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RG3172019

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KF/BZDS/AH

REPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE


-------------------
COUR D’APPEL DE COMMERCE
D’ABIDJAN AUDIENCE PUBLIQUE ORDINAIRE DU JEUDI
--------------- 13 JUIN 2019
RG N° 317/2019
-----------------------
--------
ARRÊT CONTRADICTOIRE
Du 13 /06/2019 La Cour d’Appel de Commerce d’Abidjan, en son audience
--------- publique ordinaire du jeudi treize juin de l’an deux mil dix-
1ÈRE CHAMBRE neuf tenue au siège de ladite Cour, à laquelle siégeaient :
------------
Affaire
----------
Docteur KOMOIN François, Premier Président de la Cour
d’Appel de Commerce d’Abidjan ;
La Société International Services of
Investigation dite ISI Madame ASSI Eunice épouse AYIE et Messieurs
(EKE Mathias)
JEANSON Jean-Claude, SILUE Daoda, et AJAMI
Contre Nabil, Conseillers à la Cour, Membres ;

La Société Civile Immobilière Avec l’assistance de Maître MOSSOH N’koh Martin,


TITANIUM
(SCPA BEDI & GNIMAVO)
Greffier ;

-------------- A rendu l’arrêt dont la teneur suit dans la cause ;


ARRÊT
------------
Contradictoire
ENTRE :
---------
La société International Services of Investigation dite
Déclare recevable l’appel interjeté par la ISI, société à responsabilité limitée, au capital de 1.000.000 F
société International Services of
CFA, dont le siège social est sis à Abidjan Plateau, immeuble
Investigation dite ISI contre l’ordonnance
RG N°113 rendue le 28 janvier 2019 par la
NASSAR, Escalier C, 3ème étage, Porte C 37, 18 BP 2076
juridiction présidentielle du tribunal de Abidjan 18 ; agissant aux poursuites et diligences de Monsieur
commerce d'Abidjan ; Bailly Charles Médard, son gérant demeurant es qualité au
siège de ladite société ;
L’y dit cependant mal fondée ;

L’en déboute ; Appelante représentée et concluant par ses conseils, EKE


Mathias avocat près de la Cours ;
Confirme l’ordonnance querellée en toutes D’UNE PART ;
ses dispositions ;
ET ;
Met les dépens de l’instance à sa charge ;

La société Civile immobilière TITANIUM, Société de


gestion immobilière au capital de 1.000.000 F/CFA , dont le
siège social est à Abidjan Plateau Rue du Commerce,
immeuble TITANIUM, Escalier B, 3ème étage, 01 BP 110
Abidjan 01, Tél : 20 32 68 66, Fax : 20 32 96 67, prise en la
personne de représentant légal, Monsieur HASSAN NASSAR,
demeurant es qualité au siège de ladite société ;

1
Intimée représentée et concluant par leur conseil, SCPA
BEDI & GNIMAVO, avocats à la Cour d’Appel d’Abidjan y
demeurant, Cocody deux plateau 7ème Tranche ,non loin de la
pharmacie 7ème Tranche , après la Boulangerie Paris Baguette,
immeuble à carreaux marrons, 1er étage, 01 BP 4252 Abidjan
01, Tel. : (225) 22.52.47.64, Fax. : 22.42.23.72 ;

D’AUTRE PART ;

Sans que les présentes qualités puissent nuire ni préjudicier


en quoi que ce soit aux droits et intérêts respectifs des parties
en cause, mais au contraire et sous les plus expresses réserves
des faits et de droit ;

La juridiction présidentielle du tribunal de commerce


d’Abidjan statuant en la cause, en matière de référé N° RG
113/2019 qui a :

- déclaré recevable et bien fondée l’action de la société


Civile Immobilière TITANIUM dite SCI TITANIUM ;

- constaté la résiliation du contrat de bail liant les


parties ;

- ordonné en conséquence l’expulsion de la société


INTERNATIONAL SERVICE OF INVESTIGATION
dite ISI du local qu’elle occupe tant de sa personne, de
ses biens que tout occupant de son chef ;

