Chapitre 5. Sources d’Energie Autonomes avec Systèmes de Stockage
Chapitre 5. Sources d’Energie Autonomes avec Systèmes de Stockage
Chapitre 5. Sources d’Energie Autonomes avec Systèmes de Stockage
I - INTRODUCTION
Le niveau moyen de sécurité ainsi que les conséquences humaines et écologiques d’un
accident nucléaire restent les inconvénients majeurs de cette technologie.
Bien qu’il soit difficilement concevable d’éliminer cette solution énergétique, il est
préférable de la limiter à son plus bas niveau de nécessité. Cet objectif pourrait être
atteint en combinant 3 axes majeurs :
Des systèmes utilisant l’énergie solaire, éolienne, hydraulique ainsi que la biomasse
fonctionnent dans de nombreuses régions du monde. Ils deviennent de plus en plus
efficaces et rentables. Mais l’utilisation des ressources renouvelables, en dehors des
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grands hydrauliques, reste généralement limitée aux sites isolés où le coût des systèmes
renouvelables devient compétitif par rapport aux autres moyens de production
d’électricité du fait de l’acheminement très coûteux de l’électricité.
Il existe de nombreux sites isolés dans le monde, alimentés par des systèmes autonomes
de génération d’électricité. Ces générateurs utilisent les sources renouvelables locales. On
y trouve des panneaux photovoltaïques, des éoliennes et des micro-turbines. L’électricité
provenant des sources renouvelables est intermittente, dépendante des conditions
climatiques. Ces générateurs renouvelables sont couplés à un système de stockage
assurant une disponibilité en continue d’énergie.
Des pics de consommation d’électricité porte ponctuellement un prix élevé par MWh sur
les marchés. A l’inverse, des épisodes de prix plus bas par MWh, causés par des surplus
de production (production éolienne). Face à ces tensions, différentes solutions dites
compensatoires peuvent être mises en œuvre.
Le recours à des moyens de production de pointe flexibles, comme les centrales à gaz ou
à fioul, est une option largement utilisée aujourd’hui. Néanmoins, la pénétration des
énergies intermittentes à coût marginal de production nul affecte la rentabilité de ces
moyens flexibles en faisant diminuer leur durée d’appel.
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Les interconnexions sur les réseaux de transport et de distribution amortissent les
fluctuations par effet de foisonnement (affluence). Les projets de nouvelles lignes sont
cependant très coûteux et se heurtent à des problèmes d’acceptabilité.
Une indépendance vis-à-vis des ressources fossiles, avantage économique sur le long.
II - STOCKAGE D’ENERGIE
Le stockage de l'énergie consistant à mettre en réserve une quantité d'une source d'énergie
en un lieu donné, sous une forme aisément utilisable, pour une utilisation ultérieure. Stocker
des calories ou de l'électricité permet de stabiliser les réseaux énergétiques, lisser les
irrégularités de production/consommation dans le contexte de développement des énergies
renouvelables, l'alimentation énergétique de sites insulaires ou isolés.
Soit la transformation d'un stock d'énergie potentielle (combustible fossile, eau stockée
en hauteur, matière fissile…) en une énergie directement utilisable pour un travail
(électricité, travail mécanique) ou un usage thermique.
Soit la transformation directe de flux d'énergie naturels, flux sur lesquels l'humain n'a
aucun contrôle. Ce sont les énergies renouvelables, souvent issues du rayonnement
solaire.
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Le stockage est la constitution d'un stock d'énergie potentielle à partir de flux d'énergie
dont on n'a pas l'usage immédiat, pour en disposer plus tard, quand la demande sera
plus importante.
La nature stocke naturellement de l'énergie par exemple avec la biomasse « neuve » (non
fossile), le cycle climatique de la Terre (pluie, neige...), les marées.
Le stockage est directement lié à l'usage qu'on fait de l'énergie. Les solutions de stockage
d’énergie se présentent en plusieurs catégories :
Les barrages hydrauliques constituent des réserves d'eau qui en tombant dans des
conduites, actionnent des turbines fournissant l'énergie mécanique aux générateurs
d'électricité.
Une optimisation du système consiste à réutiliser l'eau conservée ou issue d'un fleuve au
pied de la centrale hydroélectrique. Le stockage par pompage-turbinage (également
appelé STEP : Station de Transfert d'Énergie par Pompage) est utilisé pour "lisser" la
courbe de charge quotidienne (c'est-à-dire le besoin en électricité) : de l'eau est pompée
et remontée vers les barrages d'altitude quand la demande sur le réseau est faible
(pendant les heures creuses, la nuit et le week-end par exemple), en utilisant la
production excédentaire de sources d'énergie non ajustables (Hydroélectricité au fil de
l'eau, solaire, éolien…) ou peu ajustables (nucléaire) ; pendant les pics de consommation,
cette eau redescend sous pression et produit à nouveau de l'électricité.
Station de pompage
Les stations de pompage sont des technologies de stockage par gravitation. Elles sont
composées de deux retenues d’eau à des hauteurs différentes reliées par un système de
canalisations. Elles sont équipées d’un système de pompage permettant de transférer
l’eau du bassin inférieur vers le bassin supérieur en heures creuses. En heures pleines, la
station fonctionne comme une centrale hydroélectrique classique.
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On distingue deux types de pompage :
Les stations de pompage d’apports : elles permettent de remonter via des pompes un
volume d’eau entre son propre réservoir et le réservoir supérieur d’une chute turbinage.
