV.2.2 Plus généralement, considérons maintenant ( E, F , µ) un espace mesuré tel que µ( E) < ∞.
Soit ( An )n∈N ∈ F N tel que pour tout n ∈ N, µ( An ) = µ( E). Montrer que µ (∩n∈N An ) = µ( E).
Séance 4 2
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C) Exercices
La notation pour l’intégrale d’une fonction f : E → R par rapport à une mesure ν peut s’écrire
indifféremment
Z Z
f ( x ) ν(dx ) ou f dν.
E E
D’autre part, lorsqu’on parlera simplement d’intégrale, il s’agit de l’intégrale au sens de la mesure. Si
la mesure est celle de Lebesgue, on parlera éventuellement d’intégrale de Lebesgue. Enfin, on écrira
systématiquement “intégrale de Riemann” lorsque cette intégrale apparaît.
On se tourne désormais vers des exercices faisant intervenir l’intégrale construites en cours. En
probabilités, on appelle “espérance”, notée E[·], l’intégrale par rapport à une mesure de probabilité P.
Montrons pour commencer que l’intégrale permet d’unifier les notions de fonction intégrable et
de suite sommable.
∑ ∑ xi,j = ∑ ∑ xi,j .
i∈ N j ∈N j∈ N i ∈N
E. IV.2.1 Soit ( E, F , µ) un espace mesuré et f une fonction mesurable à valeurs dans R. Démontrer
l’inégalité de Markov:
1
Z
∀α > 0, µ ({ x ∈ E : | f ( x )| > α}) ≤ | f | dµ .
α E
E. IV.2.2 Soit f une fonction mesurable de E dans R. Montrer que µ ({ x ∈ E : f ( x ) = +∞}) ≤
limn→+∞ µ ({ x ∈ E : | f ( x )| ≥ n}). En s’aidant du résultat de la question précédente, en déduire que
si f ∈ L1 ( E, F , µ), alors µ ({ x ∈ E : f ( x ) = +∞}) = 0. La réciproque est-elle vraie?
Séance 4 3
CS 1A - CIP 2022-2023
Exercice IV.5
Soit Ω = {ω1 , ω2 , ω3 }.
E. IV.5.1 Existe-t-il une mesure de probabilité P sur Ω telle que P({ω1 }) = P({ω2 }) = P({ω3 })?
E. IV.5.2 On définit les applications X et Y de Ω dans R telles que
Exercice IV.6
Soit X = {1, 2, 3, 4} et F = {{1, 2}, {2, 3}, X }.
E. IV.6.1 Montrer que F engendre P ( X ) (i.e. σ (F ) = P ( X )). F est-il une tribu?
Séance 4 4
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E. IV.6.2 On note M1 ( X ) l’ensemble des mesures de probabilité sur ( X, P ( X )). Montrer que M1 ( X )
est en bijection avec l’ensemble { x = ( x1 , x2 , x3 , x4 ) ∈ [0, 1]4 : ∑4i=1 xi = 1}.
E. IV.6.3 Utiliser la question précédente pour trouver deux mesures de probabilités (i.e. telles que
µ1 ( X ) = µ2 ( X ) = 1) distinctes sur P ( X ) mais égales sur F .
Pour tout n ≥ 1, Cn ⊂ An ⊂ Bn et les suites ( Bn )n∈N∗ et (Cn )n∈N∗ sont respectivement décroissante et
croissante. On définit alors
\ \ [
lim Bn = B = Bn = Am ,
n→∞
N∗
n∈
[
N∗ m ≥ n
n∈
[ \
lim Cn = C = Cn = Am .
n→∞
n∈ N∗ n∈ N∗ m ≥ n
E. IV.7.1 Justifier que
E. IV.7.2 On dit que la suite ( An )n∈N∗ converge vers A lorsque B et C sont égaux à A. Dans cette
question, on suppose que An converge vers A, lorsque n → ∞.
D) Approfondissement
Séance 4 5
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Z Z 1p Z 1q
p q
| f g| dµ ≤ | f | dµ | g| dµ . (IV.1)
E E E
*E. IV.9.4 Lorsque 1 < p < ∞, trouver une CNS pour qu’il y ait égalité dans (IV.1).
Exercice IV.10
(Mesure?)
Soit `∞ = u = (un )n∈N ∈ RN : kuk∞ := supn∈N |un | < ∞ l’ensemble des suites réelles bornées.
*E. IV.10.1 Montrer que (`∞ , k · k∞ ) est un espace de Banach.
• µ ( A c ) = 1 − µ ( A ),
• µ( A ∪ B) = µ( A) + µ( B) si A ∩ B = ∅.
E. IV.10.3 Montrer que µ n’est pas une mesure.
Exercice IV.11
Soit X un ensemble non-dénombrable et définissons
Séance 4 6
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P( E ∩ F | C ) = P( E | C )P( F | C ).
E. IV.13.1 Montrer que E et F peuvent être indépendants, et ne pas l’être conditionnellement à un
événement C.
Séance 4 7
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Solution de Q. IV.1.2 Soit x ∈ E. x ∈/ ∅ donc δx (∅) = 0. Soit ( An )n∈N ∈ F N une famille d’éléments
deux à deux disjoints. On considère alors deux cas:
• soit x ∈ n∈N An . Alors par définition, δx ( n∈N An ) = 1 et il existe n x ∈ N tel que x ∈ Anx . Les
S S
Solution de Q. IV.1.3 La somme de deux mesures sur un même espace mesurable est une mesure,
il suffit de vérifier les points de la définition.
Solution de Q. IV.2.1 Pour toute mesure de probabilité P (et même plus généralement pour toute
mesure positive) sur la tribu F et pour toute suite ( An )n∈N dans F , on a
!
P ∑ P( A n ).
[
An ≤
n∈ N n∈ N
Comme P( An ) = 0 pour tout n ∈ N, on en déduit
!
P ∑ P( An ) = 0,
[
An ≤
n∈ N n∈ N
d’où P( B) = 0.
Solution de E. IV.1.1 F = P (N) vérifie bien les axiomes de définition d’une tribu.
Solution de E. IV.1.2 ν = card vérifie bien les axiomes de définition d’une mesure.
Séance 4 8
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Solution de E. IV.1.3 Toute fonction f de (N, P (N)) dans (R, B(R)) est mesurable puisque :
∀ B ∈ B(R), f −1 ( B ) ∈ P (N ).
Solution de E. IV.1.4
n
(a) Soit f n = ∑ f (k)1{k} . On a f n+1 − f n = f (n + 1)1{n+1} ≥ 0 donc la suite ( f n ) est croissante.
k =0
En outre, pour tout p fixé dans N, f n ( p) = f ( p) pour n ≥ p. Ainsi ( f n ( p)) converge vers f ( p)
quand n tend vers +∞. Ceci prouve la convergence de ( f n ) vers f .
Solution de E. IV.1.5 Une fonction f est intégrable si et seulement si | f | est intégrable c’est-à-dire
+∞
∑ | f (k)| < +∞,
k =0
Solution de E. IV.1.6 Pour un entier i fixé, considérons la fonction f i définie de N dans R par f i ( j) =
xi,j .
Pour tout i, la fonction f i est à valeurs dans R+ et mesurable puisque, pour tout réel a, f i−1 (] −
∞, a]) ∈ P (N).
Ainsi, par propriété de convergence monotone de l’intégrale des fonctions positives,
Z +∞ +∞ Z
N i∑ ∑ N fi dν,
f i dν =
=0 i =0
ce qui s’écrit
+∞ +∞ +∞ +∞
∑ ∑ xi,j = ∑ ∑ xi,j .
j =0 i =0 i =0 j =0
Solution de E. IV.2.1 | f | étant une fonction mesurable à valeurs dans R+ , son intégrale par rapport
à µ est bien définie (dans [0, +∞]). Soit α > 0, on définit Eα = {| f | > α} (notation pour { x ∈
E : | f ( x )| > α}). Alors
Z Z Z
| f | dµ ≥ | f |1 Eα dµ ≥ α1 Eα dµ = αµ ( Eα ) ,
E E E
Séance 4 9
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Si pour tout n ∈ N, µ ({| f | ≥ n}) = +∞, alors l’inégalité recherchée est automatiquement vérifiée. Si
au contraire il existe n0 ∈ N tel que µ ({| f | ≥ n0 }) < +∞, alors la suite (µ ({| f | ≥ n}))n≥n0 converge,
puisqu’elle est décroissante et minorée (par 0). On a en outre dans ce cas que limn→∞ µ ({| f | ≥ n}) =
µ ({| f | = +∞}) par la Proposition 3.24 du cours (en effet n∈N {| f | ≥ n} = {| f | = +∞}). Ceci répond
T
1
Z
µ ({ f = +∞}) ≤ lim | f | dµ
n→∞ n E
Solution de E. IV.3.1 Il s’agit de vérifier les conditions de la définition d’une mesure. Remarquez
qu’on vérifie ainsi que la loi d’une variable aléatoire est bien une mesure de probabilité sur l’espace d’arrivée.
Solution de E. IV.4.1 Pour tout A ∈ F , ν( A) est bien défini (et à valeur dans R+ ) car 1 A f est une
fonction mesurable positive. De façon évidente, ν(∅) = 0.
On considère donc une famille ( An )n∈N ∈ F N d’éléments disjoints. Notons A = n∈N An . On
S
car les An sont deux à deux disjoints. On en déduit deux propriétés: d’une part,
Z N Z
E
1S N
n =0 An f dµ = ∑ An
f dµ.
n =0
D’autre part, la suite de fonctions 1S N An f est croissante. Ainsi, une simple application du théorème
n=0R
de convergence monotone montre que A f dµ = ∑n∈N An f dµ, c’est-à-dire que
R
ν( A) = ∑ ν ( A n ).
n∈ N
Séance 4 10
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de E. IV.5.1 L’ensemble Ω est fini. On le munit de la tribu F = P (Ω), ensemble des parties
de Ω.
Toute mesure de probabilité sur (Ω, F ) est déterminée par ses valeurs sur les singletons {ωi }
(i = 1, 2, 3).
Ainsi, les valeurs P({ω1 }) = P({ω2 }) = P({ω3 }) = 1/3 déterminent une unique mesure de
probabilité sur (Ω, F ).
Solution de E. IV.5.2
(a) Comme Ω est muni de la tribu la plus fine (F = P (Ω)), toute application de (Ω, F ) dans
(R, B(R)) est mesurable. Par exemple dans le cas de X,
∀ B ∈ B(R), X −1 ( B ) ∈ F .
(b) On a
P( X = 1) = P {ω ∈ Ω : X (ω ) = 1} = P(ω1 ) = 1/3
P (Y = 1 ) = P {ω ∈ Ω : Y (ω ) = 1} = P(ω3 ) = 1/3.
(c) Les variables aléatoires X + Y et XY sont déterminées par leurs valeurs sur Ω :
On en déduit que la variable aléatoire X + Y ne prend que les valeurs {3, 4, 5} avec les probabil-
ités P( X + Y = 3) = P( X + Y = 5) = P( X + Y = 4) = 1/3.
De même, la variable aléatoire XY ne prend que les valeurs {2, 3, 6} avec les probabilités P( XY =
2) = P( XY = 6) = P( XY = 3) = 1/3.
Solution de E. IV.6.1 Il suffit de vérifier que tous les singletons peuvent être construits à partir
d’union et de passage au complémentaire des éléments de F .
F n’est pas une tribu (∅ ∈
/ F , F n’est pas stable par union, etc.).
ϕ : M1 ( X ) → S
P 7 → { p1 , p2 , p3 , p4 }
Séance 4 11
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
où pi = P({i }) pour tout i ∈ {1, 2, 3, 4}. On vérifie d’abord aisément que ϕ est bien définie (en
particulier ϕ(M1 ( X )) ⊂ S ).
Soient P, Q ∈ M1 ( X ) tels que ϕ( P) = ϕ( Q). Puisque pour toute partie A ∈ P ( X ),
4
P( A) = ∑ 1 {i ∈ A } pi ,
i =1
(idem pour Q) il vient que P( A) = Q( A). D’où l’injectivité de ϕ. Par la formule précédente, on
construit une mesure de M1 ( X ) à partir de tout élément de S , assurant la surjectivité.
Solution de E. IV.6.3 On cherche les éléments de S dont la valeur est contrainte sur F , ce qui
impose un système de 3 équations à 4 inconnues (en ne tenant pas compte dans un premier temps de
la contrainte xi ≥ 0). Il y a donc une infinité de solutions. On donnne par exemple p1 = p2 = p3 =
p4 = 41 et q1 = q3 = 31 , q2 = q4 = 61 .
Solution de E. IV.7.1
(a) On a ω ∈ B si et seulement si pour tout n ≥ 1, ω ∈
S
m≥n Am , ce qui peut s’exprimer par : ω
appartient à une infinité des An .
ω appartient à tous les Am pour m ≥ 1, sauf éventuellement aux Am tels que m < n.
Solution de E. IV.7.2
N∗ Bn = N∗
T T S
(a) On a A = B = n∈ n∈ m≥n Am .
Or, pour tout n ≥ 1, on a Bn ∈ F (union dénombrable des Am , éléments de F ).
De même, B ∈ F (intersection dénombrable des Bn , éléments de F ).
Donc A ∈ F .
P( A) = P(C) ≤ nlim
→∞
P( A n ) ≤ P( C ) = P( A ).
Solution de E. IV.7.3
Séance 4 12
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de E. IV.8.1 On a vu à la question Q. IV.2.2 que si f est intégrable, alors f est finie µ-p.p.
En particulier, limn→∞ | f |1{| f |≥n} = 0 µ-p.p.. Ainsi, d’après le théorème de convergence dominée
(Théorème 4.15, qu’on applique puisque pour tout n, | f |1{| f |≥n} ≤ | f | et | f | est intégrable),
Z
| f |1{| f |≥n} dµ = 0.
lim
n→∞ E
Soit e > 0. Il existe N ∈ N tel que pour tout n ≥ N, E | f |1{| f |≥n} dµ ≤ 2e . Prenons δ =
R e
2N . Alors,
pour tout A ∈ F tel que µ( A) < δ,
Z Z Z Z
| f | dµ = 1 A | f | dµ = 1 A∩{| f |< N } | f | dµ + 1 A∩{| f |≥ N } | f | dµ
A E E E
Z Z
≤N 1 A dµ + 1{| f |≥ N } | f | dµ
E E
e
≤ Nµ( A) +
2
≤ e.
Solution de E. IV.9.1 Si k f k p = 0, alors f = 0 µ-p.p. En effet, si p = +∞, c’est vrai par définition. Si
p < +∞, la Proposition 4.9 fournit le résultat. Pour rappel, ce résultat peut se démontrer de la façon
suivante: pour tout e > 0,
Z Z
| f | p dµ ≥
1{| f |>e} | f | p dµ ≥ µ({| f | > e})e p .
E E
Donc si il existe e > 0 tel que µ({| f | > e}) > 0, E | f | p dµ est strictement positif. Par contraposée, on
R
a que k f k p = 0 ⇒ f = 0 µ-p.p. R
Il en découle que | f g| = 0 µ-p.p. et donc E | f g| dµ = 0, et l’inégalité est vérifiée.
Si k f k p = +∞, alors l’inégalité est trivialement vérifiée.
Solution de E. IV.9.3
Séance 4 13
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(a) Soit α ∈]0, 1[. Il suffit d’étudier la fonction f : x 7→ x α − αx définie sur R+ et de montrer qu’elle
atteint son maximum en x = 1.
L’inégalité est bien vérifiée dans le cas v = 0. Soit donc u ∈ R+ et v ∈ R∗+ . Le résultat recherché
provient de l’ingalité x α − αx ≤ 1 − α appliquée en x = uv .
En intégrant, on obtient:
!
p dµ q dµ
R R
Z
E
| f | 1 1 E
| g |
| f g| dµ ≤ k f k p k gkq p +
E k f kpp q k gkqq
1 1
≤ k f k p k gkq + = k f k p k gkq .
p q
Solution de E. IV.9.4 Nous allons montrer qu’il y a égalité sssi il existe (α, β) 6= (0, 0) tel que α| f | p =
β| g|q µ-p.p.
Pour cela, on remarque que la seule inégalité utilisée dans la preuve de l’inégalité de Hölder est
issue de x α − αx ≤ 1 − α. Or il y a égalité sssi x = 1, ce qui correspond avec notre choix de x à
| f ( x )| p | g( x )|q
une égalité pour Hölder sssi k f k p = k gkq µ-p.p. On en déduit l’équivalence annoncée en traitant
p q
séparément les cas où les normes de f , g s’annulent.
Solution de E. IV.10.1 (`∞ , k · k∞ ) est un espace vectoriel normé. Montrons qu’il est complet. Soit
(uk )k∈N une suite de Cauchy d’éléments de `∞ .
Soit e > 0. Il existe N ∈ N tel que pour tous j, k ≥ N,
ku j − uk k∞ < e.
Ainsi, pour tout n ∈ N, (ukn )k∈N est une suite de Cauchy dans R, donc elle converge vers un réel qu’on
note un . Soit u = (un )n∈N la suite candidate pour être la limite de (uk )k∈N . Par la propriété de Cauchy
de cette dernière, on a en laissant j → ∞ que pour tout k ≥ N,
ku − uk k∞ < e.
Comme (uk )k∈N est bornée dans (`∞ , k · k∞ ) (car c’est une suite de Cauchy), on en déduit que u est
bornée également, car kuk∞ < e + kuk k∞ .
Solution de E. IV.10.2
• Par définition, µ(∅) = F (1∅ ). Or 1∅ correspond à la suite uniformément nulle, dont la limite est
donc 0, d’où µ(∅) = 0. De même 1N a pour limite 1, d’où µ(N) = 1.
Séance 4 14
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de E. IV.11.2 Il suffit de vérifier les propriétés dans la définition d’une mesure.
Solution de E. IV.11.3 Si f est mesurable, on sait alors que pour tout t ∈ R, f −1 (] − ∞, t[) ou
f −1 ([t, ∞[) est dénombrable. Notons
En s’en tenant rigoureusement à l’énoncé, on remarque que F+ est vide (idem pour F− ), car si f ∈ F+ , on
doit avoir f −1 (R) = f −1 ( n∈N ] − ∞, n[) dénombrable, ce qui est impossible car X = f −1 (R) est indénom-
S
brable par hypothèse. On procède sous cette hypothèse ( f à valeurs dans R) pour ce corrigé. Mais qu’en est-il si
f est à valeurs dans R?
On déduit de la remarque précédente que pour f mesurable,
existent. On remarque ensuite que: 1) si t < I f , f −1 (] − ∞, t[) est dénombrable, donc f −1 ([t, +∞[) =
f −1 (R\] − ∞, t[) = X \ f −1 (] − ∞, t[) est indénombrable et donc t ≤ S f ; 2) on en déduit I f ≤ S f ;
3) si t > I f , f −1 (] − ∞, t[) est indénombrable. Or f −1 ([t, +∞[) = X \ f −1 (] − ∞, t[) ∈ M et son
complémentaire ( f −1 (] − ∞, t[)) est indénombrable. Donc f −1 ([t, +∞[) est dénombrable, ainsi t ≥ I f ;
4) on en déduit I f ≥ S f .
On note dès lors α f = I f = S f . On a donc f −1 ({α f }) est indénombrable et f −1 ({ β}) est dénom-
brable pour tout β 6= α f . R
Concernant l’intégrale, on conclut maintenant facilement que X f dµ = α f .
Solution de E. IV.12.1 L’espace d’état est Ω = {1, 2, . . . , n}, la tribu des événements est F = P (Ω),
et la probabilité P est la mesure de comptage sur Ω (probabilité uniforme).
Séance 4 15
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
p divise n (noté p|n) s’il existe un entier α ∈ N∗ tel que n = α p. On peut alors écrire
A p = {kp; k ≤ α, k ∈ N∗ },
et donc Card( A p ) = α.