Par exploit du 25 avril 2019 de maître N’DRI NIAMKEY Paul,


huissier de justice à Abidjan, la société international
SERVICE OF INVESTIGATION ite ISI a interjeté appel de
l’ordonnance sus énoncée et a par le même exploit assigné la
société Civile Immobilière TITANIUM à comparaitre par
devant la cour de ce siège à l’audience du 09 mai 2019 pour
s’entendre :

- recevoir la société International Service of


Investigation dite ISI en son appel, en ce qu’il a été
interjeté dans les forme et délai légaux ;

- l’y dire bien fondée ;

- infirmer l’ordonnance RG N° 113/2019 rendue le 28

2
janvier 2019 par le Président du Tribunal de commerce
d’Abidjan ;

Enrôlée donc sous le N° RG 317/2019 du rôle général du


greffe de la Cour, l’affaire a été appelée à l’audience du 09 mai
2019 puis renvoyée au 16 mai 2019 pour constitution d’avocat
par l’appelante ;

A la date de renvoi, la cause a été mise en délibéré pour


décision être rendue le 13 juin 2019 ;

Advenue cette audience, la Cour a vidé son délibéré en


rendant l’arrêt suivant :

LA COUR

Vu les pièces du dossier ;


Ouï les parties en leurs demandes, fins et conclusions ;
Après en avoir délibéré conformément à la loi ;

FAITS, PROCÉDURE, PRÉTENTIONS ET MOYENS


DES PARTIES

Par exploit d’huissier en date 25 avril 2019, comportant


ajournement 09 mai 2019, la société International Services of
Investigation dite ISI, ayant pour conseil, Maître Mathias
EKE, Avocat à la Cour, a relevé appel de l’ordonnance RG
N°113/2019 rendue le 28 janvier 2019 par la juridiction
présidentielle du tribunal de commerce d'Abidjan, laquelle, en
la cause, a statué comme suit :

« Statuant publiquement, contradictoirement, en matière de


référé et en premier ressort ;

Au principal, renvoyons les parties à se pourvoir ainsi


qu'elles aviseront :

Mais dès à présent, vu l’urgence :

Déclarons recevable l'action de la société Civile Immobilière


TITANIUM dite SCI TITANIUM ;

L'y disons bien fondée ;

Constatons la résiliation du contrat de bail liant les parties ;

3
Ordonnons en conséquence, l'expulsion de la société
INTERNATIONAL SERVICE OF NVESTISSEMENT dite ISI du
local qu'elle occupe tant de sa personne, de ses biens que de tous
occupants de son chef ;

Condamnons la défenderesse aux dépens de l'instance » ;

Au soutien de son appel, la société ISI expose que suivant


contrat en date du 1er octobre 2012, la SCI TITANIUM lui a
donné en bail à usage professionnel, un local sis à Abidjan
Plateau, immeuble NASSAR, Escalier C, 3ème étage, Porte
C 37 ;

Elle ajoute qu’elle s’est régulièrement acquittée pendant


sept années (7) des loyers échus et a toujours exploité le
local loué en bon père de famille ; cependant, suite à une
diminution de ses activités, elle est restée devoir au
propriétaire dudit local des sommes d’argent au titre des
loyers ;

Elle relève que suivant exploit d'huissier en date du 1er


octobre 2018, la SCI TITANIUM lui a délaissé une mise en
demeure d'avoir à respecter les clauses et conditions du
bail ;

Suite à cette mise en demeure, soutient-elle, elle s'est


empressée de s’acquitter des arriérés de loyers dus et ne
reste à ce jour devoir aucun loyer ;

Elle fait savoir que contre toute attente, suivant exploit


d'huissier en date du 24 avril 2019, la SCI TITANIUM lui a
signifié l'ordonnance de référé, dont appel ;