Les eaux turbinées proviennent ainsi des apports gravitaires et des apports de la station
de pompage ;
Les Stations De Transfert D’Energie Par Pompage (STEP) : elles sont caractérisées par un
fonctionnement en cycles pompage-turbinage entre un réservoir inférieur et un réservoir
supérieur, grâce à des turbines-pompes réversibles. Le pompage peut être « mixte » (les
eaux turbinées proviennent des apports gravitaires et des apports de la station de
pompage) ou « pur » (les apports naturels au réservoir supérieur sont négligeables)
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Les STEP peuvent également être installées en façade maritime, avec la mer comme
retenue inférieure et une retenue amont au sommet d’une falaise ou constituée par une
digue.
Avantage :
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Cependant, les projets hydroélectriques peuvent avoir des impacts environnementaux et
sociaux importants qui freinent l’acceptabilité de ces ouvrages.
Les installations de stockage d’énergie par air comprimé (Compressed Air Energy Storage
- CAES) de grande puissance consistent, en utilisant l’électricité disponible à bas coût en
période de faible consommation, à stocker de l’air dans des cavités souterraines
(ancienne mine de sel ou caverne de stockage de gaz naturel) grâce à un compresseur. Au
moment de la pointe de consommation, cet air comprimé est libéré pour faire tourner
des turbines qui produisent ainsi de l’électricité.
Longtemps utilisé pour la régulation des machines à vapeur, le principe du volant d’inertie
permet aujourd’hui de stocker temporairement l’énergie sous forme de rotation
mécanique.
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Une unité de stockage inertiel de 25 kWh Centrale de 20MW comprenant 200 volants à inertie
Un volant d’inertie est constitué d’une masse (anneau ou tube) en fibre de carbone
entraînée par un moteur électrique.
L’apport d’énergie électrique permet de faire tourner la masse à des vitesses très élevées
(entre 8 000 et 16 000 tour/min) en quelques minutes. Une fois lancée, la masse continue
à tourner, même si plus aucun courant ne l’alimente.
L’électricité est donc stockée dans le volant d’inertie sous forme d’énergie cinétique. Elle
pourra être restituée en utilisant un moteur comme génératrice électrique, entraînant la
baisse progressive de la vitesse de rotation du volant d’inertie.
Les systèmes de stockage par volant d’inertie ont une très forte réactivité et une grande
longévité. En effet, ce système peut absorber de très fortes variations de puissance sur de
très grands nombres de cycles. Cependant, les volants d’inertie subissent des pertes de
charge en raison de phénomènes d’autodécharge et ne permettent pas d’obtenir une
durée d’autonomie importante. Ces systèmes sont donc adaptés pour des applications de
régulation, d’optimisation énergétique d’un système et d’amélioration de qualité (micro-
coupures, coupures brèves, etc.).
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III – 4 SYSTEMES DE STOCKAGE PAR-BATTERIES
3) La durée de vie est variable entre 6 mois et 15 ans selon la technologie et son
utilisation.
5) En ce qui concerne la sécurité, un local ventilé doit être dédié aux batteries et la
maintenance demande des précautions. Les contraintes de fonctionnement décrites ci-
dessus, imposent que la taille des batteries soit en regard de la puissance du générateur
photovoltaïque, conduisant à une autonomie du système de stockage de 3 à 8 jours selon
l’application.
Du fait de ce stockage limité, pour qu’un tel système soit autonome, il doit être
dimensionné par rapport au mois le plus défavorable. Par conséquent, l’excédent solaire
produit lors des mois les plus favorables se trouve la plupart du temps mal valorisé.
Finalement, les systèmes PV-Batteries ne permettent d’alimenter qu’une charge limitée
et seuls les appareils vitaux sont alimentés. Pour augmenter l’énergie délivrée par les
systèmes PV-Batteries, un générateur auxiliaire peut être ajouté. Ces générateurs diesel
permettent de produire une énergie importante ne dépendant que de
l’approvisionnement en énergie fossile. Mais, ses contraintes de fonctionnement sont
nombreuses et son entretien important. De plus, ces systèmes, dits systèmes hybrides,
sont généralement dimensionnés par rapport au mois le plus favorable, permettant de
sous-dimensionner le générateur solaire et conduisant à une consommation importante
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de combustible tout au long de l’année. D’un point de vue environnemental, ces systèmes
ne sont pas idéaux, consommant du fuel et produisant du bruit et des gaz à effet de serre.
III – 5 STOCKAGE-D’HYDROGENE
Pour améliorer les systèmes PV-Batteries tout en conservant leur qualité de respect de
l’environnement, une idée, apparue dans les années 90, est d’utiliser l’hydrogène pour
stocker l’énergie à long terme. En effet, le gaz peut être produit par un électrolyseur,
stocké sans perte importante quelle que soit la durée du stockage, puis converti en
électricité dans une pile à combustible. Ces systèmes, appelés Solaire-Hydrogène ou PV-
Hydrogène, présentent de nombreux avantages. Sans pièce en mouvement,
l’électrolyseur et la pile à combustible ne produisent que très peu de bruit. De plus, on
attend de ces composants une grande fiabilité, peu de contraintes de fonctionnement et
une maintenance limitée. Cependant, l’utilisation de l’hydrogène comme stockage
d’énergie augmente la complexité des installations. De nombreuses recherches ont été
menées sur les systèmes Solaire-Hydrogène. Ces études se sont heurtées à la faible
maturité des électrolyseurs et des piles à combustible.
Stockage chimique
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L'hydrogène est transformé à l'état solide et stocké sous forme de galette. Il peut être
entreposé et utilisé à la demande grâce à un équipement de reconversion d'hydrogène en
électricité.
Le stockage d'énergie est un enjeu vital pour les sociétés humaines et l'industrie.
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