On a alors
P( A p ) = Card (Ap)
Card(Ω)
α 1
= = .
n p
[ pi1 |m, pi2 |m, . . . , pir |m] ⇔ [( pi1 pi2 . . . pir )|m].
Ainsi,
A pi1 ∩ A pi2 ∩ · · · ∩ A pir = A pi1 pi2 ...pir .
D’après 1), on en déduit
P 1
= P ( A p i1 ) P ( A p i2 ) . . . P ( A p ir ) ,
A pi1 pi2 ...pir =
p i1 p i2 . . . p ir
ce qui montre l’indépendance (mutuelle) des A p1 , A p2 , . . . , A pk .
Solution de E. IV.12.3 Soit Bn l’ensemble des nombres inférieurs ou égaux à n et premiers avec n.
Par définition de la fonction indicatrice d’Euler, on a
φ(n) = Card( Bn )
P(Bn ) = Cardn(Bn ) .
On cherche donc P( Bn ).
Si p1 , . . . , pk sont les diviseurs premiers de n, on a
Ainsi,
Acpi .
\
Bn =
1≤ i ≤ k
1≤ i ≤ k i =1
k
1
=∏ 1− .
i =1
pi
Séance 4 16
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
D’où
k
1
φ(n) = n ∏ 1 − .
i =1
pi
Solution de E. IV.13.1 Il s’agit ici de trouver un contre-exemple. On considère alors deux événe-
ments indépendants E, F ∈ F . Posons C = E ∪ F. on a alors
car P( E | C ) =
P(E) 6= P(E) si 0 < P(C) < 1.
P( C )
Séance 4 17
Séance V : Mesure et intégrale de Lebesgue
A) Objectifs de la séance
• je sais appliquer le théorème de convergence dominée pour passer à la limite sous le signe inté-
gral;
• je suis capable d’identifier les valeurs d’intégrales de fonctions qui sont égales presque partout;
1
CS 1A - CIP 2022-2023
B) Pour se familiariser avec les concepts (à traiter avant les séances de TD)
Les questions V.1 et V.2 sont à traiter avant la séance de TD. Les corrigés sont disponibles sur
internet.
R
Sur muni de sa tribu de Borel, la mesure usuelle est celle de Lebesgue, notée λ. Elle prolonge
naturellement la notion de longueur.
Question V.2
Séance 5 2
CS 1A - CIP 2022-2023
C) Exercices
Une des mesures les plus courantes est bien sûr la mesure de Lebesgue, qui généralise la notion de
longueur ou de volume en dimension supérieure (mais finie). Les cinq prochains exercices traitent de
la mesure de Lebesgue.
Exercice V.1 (Attention aux interversions limite/intégrale: quelques exemples sur ( , B( ), λ).) R R
E. V.1.1 N
(a) Pour tout n ∈ ∗ , soit f n ( x ) = 1[0,n] ( x ). Montrer que f n converge simplement vers
une fonction f que vous préciserez. Montrer que R f dλ = +∞. Le théorème de convergence
R
monotone s’applique-t-il ici?
N∗ , soit fn (x) =
Z
1
R n→+
R
(b) Pour tout n ∈ n 1[n,∞[ ( x ). Calculer lim f n dλ et lim f n dλ. Expliquer
n→+∞ R ∞
pourquoi le théorème de convergence monotone ne s’applique pas ici.
(c) Pour tout n ∈ N∗ , soit fZn (x) = n1 1[0,nZ ] (x) et f (x) = 0. Montrer que fn converge uniformément
vers f , mais que lim f n dλ 6= lim f n dλ. Expliquer pourquoi le théorème de conver-
n→+∞ R R n→+∞
gence monotone ne s’applique pas ici.
R une suite de fonctions positives ( f n )n∈N converge λ-p.p. vers une fonction f , leR fait que
Si
R
f n dλ converge vers une constante c ∈ + n’implique pas nécessairement que f dλ =
c.
N.
Z
(b) Déterminer f n dλ pour tout n ∈
R
(c) Conclure.
Séance 5 3
CS 1A - CIP 2022-2023
N∗ , sin(tn )
Z
∀n ∈ un = λ(dt).
]0,+∞[ t n (1 + t )
E. V.3.3 Soit ( E, F , µ) un espace mesuré et ( f n )n∈N une suite de fonctions mesurables bornées sur
R
E à valeurs dans . On suppose que cette suite converge uniformément vers f .
L’exercice suivant permet de retrouver que pour une fonction continue sur un segment, les inté-
grales de Riemann et Lebesgue coïncident.
n
f n (x) = ∑ f ( ak,n )1]ak−1,n ,ak,n ] ( x )
k =1
R
E. V.4.1 (a) Calculer [ a,b] f n dλ.
R Rb
(b) Montrer que [ a,b] f n dλ converge vers a
f ( x ) dx.
R R
E. V.4.2 Montrer que [a,b] f n dλ converge vers [a,b] f dλ.
E. V.4.3 En déduire que:
Z b Z
f ( x ) dx = f dλ.
a [ a,b]
Dans l’exercice qui suit, nous allons retrouver la valeur de l’intégrale de Gauss:
Z
2 /2 √
e−u λ(du) = 2π
R
en utilisant les propriétés fondamentales de l’intégrale de Lebesgue.
E. V.5.2 Montrer que G est dérivable sur R et calculer G0 (sous forme intégrale).
E. V.5.3 En déduire F + G.
E. V.5.4 Calculer lim G ( x ) = 0.
x →+∞
Z +∞
2
E. V.5.5 En déduire la valeur de e−t dt.
0
∗(b) Montrer que 1Q n’est pas réglée (i.e. limite uniforme de fonctions en escalier) .
∗(c) Montrer que 1Q n’est pas intégrable au sens de Riemann.
E. V.6.2 Q
(a) Démontrer que est négligeable dans (i.e. λ( ) = 0). R Q
Z Z
R Q R Q
(b) Prouver l’existence de 1 dλ = 1 ( x ) λ(dx ) et calculer sa valeur.
R?
Z
(b) La fonction x 7→ f (t) λ(dt) est-elle dérivable sur
[0,x ]
R?
Z
(c) La fonction x 7→ f (t)1R\Q (t) λ(dt) est-elle dérivable sur
[0,x ]
Séance 5 5
CS 1A - CIP 2022-2023
D) Approfondissement
R
(a) Soit r ∈ [1, ∞]. Prouver que pour tout g ∈ Lr ( ) et tout h ∈ L1 ( ), k g ∗ hkr ≤ k gkr khk1 . R
[Indication: commencer par appliquer l’inégalité de Hölder à | g| ∗ |h|( x ).]
∗∗(b) Utiliser le théorème de Féjer tel qu’énoncé à la question E.II.6.1 pour démontrer que si fe est
N
continue sur [−π, π ], alors pour tout e > 0, il existe N ∈ tel que pour tout n ≥ N, k fe − Kn ∗
fek p ≤ e.
∗(c) Soit f ∈ L p ([−π, π ], B([−π, π ]), λ). En utilisant les questions précédentes, montrer que k f −
K N ∗ f k p → 0 quand N → ∞.
E. V.8.2 Application du théorème précédent: Soit f ∈ L1 ([−π, π ], B([−π, π ]), λ). Montrer l’injectivité
N
des coefficients de Fourier (i.e. si ∀n ∈ , cn ( f ) = 0, alors f = 0 p.p.).
L’exercice suivant montre que la mesure de Lebesgue possède des propriétés qui ne sont pas tou-
jours intuitives.
*E. V.9.1 Montrer que pour tout e > 0, il existe Oe un ouvert dense de tel que λ(Oe ) ≤ e. R
E. V.9.2 R
Soit A un ouvert de . A-t-on équivalence entre “A est borné” et “A est de mesure (de
Lebesgue) finie”?
E. V.9.3 R
Soit A dans B( ). A-t-on équivalence entre “λ( A) > 0” et “A contient un ouvert non
vide”?
1
Z
F(x) = f (t) λ(dt).
x [0,x ]
E. V.10.3 On ne suppose plus que f est continue à support compact. Soit ( f n )n∈N une suite de
fonctions continues à support compact qui converge vers f dans L2 .
(e) En déduire que || F ||2 ≤ 2|| f ||2 et donc que l’application f 7→ F est continue.
Remarque : de manière plus générale, on peut démontrer que si f est dans L p alors F l’est aussi et
que:
p
|| F || p ≤ || f || p .
p−1
Séance 5 7
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de Q. V.1.1
λ({ x }) = λ([ x, x ]) = x − x = 0.
(b) La définition d’une mesure exige la propriété de σ-additivité, qui exprime la chose suivante pour
la mesure de Lebesgue λ :
Pour toute famille ( An )n∈N de boréliens deux à deux disjoints (i.e. tels que An ∩ Am =
∅ lorsque n 6= m), on a !
∑
[
λ An = λ ( A n ).
n∈ N n∈ N
L’égalité précédente n’est valable que pour une union démombrable d’ensembles.
Dans l’expression R=
S
x∈ R { x }, on n’a pas affaire à une union dénombrable ( R n’est pas
dénombrable). Ainsi, !
∑
[
λ {x} 6= λ({ x }).
x∈ R x∈ R
Solution de Q. V.1.2 L’union de deux tribus F et G sur un même ensemble E n’est en général pas
une tribu.
Par exemple, prenons X = {1, 2, 3}. Soit F = {∅, X, {1}, {2, 3}} et G = {∅, X, {2}, {1, 3}}. On
vérifie que F et G sont bien des tribus. Par ailleurs, F ∪ G = {∅, X, {1}, {2}, {2, 3}, {1, 3}} contient
notamment {1} et {2} mais pas {1} ∪ {2}. Ce n’est donc pas une tribu.
Solution de Q. V.2.1 La fonction f est mesurable de ([R0, 1], B([0, 1]))R vers ([0, 1], B([0, 1])), car con-
tinue. De plus, f est positive et vérifie f ≤ 1[0,1] . Donc [0,1] f dλ ≤ 1[0,1] dλ = λ([0, 1]), qui vaut 1.
Donc f est intégrable.
Solution de Q. V.2.2 On applique le Théorème d’intégration de la dérivée (Theorem 7.4.4 des Lecture
2
R
Notes) à la fonction g( x ) = x2 définie sur . On a g0 = f qui est localement intégrable (ce qu’on peut
montrer par une simple généralisation de la question précédente), donc [0,1] f dλ = g(1) − g(0) = 12 .
R
Solution de E. V.1.1
Séance 5 8
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
(b) On constate que pour tout n, R f n dλ = +∞, donc Rlimn→+∞ R f n dλ = +∞. D’autre part, la
R R
limite simple (et même uniforme) des f n est 0, donc R lim f n dλ = 0. Le TCM ne s’applique
n→+∞
pas à une suite décroissante de fonctions (on pourrait prendre alors la suite (− f n )n∈N qui est
croissante, mais le TCM ne s’applique toujours pas. Pourquoi?)
En
R fait, dans le cas d’une suite décroissante de fonctions positives, il faut rajouter la condition
R f1 dλ < ∞ (condition qui n’est pas vérifiée ici). Sous cette condition, on se ramène aux condi-
tions habituelles du TCM en posant f˜n = f 1 − f n . Ainsi,
Z Z Z Z Z
lim fn = f 1 dλ − lim f˜n dλ = f 1 dλ − lim f˜n dλ
R ZR Z R R R
= f 1 dλ − ( f 1 − f )dλ
ZR R
= f dλ.
R
(c) La
R convergence uniforme provient de l’égalité k f n − f k∞ = n1 → 0. Pour tout n, on calcule
R f n dλ = 1, donc limn→∞ R f n dλ = 1 6= R f dλ = 0. Le TCM ne s’applique pas car la suite de
R R
fonctions n’est pas monotone.
R
Solution de E. V.2.2 Soient a < b ∈ . On ne peut plus appliquer l’égalité directement à ϕ = 1]a,b[ .
On va donc approcher 1]a,b[ par une suite croissante ( ϕn )n∈N de fonctions continues bornées. Prenons
par exemple ϕn définie par:
∀x ∈ R, ϕn (x) = min (1, nd(x, ]a, b[c )) ,
où la distance d’un point à un ensemble est définie par d( x, B) = inf | x − y|.
y∈ B
On observe que ϕn converge simplement vers 1]a,b[ , donc par le TCM,
Z
lim ϕn dµ = µ(] a, b[).
n→∞ R
Or pour tout n ∈ N∗ , RR ϕn dµ = RR ϕn f dλ. En appliquant à nouveau le TCM à la suite ( ϕn f )n∈N , on ∗
en déduit que
Z
µ(] a, b[) = f dλ.
] a,b[
Solution de E. V.3.1
Séance 5 9
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
R
(a) Pour tout t ∈ fixé, on a f n (t) = 0 pour tout entier n > t. On en déduit que f n (t) tend vers 0
lorsque n → ∞. Ceci montre que la suite ( f n )n∈N converge simplement vers la fonction nulle. A
fortiori, la convergence a lieu λ-presque partout.
Z
(c) La suite ( f n )n∈N converge simplement vers la fonction f : t 7→ 0, f n (t) λ(dt) converge vers 1
Z R
lorsque n → ∞ et f (t) λ(dt) = 0.
R
La suite ( f n )n∈N fournit donc un exemple à l’assertion de l’énoncé.
On a écarté t = 1. À justifier.
sin(tn ) 1
n
≤
t (1 + t ) 1+t
et
sin(tn ) 1
n
→ lorsque n → ∞.
t (1 + t ) 1+t
1
Z
In → λ(dt) lorsque n → ∞.
]0,1[ 1+t
1 1
R R
Puisque λ(dt) = [0,1] 1+
]0,1[ 1+t t λ ( dt ), le théorème d’intégration des dérivées fournit donc le
1
Z
résultat suivant: λ(dt) = ln(2).
]0,1[ 1 + t
sin(tn )
→0 lorsque n → ∞
t n (1 + t )
Séance 5 10
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
et, pour n ≥ 1,
sin(tn ) 1
n
≤ .
t (1 + t ) t (1 + t )
Comme la fonction t 7→ 1
t (1+ t )
est intégrable sur ]1, +∞[, le théorème de convergence dominée
implique
Jn → 0 lorsque n → ∞.
Solution de E. V.3.3
(a) Attention, on ne peut pas appliquer directement le TCD. Cependant, la convergence uniforme
de f n vers f indique que ( f n )n∈N est de Cauchy. Donc pour e > 0 fixé, il existe N ∈ tel que N
pour tout n, p ≥ N, k f n − f p k∞ < e. De plus, f N étant bornée par hypothèse, il existe M N > 0
tel que k f N k∞ ≤ M N . On déduit de ces deux assertions que pour tout n ≥ N,
k f n k∞ < e + k f N k∞ ≤ e + M N .
(b) On suppose désormais µ( E) = +∞. Alors la conclusion précédente n’est plus valide comme on
peut le constater à partir de l’exemple de l’exercice E. V.1.1(b).
Solution de E. V.4.1
(a) Pour tout n, la fonction f n est étagée. Par définition, son intégrale de Lebesgue vaut donc :
Z n
[ a,b]
f n dλ = ∑ f ( ak,n ) ( ak,n − ak−1,n ) .
k =1
(b) La somme ∑nk=1 f ( ak,n ) ( ak,n − ak−1,n ) étant une somme de Riemann et la fonction f étant con-
tinue sur [ a, b], elle est Riemann intégrable sur [ a, b] et sa somme de Riemann converge vers
Rb
a
f ( x )dx. D’où :
Z Z b
lim f n dλ = f ( x )dx.
n→+∞ [ a,b] a
Solution de E. V.4.2 On a :
Séance 5 11
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Comme f est continue sur [ a, b], elle est uniformément continue et donc, pour tout e > 0 fixé,
il existe α > 0 tel que si | x − y| < α alors | f ( x ) − f (y)| < e et donc si b− a
n < α alors | f ( ak,n ) −
f ( x )| < e d’où | f n ( x ) − f ( x )| < e. Ceci prouve bien la convergence de ( f n ( x )) vers f ( x ).
• Les fonctions f n sont dominées par la fonction intégrable k f k∞ 1[a,b] , pour tout n et pour presque
tout x.
On peut donc appliquer le théorème de la convergence dominée qui assure ainsi que :
Z Z
lim f n dλ = f dλ.
n→+∞ [ a,b] [ a,b]
2
Comme la fonction t 7→ e−t est continue, F est en fait dérivable partout et l’égalité précédente est
R
également vérifiée en tout point de (prouvez-le).
2 2)
e − x (1+ t
Solution de E. V.5.2 Posons g(t, x ) = 1+ t2
. Soient a < b. On a :
• Pour tout x de ] a, b[, la fonction t 7→ g(t, x ) est intégrable sur [0, 1] car continue.
• Pour tout t de [0, 1], la fonction x 7→ g(t, x ) est dérivable sur ] a, b[.
∂g 2 2
(t, x ) = −2x e−x (1+t ) ≤ 2| x | ≤ 2 max(| a|, |b|)
∂x
avec 2 max(| a|, |b|) indépendant de x et intégrable sur [0, 1] car constant.
Séance 5 12
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Le Théorème de dérivation des intégrales à paramètre assure donc que G est dérivable sur ] a, b[
avec :
Z Z Z
2 (1+ t2 ) 2 2 2 2
G0 (x) = − 2x e− x λ(dt) = −2x e− x e−(xt) λ(dt) = −2 e− x e−u λ(du).
[0,1] [0,1] [0,x ]
Ce résultat étant vrai sur tout ] a, b[ inclus dans R, il est vrai sur R.
Solution de E. V.5.3 On a F 0 + G 0 = 0. Il existe donc une constante C telle que F + G = C. Or
R 1 dt
C = F (0 ) + G (0 ) = 0 1+ t2
= π4 donc :
π
F+G = .
4
2 2)
e− x n (1+ t
Solution de E. V.5.4 Soit ( xn ) une suite tendant vers +∞. Posons gn (t) = 1+ t2
.
On a :
• Pour tout n, gn est mesurable sur [0, 1] car continue.
• La suite de fonctions ( gn ) converge presque partout (et même partout) vers la fonction nulle.
• Pour tout n entier et tout t de [0, 1] on a | gn (t)| ≤ 1 qui est bien intégrable sur [0, 1] et indépendant
de n.
Donc d’après le théorème de convergence dominée :
Z Z
lim gn (t) λ(dt) = lim gn (t) λ(dt) = 0.
n→+∞ [0,1] [0,1] n→+∞
Ceci étant vrai pour toute suite ( xn ) tendant vers +∞, on en déduit que :
lim G ( x ) = 0.
x →+∞
Solution de E. V.6.1
(a) Une fonction continue par morceaux admet en tout point une limite à droite et à gauche. La
fonction 1Q n’admet une limite à droite et à gauche en aucun point. Elle n’est donc pas continue
par morceaux.
(b) Pour la même raison 1Q n’est pas réglée (voir la caractérisation des fonctions réglées en annexe
du polycopié de L. Gabet (notion non exigée)).
Séance 5 13
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
(c) On montre que 1Q n’est pas intégrable sur [0, 1] (suffisant). Si ϕ est une fonction en escalier sur
[0, 1] telle que ϕ ≥ 1Q , alors 0 ϕ( x ) dx ≥ 1 par densité de
R1
dans Q R
(attention, on n’a pas
nécessairement ϕ ≥ 1 partout). On peut en déduire que l’intégrale de Riemann supérieure est
supérieure ou égale à 1 (en fait elle vaut 1).
Si ϕ est une fonction en escalier sur [0, 1] telle que ϕ ≤ 1Q alors 0 ϕ( x ) dx ≤ 0 par densité de
R1
R Q R
\ dans . On peut en déduire que l’intégrale de Riemann inférieure est inférieure ou égale
à 0 (en fait elle vaut 0).
Comme les intégrales de Riemann supérieures et inférieures sont différentes, on en déduit que
1Q n’est pas intégrable au sens de Riemann.