Elle fait grief au premier juge d’avoir statué de la sorte,


alors qu’il est de jurisprudence constante et de doctrine
unanime que la résiliation prévue par l'article 133 de l'acte
uniforme portant droit commercial général sanctionne le
non-respect des clauses et conditions du bail et que la
résiliation et l'expulsion du preneur qui s'est régulièrement
acquitté de son loyer et qui a respecté les clauses du contrat
ne sont pas justifiées ;

Elle en déduit que l’action en résiliation et en expulsion


initiée par la SCI TITANIUM à son encontre demeure sans
objet, étant donné qu'à la date du 07 janvier 2019, date de
signification de l'assignation en expulsion, elle ne restait
devoir à celle-ci aucune somme d’argent au titre des
loyers ;

4
Aussi, conclut-elle à l’infirmation de l'ordonnance
querellée en toutes ses dispositions ;

En réplique, la SCI TITANIUM conclut pour sa part à la


confirmation de l’ordonnance querellée et fait valoir à cet
effet que depuis plusieurs mois, la société ISI ne satisfait
plus au paiement du loyer mensuel fixé à la somme de cent
cinquante mille (150.000) F CFA toutes charges comprises,
de sorte qu'elle reste lui devoir la somme quatre cent
cinquante mille (450.000) de francs CFA représentant les
loyers échus et impayés du dernier trimestre 2018 ;

Elle ajoute que contrairement à ses allégations, l’appelante


n'a pas exécuté les obligations mises à sa charge dans la
mise en demeure à elle servie le 1er octobre 2018 à l’effet
d'avoir à respecter les clauses et conditions du bail
consistant, notamment au paiement des loyers des mois
de juin à septembre 2018, ainsi que les pénalités
conventionnelles de retard, soit la somme totale de six
cent soixante mille (660.000) francs CFA ;

Elle fait remarquer que l’analyse des quittances produites


atteste que le loyer du mois de septembre 2018, faisant
partie du troisième trimestre 2018, n'a été payé que le 23
novembre 2018 ;

Ce faisant, note-t-elle, l’appelante a manifestement violé


les termes de ladite mise en demeure lui impartissant un
délai d'un mois à compter de sa notification pour s’acquitter
de l'intégralité de la somme due, comme le prescrit l'article
133 de l'acte uniforme portant sur le droit commercial
général ; lesquelles dispositions aux termes de l'article 134
de l’acte uniforme susvisé sont d'ordre public ;

SUR CE,
En la forme

Sur le caractère de la décision

Considérant que les parties ont comparu et conclu ;

Qu’il y a lieu de statuer contradictoirement ;

Sur la recevabilité de l’appel


5
Considérant que l’appel de la société ISI a été interjeté dans
les forme et délai prescrits par la loi ;

Qu’il y a lieu de le déclarer recevable ;

Au fond
Sur le bien-fondé de l’appel

Considérant que l’appelante fait grief au juge des référés du


Tribunal du Commerce d’Abidjan d’avoir ordonné son
expulsion alors qu'à la date du 07 janvier 2019, date de
signification de l'assignation en expulsion, elle ne restait
devoir à la SCI TITANIUM aucune somme d’argent au titre
des loyers ;

Considérant que l’article 133 de l’acte uniforme portant sur le


droit commercial général dispose que : « le preneur et le
bailleur sont tenus chacun en ce qui le concerne au respect de
chacune des clauses et conditions du bail sous peine de
résiliation.
La demande en justice aux fins de résiliation du bail doit être
précédée d'une mise en demeure d'avoir à respecter la ou les
clauses ou conditions violées.
La mise en demeure est faite par acte d'huissier ou notifiée
par tout moyen permettant d'établir sa réception effective
par le destinataire.
A peine de nullité, la mise en demeure doit indiquer la ou les
clauses et conditions du bail non respectées et informer le
destinataire qu'à défaut de s'exécuter dans un délai d'un
mois à compter de sa réception, la juridiction compétente
statuant à bref délai est saisie aux fins de résiliation du bail
et d'expulsion, le cas échéant, du preneur et de tout occupant
de son chef. Le contrat de bail peut prévoir une clause
résolutoire de plein droit.
La juridiction compétente statuant à bref délai constate la
résiliation du bail et prononce, le cas échéant, l'expulsion du
preneur et de tout occupant de son chef, en cas d'inexécution
d'une clause ou d'une condition du bail après la mise en
demeure visée aux alinéas précédents
La partie qui entend poursuivre la résiliation du bail doit
notifier aux créanciers inscrits une copie de l'acte introductif
d'instance. La décision prononçant ou constatant la
résiliation du bail ne peut intervenir qu'après l'expiration
d'un délai d'un mois suivant la notification de la demande
aux créanciers inscrits » ;