Solution de E. V.6.2
(a) On a vu que Q est négligeable car dénombrable mais on peut aussi revenir à la définition d’une
mesure :
λ(Q) = λ ∪q∈Q {q} = ∑ λ({q}) = 0.
q∈ Q
Q R
(b) Puisque est dans B( ), 1Q est une fonction étagée positive. Donc son intégrale de Lebesgue
Q
existe. De plus, comme est négligeable, on a 1Q = 0 presque partout. Ainsi 1Q est intégrable
et Z Z
1Q dλ = 0 dλ = 0,
R R
ou de façon équivalente,
1 dλ = λ(Q) = 0.
Z
R Q
Solution de E. V.7.1
(a) On a : Z +∞ A
e−t dt = lim − e−t
0
= 1,
0 A→+∞
Z +∞
ce qui prouve que l’intégrale e−t dt est absolument convergente. Le Théorème du cours
0
(Theorem 7.4.7 des Lecture Notes) assure donc :
Z Z +∞
−t
e λ(dt) = e−t dt = 1.
R+ 0
(b) Pour tout n, la fonction f n : t 7→ sinn (t) est continue donc Riemann intégrable sur [0, π ]. Le
Théorème de comparaison des intégrales (Theorem 7.4.6 des Lecture Notes) assure donc:
Z π Z
n
sin (t) dt = sinn (t) λ(dt).
0 [0,π ]
Comme ( f n ) est une suite décroissante de fonctions intégrables (voir commentaire dans le cor-
rigé de la question Q. V.1.1(b)), le théorème de convergence monotone donne :
Z Z
n
lim sin (t) λ(dt) = lim sinn (t) λ(dt) = 0.
n→+∞ [0,π ] [0,π ] n→+∞
Séance 5 14
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
R.
Z
(c) La fonction x 7→ f (t)1R\Q (t) λ(dt) est aussi dérivable sur
[0,x ]
En effet, puisque f (t) = f (t)1R\Q (t) presque partout, on a :
Z Z
f (t)1R\Q (t) λ(dt) = f (t) λ(dt).
[0,x ] [0,x ]
Solution de E. V.7.3
sin(t)
(a) La fonction t 7→ t est Riemann semi-convergente. Elle n’est donc pas Lebesgue-intégrable
(Theorem 7.4.7 des Lecture Notes).
sin(t)
(b) La fonction t 7→ t 1R\Q (t) n’est pas Riemann localement-intégrable donc elle ne peut pas être
Riemann convergente.
Elle n’est pas non plus Lebesque-intégrable car elle est égale presque partout à sin(t)/t qui n’est
pas Lebesgue-intégrable.
Remarque : cette fonction est en revanche égale presque partout à une fonction Riemann semi-
convergente. Autrement dit, un représentant de sa classe est Riemann semi-convergent. On peut
donc dire que sa classe de fonction est Riemann semi-convergente.
Solution de E. V.8.1 Remarquez ici que l’exercice utilise un autre intervalle ([−π, π ]) que celui que
nous avons utlisé jusqu’à présent pour définir les séries de Fourier. Ceci est sans conséquence pour
l’étude des fonctions 2π-périodiques.
(a) On note s l’exposant conjugué de r ( 1s + 1r = 1). Soit µ la mesure définie par µ(dx ) = |h( x )|λ(dx ),
i.e. la mesure de densité |h| par rapport à la mesure de Lebesgue (bien définie car h ∈ L1 ). Alors
en appliquant l’inégalité de Hölder, on trouve:
Z Z
| g( x − y)||h(y)|λ(dy) = | g( x − y)|µ(dy)
R R
Z 1s Z 1r
s r
≤ 1 µ(dy) | g( x − y)| µ(dy)
R R
Z 1r
1
r
≤ k h k1 s
| g( x − y)| |h(y)|λ(dy) .
R
Séance 5 15
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Il vient ensuite:
Z Z r
kg ∗ hkrr = g( x − y)h(y)λ(dy) λ(dx )
R R
r
Z Z
r
≤ k h k1
s
| g( x − y)| |h(y)|λ(dy) λ(dx )
R R
r
Z Z
r
= k h k1
s
| g( x − y)| λ(dx ) |h(y)|λ(dy)
R R
r
= khk1 k gkrr khk1
s
= khk1r k gkrr
(b) Soit fe une fonction continue sur [−π, π ]. Pour appliquer le théorème de Féjer, on doit disposer
R
d’une fonction 2π-périodique et continue sur . Si on ne suppose pas que fe(−π ) = fe(π ), rien
R
ne garantit la continuité de l’extension de fe à (par 2π-périodicité, fe( x + 2kπ ) = fe( x ), ∀k ∈ ). Z
Pour tout η ∈]0, π [, définissons feη sur [−π, π ] par:
(
fe( x ) si x ∈ [−π + η, π ]
feη ( x ) = x +π
fe(π ) + ( fe(−π + η ) − fe(π )) × η si x ∈ [−π, −π + η [
de sorte que feη (−π ) = feη (π ) et feη se prolonge en une fonction 2π-périodique qui est continue
sur . R
Fixons e > 0. Alors pour tout N ∈ , N
k fe − fe ∗ K N k L p ([−π,π ]) ≤ k fe − feη k L p ([−π,π ]) + k feη − feη ∗ K N k L p ([−π,π ])
+ k( feη − fe) ∗ K N k L p ([−π,π ]) .
Nous allons commencer par le dernier terme. Mais avant cela, remarquons que fe, feη ∈ / Lp( ) R
(car elles sont périodiques non nulles), donc le résultat de la question précédente ne s’applique
pas en l’état. Ainsi, définissons efe par:
fe( x ) si x ∈ [−2π, 2π ]
R
efe( x ) =
0 si x ∈ \ [−2π, 2π ],
p eN k p 1
≤ k f η − f k L p (R) k K
ee e
e
L (R)
p
= 2k feη − fek L p ([−π,π ]) ,
Séance 5 16
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
(c) Cette question se traite de la même manière que la précédente, la première étape étant d’approcher
f par une fonction continue fe.
|k|
Solution de E. V.8.2 On rapelle que f ∗ K N = ∑|k|≤ N 1 − N +1 ck ( f )ek . Donc selon les hypothèses
N
de l’énoncé, on a f ∗ K N = 0, pour tout N ∈ . Par le théorème de Féjer dans L1 démontré à la
question précédente, on en déduit que k f k1 = 0, donc f = 0 p.p. .
R
Solution de E. V.9.2 Si A un ouvert de alors il est borélien donc mesurable.
Si A est borné, il existe a < b tel que A ⊂] a, b[ donc λ( A) ≤ b − a < +∞.
En revanche, considérons A = ∪]n − 1/2n2 , n + 1/2n2 [ (l’ouvert de la question précédente est
également valable). Alors A est ouvert (comme union d’ouverts), de mesure finie (égale à ∑1+∞ 1/n2 )
mais non borné.
R
Solution de E. V.9.3 Soit A ∈ B( ) contenant un ouvert non vide B. Alors λ( A) ≥ λ( B). Or
puisque B est un ouvert non vide, pour x ∈ B, il existe r > 0 tel que ] x − r, x + r [⊂ B donc λ( A) ≥
λ( B) ≥ 2r > 0.
R Q
En revanche, \ est un borélien de mesure non nulle (infinie) mais qui ne contient aucun ouvert
Q R
(par densité de dans ).
ce qui assure que f est intégrable sur [0, x ] et donc que F ( x ) existe.
Solution de E. V.10.2
Séance 5 17
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
xF 0 ( x ) + F ( x ) = f ( x ).
(b) Grâce à une intégration par parties (sur [0, A] avec u = F2 et v0 = 1, puis passage à la limite
quand A tend vers +∞ à justifier), on montre que :
Z +∞ Z +∞
2
F ( x )dx = −2 F ( x ) xF 0 ( x )dx
0 0
et donc : Z +∞ Z +∞
2
F ( x )dx = 2 F ( x ) f ( x )dx
0 0
(c) Comme f est dans L2 (car continue à support compact) et F aussi (d’après (b)), l’inégalité de
Cauchy-Schwarz conduit à :
Z rZ rZ
F ( x ) f ( x ) λ(dx ) ≤ F2 ( x ) λ(dx ) f 2 ( x ) λ(dx )
R+ R+ R+
et donc, avec (b) :
k F k2 ≤ 2k f k2 .
Solution de E. V.10.3
(a) La densité de l’ensemble des fonctions continues à support compact dans L2 assure l’existence
de la suite ( f n ) (ce résultat de densité sera présenté au cours des prochaines séances).
k Fr − Fs k2 ≤ 2k f r − f s k2
Comme la suite ( f n ) est de Cauchy dans L2 , pour tout e > 0, il existe N > 0 tel que si r > s > N
alors k f r − f s k2 < e et donc 2k Fr − Fs k2 < e.
La suite ( Fn ) est donc une suite de Cauchy dans L2 .
Comme L2 est un espace complet, la suite ( Fn ) converge dans L2 .
Séance 5 18
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
(d) Montrons que F̂ = F dans L2 ou, ce qui revient au même F̂ = F p.p. au sens des fonctions.
Soit x 6= 0. Alors :
rZ sZ
1 1 1
Z
| Fn ( x ) − F ( x )| ≤ | f n − f | dλ ≤ | f n − f |2 dλ 1 dλ = √ k f n − f k2
x [0,x ] x R+ [0,x ] x
(e) Le résultat de 3(c) s’écrit donc k F k2 ≤ 2k f k2 . Comme l’application f 7→ F est linéaire, cette
inégalité en assure la continuité.
Séance 5 19
Séance VI : Probabilités et mesure
A) Objectifs de la séance
• je suis capable de calculer la probabilité d’un événement, lorsque la mesure de probabilité est
donnée;
• je suis capable de vérifier qu’une variable aléatoire donnée est mesurable par rapport à une sous-
tribu;
• je suis capable de calculer l’espérance et la variance d’une variable aléatoire, lorsqu’elles existent;
1
CS 1A - CIP 2022-2023
B) Pour se familiariser avec les concepts (à traiter avant les séances de TD)
Les questions VI.1 et VI.2 sont à traiter avant la séance de TD. Les corrigés sont disponibles sur
internet.
Question VI.1
Soient (Ω, F , P) un espace de probabilité et N une variable aléatoire réelle suivant une loi de Poisson
P (λ) de paramètre λ > 0:
λk −λ
P( N = k ) = e .
k!
Q. VI.1.1 (a) Rappeler la définition de E[ N ] (i.e. sous la forme d’une intégrale sur Ω).
Question VI.2
Soient (Ω, F , P) un espace de probabilité et X une variable aléatoire réelle suivant une loi normale
N (m, σ2 ):
1 ( t − m )2
Z x
1
P( X ≤ x ) = √ exp − dt.
2πσ −∞ 2 σ2
Q. VI.2.1 (a) Rappeler la définition de E[ X ] (i.e. sous la forme d’une intégrale sur Ω).
(b) En utilisant le théorème de transfert, écrire E[ X ] sous forme d’une intégrale sur R.
Séance 6 2
CS 1A - CIP 2022-2023
C) Exercices
Voici deux exercices préliminaires mettant en oeuvre la définition de variable aléatoire, le théorème
de transfert et les changements de variables.
Les trois exercices suivants vous familiarisent avec la définition de variable aléatoire. Ils illustrent
l’importance de la mesurabilité par rapport à une certaine tribu et le lien avec des égalités presque
sures. Les trois résultats qu’ils démontrent sont très importants et pourraient faire partie du cours.
Exercice VI.3
E. VI.3.1 Montrer que si X et Y sont 2 variables aléatoires réelles presque sûrement égales, alors
elles ont la même loi. Montrer que la réciproque est fausse.
Exercice VI.4
E. VI.4.1 Dans l’espace de probabilité (Ω, F , P), soient G et H deux sous-tribus indépendantes de
F . Les sous-tribus G et H sont dites indépendantes si pour tout A ∈ G et tout B ∈ H,
P( A ∩ B ) = P( A ) P( B ).
Montrer que si X est une variable aléatoire réelle à la fois G -mesurable et H-mesurable, alors X est
constante presque surement, i.e. qu’il existe c ∈ R telle que P( X = c) = 1.
Exercice VI.5
Soient X et Y deux variables aléatoires définies sur l’espace de probabilité (Ω, F , P), et à valeurs dans
R p et Rq respectivement.
Séance 6 3
CS 1A - CIP 2022-2023
Le but de l’exercice est de montrer que Y est X-mesurable (c’est-à-dire σ( X )-mesurable) si et seule-
ment s’il existe une fonction borélienne Ψ : R p → Rq telle que Y = Ψ( X ).
E. VI.5.1 On suppose que Y est étagée, i.e. Y = ∑ik=1 ai 1 Ai , et σ( X )-mesurable. Sans perte de
généralité (voir cours), on suppose que les Ai sont disjoints.
(a) justifier l’existence d’une suite de v.a. étagées et σ ( X )-mesurables (Yn )n∈N qui converge vers Y.
La loi exponentielle est très utilisée dans la modélisation des défaillances de systèmes. L’exercice
suivant montre ses caractéristiques vis à vis du phénomène de mémoire...
D) Approfondissement
Séance 6 4
CS 1A - CIP 2022-2023
Le but de cet exercice est de montrer que soit P( T > 0) = 0, soit T suit une loi exponentielle.
E. VI.7.1 Vérifier que si P( T > 0) = 0, alors la relation de départ est satisfaite.
E. VI.7.2 On suppose alors P( T > 0) > 0.
P( T > n1 ) N.
(a) Déterminer la limite de la suite n∈
(c) Montrer que pour tout t > 0, P( T > t) > 0. Pour tout t > 0, on considérera n ∈ N∗ tel que
t < ne.
(c) En déduire que pour tout x ∈ Q+ , f ( x) = x f (1) puis que cette relation est valable pour tout
x ∈ R+ .
On appelle loi gamma de paramètres a > 0 et λ > 0, notée G ( a, λ), la mesure de probabilité sur R de
densité γa,λ définie par
λ a −λx a−1
x 7→ γa,λ ( x ) = e x 1R+ ( x ).
Γ( a)
E. VI.8.1 Soit X une v. a. de loi G ( a, λ). Calculer E[ X ] et Var( X ).
E. VI.8.2 Soient X et Y deux v. a. indépendantes de lois G ( a, λ) et G (b, λ).
X
(a) Montrer que X + Y et X +Y sont indépendantes et déterminer leur lois de probabilité. En déduire
que
Γ( a)Γ(b)
Z 1
B( a, b) = x a−1 (1 − x )b−1 dx = .
0 Γ( a + b)
X
(b) Déterminer la loi de Y.
(c) Si X1 , . . . , Xn sont des variables aléatoires i.i.d. de loi exponentielle E (λ), donner la loi de Sn =
X1 + · · · + X n .
Séance 6 5
CS 1A - CIP 2022-2023
E. VI.8.3 Soit Y une v.a. gaussienne centrée réduite. Montrer que Y 2 suit la loi gamma G (1/2, 1/2).
En déduire Γ(1/2).
E. VI.8.4 Si Y1 , . . . , Yn sont des v. a. i.i.d. de loi N (0, 1), donner la loi de Z = Y12 + · · · + Yn2 et
calculer E[ Z ] et Var( Z ).
Séance 6 6
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de Q. VI.1.1
Solution de Q. VI.2.1
1 ( x − m )2
1
Z
E[ X ] = √ x exp − dx
2πσ R 2 σ2
1
Z
2
= √ (m + σu) e−u /2 λ(du)
2π R
Z
σ 2
= m+ √ u e−u /2 du
2π R
= m.
Solution de E. VI.1.1
Séance 6 7
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Donc
∞ ∞
1
ν (R) = ∑ pn δn (R) = ∑ pn = 1 − p .
n =0 n =0
Séance 6 8
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Z +∞ Z +∞
1 dv 1 dw
E[h(Y )] = √ h(v)e−v/2 √ + √ h(w)e−w/2 √
2π 0 2 v 2π 0 2 w
Z +∞
1 e−v/2
=√ h(v) √ dv.
2π 0 v
Cette expression montre que la variable aléatoire Y admet une densité de probabilité
1 e−y/2
y 7→ √ √ 1R∗+ (y).
2π y
Solution de E. VI.2.1 On remarque que X suit une loi normale N (0, 1).
La fonction exponentielle est continue, donc par composition, la fonction
∀A ∈ E ; PX ( A) = P( X ∈ A) = E[1 A ( X )].
Séance 6 9
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Comme X et Y sont égales presque surement, on a E[1 A ( X )] = E[1 A (Y )] pour tout A ∈ E , ce qui
entraîne l’égalité PX = PY .
Pour montrer que la réciproque est fausse, on exhibe un contre-exemple. Soit X une v.a. réelle de
loi normale N (0, 1) et soit Y = − X. Pour tout A ∈ B(R), on a
Z Z
P(Y ∈ A) = E[1 A (− X )] = 1 A (− X ) dP = 1 A (− x) PX (dx)
Ω R
1
Z
1 A (− x) √
2 /2
= e− x λ(dx )
R 2π
1
Z
1 A (x) √ λ(dx ) = P( X ∈ A).
2 /2
= e− x
R 2π
Ainsi, les variables aléatoires X et Y ont même loi. Or, elles ne sont pas égales presque surement car
P( X = Y ) = P( X = − X ) = P( X = 0) = 0 6= 1.
On aurait également pu considérer une variable de Bernoulli X prenant les valeurs 0 et 1 suivant
P( X = 0) = P( X = 1) = 1/2 et Y = 1 − X.
Solution de E. VI.4.1
P( A ∩ A ) = P( A ) P( A )
ce qui implique P( A) = 0 ou 1.
F ( x ) = P( X ≤ x ) = 0 ou 1.
Séance 6 10
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
(b) En rappelant la définition de σ( X ) = { X −1 ( B); B ∈ B(R p )}, pour tout i, il existe Bi ∈ B(R p ) tel
que Ai = X −1 ( Bi ). On peut alors écrire 1 Ai = 1X −1 ( Bi ) = 1Bi ( X ).
On définit la fonction Ψ : R p → Rq par
k
Ψ= ∑ ai 1 B i
i =1
(a) comme Y est σ( X )-mesurable, il existe une suite de fonctions étagées (Yn )n∈N σ( X )-mesurables
et telle que Y = limn→∞ Yn . Ce résultat est un résultat classique du cours (cours 3, Théorème
3.19), mais on peut prendre par exemple
n2
k
Yn = ∑ 1{ k−n 1 <Y≤ nk }
k =−n2 +1
n
et majorer |Yn − Y |.
(b) En utilisant la question 1), il existe des fonctions boréliennes Ψn : R p → Rq telles que Yn =
Ψn ( X ) pour tout n.
En notant Ψn = (Ψn , . . . , Ψn ) où Ψn : R p → R est borélienne (pour 1 ≤ l ≤ q), l’ensemble de
(1) (q) (l )
{ x ∈ R p : lim Ψn ( x ) existe} .
\ (i )
C=
n→∞
1≤ l ≤ q | {z }
C (l )
Pour montrer que C ∈ B(R p ), il suffit de montrer que C (l ) ∈ B(R p ) pour tout 1 ≤ l ≤ q. En
(l )
écrivant la définition de limn→∞ Ψn ( x ), on peut remarquer que la limite existe si et seulement
si
(l ) (l )
sup inf Ψk ( x ) = inf sup Ψk ( x ).
n∈ N k≥n n∈ N k≥n
(l )
On rappelle que par définition, le membre de gauche est appelé limite inférieure de Ψn ( x ) et celui
(l )
de droite, limite supérieure de Ψn ( x ).
On a alors
C (l ) = { x ∈ R p : −∞ < sup inf Ψk ( x ) = inf sup Ψk ( x ) < +∞}.
(l ) (l )
n∈ N k≥n n∈ N k≥n
Nous avons vu en cours que pour tout n ∈ N, Fn = infk≥n Ψk et Gn = supk≥n Ψk sont des fonc-
(l ) (l )
tions boréliennes (comme inf et sup de fonctions boréliennes). De même, supn∈N Fn et infn∈N Gn
sont boréliennes.
Séance 6 11
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
C (l ) = (sup inf Ψk − inf sup Ψk )−1 ({0}) ∩ ( inf sup Ψk )−1 (R).
(l ) (l ) (l )
n∈ N k≥n n∈ N k≥n n∈ N k≥n
Comme les fonctions impliquées sont boréliennes, les deux événements sont dans B(R p ). Ainsi,
C (l ) ∈ B(R p ).
limn→∞ Ψn ( x ) pour x ∈ C
Ψ : x 7→
0 sinon.
De manière évidente, on a Ψ( X ) = Y.
Pour montrer la mesurabilité de Ψ, on écrit Ψ = limn→∞ (Ψn 1C ). Comme C ∈ B(R p ), l’application
1C est borélienne. Ainsi Ψ est borélienne.
{Y ∈ B} = { X ∈ Ψ−1 ( B)} ∈ σ( X ),
0 ≤ P( T > t) ≤ P( T > 0) = 0.
D’où P( T > t) = 0. La relation de départ est alors trivialement satisfaite (les deux membres de
l’égalité sont nuls).
(a) La suite d’événements T > n1 n∈N∗ est croissante de limite { T > 0} donc
1
lim P( T > ) = P( T > 0) > 0.
n→∞ n
(b) En écrivant la définition de la limite, on déduit qu’il existe n0 ∈ N∗ tel que P( T > 1/n0 ) > 0.
On pose alors e = 1/n0 > 0.
(c) Pour tout t > 0, il existe n ∈ N∗ tel que t < ne. On a alors
Séance 6 12
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de E. VI.7.3 Sous l’hypothèse P( T > 0) > 0, on peut donc définir l’application f : t 7→
log P( T > t) sur R∗+ .
∀s, t ≥ 0; f ( s + t ) = f ( s ) + f ( t ).
Pour tout x ∈ R+ , on peut construire deux suites dans Q+ (rn )n∈N et (rn0 )n∈N respectivement
croissante et décroissante, telles que
∀n ∈ N; rn ≤ x ≤ rn0
On en déduit f ( x ) = x. f (1).
Solution de E. VI.7.4 La suite d’événements { T > n}n∈N est décroissante et d’intersection vide. Il
s’ensuit
lim P( T > n ) = 0
n→∞
et donc limn→∞ f (n) = −∞. On en déduit que f (1) < 0. On pose alors α = − f (1). On a
Séance 6 13
Séance VII : Mesures produits
A) Objectifs de la séance
• je connais la caractérisation de la mesure produit, par ses valeurs sur les produits cartésiens;
• je suis capable de vérifier qu’une fonction de plusieurs variables est mesurable et intégrable;
• je suis capable d’appliquer l’intégration par rapport à une mesure produit, au cas particulier des
lois de variables aléatoires;
1
CS 1A - CIP 2022-2023
B) Pour se familiariser avec les concepts (à traiter avant les séances de TD)
Les questions VII.1 et VII.2 sont à traiter avant la séance de TD. Les corrigés sont disponibles sur
internet.
Question VII.1
Q. VII.1.1 Trouver une fonction f ∈ L1 (R, B(R), λ) qui ne soit pas dans L p (R, B(R), λ), ∀ p > 1.
Trouver une fonction f ∈ L p (R, B(R), λ) pour un certain p > 1 qui ne soit pas dans L1 (R, B(R), λ).
Question VII.2
Soit λ(2) la mesure de Lebesgue sur R2 et considèrons le domaine D = [0, 1] × R+ .
Soit f la fonction définie par
Q. VII.2.1 (a) En utilisant précisément les théorèmes du cours, montrer que f ∈ L1 (R2 , λ(2) ).
f dλ(2) .
R
(b) Calculer R2
Séance 7 2
CS 1A - CIP 2022-2023
C) Exercices
La théorie de Lebesgue (et plus généralement la théorie de la mesure) fournit un cadre plus naturel
et cohérent pour l’étude des intégrales multiples que celui de l’intégrale de Riemann. A travers ce TD,
on observera, sur des exemples simples, que les théorèmes de Tonelli et Fubini constituent des outils
efficaces pour l’étude de l’intégrabilité des fonctions de plusieurs variables.
1
E. VII.1.1 La fonction g définie par g( x, y, z) = 1− xyz est-elle intégrable sur ]0, 1[3 ? [i.e. a-t-on
g1]0,1[3 ∈ L1 (R3 )?]
1
E. VII.1.2 Pour quelles valeurs de α la fonction h définie h( x, y) = ( x 2 + y2 ) α
est-elle intégrable sur
D = {( x, y) ∈]0, +∞[2 / x2 + y2 < 1}?
Le but de l’exercice qui suit est d’étendre le lemme de Riemann-Lebesgue des fonctions Riemann-
intégrables sur un segment aux fonctions Lebesgue-intégrables sur un intervalle quelconque. Outre le
résultat de cet exercice, on retiendra la méthode qui repose sur un raisonnement de densité.
E. VII.3.1 (a) Soit f une fonction en escalier sur [ a, b]. Montrer que:
Z b Z b
lim f ( x ) cos(nx ) dx = 0 = lim f ( x ) sin(nx ) dx.
n→∞ a n→∞ a
(b) Etendre le résultat au cas d’une fonction Riemann-intégrable (ou réglée ou continue par morceaux).
E. VII.3.2 Soit I un intervalle de R.
(a) Soit f une fonction indéfiniment dérivable à support compact dans I. Montrer que:
Z Z
lim f ( x ) cos(nx ) λ(dx ) = 0 = lim f ( x ) sin(nx ) λ(dx ).
n→∞ I n→∞ I
Exercice VII.4
Séance 7 3
CS 1A - CIP 2022-2023
x 2 − y2
E. VII.4.1 La fonction f définie par f (0, 0) = 0 et f ( x, y) = ( x 2 + y2 )2
est-elle intégrable sur [0, 1]2 ?
Exercice VII.5
Soit X une variable aléatoire positive de densité de probabilité f .
E. VII.5.1 Montrer que pour tout r ≥ 1, on a
Z
E Xr = r xr−1 P( X > x ) λ(dx ).
R+
Les deux exercices qui suivent montrent que les théorèmes usuels sur les intégrales multiples per-
mettent d’obtenir rapidement et facilement des résultats classiques.
e−ax − e−bx
Z
I= λ(dx ).
R+ x
Exercice VII.8
E. VII.8.1 Soient X et Y deux variables aléatoires réelles dont la loi jointe admet la densité f :
R × R → R+ . Déterminer la loi de Y/X.
Séance 7 4
CS 1A - CIP 2022-2023
D) Approfondissement
La formule d’intégration par parties est valable pour des fonctions C1 . Nous allons généraliser
cette formule à une classe plus large de fonctions.
E. VII.9.1 La formule d’intégration par parties est-elle valable pour des fonctions dérivables presque
partout ou même partout?
E. VII.9.2 (a) La fonction F est-elle dérivable presque partout sur ]0, 1[?
(b) Montrer que (t, u) 7→ | f (t) g(u)| est intégrable sur [0, 1]2 .
Séance 7 5
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de Q. VII.1.1 Dans le premier cas, on peut par exemple considérer la fonction qui à x ∈ R
associe 1]0, 1 [ ( x ) x(ln1(x))2 .
2
Dans le deuxième cas, on peut par exemple considérer la fonction qui à x ∈ R associe 1[2,+∞[ ( x) 1x
qui est dans L p pour tout p > 1.
Solution de Q. VII.2.1
(a) On commence par remarquer que la fonction f est bien définie et mesurable sur R2 (car produit
d’une fonction continue et de l’indicatrice d’un ensemble mesurable). Ainsi par le théorème de
Fubini-Tonelli, on a
Z Z Z
| f | dλ(2) = | f ( x, y)| λ(dy)λ(dx )
R2 Z
[0,1] R
Z +
≤ e−y λ(dy)λ(dx )
Z
[0,1] R+
= 1λ(dx )
[0,1]
= 1.
− cos(2πx ) 1
Z
sin(2πx ) λ(dx ) = = 0.
[0,1] 2π 0
Ainsi, R2 f dλ(2) = 0.
R
Solution de E. VII.1.1 Montrons d’abord que g est mesurable. Pour une fonction qui n’est pas
continue (ici g n’est pas continue sur tout R3 ), une technique pour montrer qu’elle est mesurable
consiste à l’approcher par des fonctions continues. Ici, considérons le développement en série entière
de g sur ]0, 1[3 :
N
1
1]0,1[3 ( x, y, z) = lim ∑ ( xyz)n 1]0,1[3 ( x, y, z),
1 − xyz N →∞
n =0
où la limite est ponctuelle. A N fixé, le membre de droite est une fonction B(R3 )-mesurable, puisqu’il
s’agit du produit d’une indicatrice (d’un ensemble mesurable) avec une fonction continue (sur R3 ).
Ainsi g est la limite ponctuelle d’une suite de fonctions mesurables, elle est donc mesurable.
Séance 7 6
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
]0,1[ 1 − xyz
λ(dx ) = ∑ (xyz)n λ(dx)
]0,1[ n=0
+∞ +∞
(yz)n
Z
= ∑ (yz) n
x n λ(dx ) = ∑ .
n =0 ]0,1[ n =0 n + 1
1
Z
Remarque : on a x n λ(dx ) = grâce au Théorème d’intégration de la dérivée.
]0,1[ n+1
En itérant ce calcul, on trouve :
+∞
1 1
Z Z Z
λ(dx ) λ(dy) λ(dz) = ∑ 3
< +∞.
]0,1[ ]0,1[ ]0,1[ 1 − xyz n =0 ( n + 1 )
Finalement, le théorème de Fubini-Tonelli assure que g est intégrable sur ]0, 1[3 .
Solution de E. VII.1.2 Comme à la question précédente, on peut montrer que la fonction h est
B(R2 )-mesurable en l’approchant par des fonctions mesurables (faites-le).
Le théorème de changement de variable implique que h est intégrable sur D si et seulement si
h ◦ ϕ.| J | est intégrable sur ∆ =]0, 1[×]0, π/2[, où J désigne le jacobien du changement de variables
ϕ(r, θ ) = (r cos(θ ), r sin(θ )).
On a donc :
1
Z Z
h( x, y) λ ⊗ λ(dx, dy) = 2α −1
λ ⊗ λ(dr, dθ ).
D ∆ r
La fonction étant positive, le théorème de Fubini-Tonelli implique
1 1
Z Z Z Z
π
h( x, y) λ ⊗ λ(dx, dy) = λ(dθ ) λ(dr ) = λ(dr ).
D ]0,1[ ]0,π/2[ r2α−1 2 ]0,1[ r2α−1
1
Or, est intégrable sur ]0, 1[ si et seulement si 2α − 1 < 1.
r2α−1
Donc h est intégrable si et seulement si α < 1.
R2 × R → R
( x, y) 7→ ϕ( x, y) = f ( x ) − y.
Séance 7 7
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
en utilisant le fait que λ({y}) = 0 pour tout y ∈ R. Le borélien Γ est donc négligeable pour la mesure
de Lebesgue de R3 .
Solution de E. VII.3.1
(a) Soit f une fonction en escalier sur [ a, b]. Elle peut s’écrire:
N N
f (x) = ∑ αi 1]a − ,a [ (x) + ∑ β j 1{a } (x),
i 1 i j
i =1 j =0
Et donc:
Z b N
sin(nai ) − sin(nai−1 )
lim
n→∞ a
f ( x ) cos(nx ) dx = ∑ αi nlim
→∞ n
= 0.
i =1
(b) Soit f une fonction réglée (par exemple continue par morceaux). Par densité des fonctions en
escalier dans l’espace des fonctions réglées (pour la norme k.k∞ ), on sait que, pour tout e > 0
fixé, il existe une fonction φ en escalier telle que
e
k f − φk∞ < .
2( b − a )
Rb
De plus, d’après la question précédente, on sait que a φ( x ) cos(nx ) dx converge vers 0. Il existe
donc N > 0 tel que si n > N alors
Z b
e
φ( x ) cos(nx ) dx < .
a 2
Ainsi pour n > N on a:
Z b Z b Z b
f ( x ) cos(nx ) dx ≤ ( f ( x ) − φ( x )) cos(nx ) dx + φ( x ) cos(nx ) dx ,
a a a
et donc : Z b Z b
e e
f ( x ) cos(nx ) dx ≤ 1 dx + = e.
a 2( b − a ) a 2
Rb
Ceci prouve bien la convergence de a
f ( x ) cos(nx ) dx vers 0.
Séance 7 8
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
On en déduit que: Z
lim φ( x ) cos(nx ) λ(dx ) = 0.
n→∞ I
(b) Soit maintenant f une fonction intégrable sur I. Comme l’ensemble des fonctions indéfiniment
dérivables à support compact est dense dans l’ensemble L1 ( I ) des fonctions intégrables (pour
la norme k.k1 , cf Théorème du cours), il existe une fonction φ indéfiniment dérivable à support
compact telle que :
e
k f − φ k1 ≤ .
2
Or
Z Z Z
f ( x ) cos(nx ) λ(dx ) ≤ ( f ( x ) − φ( x )) cos(nx ) λ(dx ) + φ( x ) cos(nx ) λ(dx ) ,
I I I
donc Z Z
f ( x ) cos(nx ) dx ≤ k f − φk1 + φ( x ) cos(nx ) λ(dx ) .
I I
Le résultat de la question 2)(a) assure qu’il existe un entier N tel que si n > N alors :
Z
e
φ( x ) cos(nx ) λ(dx ) ≤ .
I 2
Finalement, si n > N alors: Z
f ( x ) cos(nx ) λ(dx ) ≤ e,
I
R
d’où la convergence de I
f ( x ) cos(nx ) λ(dx ) vers 0.
Séance 7 9
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
x 2 − y2
∀ x, y ∈ [0, 1], f n ( x, y) = .
( x2 + y2 )2 + n1
Pour tout n ≥ 1, les fonctions f n sont mesurables (car continues) sur [0, 1]2 donc leur limite (simple)
f l’est aussi.
Pour y 6= 0, on a :
2x2 − ( x2 + y2 )
Z Z
f ( x, y) λ(dx ) = λ(dx )
[0,1] [0,1] ( x 2 + y2 )2
−1 2x2
Z Z
= λ(dx ) + λ(dx )
[0,1] x + y2
2 2
[0,1] ( x + y )
2 2
1 Z
−1
1 1
Z
=− 2 2
λ(dx ) + 2 2
x + 2 2
λ(dx ),
[0,1] x +y x +y 0 [0,1] x + y
−1
Z
f ( x, y) λ(dx ) = ,
[0,1] 1 + y2
puis: Z Z
π
f ( x, y) λ(dx ) λ(dy) = − .
[0,1] [0,1] 4
De même (ou par symétrie) on trouve
Z Z
π
f ( x, y) λ(dy) λ(dx ) = .
[0,1] [0,1] 4
Ces résultats “contradictoires” avec les conclusions du théorème de Fubini montrent que la fonc-
tion f n’est pas intégrable sur [0, 1]2 .
= yr f (y) λ(dy).
R+
Séance 7 10
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Z
Lorsque E[ X r ] < +∞, on a E[ X r ] = yr f (y) λ(dy).Le résultat suit.
R+
e−ax − e−bx
Z
e− xy λ(dy) = .
] a,b[ x
Ainsi
e−ax − e−bx
Z Z Z
λ(dx ) = e− xy λ(dy) λ(dx ).
R+ x ]0,+∞[ ] a,b[
e−ax − e−bx
Z Z Z
λ(dx ) = e− xy λ(dx ) λ(dy)
R+ x ] a,b[ ]0,+∞[
1
Z
= λ(dy)
] a,b[ y
Z b
1 b
= dy = ln .
a y a
Ainsi, en appliquant les théorèmes de Fubini (Fubini-Tonelli pour prouver que la fonction est dans
L1 (]0, L[×] a, b[, λ ⊗ λ), puis Fubini-Lebesgue pour intervertir les intégrales sans la valeur absolue), on
trouve :
Z L
cos( ax ) − cos(bx ) 1 − cos( Ly)
Z Z Z
dx = sin( xy) λ(dx ) λ(dy) = λ(dy).
0 x ] a,b[ ]0,L[ ] a,b[ y
On a donc :
Z L
cos( ax ) − cos(bx ) 1 cos( Ly)
Z Z
dx = λ(dy) − λ(dy).
0 x ] a,b[ y ] a,b[ y
Séance 7 11
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Grâce au lemme de Riemann-Lebesgue (voir Exercice VII.3), on trouve, en faisant tendre L vers
+∞ Z +∞
cos( ax ) − cos(bx )
b
dx = ln .
0 x a
sin(u) −v
Z Z Z
e λ(du) λ(dv) ≤ a e−v λ(dv) = a < +∞
]0,+∞[ ]0,a[ u ]0,+∞[
Solution de E. VII.7.2 L’application T est définie de Da vers Da . Elle est bijective, en effet son inverse
est donnée par:
T −1 : (u, v) ∈ Da 7→ (u, v/u) ∈ Da .
En outre, T est indéfiniment dérivable et le jacobien de T est detJ = x 6= 0, donc T est un C ∞
difféomorphisme de Da sur Da (par le théorème d’inversion locale).
ce qui prouve que g est intégrable sur Da (écrire le changement de variable précédent en valeur absolue
pour être complètement rigoureux).
Solution de E. VII.7.4 On a:
Z +∞ Z a
eix − e−ix
Z a
sin( x )
Z Z
dx = f = g= e− xy dx dy.
0 x Da Da 0 0 2i
Ainsi Z +∞
1 − cos( a) e−ay − y sin( a) e−ay
Z a
sin( x )
dx = dy,
0 x 0 1 + y2
d’où Z +∞ − ay Z +∞
y e−ay
Z a
sin( x ) π e
dx = − cos( a) dy − sin( a) dy.
0 x 2 0 1 + y2 0 1 + y2
Séance 7 12
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
On trouve donc Z +∞
sin( x ) π
dx = .
0 x 2
Solution de E. VII.8.1 Dire que la loi jointe de X et Y a pour densité f 1 signifie que pour tout borélien
B de R2 ,
Z
P(( X, Y ) ∈ B) = P(X,Y) ( B) = f ( x, y) λ(2) (dx, dy),
B
T : R∗ × R → R × R∗
y
( x, y) 7→ ( , x ).
x
Ainsi, pour tout difféomorphisme ϕ : D ⊆ Rd → R∗+ × R∗+ , on obtient par la formule de changement
de variable:
Z
P (U ∈ B ) = | J ϕ(u, v)| × H ◦ T ◦ ϕ(u, v) λ(2) (du, dv).
D
Notons maintenant que T est C1 et bijectif, d’inverse T −1 (u, v) = (v, uv) qui est également C1 . Ainsi
T −1 est un difféomorphisme et on peut choisir ϕ = T −1 , avec D = R × R∗ . De plus, le jacobien de ϕ
est J ϕ(u, v) = −v.
D’où
Z y Z
1 (2)
f ( x, y) λ (dx, dy) = 1 (u) f (v, uv) |v| λ(2) (du, dv).
R∗ ×R B x R ×R∗ B
1 de manière équivalente on pourra dire, dans le vocabulaire de la théorie de la mesure, que P( X,Y ) est absolument con-
tinue par rapport à la mesure de Lebesgue (de R2 ).
2 notez qu’on aurait aussi pu choisir d’écrire P(U ∈ B ) = y (2)
R∗ ×R H x , y λ (dx, dy), ce qui amène à choisir plutôt
R
Séance 7 13
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R
Grâce au théorème de Fubini, on en déduit que la loi de U admet donc la densité u 7→ R f (v, uv) |v| λ(dv).