Considérant qu’il s’en infère qu’en cas d’inexécution par le


preneur de ses obligations résultant du bail, et après réception

6
d’une mise en demeure d’avoir à les respecter dans un délai
d’un mois, demeurée sans effet, la résiliation dudit contrat est
prononcée et son expulsion ordonnée ;
Que ladite résiliation peut également être constatée en cas
d’existence d’une clause résolutoire de plein droit dans le
contrat de bail ;

Considérant en outre que selon l’article 134 dudit acte


uniforme, les dispositions de l’article 133 précitées sont
d’ordre public ;

Considérant qu’en l’espèce, il ressort de l’article 23 du contrat


de bail liant les parties ainsi libellé :« à défaut par le preneur
d’exécuter une seule des charges et conditions du bail, qui
seront toutes de rigueur , ou de payer exactement à son
échéance un seul terme de loyer ou ses accessoires, le
présent bail sera résilié de plein droit, si bon semble au
bailleur, et sans formalité judiciaires, huit(8) jours après une
simple mise en demeure d’exécuter ou un simple
commandement de payer ou de remplir les conditions du
bail », que celle-ci ont inséré une clause résolutoire de plein
de droit dans ledit contrat ;

Considérant que la société ISI a été mise en demeure par la


SCI TITANIUM par exploit en date du 1er octobre 2018
d’avoir à respecter les clauses et conditions du bail les liant
en procédant au paiement des loyers des mois de juin à
septembre 2018, ainsi que les pénalités conventionnelles
de retard, dans un délai d’un mois conformément aux
dispositions de l’article 133 précité ;

Considérant en outre qu’il est constant comme résultant de la


quittance de loyer datée du 23 novembre 2018 produite au
dossier que celle-ci ne s’est exécutée de ses arriérés de loyers
que plus d’un mois après ladite mise en demeure ;
Que la société ISI ne s’étant pas conformée dans le délai
prescrit par l’article précité, à l’injonction à elle faite dans
l’exploit de mise en demeure susvisé, c’est à juste titre que le
premier juge a, en vertu de la clause résolutoire de plein droit
incluse dans le contrat de bail, qui avait joué au terme du
délai d’un mois imparti dans la mise en demeure en mettant à
néant le lien contractuel existant entre les parties, constaté la
résiliation du bail la liant à la SCI TITANIUM et ordonné son
expulsion des lieux loués ;
Qu’il y a lieu dès lors de confirmer la décision entreprise en
toutes ses dispositions ;

7
Sur les dépens

Considérant que l’appelante succombant, il y a lieu de la


condamner aux dépens ;

PAR CES MOTIFS

Statuant publiquement, contradictoirement et en dernier


ressort ;

Déclare recevable l’appel interjeté par la société International


Services of Investigation dite ISI contre l’ordonnance RG
N°113 rendue le 28 janvier 2019 par la juridiction
présidentielle du tribunal de commerce d'Abidjan ;

L’y dit cependant mal fondée ;

L’en déboute ;

Confirme l’ordonnance querellée en toutes ses dispositions ;

Met les dépens de l’instance à sa charge ;

Ainsi fait, jugé et prononcé publiquement les jour, mois et an


que dessus.
ET ONT SIGNÉ LE PREMIER PRÉSIDENT ET LE G

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