Solution de E. VII.9.1 La formule d’intégration par parties n’est pas valable pour toutes les fonctions
dérivables presque partout ou même partout, par exemple u = x2 sin(1/x3 ) (prolongée par 0 en 0) et
v0 = 1 sur [0, 1].
Solution de E. VII.9.2
(a) Puisque f est localement intégrable, d’après le Théorème du cours, F est dérivable presque
partout et F 0 = f presque partout.
(b) La fonction F n’est pas nécessairement dérivable partout sur ]0, 1[.
Par exemple, si f = 1[0,1/2] alors F n’est pas dérivable en 1/2.
Solution de E. VII.9.3
(a) Pour montrer que, pour tout couple (u, t) de [0, 1]2 , on a
1[0,t] (u).1[0,x] (t) = 1[0,x] (u) 1[0,x] (t) − 1[0,u[ (t) ,
il suffit de montrer que les deux fonctions valent 1 sur un même triangle (à dessiner) et 0 en
dehors.
Donc Z Z Z
G (t) f (t) λ(dt) = g(u) 1[0,t] (u) λ(du) f (t) 1[0,x] (t) λ(dt).
[0,x ] [0,1] [0,1]
Comme, la fonction (t, u) 7→ |1[0,t] (u).1[0,x] (t) f (t) g(u)| est dominée par la fonction intégrable
(t, u) 7→ | f (t) g(u)|, on en déduit qu’elle est intégrable.
Le théorème de Fubini permet donc d’écrire :
Z Z Z
G (t) f (t) λ(dt) = f (t) g(u) 1[0,t] (u) 1[0,x] (t) λ(du) λ(dt).
[0,x ] [0,1] [0,1]
Séance 7 14
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
et donc
Z Z Z
G (t) f (t) λ(dt) = f (t) g(u) λ(du) λ(dt)
[0,x ] [0,x ] [0,x ]
Z Z
− 1[0,x] (u) g(u)1[0,u] (t) f (t) λ(du) λ(dt).
[0,1] [0,1]
(d) Soit a < b. comme [ a, b] = [0, b] \ [0, a], si on soustrait la relation précédente pour x = a à celle
obtenue en x = b, on obtient
Z Z
G (t) f (t) λ(dt) = [ GF ]ba − g(t) F (t) λ(dt).
[ a,b] [ a,b]
Séance 7 15
Séance VIII : Convolution, probabilités dans Rd et indépendance
A) Objectifs de la séance
• je suis capable de déterminer la loi d’une variable aléatoire définie comme fonction de deux
variables aléatoires indépendantes;
• je suis capable d’étudier un vecteur de variables aléatoires réelles, dont la loi est donnée (loi de
chaque composante, indépendance).
1
CS 1A - CIP 2022-2023
B) Pour se familiariser avec les concepts (à traiter avant les séances de TD)
Les questions VIII.1 et VIII.2 sont à traiter avant la séance de TD. Les corrigés sont disponibles sur
internet.
Question VIII.1
Soient m1 , m2 ∈ R et σ1 , σ2 > 0. Soient X et Y deux variables aléatoires independantes telles que
X ∼ N (m1 , σ12 ) et Y ∼ N (m2 , σ22 ), i.e. X (resp. Y) suit une loi gaussienne de moyenne m1 (resp. m2 ) et
d’écart type σ1 (resp. σ2 ).
Q. VIII.1.1 Déterminer la loi de X + Y.
La question suivante illustre le fait que la non-corrélation entre des variables aléatoires n’implique
pas nécessairement leur indépendance.
Question VIII.2
Soient X et Y deux variables aléatoires de Bernoulli independantes de paramètre 21 .
Q. VIII.2.1 Déterminer la loi de X + Y, | X − Y | et ( X + Y )| X − Y |.
Q. VIII.2.2 Montrer que X + Y et | X − Y | sont des variables aléatoires non-corrélées.
Q. VIII.2.3 Montrer que X + Y et | X − Y | ne sont pas indépendantes. [Indication: on pourra par
exemple calculer P( X + Y = 0, | X − Y | = 0)].
Séance 8 2
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C) Exercices
Exercice VIII.1
Soient X et Y deux variables aléatoires indépendantes distribuées suivant la même loi exponentielle
de paramètre 1.
X
E. VIII.1.1 Déterminer la loi jointe de U = X + Y et V = .
X+Y
E. VIII.1.2 Les variables aléatoires U et V sont-elles indépendantes?
E. VIII.1.3 En déduire que V suit la loi uniforme sur [0, 1].
Le produit de convolution est un outil très utilisé en analyse ainsi qu’en sciences de l’ingénieur.
Voici un petit exercice permettant de le manipuler avec des noyaux régularisants, dont on verra plus
tard certaines applications pour les EDP et que vous rencontrerez également en traitement du signal.
• j ≥ 0;
• Rd j( x )λ(dx ) = 1;
R
• | x | ≥ 1 ⇒ j( x ) = 0.
On définit alors une famille régularisante { je }e>0 par la relation: ∀Re > 0, ∀ x ∈ Rd , je ( x ) = e−d j( xe ).
E. VIII.2.1 Que peut-on dire du support de je ? Combien vaut Rd je ( x )λ(dx )?
E. VIII.2.2 On se place dans le cas d = 1. On considère la fonction
(
C exp − 1−|1x|2 si | x | < 1 ,
j( x ) =
0 sinon,
R −1
où C = ]−1,1[ exp − 1−|1x|2 λ(dx ) .
Vérifier que j est un noyau régularisant.
E. VIII.2.3 Dans le reste de l’exercice, j désigne le noyau particulier défini à la question précédente.
Montrer que si f est continue de R dans R, alors je ∗ f ∈ C ∞ (R) pour tout e > 0.
E. VIII.2.4 Pour la même fonction f , montrer que je ∗ f converge ponctuellement vers f lorsque
e → 0. Soit $ > 0, montrer que la convergence est uniforme sur la boule fermée B(0, $) (on dit que la
convergence est uniforme sur les compacts).
*E. VIII.2.5 Étendre les résultats précédents au cas d > 1.
Séance 8 3
CS 1A - CIP 2022-2023
Exercice VIII.3
Soit (Ω, F , P) un espace de probabilité. Soient N une variable aléatoire à valeurs dans N∗ et ( Xn )n∈N∗
une suite de variables aléatoires.
On définit X N par
∀ω ∈ Ω, X N (ω ) = X N (ω ) (ω ).
E. VIII.3.1 Montrer que X N est une variable aléatoire.
Exercice VIII.4
On suppose que l’intensité d’un tremblement de terre est une variable aléatoire X suivant une loi
exponentielle de paramètre a et que le nombre de tremblements de terre par an N est une variable de
Poisson de paramètre λ.
E. VIII.4.1 On considère la variable Y représentant l’intensité maximale annuelle de ces tremble-
ments de terre. Quelle est la loi de Y?
On étudie maintenant les liens entre indépendances de variables aléatoires, lois marginales et lois
conditionnelles.
Exercice VIII.5
Dans l’espace de probabilité (Ω, F , P), on considère un couple de v. a. ( X, Y ), dont la loi est absolu-
ment continue par rapport à la mesure de Lebesgue, défini sur le domaine
D = ( x, y) ∈ R2 ; 0 < y ≤ 1 et 0 ≤ x ≤ y ,
D) Approfondissement
Séance 8 4
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(a) Soit δ > 0 tel que l’ensemble K2δ = { x : | x − y| ≤ 2δ pour un y ∈ K } est inclus dans Ω. Vérifier
que K2δ est compact.
(b) Soit j le noyau de l’exercice VIII.2 et { je }e>0 la famille régularisante. Montrer que pour e = δ, la
fonction ψK = je ∗ 1Kδ est une solution au problème d’Urysohn.
*E. VIII.7.2 On admet la densité des fonctions C ∞ (Rd ) dans L p (Rd ). A l’aide de la question précé-
dente, montrer que Cc∞ (Rd ) est dense dans L p (Rd ). [Indication: considérer une suite croissante de compacts
{Kn }n∈N tel que ∪Kn = R et la suite de fonctions {ψKn }n∈N .]
Séance 8 5
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Donc par le changement de variable Φ(u, v) = (u, v − u) (vérifiez et calculez le jacobien), on obtient
x2 2
1 − − (x−z2)
Z
E[ f ( X + Y )] = f (z)e 2σ2
1 e 2σ2
λ(2) (dx, dz).
2πσ1 σ2 R2
Or on vérifie que
2
σ12 z
x2 (x − z )2
x− σ12 +σ22
z2
exp − − = exp − × exp − ,
2σ12 2σ22 2Σ2 2(σ12 + σ22 )
σ12 σ22
où on a noté Σ2 = σ12 +σ22
. Comme pour tout z, la fonction
2
σ12 z
1 x− σ12 +σ22
x 7→ √ exp −
2Σ2
2πΣ2
σ12 z
est la densité d’une gaussienne de moyenne σ1 +σ22
2 et de variance Σ2 , on en déduit que l’intégrale de
cette fonction est 1. Or par les théorèmes de Fubini, on a
2
√
σ2 z
2πΣ2
Z − 2z 2
2 Z
1 x − σ2 +1 σ2
E[ f ( X + Y )] = f (z)e 2(σ +σ2 )
1 √ exp −
1 2
λ(dx ) λ(dz),
2πσ1 σ2 R R 2πΣ2 2Σ2
Séance 8 6
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Si maintenant (m1 , m2 ) 6= (0, 0), on sait que X − m1 ∼ N (0, σ12 ) et Y − m2 ∼ N (0, σ22 ), donc
d’après le paragraphe précédent,
Solution de Q. VIII.2.1 | X − Y | est une variable aléatoire discrète qui prend les valeurs : 0 avec
probabilité 1/2 (X = Y = 0 ou X = Y = 1), 1 avec probabilité 1/2 (X = 0 et Y = 1, ou X = 1 et
Y = 0). C’est donc une variable de Bernoulli.
( X + Y ) | X − Y | est une variable aléatoire discrète qui prend les valeurs : 0 avec probabilité 1/2, 1
avec probabilité 1/2.
Cov( X + Y, | X − Y |) = E [( X + Y )| X − Y |] − E [( X + Y )] E [| X − Y |]
1 1
= − 1 × = 0.
2 2
Les v.a. X + Y et | X − Y | sont donc non-corrélées.
Solution de Q. VIII.2.3
1 1 1 1
P( X + Y = 0, | X − Y | = 0) = 6= P( X + Y = 0) P(| X − Y | = 0) = × = .
4 4 2 8
Donc X + Y et | X − Y | ne sont pas indépendantes.
∀ x ∈ R, P( X ≤ x) = (1 − e−x ) 1R+ ( x)
et
X
1 .
X + Y {X >0, Y >0}
Séance 8 7
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
En utilisant le fait que les lois PX et PY admettent une densité par rapport à la mesure de Lebesgue λ,
on trouve
x
Z Z
E[h(U, V )] = ∗ ∗ h x + y, e−(x+y) λ(dx ) λ(dy).
R+ R+ x+y
Séance 8 8
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Ainsi, pour tout changement de variable (i.e. tout difféomorphisme) ϕ : D ⊆ Rd → R∗+ × R∗+ , on
obtient par la formule de changement de variable:
Z
E[h(U, V )] = | J ϕ(u, v)| × H ◦ T ◦ ϕ(u, v) λ(2) (du, dv).
D
Notons maintenant que T est C1 et bijectif, d’inverse T −1 (u, v) = (uv, u − uv) qui est également C1 .
Ainsi T −1 est un difféomorphisme et on peut choisir ϕ = T −1 , avec D = R∗+ ×]0, 1]. De plus, le
jacobien de ϕ est J ϕ(u, v) = −u.
On a donc
Z
E[h(U, V )] = h (u, v) u e−u λ(2) (du, dv)
Z
R ∗ ×]0,1]
+
Solution de E. VIII.1.3 V admet 1[0,1] comme densité de probabilité, c’est-à-dire V suit la loi uni-
forme sur [0, 1].
Solution de E. VIII.2.1 Montrons que suppje ⊂ B(0, e). Pour cela il suffit de montrer que pour
x ∈ Rd \ B(0, e), je ( x ) = 0. Soit donc un tel x. Alors | xe | > 1, donc par hypothèse sur j, j( xe ) = 0, ce
qui suffit à montrer le résultat.
Par un simple changement de variable (y = xe ), on montre alors que
Z Z
je ( x )λ(dx ) = j(y)λ(dy) = 1.
Rd Rd
Séance 8 9
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de E. VIII.2.2 La fonction j est positive, à support inclus dans [−1, 1]. Il reste donc à
vérifier qu’elle est infiniment dérivable en tout point de R et qu’elle est intégrable, le second point se
déduisant facilement du premier. De plus, on voit facilement que j est infiniment dérivable en tout
point autre que x = 1 ou x = −1. Etudions ce qui se passe en x = 1 (l’analyse est la même en x = −1).
On remarque d’abord que j est bien continue. En effet, limx→1− j( x ) = 0 = limx→1+ j( x ).
Ensuite, les dérivées à droite étant toutes nulles, il faut donc montrer que les dérivées à gauche
successives sont elles aussi nulles. On le fait pour la première dérivée, les suivantes pouvant se déduire
par une simple récurrence. Ainsi, pour x ∈]0, 1[,
−2x −2x
0 1
j (x) = 2 2
exp − 2
= j ( x ).
(1 − x ) 1 − |x| (1 − x 2 )2
Ainsi, limx→1− j0 ( x ) = 0 = limx→1+ j0 ( x ).
Solution de E. VIII.2.3 On montre ce résultat en procédant par récurrence sur l’ordre de dérivation
n, et en utilisant le théorème de dérivation sous le signe intégral à chaque étape.
Pour tout e > 0, notons f e = f ∗ je = R je (· − y) f (y)λ(dy).
R
Pour n = 0, la fonction ( x, y) 7→ je ( x − y) f (y) est continue en tout point. A x fixé, le support de
y 7→ je ( x − y) f (y) est inclus dans [ x − e, x + e]. Comme f est continue, elle est bornée sur cet intervalle
et la fonction y 7→ je ( x − y) f (y) est donc dominée par la fonction y 7→ supz∈[ x−e,x+e] | f (z)|1[ x−e,x+e] (y)
qui est dans L1 . Donc f e est continue sur R.
(n)
On procède de façon identique pour n ≥ 1, la fonction je possédant les mêmes propriétés essentielles
(support compact, continuité) que je .
Ainsi, f e ∈ C ∞ (R).
Solution de E. VIII.2.4 On rappelle d’abord que par changement de variable, on a aussi l’égalité:
Z
f e (x) = je (y) f ( x − y)λ(dy).
R
R je (y)λ(dy) = 1, on obtient:
R
Donc en utilisant que
Z
f e (x) − f (x) = je (y) ( f ( x − y) − f ( x )) λ(dy)
ZR
= je (y) ( f ( x − y) − f ( x )) λ(dy).
[−e,e]
Soit x ∈ R fixé. Pour prouver que f e ( x ) − f ( x ) → 0 quand e → 0, il suffit de montrer que pour tout
η > 0, il existe e0 > 0 tel que pour tout e < e0 , | f e ( x ) − f ( x )| < η. Fixons η > 0, alors la continuité de
f en x implique qu’il existe e0 > 0 tel que si |z − x | < e0 , alors | f (z) − f ( x )| < η. Donc en reprenant
l’égalité précédente appliquée au e0 que nous venons d’exhiber, on obtient pour tout e < e0 ,
Z
| f e ( x ) − f ( x )| ≤ je (y) | f ( x − y) − f ( x )| λ(dy)
[−e,e]
Z
≤η je (y)λ(dy) = η.
[−e,e]
Séance 8 10
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Fixons R > 0. Pour prouver la convergence sur le compact K = B(0, R), on utilise l’uniforme
continuité de f sur K (théorème de Heine) et on procède comme pour la convergence simple.
Solution de E. VIII.3.1 Il s’agit de montrer que la fonction X N : (Ω, F ) → (R, B(R)) est mesurable.
Soit B ∈ B(R). On considère
A = ( X N ) −1 ( B ) = { X N ∈ B } = { ω ∈ Ω : X N ( ω ) ( ω ) ∈ B }
{ω ∈ Ω : N (ω ) = n et Xn (ω ) ∈ B}
[
=
N∗
n∈
[
= ({ N = n} ∩ { Xn ∈ B}) .
n∈ N ∗
Séance 8 11
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
en utilisant l’indépendance entre N et les Xi d’une part, et l’indépendance entre les Xi d’autre part.
Les variables aléatoires Xi sont i.i.d. (indépendantes et identiquement distribuées) et
e−λ λk
∀ x ≥ 0, P( Xi ≤ x) = 1 − e−ax et ∀k ∈ N, P( N = k) = .
k!
On en déduit pour tout y ≥ 0,
∞
e−λ λn
P(Y ≤ y) = P( N = 0) + ∑ (1 − e−ay )n .
n =1
n!
∞ ∞
e−λ λn [λ(1 − e−ay )]n
= ∑ (1 − e−ay )n . n!
= e−λ ∑
n!
n =0 n =0
−λ
=e exp[λ(1 − e−ay )] = exp(−λe−ay ).
On peut remarquer que cette fonction de répartition n’admet pas de densité de probabilité car
P(Y = 0) 6= 0.
Solution de E. VIII.5.1 La fonction f est R une densité de probabilité si elle est positive, intégrable
(vérifiez qu’elle est bien mesurable) sur R2 et R2 f ( x, y) λ(2) (dx, dy) = 1.
On calcule
Z Z
f ( x, y) λ(2) (dx, dy) = f ( x, y) λ(2) (dx, dy)
R2 D
1
Z Z
= λ(dy) λ(dx ) = 1.
[0,1] [0,y] y
On utilise le théorème de Tonelli pour justifier l’intégrabilité de f et le calcul précédent.
• D2 = D : Pour tout ( x, y) ∈ D,
1
Z Z Z
(2)
F ( x, y) = f (u, v) λ (du, dv) = λ(du) λ(dv)
]−∞,x ]×]−∞,y] [0,x ] [u,y] v
Z
= (ln y − ln u)λ(du) = x ln y − [u ln u − u]0x
[0,x ]
y
= x + x ln .
x
Séance 8 12
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
• D5 = {( x, y) ∈ R2 : x ≥ 1 et y ≥ 1} : Pour tout ( x, y) ∈ D5 ,
F ( x, y) = 1.
Solution de E. VIII.5.3 Comme le vecteur aléatoire ( X, Y ) n’a que deux composantes, ses lois
marginales se réduisent aux lois de X et de Y.
On calcule la densité de probabilité marginale f X de X,
1
Z Z
∀ x ∈]0, 1], f X (x) = f ( x, y) λ(dy) = λ(dy) = − ln x
[ x,1] [ x,1] y
∀x ∈
/ ]0, 1], f X ( x ) = 0.
1
Z
∀y ∈ [0, 1], f Y (y) = λ(dx ) = 1
[0,y] y
∀y ∈
/ [0, 1]; f Y (y) = 0.
f ( x, y)
y 7→ f (y | x ) = .
f X (x)
On a alors
1
∀y ∈ [ x, 1], f (y | x ) = − .
y ln x
De même, on définit la densité conditionnelle de X | Y = y où y ∈ [0, 1] par
f ( x, y)
x 7→ f ( x | y) = .
f Y (y)
On a alors
1
∀ x ∈ [0, y], f ( x | y) = .
y
Séance 8 13
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de E. VIII.6.4
Solution de E. VIII.7.1
Séance 8 14
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
(a) Pour commencer, on justifie qu’il existe δ > 0 tel que K2δ ⊂ Ω. Ceci est dû au fait que puisque
Ω est ouvert, il est voisinage de chacun de ses points. Donc pour tout x ∈ K, il existe r x > 0
tel que B( x, r x ) ⊂ Ω. Ainsi x∈K B( x, r x ) est un recouvrement ouvert de K. Par la propriété de
S
i =1
De plus, K2δ est borné et fermé, donc compact (caractérisation des compacts en dimension finie).
(b) On déduit de la question 3) de l’Exercice VIII.2 que la fonction ψK ∈ C ∞ (Ω) (à ceci près que f
était supposée continue dans l’Exercice VIII.2, mais on vérifiera que le résultat tient également
pour une fonction L1 ).
Si x ∈ K, on vérifie facilement que ψK ( x ) = 1.
On peut par exemple utiliser la question 3) de l’Exercice VIII.6 (ou le voir directement) pour
déduire que suppψK ⊂ K2δ , qui est inclus dans Ω par construction. Donc ψK est à support
compact.
Solution de E. VIII.7.2 Prenons une suite de fonctions (ψKn )n∈N comme suggérée dans l’énoncé.
Soit f ∈ L p (Rd ) et ( f n )n∈N ∈ (C ∞ (Rd ))N telle que k f n − f k p → 0 quand n → ∞ (qui existe par
densité de C ∞ (Rd ) dans L p (Rd )). Considérer alors la suite de fonctions définies pour tout n ∈ N par
f˜n = f n ψKn et conclure.
Séance 8 15
Séance IX : Transformée de Fourier et fonction caractéristique
A) Objectifs de la séance
• je sais exprimer le fait que la transformation de Fourier dans L2 est une isométrie (Parseval);
1
CS 1A - CIP 2022-2023
B) Pour se familiariser avec les concepts (à traiter avant les séances de TD)
Les questions IX.1 et IX.2 sont à traiter avant la séance de TD. Les corrigés sont disponibles sur
internet.
Question IX.2
Soit X une variable aléatoire suivant une loi exponentielle de paramètre λ > 0 et soit Y une loi de
Poisson de paramètre µ > 0.
Q. IX.2.1 Déterminer la fonction caractéristique de X.
Q. IX.2.2 Déterminer la fonction caractéristique de Y.
Séance 9 2
CS 1A - CIP 2022-2023
C) Exercices
Nous allons étudier l’exemple classique de la transformée d’un signal gaussien. Ceci permettra de
mettre en oeuvre des méthodes usuelles de calcul de transformées.
E. IX.1.1 Soit f ( x ) = exp(−cx2 ) avec c > 0. Montrer que f admet une transformée de Fourier.
E. IX.1.2 (a) Trouver une équation différentielle simple vérifiée par f .
(c) Déterminer F f .
E. IX.1.3 Trouver un invariant pour la transformée de Fourier F .
La transformée de Fourier d’une fonction de carré intégrable existe mais la formule usuelle
1
Z
F f (y) = √ f ( x )e−ixy λ(dx )
2π R
n’est plus valable. Nous allons établir des formules adaptées à ce cas.
1 d 1 − e−ixy
Z
F f (y) = √ f ( x ) λ(dx ) p.p.
2π dy R ix
Soit C`0 (R) l’ensemble des fonctions continues sur R qui converge vers 0 en ±∞. On a vu en cours
que F ( L1 ) ⊆ C`0 (R). Le but du prochain exercice est de démontrer la non-surjectivité de F : L1 (R) →
C`0 (R).
Séance 9 3
CS 1A - CIP 2022-2023
(a) Montrer que g est une fonction continue et tend vers 0 en −∞ et +∞ (i.e. g ∈ C`0 (R)).
(b) Montrer que si g est la transformée de Fourier d’une fonction f , alors nécessairement f est im-
paire. [Indication: on pourra utiliser l’injectivité de la transformée de Fourier, en la démontrant.]
(c) Montrer que g n’est pas la transformée de Fourier d’une fonction intégrable.
D) Approfondissement
Séance 9 4
CS 1A - CIP 2022-2023
Séance 9 5
CS 1A - CIP 2022-2023
Séance 9 6
CS 1A - CIP 2022-2023
E2
kt f (t)k2L2 kyF f (y)k2L2 ≥ .
4
∗(b) Montrer, en considérant la fonction t 7→ g(t) = exp(−t2 /2), que 1/4 est le coefficient optimal.
E. IX.7.5 (a) Soit g(t) = f (t + t0 ) exp(−ity0 ) pour t0 et y0 fixés dans R. Calculer F g.
(b) En déduire
! !
| f (t)| 2 |F f (y)| 2 1
Z Z
( t − t0 )2 λ(dt) ( y − y0 )2 λ(dy) ≥ .
R E R E 4
(c) Trouver les valeurs de t0 et y0 qui minimisent les intégrales du membre de gauche de l’inégalité
précédente.
Interpréter les valeurs obtenues tm et ym comme des valeurs moyennes.
En déduire que les intégrales représentent les variances de t et y.
Séance 9 7
CS 1A - CIP 2022-2023
Variance(temps).Variance(energie) ≥ C
Variance(temps).Variance(frequence) ≥ K.
Interprétation :
Les fonctions α et β peuvent être interprétées comme des densités (≥ 0, L1 , α dλ = β dλ = 1).
R R
Ainsi tm est la valeur moyenne de t et ym est la valeur moyenne de y et l’inégalité de 5b) fait
apparaître des variances : Var(t) et Var(y).
Comme y s’interprète comme une pulsation ω, en multipliant par h̄2 et en remarquant que E = h̄ω
est une énergie, l’inégalité de 5b) peut s’écrire:
h̄2
Var(temps) Var(energie) ≥ C = .
4
De même, en remarquant que la fréquence est donnée par f = ω/2π, on trouve :
1
Var(temps) Var(frequence) ≥ K = .
16π 2
Comme ces variances sont des précisions, on peut en déduire l’interprétation en traitement du signal :
Un signal localisé en temps ne peut pas l’être en fréquence (ou en énergie) et réciproquement.
Tout signal borné en fréquence peut être reconstitué à partir d’un échantillonage de fréquence
adapté.
Séance 9 8
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E. IX.8.4 En notant sinc (u) = sin(u)/u le sinus cardinal, montrer que la série
nπ
∑ f( ) sinc (tb − nπ )
n∈ Z b
• f continue sur R.
• ∃ M > 0, ∃α > 1 : ∀ x ∈ R, | f ( x )| ≤ M
(1+| x |)α
.
∞ ˆ
−∞ | f ( n )| < ∞.
• ∑+
−∞ f ( x + n ), pour tout x ∈ R.
∞
On considère F ( x ) = ∑+
E. IX.9.1 ∗(a) Montrer que la fonction F est continue.
(b) Montrer que la fonction F admet 1 pour période.
E. IX.9.2 Trouver le développement en série de Fourier de F.
*E. IX.9.2 Montrer que la série de Fourier de F converge simplement vers F. [Indication : on pourra
utiliser le théorème de Féjer.]
E. IX.9.4 En déduire la formule sommatoire de Poisson:
+∞ +∞
∑ f (n) = ∑ fˆ(n).
−∞ −∞
E. IX.9.5 En déduire la formule valable pour la définition usuelle (en mathématiques) de la trans-
formée de Fourier:
√ +∞ +∞
2π ∑ f (2πn) = ∑ F f (n).
−∞ −∞
∞
E. IX.9.6 Soit a > 0. Calculer la transformée de Fourier de exp(−2πa|t|). En déduire ∑+
−∞
1
n2 + a2
.
Séance 9 9
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de Q. IX.1.1
Z 1 r
1 −ixy 2 sin(y)
F (1[−1,1] )(y) = √ e dx = .
2π −1 π y
(b) F n’est pas une application de L1 dans L1 puisque d’après ce qui précède on peut avoir f ∈ L1
et F f 6∈ L1 .
Solution de Q. IX.1.2
sin(t) sin(t)
(a) F t 7→ t existe puisque t 7→ t est dans L2 .
Or, d’après le cours (voir démonstration à l’exercice IX.2), pour une fonction g de L2 (ou de L1 ),
on a la limite suivante dans L2
1
Z
F̄ g( x ) = lim √ g(y) e+iyx dy
n→+∞ 2π [− n,n ]
1
Z
= lim √ g(y) e−iy(− x) dy
n→+∞ 2π [−n,n]
= F g(− x ).
Donc r r
sin(y) π π
F y 7→ (x) = 1 (− x ) = 1 ( x ).
y 2 [−1,1] 2 [−1,1]
(c) F n’est pas un opérateur de L2 dans C0 puisque d’après ce qui précède, on peut avoir f ∈ L2 et
F f 6∈ C0 .
Séance 9 10
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de Q. IX.2.1 La loi de X admet la densité f X ( x ) = λe−λx 1R+ ( x ). Donc par le théorème de
transfert, pour t ∈ R
h i Z
E eitX = eitx f X ( x )λ(dx )
RZ
=λ e x(it−λ) λ(dx )
R+
λ
= .
λ − it
Solution de E. IX.1.1 La fonction f admet une transformée de Fourier car elle est dans L1 (R) (mais
aussi parce qu’elle est dans L2 (R) !).
Solution de E. IX.1.2
f 0 ( x ) + 2cx f ( x ) = 0.
− y2
(c) Ainsi F (y) = K e 4c avec K = F (0). Or:
Z +∞ r Z ∞
1 −ct2 2 2 1
K = F (0) = √ e dt = e−u du = √ ,
2π −∞ πc 0 2c
et donc : 2
1 − y2
F x 7→ e−cx (y) = √ e 4c .
2c
Séance 9 11
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Solution de E. IX.2.1 Comme f est dans L2 , on a f n dans L2 par domination et f n dans L1 par
inégalité de Cauchy-Schwarz. Ainsi f n ∈ L1 ∩ L2 . De plus on vérifie facilement que ( f n )n∈N converge
vers f dans L2 (c’est-à-dire k f n − f k2 tend vers 0).
Vérifiez-le et ne confondez pas convergence simple et convergence dans L2 !
Donc, par la propriété d’isométrie de F dans L2 , on trouve que (F f n ) converge vers F f dans L2 :
1
Z
F f (y) = √ lim f ( x )e−ixy λ(dx ).
2π n→+∞ [−n,n]
lim( g, F f n ) = ( g, lim F f n ) = ( g, F f ).
1
Z Z Z
−ity
lim √ e f (y) λ(dy) λ(dt) = F f (t) λ(dt).
n→+∞ [0,x ] 2π [−n,n] [0,x ]
Par le théorème de Fubini-Tonelli, la fonction (t, y) → 1[0,x] (t)1[−n,n] (y)e−ity f (y) est intégrable sur
R2 . On peut donc appliquer le théorème de Fubini-Lebesgue :
1 e−ixy − 1
Z Z
√ lim f (y) λ(dy) = F f (t) λ(dt).
2π n→+∞ [−n,n] −iy [0,x ]
Or f ∈ L2 (R) et y 7→ e−ixy −1
∈ L2 (R) pour tout x, donc y 7→ f (y) e ∈ L1 (R).
−ixy −1
−iy −iy
Comme
e−ixy − 1 e−ixy − 1
f (y) 1[−n,n] (y) ≤ f (y) ,
−iy −iy
on en déduit, par le théorème de la convergence dominée,
1 e−ixy − 1
Z Z
√ f (y) λ(dy) = F f (t) λ(dt).
2π R −iy [0,x ]
1 d e−ixy − 1
Z
F f (x) = √ f (y) λ(dy).
2π dx R −iy
Z
Remarque : si de plus f ∈ L1 , on peut deriver sous le symbole et on retrouve la formule usuelle
R
de la tranformée de Fourier dans L1 .
Séance 9 12
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Solution de E. IX.3.1 Dans ce qui suit, la fonction sinu u sera toujours supposée prolongée par con-
tinuité en 0 (égale à 1). On rappelle que cette fonction n’est pas dans L1 (R), mais qu’elle est semi-
convergente au sens de Riemann. En effet, par une intégration par parties de l’intégrale de Riemann:
∀ x > 0,
− cos u +∞
Z +∞ Z +∞
sin u cos u
du = − du
x u u x x u2
Z +∞
cos x cos u
= − du.
x x u2
En particulier, pour tout x ∈ R, θ ( x ) est bien définie et continue. En tant que fonction continue sur
R+ qui tend vers 0 en +∞, elle est donc également bornée.
1 2i
Z Z
−ixy
F f (y) = √ f (x) e λ(dx ) = − √ f ( x ) sin( xy) λ(dx ).
2π R 2π R+
Donc
−2i 1
Z Z
φ(z) = √ f ( x ) sin( xy) λ(dx ) λ(dy).
2π [1,z] y R+
Pour tout z ∈ R∗+ , la fonction ( x, y) 7→ f ( x ) R+ × [1, z]. Le théorème de
sin( xy)
y est intégrable sur
Fubini implique donc que
F f (y) −2i
Z Z
lim φ(z) = dy = √ f ( x ) θ ( x ) λ(dx ).
z→+∞ [1,+∞) y 2π R+
Solution de E. IX.3.3
(a)
Séance 9 13
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de E. IX.4.1 Le lemme de Riemann-Lebesgue (cf Exercice VII.3) assure que pour f dans
L1 , F f ( x ) tend vers 0 quand x tend vers +∞. Ainsi la fonction constante égale à 1 ne peut pas être la
transformée de Fourier d’une fonction intégrable.
√
Solution
√ de E. IX.4.2 Si f ∗ f = f alors √ x de R, F f ( x ) vaut 0
2π (F f )2 = F f et donc pour tout
ou 1/ 2π. Comme F f est continue, on en déduit que F f = 0 ou F f = 1/ 2π et donc, d’après la
question 1), seul F f = 0 convient.
√
Solution
√ de E. IX.4.3 Si pour tout f intégrable, g ∗ f = f , alors 2π F g F f = F f . Donc F g =
1/ 2π ce qui est impossible d’après la question 1). Ainsi le problème n’a pas de solution.
Solution de E. IX.4.4
Donc
Z Z
|F f ( x )| λ(dx ) ≤ 2kF f k∞ + | x F f ( x )| λ(dx )
R {| x |≥1}
≤ 2kF f k∞ + k x F f ( x )k1 < +∞.
Séance 9 14
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Solution de E. IX.5.1
(a) Grâce au théorème d’inversion et aux formules
1
Z
(F f )(y) = √ lim f ( x ) e−ixy λ(dx )
2π n→+∞ [−n,n]
et
1
Z
(F̄ g)( x ) = √ lim g(y) e+ixy λ(dy) = F g(− x ),
2π n →+ ∞ [− n,n ]
(b) Si a est une valeur propre pour F , alors il existe une fonction non nulle f de L2 telle que F ( f ) =
a. f .
Le résultat précédent implique donc a4 = 1.
On en déduit que les valeurs propres possibles pour F sont : 1, −1, i et −i.
Solution de E. IX.5.2
√
(a) Posons αn = ( π2n n!)−1/2 .
Après n intégrations par parties on obtient :
dn y2 /2+ixy
Z Z
2
eixy ψn (y) λ(dy) = αn e−y e λ(dy).
R R dyn
(b) D’où :
α 2
Z
2 d
n 2
F̄ ψn ( x ) = √ n e x /2 e−y e(ix+y) /2 λ(dy)
2π R dy n
α 2
Z
2 d
n 2
= √ n e x /2 (−i )n e−y e(ix+y) /2 λ(dy).
2π R dx n
Séance 9 15
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(c) En utilisant le théorème de dérivation des intégrales à paramètre pour sortir la dérivation de
l’intégrale et en calculant l’intégrale obtenue, on trouve F̄ ψn = in ψn .
Solution de E. IX.5.3
Solution de E. IX.5.4 Soit g une fonction de L2 (R). Les ψn forment une base hilbertienne donc, en
notant cn = (ψn | g) :
+∞
g= ∑ cn ψn .
−∞
Par continuité de F , on a :
+∞ +∞ +∞
Fg = F ∑ cn ψn = ∑ cn F ψn = ∑ cn (−i)n ψn .
−∞ −∞ −∞
λ λ λ2
= − = 2 .
2(it + λ) 2(it − λ) λ + t2
Séance 9 16
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
1 λ2
Z
λ −λ| x |
e = g( x ) = e−itx dt.
2 2π λ2 + t2
En posant λ = c, on trouve
1 c
Z
eitx dt = e−c| x| ,
π c + t2
2
c’est-à-dire
E[eitX ] = e−c|t| .
∀ t ∈ R, ϕ X +Y ( t ) = ϕ X ( t ) ϕ Y ( t )
0 0
= e−c|t| e−c |t| = e−(c+c )|t| .
Solution de E. IX.6.5 Si X et Y sont des variables aléatoires indépendantes, de même loi de Cauchy
de paramètre c, alors d’après la question précédente les variables X/2 et Y/2 suivent une loi de
Cauchy de paramètre c/2. D’après la question 3., leur somme X + Y
2 suit donc une loi de Cauchy de
paramètre c.
Solution de E. IX.7.1
Solution de E. IX.7.2
Séance 9 17
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
(a) L’idée est d’utiliser le résultat de la question précédente et d’appliquer trois fois Fubini-Tonelli.
Plus précisément, nous allons montrer que
Z Z
∀ ϕ ∈ D(R), F ( f 0 ) ϕ dλ = (iyF f (y)) ϕ(y) λ(dy),
R R
où on rappelle que D(R) (parfois aussi noté Cc∞ (R)) est l’espace des fonctions indéfiniment
dérivable à support compact.
Considérons une fonction ϕ indéfiniment dérivable et à support compact quelconque.
Comme f 0 est dans L2 , F ( f 0 ) l’est aussi. Par ailleurs ϕ2 est continue à support compact, donc ϕ
est aussi L2 . Ainsi, par théorème de Cauchy-Schwarz, F ( f 0 ) ϕ est L1 .
On peut donc écrire Z Z
F ( f 0 ) ϕ dλ = F ( lim f 0 1[−n,n] ) ϕ dλ.
R R n→+∞
1
Z Z Z
0
F ( f ) ϕ dλ = lim √ f 0 ( x ) e−ixy λ(dy) ϕ(y) λ(dx )
R n→+∞ R 2π [−n,n]
1
Z Z
= lim √ ϕ(y)e−ixy λ(dy) f 0 ( x ) λ(dx )
n→+∞ [−n,n]
Z
2π R
= (F ϕ)( x ) f 0 ( x ) λ(dx ). (IX.1)
R
Maintenant, on veut démontrer que
Z Z
0
F ( f ) ϕ dλ = − (F ϕ)0 f dλ. (IX.2)
R R
Il s’agit d’appliquer une intégration-par-parties à l’égalité (IX.1). Pour cela, nous pouvons utiliser
l’IPP établie pour la mesure de Lebesgue sur [0, 1] à l’Exercice ??. On vérifie ici qu’on peut bien
appliquer cette formule à tout segment [− A, A], A ∈ R+ . L’équation (IX.2) découle alors d’un
passage à la limite (à justifier) lorsque A → +∞.
Maintenant, comme les applications ϕ et x 7→ xϕ( x ) sont intégrables, la théorème de dérivation
de la transformée de Fourier assure que
(F ϕ)0 = F (−iyϕ(y)).
Ainsi Z Z
F ( f 0 ) ϕ dλ = − F (−iyϕ(y))( x ) f ( x ) λ(dx ).
R R
Séance 9 18
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de E. IX.7.3
(a) La fonction g est L1 comme produit de fonction L2 .
On a, par simple dérivation :
0 0
g0 (t) = (t f )0 f + t f f = f f + t f 0 f + t f f
Solution de E. IX.7.4
Solution de E. IX.7.5
1
Z
F g(y) = √ lim f (t + t0 )e−ity0 e−ity λ(dt)
2π n →+ ∞ [−n,n]
1
Z
=√ lim f (u)e−i(u−t0 )(y+y0 ) λ(du).
2π n→+∞ [−n+t0 ,n+t0 ]
Donc
F g(y) = eit0 (y+y0 ) F f (y + y0 ).
E2
Z Z
|t f (t + t0 )|2 λ(dt) |yF f (y + y0 )|2 λ(dy) ≥
R R 4
et donc :
2
2 | f ( u )| |F f ( x )|2 1
Z Z
( u − t0 ) λ(du) ( x − y0 )2 λ(dx ) ≥ .
R E R E 4
Séance 9 20
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
3. On calcule :
Z Z Z Z
2 2 2 2 2
(u − t0 ) | f (u)| λ(du) = u | f (u)| λ(du) − 2t0 u| f (u)| λ(du) + t20 | f (u)|2 λ(du).
R R R R
u | f |2 u | f |2
R R
Le minimum est atteint en tm = = E .
| f |2
R
x |F f |2
R
De même on prend ym = E .
| f (u)|2 |F f ( x )|2
Posons α(u) = E et β( x ) = E .
Solution de E. IX.8.1
1
Z
fe(t) = √ F f ( x )eitx λ(dx )
2π [− a,a]
1
Z
fe = √ F f ( x ) eitx λ(dx ).
2π [− a,a]
N ∞ n n
(itx )n t a
F f (x) ∑ ≤ |F f ( x )| ∑ = |F f ( x )| eta ∈ L1 ([− a, a]).
0 n! 0 n!
1 ∞ (i )n n
Z a
f (t) = √
e ∑ −a F f (x)x dx n! t
2π 0
n
C’est la somme d’une série entière de rayon de convergence +∞ donc le membre de droite est
un représentant indéfiniment dérivable sur R de f .
Solution de E. IX.8.2
Séance 9 21
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
1
Z
cn = g( x )e−inωx λ(dx )
T T
1 b
Z
2iπ
= g( x )e− 2b nx dx
2b −b
1 a
Z
F f ( x )e−i b dx
πnx
=
2b −a
1
Z
nπ
= F f ( x )ei(− b )x λ(dx )
2b R
√
2π nπ
= F (F f )(− )
√2b b
2π nπ
= f (− ).
2b b
c’est-à-dire
∞
nπ 2
Z b
1 2π
2b −b
| g |2 = ∑ 4b2 f (−
b
) .
−∞
2b [−b,b]
g( x ) −
2b ∑ f (−
b
)e b λ(dx ) −→ 0.
N →∞
−N
Séance 9 22
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Posons En ( x ) = e(i nπ
b x ) sur [− b, b ] et 0 ailleurs.
Comme F f ( x ) = g( x ) sur [−b, b] et 0 ailleurs, on a :
√ N
2
2π nπ
Z
R
F f (x) −
2b ∑ f (−
b
) En ( x ) λ(dx ) → 0,
−N
c’est-à-dire : √ +∞
2π nπ
Ff = ∑ f (− ) En (dans L2 (R)).
2b −∞ b
Donc, en utilisant F̄ : √ ∞
2π nπ
f =
2b ∑ f (− b
)F En .
−∞
Or Z b
1 nπ 2b
F En = √ ei b x +ixt dx = sinc (nπ + tb) √ .
2π −b 2π
D’où, dans L2 (R),
∞
nπ
f (t) = ∑ f (− b
) sinc (nπ + tb).
−∞
Ou encore
∞
nπ
f (t) = ∑ f( b
) sinc (tb − nπ ).
−∞
Solution de E. IX.8.5 Pour montrer qu’il y a convergence uniforme, il est nécessaire et suffisant de
montrer que
N
f (t) − ∑ f n (t) −→ 0
N →∞
−N ∞
avec f n (t) = f (− nπ
b ) sinc ( nπ + tb ).
Or
nπ nπ 1 b i nπx +ixt
Z
f n (t) = f (− ) sinc (nπ + tb) = f (− ) e b dx
b b 2b −b
et Z b
1
f (t) = F F f (t) = √ F f ( x )eixt dx.
2π −b
Donc
N Z b N
F f (x) nπ 1 inπx
f (t) − ∑ f n (t) ≤ √ − ∑ f (− ) e b dx.
−N −b 2π −N b 2b
N Z b N
√
1 nπ 2π i nπx
f (t) − ∑ f n (t) ≤ √ F f ( x ) − ∑ f (− ) e b dx.
−N 2π −b −N b 2b
Séance 9 23
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Par Cauchy-Schwarz,
2
N Z b Z b N
1
f (t) − ∑ F f ( x ) − ∑ cn e i nπx
1 1
f n (t) ≤ √ ( 1dx ) (
2 b dx ) 2 .
−N 2π −b −b −N
Solution de E. IX.9.1
(a) Soit A > 0. Montrons que la suite ∑nN=− N f ( x + n) converge normalement sur [− A, A].
M
Si |n| ≥ 2A et | x | ≤ A alors | x + n| ≥ |n| − | x | ≥ |n| − A ≥ |n|/2 et donc | f ( x + n)| ≤ (1+|n|/2)α
.
Comme α > 1, la série des sup| f ( x + n)| converge et donc ∑nN=− N f ( x + n) converge normale-
ment (sur [− A, A]).
Comme les fonctions x 7→ f ( x + n) sont continues, on peut en déduire que F est continue sur
R (vous pourrez utiliser, en le démontrant si besoin, que la somme d’une série de fonctions
continues qui converge uniformément est continue).
(b) On a :
+∞ +∞
F ( x + 1) = ∑ f ( x + n + 1) = ∑ f ( x + m ) = F ( x ).
n=−∞ m=−∞
Séance 9 24
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
et donc
+∞ Z 1 + ∞ Z n +1
cm = ∑ f (t + n) exp(−2iπm(t + n)) dt = ∑ f (u) exp(−2iπmu) du.
n=−∞ 0 n=−∞ n
On en déduit Z +∞
cm = f (u) exp(−2iπmu) du = fˆ(m).
−∞
Solution de E. IX.9.2 La série de Fourier ∑ cm exp(2iπmx ) converge simplement car: pour tout x,
+∞ +∞
∑ |cm exp(2iπmx)| = ∑ | fˆ(m)| < +∞.
−∞ −∞
En faisant x = 0 on obtient :
+∞ +∞
∑ fˆ(m) = ∑ f ( n ).
m=−∞ n=−∞
a
Solution de E. IX.9.6 Pour f (t) = exp(−2πa|t|), on trouve fˆ( x ) = .
π ( a2 + x2 )
Séance 9 25
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
pour a > 0.
Séance 9 26
Séance X : Fonctions caractéristiques et vecteurs gaussiens
A) Objectifs de la séance
• je comprends la définition d’un vecteur gaussien et je ne le confonds pas avec un vecteur com-
posé de variables réelles de loi normale;
• je sais reconnaître qu’un vecteur est gaussien, à partir de la forme de sa fonction caractéristique
ou de sa densité;
1
CS 1A - CIP 2022-2023
B) Pour se familiariser avec les concepts (à traiter avant les séances de TD)
Les questions X.1 et X.2 sont à traiter avant la séance de TD. Les corrigés sont disponibles sur
internet.
Question X.1
Question X.2
Q. X.2.1 Pour chaque matrice Σ ci-dessous, dire (et justifier) s’il existe un vecteur gaussien de
moyenne nulle et de matrice de covariance Σ:
2 0 0 3 1 0
1 0 2 1 −2
Σ= ; Σ = 0 1 0 ; Σ = ; Σ = 1 3 0 .
2 0 1 −2 1
0 0 3 0 0 6
Séance 10 2
CS 1A - CIP 2022-2023
C) Exercices
Exercice X.1
Soient ρ ∈] − 1, 1[ et ( X, Y ) un couple de variables aléatoires réelles, dont la loi admet la densité
f : R2 → R+ définie par
1 1
∀ x, y ∈ R, f ( x, y) = exp − 2 2
( x − 2ρxy + y ) .
2(1 − ρ2 )
p
2π 1 − ρ2
Y − ρX
E. X.1.1 Montrer que les variables aléatoires X et Z = p sont indépendantes et de même loi
1 − ρ2
N (0, 1). En déduire la valeur de P( X > 0, Y > 0).
L’exercice suivant fournit une méthode pour simuler des variables aléatoires gaussiennes à partir
du tirage de variables uniformes. Ce procédé constitue une alternative à la méthode vue en cours
pour simuler des variables continues en utilisant leurs fonctions de répartition. Contrairement à cette
dernière, la méthode permet de simuler des vecteurs gaussiens à valeurs dans R N avec N > 1.
(a) Exprimer E[h( X, Y )] comme une intégrale par rapport à la mesure de Lebesgue de R2 .
(b) A l’aide d’un changement de variable, en déduire que la loi du vecteur aléatoire ( X, Y ) est ab-
solument continue par rapport à la mesure de Lebesgue. Déterminer sa densité.
(c) En déduire que X et Y sont indépendantes et de même loi normale N (0, 1).
Dans le cours, on a vu un exemple de deux v.a. non-corrélées mais qui ne sont cependant pas
indépendantes. Il constitue un contre-exemple à l’équivalence entre les notions de non-corrélation et
d’indépendance. L’exercice suivant fournit un autre contre-exemple.
Exercice X.3
Soit X une variable aléatoire réelle de loi N (0, 1). Pour tout a > 0, on considère
Séance 10 3
CS 1A - CIP 2022-2023
E. X.3.1 Exprimer E[h(Y a )] pour toute fonction h borélienne bornée. En déduire que la v.a. Y a est
gaussienne.
E. X.3.2 Le couple ( X, Y a ) est-il gaussien? (On étudiera la v.a. X + Y a .)
E. X.3.3 Montrer qu’il existe b > 0 tel que
Z b
1 t2 1
√ t2 e− 2 dt = .
2π 0 4
Calculer Cov( X, Y b ).
Les v.a. X et Y b sont-elles indépendantes?
L’exercice suivant étudie l’indépendance entre des transformations linéaires d’un vecteur gaussien.
Exercice X.4
Soit X un vecteur aléatoire gaussien à valeurs dans Rn , de matrice de covariances K.
E. X.4.1 Soient T1 et T2 des matrices de dimensions respectives n1 × n et n2 × n. On considère des
vecteurs aléatoires Y1 = T1 X et Y2 = T2 X.
(b) Soit ΣY1 Y2 = [Cov((Y1 )i , (Y2 ) j )]i,j . A quelle condition sur ΣY1 Y2 les vecteurs aléatoires Y1 et Y2
sont-ils indépendants?
E. X.4.2 On suppose maintenant que X suit la loi N (0, In ). Soient E un sous-espace vectoriel de
Rn et E⊥ son supplémentaire orthogonal. On note A et B les matrices représentant les projections
orthogonales p E et p E⊥ sur E et E⊥ respectivement.
Montrer que les vecteurs aléatoires AX et BX sont indépendants.
E. X.4.3 Déduire de la question précédente l’indépendance des variables aléatoires
1 n
n i∑
X= Xi et ( X1 − X, . . . , Xn − X ),
=1
où X = ( X1 , . . . , Xn ).
D) Approfondissement
Séance 10 4
CS 1A - CIP 2022-2023
Exercice X.5
Sur un espace de probabilité (Ω, F , P), soit X1 , . . . , Xn une famille de variables aléatoires réelles in-
dépendantes de loi normale N (0, 1). Soient a1 , . . . , an et b1 , . . . , bn des nombres réels.
Le but de cet exercice est de trouver une condition nécessaire et suffisante d’indépendance des
variables aléatoires Y = ∑in=1 ai Xi et Z = ∑in=1 bi Xi .
E. X.5.1 Le vecteur ( X1 , . . . , Xn ) est-il un vecteur gaussien?
E. X.5.2 Le vecteur (Y, Z ) est-il un vecteur gaussien?
E. X.5.3 En déduire une condition nécessaire et suffisante sur les a1 , . . . , an , b1 , . . . , bn d’indépendance
entre Y et Z.
E. X.6.1 Pour tout n ∈ N∗ , on considère la famille de matrices n × n ( Jk,n )1≤k≤n définies par Jn,n =
In , et pour 1 ≤ k ≤ n − 1,
Ik 0
Jk,n =
0 0
Montrer que si K est une matrice symétrique positive de rang k, il existe une matrice inversible A telle
que K = AJk,n A T .
E. X.6.2 Soit Y un vecteur aléatoire de Rn , µ ∈ Rn et K une matrice symétrique positive de taille
n × n. Montrer que Y suit la loi normale N (µ, K ) si et seulement si Y peut s’écrire
Y = AJk,n X + µ
où X est un vecteur gaussien N (0, In ) à valeurs dans Rn , et A est une matrice inversible vérifiant
K = AJk,n A T .
Séance 10 5
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de Q. X.1.1 On note Y = ∑nj=1 X j . D’après le cours, on sait que l’indépendance des X j
implique que
n n
n(n + 1) it
ϕY ( t ) = ∏ ϕ Xj (t) = ∏ exp{ j(eit − 1)} = exp 2
( e − 1) ,
j =1 j =1
Solution de Q. X.1.2 On observe que ϕ(Y,Z) (t1 , t2 ) = ϕY (t1 ) ϕ Z (t2 ) et donc Y et Z sont indépen-
dantes.
Solution de Q. X.2.1 La première n’est pas carrée, ce n’est donc pas une matrice de covariance.
La deuxième est bien symétrique définie positive, donc il existe un vecteur gaussien de covariance
donnée par cette matrice.
La troisième n’est pas définie positive (calculer par exemple UΣU T pour le vecteur U = (1, 1)).
La quatrième est une matrice de covariance.
Solution de E. X.1.1 Pour étudier l’indépendance des variables X et Z, il s’agit de considérer la loi
du couple ( X, Z ). Ainsi, en utilisant le théorème de transfert, puis la définition de la densité f par
rapport à la mesure de Lebesgue λ de R2 , pour tout B ∈ B(R2 ), on a
!
Z Y (ω ) − ρX (ω )
P ( X, Z) ∈ B = 1 B X (ω ), p P(dω )
Ω 1 − ρ2
!
y − ρx
Z
= 1 x, p P(X,Y ) (dx, dy)
R2 B 1 − ρ2
!
y − ρx
Z
= 1 x, p f ( x, y) λ(dx, dy).
R2 B 1 − ρ2
R R2
2
→ !
ϕ: y − ρx .
( x, y) 7→
w = x, z = p
1−ρ 2
On vérifie que ϕ définit bien un C1 -difféomorphisme, dont l’inverse s’exprime par ϕ−1 : (w, z) 7→
−
p 1
p
( x = w, y = ρw + 1 − ρ z) et admet le jacobien J ϕ (w, z) = 1 − ρ2 .
2
Séance 10 6
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
1 −r2 /2
Z
P( X > 0, Y > 0) = e r λ(dr, dθ )
R+ ×[α,π/2[ 2π
1 1
Z
α
= λ(dθ ) = − .
[α,π/2[ 2π 4 2π
Solution de E. X.2.1 Attention, l’énoncé n’est pas assez précis pour la définition de X et Y. En effet,
le fait que U soit une variable aléatoire réelle de loi uniforme sur [0, 1] ne signifie absolument pas que
U (ω ) ∈]0, 1] pour tout ω. Autrement dit, le fait que U ; U ([0, 1]) implique P(U ∈]0, 1]) = 1, mais
l’ensemble {ω ∈ Ω : U (ω ) ∈ / ]0, 1]} ne se réduit pas nécessairement à l’ensemble vide, bien que de
probabilité nulle.
L’application ϕ : R2 → R définie par
Séance 10 7
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
est borélienne. Par composition, l’application ϕ(U, V ) : (Ω, F ) → (R, B(R)) est mesurable et définit
donc une variable aléatoire. En remarquant que P(U ∈ / ]0, 1[) = 0, on a X = ϕ(U, V ) presque sure-
ment.
On raisonne de la même façon pour Y.
Solution de E. X.2.2
(a) En utilisant successivement le théorème de transfert, l’indépendance de U et V et les densités de
probabilité de U et V, on écrit
Z
E[h( X, Y )] = h((−2 ln U )1/2 cos(2πV ), (−2 ln U )1/2 sin(2πV )) P(U,V ) (du, dv)
ZR
2
= h((−2 ln U )1/2 cos(2πV ), (−2 ln U )1/2 sin(2πV )) 1]0,1[2 (u, v) dλ(u, v),
R2
où λ désigne la mesure de Lebesgue.
R+ × [0, 2π [ → R2
(r, θ ) 7→ ( x = r cos θ, y = r sin θ )
Séance 10 8
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
On obtient
1 −(x2 +y2 )/2
Z
E[h( X, Y )] = h( x, y) e λ(dx, dy).
R
2 2π
ce qui montre que le vecteur ( X, Y ) admet la densité de probabilité
(c) On en déduit alors que les lois marginales, les lois de X et de Y, admettent des densités f X et f Y
définies par
1
Z
∀ x ∈ R,
2
f X (x) = f ( x, y) λ(dy) = √ e− x /2
R 2π
1 −y2 /2
Z
∀ y ∈ R, f Y (y) = f ( x, y) λ(dx ) = √ e .
R 2π
Donc, les variables aléatoires suivent la même loi normale N (0, 1). De plus, comme f ( x, y) =
f X ( x ) f Y (y) pour tous x, y ∈ R, les variables aléatoires X et Y sont indépendantes.
1
Z
E[h(Y )] =
2
a
h( x ) √ e− x /2 dx,
R 2π
ce qui montre que Y a a pour loi de probabilité N (0, 1).
Solution de E. X.3.2 On a
X + Y a = 2X 1{|X |<a} .
Comme X 6= 0 presque surement, on en déduit
P( X + Y a = 0) = P(| X | ≥ a).
Or 0 < P(| X | ≥ a) < 1, ce qui montre que X + Y a ne peut pas être une variable aléatoire gaussienne
et donc que ( X, Y a ) n’est pas un vecteur gaussien.
Séance 10 9
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
1 1
lim G (u) = E[ X 2 ] = .
u→+∞ 2 2
On en déduit que G définit une bijection de R+ sur [0, 1/2[. On peut alors définir b = G −1 (1/4).
On a alors Z b Z +∞
1 2
2 − t2 1 1 t2
√ t e dt = = √ t2 e− 2 dt.
2π 0 4 2π b
On calcule alors
Cov( X, Y b ) = E[ XY b ]
= E[ X 2 1{|X |<b} − X 2 1{|X |≥b} ]
Z b Z +∞
2 2 − t2
2 2 t2
=√ t e dt − √ t2 e− 2 dt = 0.
2π 0 2π b
Les variables aléatoires X et Y b ne sont pas indépendantes car si elles l’étaient, le vecteur ( X, Y b )
serait gaussien, ce qui contredit la question 2).
Solution de E. X.4.1
où µ ∈ Rn1 +n2 et D ∈ Rn1 +n2 × Rn1 +n2 sont le vecteur moyenne et la matrice de covariances de
Y.
D’autre part, ϕY1 ϕY2 s’écrit
!
n1
1
ϕY1 (t1 , . . . , tn1 ) ϕY2 (tn1 +1 , . . . , tn1 +n2 ) = exp i ∑ µ j t j − ∑ t j Dj,k tk
j =1
2 1≤ j,k ≤n 1
!
n1 + n2
1
× exp i ∑ µj tj −
2n ∑ t j D j,k tk .
j = n1 1 < j,k ≤ n1 + n2
Séance 10 10
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
(c) Sans perte de généralité, on peut supposer E[ X ] = 0 (sinon on remplace X par X − E[ X ]). On a
alors
E = R.(1, 1, . . . , 1)t
alors
1/n 1/n ... 1/n
1/n 1/n ... 1/n
A=
...
.
1/n 1/n ... 1/n
Comme p E + p E⊥ = Id, on a B = In − A.
On a alors
AX = ( X, X, ..., X )t
BX = ( X1 − X, X2 − X, ..., Xn − X )t .
Séance 10 11
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de E. X.5.1 Par définition, un vecteur aléatoire U = (U1 , . . . , Un ) est gaussien si toute com-
binaison linéaire de ses composantes suit une loi normale, autrement dit si pour tous réels λ1 , . . . , λn ,
la variable aléatoire réelle ∑in=1 λi Ui suit une loi normale.
Comme premier exemple, on a vu en cours que lorsque U1 , . . . , Un sont indépendantes et suiv-
ent des lois normales, alors le vecteur (U1 , . . . , Un ) est gaussien. Ainsi, ( X1 , . . . , Xn ) est un vecteur
gaussien. En effet, pour tout i, la variable aléatoire λi Xi suit la loi N (0, λ2i ). Comme les v.a. λi Xi sont
indépendantes et que la somme de gaussiennes indépendantes est une gaussienne (cf. cours), la v.a.
∑i λi Xi est gaussienne.
Solution de E. X.5.3 Un résultat important du cours sur les vecteurs gaussiens énonce que pour un
vecteur gaussien (U1 , . . . , Un ), les v.a. sont indépendantes si et seulement si Cov(Ui , Uj ) = 0 pour tous
i, j.
Comme (Y, Z ) forme un vecteur gaussien, Y et Z sont indépendantes si et seulement si Cov(Y, Z ) =
0.
On détermine E[Y ] = ∑i ai E[ Xi ] = 0 et E[ Z ] = ∑i bi E[ Xi ] = 0. Donc
= ∑ a i b j E [ X i X j ] = ∑ a i bi
i,j i
Séance 10 12
Séance XI : Convergence de variables aléatoires
A) Objectifs de la séance
• je connais les différentes définitions de convergence d’une suite de v.a. : en probabilité, presque
sûre, dans L p ;
• je suis capable d’appliquer la Loi des Grands Nombres, en vérifiant ses hypothèses précises;
• je suis capable d’appliquer le Théorème Central Limite, en vérifiant ses hypothèses précises;
• je sais exprimer la différence entre les conclusions de la Loi des Grands Nombres et celles du
Théorème Central Limite.
1
CS 1A - CIP 2022-2023
B) Pour se familiariser avec les concepts (à traiter avant les séances de TD)
Les questions XI.1 et XI.2 sont à traiter avant la séance de TD. Les corrigés sont disponibles sur
internet.
Question XI.1
Soit ( Xn )n∈N∗ une suite de variables aléatoires dans L2 (Ω, F , P), qui converge vers une variable aléa-
toire X dans L2 (Ω, F , P), lorsque n → ∞.
Q. XI.1.1 Montrer que Var( Xn ) tend vers Var( X ) lorsque n → ∞.
Question XI.2
Soient ( Xn )n∈N une suite de variable aléatoires réelles de lois gaussiennes N (µn , σn2 ). On suppose que
limn µn = µ et limn σn = σ.
Q. XI.2.1 Montrer que la suite ( Xn )n∈N converge en loi vers une v.a. X de loi normale N (µ, σ2 ).
Séance 11 2
CS 1A - CIP 2022-2023
C) Exercices
Exercice XI.1
Soit ( Xn )n∈N∗ une suite de variables aléatoires de densités ( f n )n∈N∗ définies par
n
∀ x ∈ R, f n (x) = ,
π (1 + n2 x 2 )
pour tout n ≥ 1.
E. XI.1.1 Quels sont les modes de convergence de Xn , lorsque n tend vers l’infini?
En déduire que pour tout e > 0, il existe δ > 0 tel que pour tout n ∈ N∗ et tout x ∈ [0, 1],
x (1 − x )
| pn ( x ) − f ( x )| ≤ e + 2 sup | f ( x )].
nδ2 x∈[0,1]
E. XI.2.3 Démontrer le théorème de Weierstrass : Toute application continue de [0, 1] dans R est
limite uniforme d’une suite de polynômes.
Séance 11 3
CS 1A - CIP 2022-2023
D) Approfondissement
∀ x ∈ Rd ; h1 ( x ) = h ( x ) + Mh ; h2 ( x ) = Mh − h ( x )
et
L
E. XI.4.3 En déduire que Xn → X.
E. XI.4.4 Que se passe-t-il si ( f n )n∈N ne converge que presque partout?
Exercice XI.5
Soit X une variable aléatoire à valeurs dans ( E, E ). On considère A ∈ E et on cherche à "estimer" la
probabilité P( X ∈ A).
Séance 11 4
CS 1A - CIP 2022-2023
Pour cela, on considère une suite de v.a. ( Xn )n∈N∗ i.i.d. de même loi que X, et on étudie pour tout
n≥1
Rn = Card {1 ≤ i ≤ n : Xi ∈ A} .
E. XI.5.1 Montrer que pour tout n ≥ 1, Rn définit une variable aléatoire réelle.
E. XI.5.2 Calculer E[ Rn ] et Var( Rn ).
E. XI.5.3 Etudier la convergence en loi de la suite ( Rn )n∈N∗ .
E. XI.5.4 Application : Une étude préalable a montré que dans une production en grande série, 3%
des pièces usinées par une certaine machine sont mauvaises. Un client reçoit une caisse de 500 pièces
en provenance de cette machine.
(a) Quelle est la probabilité pour qu’il trouve moins de 1% de pièces mauvaises à l’intérieur de sa
caisse?
(b) Un contrat avec l’usine de production lui permet de renvoyer la caisse s’il trouve plus de 5% de
pièces mauvaises. Quelle est la probabilité qu’il renvoie la caisse?
Séance 11 5
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
k Xn − X k2L2 = E ( Xn − X )2 → 0 lorsque n → ∞.
|k Xn k L2 − k X k L2 | ≤ k Xn − X k L2 ,
E Xn → E X lorsque n → ∞.
ϕ Xn : R → C
1 2 2
t 7→ ϕ Xn (t) = exp itµn − σn t .
2
ϕ:R→C
1 2 2
t 7→ ϕ(t) = exp itµ − σ t ,
2
Séance 11 6
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Si on fixe e > 0, on a
Z ne
n 2 du 2
Z e
P(| Xn | ≤ e) = 2 2 2
dx = 2
= arctan(ne).
0 π (1 + n x ) π 0 1+u π
D’où
2
P(| Xn | > e) = 1 − arctan(ne) → 0 lorsque n → ∞.
π
Ceci montre que Xn converge vers 0 en probabilité.
Les informations dont on dispose ne permettent pas de conclure quant à la convergence presque
sûre. En fait, on peut montrer que les 2 cas sont possibles : convergence et non-convergence.
Solution de E. XI.2.1 L’application f étant continue sur le compact [0, 1], elle est bornée et supx∈[0,1] | f ( x )]
est fini. On en déduit que la variable aléatoire f (Sn /n) est intégrable.
En utilisant le théorème de transfert, on trouve
Z
Sn Sn t
Z
pn ( x ) = E f = f P(dω ) = f P (dt).
n Ω n R n Sn
Comme la loi de Sn est définie par
P(Sn = k) = Cnk xk (1 − x)n−k ,
on a
n
k
pn ( x ) = ∑ f P( Sn = k )
k =0
n
n
k
= ∑ f
n
Cnk x k (1 − x )n−k .
k =0
Solution de E. XI.2.2 La fonction f est continue sur le compact [0, 1], elle est uniformément continue
sur [0, 1]. Ainsi, pour tout e > 0, il existe δ > 0 tel que
| x − y| < δ ⇒ | f ( x ) − f (y)| < e.
On majore ensuite
Sn Sn
| pn ( x ) − f ( x )| = E f ( ) − f (x) ≤E f ( ) − f (x) .
n n
On considère alors l’événement An = {| n1 Sn − x | < δ}, et on décompose
Sn Sn S
E f ( ) − f ( x ) = E f ( ) − f ( x ) 1 An + E f ( n ) − f ( x ) 1 Acn
n n n
≤ e E[1 An ] + 2 sup | f ( x )| E[1 Acn ]
x ∈[0,1]
Séance 11 7
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Var(Sn ) x (1 − x )
1
P Sn − x ≥ δ = P(|Sn − E[Sn ]| ≥ nδ) ≤ = ,
n (nδ)2 nδ2
x (1 − x )
| pn ( x ) − f ( x )| ≤ e + 2 sup | f ( x )|.
nδ2 x∈[0,1]
1
∀ x ∈ [0, 1], x (1 − x ) ≤ ,
4
ce qui implique
1
∀ x ∈ [0, 1], | pn ( x ) − f ( x )| ≤ e + sup | f ( x )|.
2nδ2 x∈[0,1]
On a donc montré que toute fonction continue f de [0, 1] dans R est limite uniforme de d’une suite de
polynômes pn .
Solution de E. XI.3.2 Sn est la somme de n v.a. de Poisson P (1) indépendantes, donc Sn est dis-
tribuée suivant une loi de Poisson P (n) (à démontrer). On en déduit que E[Sn ] = Var(Sn ) = n
et
" #
Sn − n 2
E √ = 1.
n
| {z }
Tn2
Séance 11 8
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de E. XI.3.3 D’après le théorème central limite, Tn converge en loi vers une variable aléa-
toire Y de loi normale N (0, 1). Comme la fonction f a est continue et bornée sur R, on en déduit
E[ f a ( Tn )] → E[ f a (Y )] lorsque n → ∞.
En appliquant la question 1) à | X |, on obtient
1/2 E[ X 2 ]
|E[| X |] − E[ f a ( X )]| ≤ E[ X 2 ] P(| X | ≥ a) ≤ ,
a
grâce à l’inégalité de Markov.
On applique cette inégalité à Tn et Y,
1 1
|E[| Tn |] − E[ f a ( Tn )]| ≤ et |E[|Y |] − E[ f a (Y )]| ≤ .
a a
On en déduit
2 2
− ≤ E[| Tn |] − E[|Y |] − E[ f a ( Tn )] + E[ f a (Y )] ≤ .
a a
Comme pour tout a fixé, E[ f a ( Tn )] − E[ f a (Y )] → 0 quand n → ∞, on peut énoncer : pour tout a > 0
et tout e > 0, il existe n0 ∈ N tel que
2 2
n ≥ n0 ⇒ − − e ≤ E[| Tn |] − E[|Y |] ≤ + e,
a a
d’où
lim E[| Tn |] = E[|Y |].
n→∞
x + |x|
x+ = où x + = max( x, 0).
2
Comme E[ Tn ] = E[Y ] = 0, la question 3) implique
Séance 11 9
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
D’autre part,
∞ ∞
j−n j−n nj
E[ Tn+ ] = E[ Tn .1{Tn ≥0} ] = ∑ √ P ( Sn = j ) = e −n
∑ √
j = n +1 n j = n +1 n j!
e−n k
nj j +1
n
= √ lim ∑ −
n k → ∞ j = n +1 ( j − 1 ) ! j!
√
e−n n n +1 n k +1 e − n n n +1 e−n nn n
= √ lim − = √ = .
n k→∞ n! k! n n! n!
Solution de E. XI.4.1 Pour i ∈ {1, 2}, la suite de fonctions hi f n convergent simplement vers hi f .
Or, les fonctions h1 et h2 étant positives, les fonctions h1 f et h2 f le sont également. On peut alors
utiliser le lemme de Fatou
Z Z
E[hi ( X )] = hi ( x ) f ( x ) λ(dx ) ≤ lim inf hi ( x ) f n ( x ) λ(dx ) = lim inf E[hi ( Xn )].
RN n→∞ RN n→∞
Solution de E. XI.4.2 On a
c’est-à-dire
De même, l’inégalité
implique
Séance 11 10
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
et donc
E[h( X )] ≥ lim sup E[h( Xn )].
n→∞
ce qui implique
lim E[h( Xn )] = E[h( X )].
n→∞
Comme ce résultat est valable pour toute fonction borélienne bornée, et donc en particulier pour toute
fonction continue bornée, ceci montre que Xn converge en loi vers X.
Solution de E. XI.4.4 On remarque que toutes les étapes restent valides si on suppose que ( f n )n∈N
ne converge que presque partout vers f .
Solution de E. XI.5.2 Les variables aléatoires Xi sont i.i.d. (indépendantes et de même loi) et vérifient
E 1 { Xi ∈ A } = P ( X i ∈ A )
Solution de E. XI.5.3 Les variables aléatoires 1{Xi ∈ A} sont i.i.d. et intégrables donc on peut appliquer
le théorème central limite :
R n − n P ( X1 ∈ A )
√ p
n P ( X1 ∈ A ) P ( X1 ∈/ A)
Séance 11 11
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de E. XI.5.4 Ici, pour toute pièce fabriquée i, on définit la variable aléatoire Xi qui vaut 1 si
la pièce est mauvaise et 0 sinon.
Remarquons que Xi est une variable de Bernoulli. En effet,
1 avec probabilité p = 0.03
Xi =
0 avec probabilité 1 − p.
(a) On cherche la probabilité P( R500 ≤ 5). Grâce à la question 3), on peut approximer
Séance 11 12
Séance XII : Espérance conditionnelle et introduction aux processus stochastiques
A) Objectifs de la séance
• je connais la caractérisation de l’espérance conditionnelle d’une v.a. dans L1 par rapport à une
sous-tribu;
• je suis capable d’exprimer l’espérance conditionnelle dans L2 comme une projection orthogo-
nale;
• je connais les propriétés de l’espérance conditionnelle et je suis capable de manipuler cet objet.
1
CS 1A - CIP 2022-2023
B) Pour se familiariser avec les concepts (à traiter avant les séances de TD)
Les questions XII.1 et XII.2 sont à traiter avant la séance de TD. Les corrigés sont disponibles sur
internet.
Question XII.1
Soient X une variable aléatoire réelle dans L2 (Ω, F , P) et G une sous-tribu de F . On pose Var( X |
G) = E ( X − E[ X | G])2 | G .
Séance 12 2
CS 1A - CIP 2022-2023
C) Exercices
Dans le cas de variables aléatoires gaussiennes, l’espérance conditionnelle peut s’exprimer directe-
ment à partir des matrices de covariances. Cette relation est importante en statistiques pour les prob-
lèmes de régression linéaire.
Exercice XII.2
E. XII.2.1 Soient X et Y deux variables aléatoires réelles. Montrer que X et Y sont indépendantes si
et seulement si pour toute application g : R → R borélienne bornée, on a
Séance 12 3
CS 1A - CIP 2022-2023
D) Approfondissement
P( A ∩ { X ∈ [ x, x + h[})
−→ g( x ).
P( X ∈ [ x, x + h[) h →0
Exercice XII.5
Soit ( Xn )n∈N une suite de v.a. et (Fn )n∈N une filtration. On suppose que pour tout n, Xn est Fn -
mesurable et E[ Xn+1 | Fn ] = 0. On pose Sn = X0 + · · · + Xn pour tout n ∈ N.
E. XII.5.1 Montrer que {Sn ; n ∈ N} est une Fn -martingale.
∀n ∈ N; Xn2 = An + Yn .
E. XII.6.2 Application. Soit ( Tn )n∈N∗ une suite de v.a. réelles i.i.d. de carré intégrable et telle que
E[ Tn ] = 0 et E[ Tn2 ] = σ2 . On pose S0 = 0 et Sn = T1 + · · · + Tn pour n ≥ 1.
Montrer que {Sn2 − nσ2 ; n ∈ N} est une martingale.
Exercice XII.7
Soit ( Xn )n∈N une suite de variables aléatoires i.i.d. définies sur l’espace de probabilité (Ω, F , P), et à
valeurs dans l’espace mesurable ( E, E ). On note µ la loi des Xn .
Soient N1 et N2 deux v.a. à valeurs dans N∗ telles que 1 ≤ N1 < N2 . On suppose que pour tout
m ∈ N∗ , l’événement { Ni = m} ne dépend que de X0 , X1 , . . . , Xm−1 .
E. XII.7.1 Montrer que les v.a. X N1 et X N2 sont i.i.d.
Séance 12 4
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
X − E[ X ] = X − E[ X | G] + E[ X | G] − E[ X ].
Or E[ X | G] − E[ X ] est une variable aléatoire G -mesurable (et dans L2 (Ω, F , P)) et, par définition de
l’espérance conditionnelle dans L2 (Ω, F , P), la variable aléatoire X − E[ X | G] est orthogonale à toute
variable dans L2 (Ω, G , P).
On en déduit que
h i h i
E ( X − E[ X ])2 = E X − E[ X | G] 2 + E E[ X | G] − E[ X ] 2 .
On identifie alors
h 2 i
E Var( X | G) = E X − E[ X | G]
et
h 2 i
Var(E[ X | G]) = E E[ X | G] − E[ X ] ,
Solution de Q. XII.2.1 On a vu dans l’Exercice VI.5 que toute variable aléatoire réelle qui est σ(Y )-
mesurable peut s’écrire sous la forme Φ(Y ) où Φ : R → R est borélienne.
Ainsi, l’espérance conditionnelle E[ X | Y ] étant σ(Y )-mesurable où Y ne prend que les valeurs
discrètes {yn ; n ∈ N}, on peut écrire
∞ ∞
E[ X | Y ] = ∑ bn 1{yn } (Y ) = ∑ bn 1{Y=yn } p.s.
n =1 n =1
D’où
Z
bn P (Y = y n ) = X d P,
{Y = y n }
ce qui entraîne
Z
∞ X dP
E [ X | Y ] = ∑ {Y = y n } 1 p.s.
n =1
P (Y = y n ) {Y = y n }
Solution de E. XII.1.1
Séance 12 5
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
(a) Toute combinaison linéaire des composantes du vecteur (U, X ) est combinaison linéaire des
composantes du vecteur ( X, Y ) qui est gaussien, donc est une v.a. réelle gaussienne.
On peut également utiliser le formalisme de la question Q. X.4.1 pour voir le vecteur (U, X )
comme image de ( X, Y ) par une transformation linéaire. Ainsi, le vecteur (U, X )t peut s’écrire
−ΣYX KX−1 I p
U X
= ,
X In 0 Y
(b) Dans la question Q. X.4.1, on a montré que U et X sont indépendantes si et seulement si ΣUX = 0.
Les vecteurs U et X étant centrés, cette condition s’écrit E[UX t ] = 0.
En utilisant l’expression de U, on calcule
ce qui entraîne
E[Y | X ] = ΣYX KX−1 X.
Solution de E. XII.1.2 Dans le cas général où E[ X ] et E[Y ] ne sont pas nécessairement nulles, on
applique le résultat précédent à X − E[ X ] et Y − E[Y ].
On remarque d’abord que la covariance est invariante par translation (par une constante), donc les
matrices de covariances ΣYX et KX sont invariantes par translation. Par conséquent, Σ(Y −E[Y ])(X −E[X ]) =
ΣYX et KX −E[X ] = KX . On obtient
Séance 12 6
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Solution de E. XII.2.2 Vérifions que l’application p est bien une densité de probabilité de R2 . Elle
est visiblement borélienne positive et on calcule
Z Z +∞ Z y
−y
p( x, y) λ(dx, dy) = e dx dy
R2 0 0
Z +∞ Z +∞
= ye −y
dy = [−ye−y ]0+∞ + e−y dy = 1,
0 0
p( x, y)
f Y |X =x (y) = = e−(y−x) 1x<y (y).
pX (x)
Séance 12 7
CS 1A - CIP Correction 2022-2023
Or pour tout n fixé, on sait que ∑in=1 Xi est une v.a. Donc l’expression précédente est une union dénom-
brable d’évènements, c’est donc un évènement. Ainsi Y est une v.a.
De plus, en écrivant Y sous la forme
+∞ n
Y (ω ) = ∑ ∑ Xi (ω )1{ N(ω)=n} p.s.,
n =1 i =1
on a Y ∈ L1 (Ω, F , P) car
+∞ n +∞ n
!
E[|Y |] ≤ E ∑ ∑ | Xi |1{ N =n} = ∑ ∑ E | Xi |1{ N =n}
n =1 i =1 n =1 i =1
+∞ n
= ∑ ∑ E (|Xi |) P( N = n)
n =1 i =1
+∞
= E[| X1 |] ∑ n P( N = n) = E[|X1 |] E[ N ] < +∞.
n =1
Séance 12 8